‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 180 sur 251 · A^US · texte numérisé non relu

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et de développement rapide, guérissent fort bien. J'ai plusieurs fois vu ces pièces, provenant d'une exérèse chirurgicale, m'être adressées comme épithélioma. C'est une erreur que le plus simple examen bac-

FiG. 188.

Ulcération tuberculeuse de l'anus, (llnlade de Martineau. Musée de l'hôpital Saint-Louis, n° 511.)

tériologique éviterait, car la paroi nécrotique du bord de l'ulcère fourmille de bacilles tuberculeux. Aucune lésion tuberculeuse n'en montre autant.

Lupus. — Le lupus tuberculeux existe à l'anus, mais en cette région c'est un type dermatologique rare. Il n'y affecte pas de mœurs particulières; son début est anal et son développement ordinairement unilatéral. C'est un placard d'œdème congestif chronique, limité, et faisant au-dessus de la peau une saillie légère. Sous l'épiderme corné, vernissé,- apparaissent les tubercules, disséminés, et la pression d'une lame de verre les fait plus visibles en atténuant la congestion des tissus voisins.

Le traitement ne comporte pas d'indications spéciales. C'est exactement le traitement du lupus du visage, à sa première période : Photothérapie de Finsen. et, quand cela est impossible, cautérisations galvaniques, en séances régulièrement espacées. Le lupus tuberculeux de

cette région, en général, n'a pas de tendance à prendre la forme ulcérense.

Tuberculides circinées extensives. — Les tnberculides de type anormal el rares se rencontrent en cette région de l'anus moins rarement que partout ailleurs. Ces éruptions peuvent prendre des formes diverses, principalement celle d'un grand cercle presque régulier, liséré de rouge, semé de très petits nodules roses, saillants, disséminés. Le cercle ayant 8 à l'i centimètres de diamètre, est tracé sur une fesse et se rattache à l'anus par une sorte de prolongement qui semble dessiné au crayon. Cette lésion peut coexister avec d'autres de même nature, disséminées, de-ci, de-là, autour d'elle. Le traitement doit être le même que celui des lupus.

Tuberculose ano-rectale. — C'est l'homologue du syphilome anorectal étudié plus haut. Elle est beaucoup plus fréquente que lui et s'accompagne des mêmes symptômes fonctionnels. L'évolution est analogue, le diagnostic est fait par l'extirpation et l'examen d'une fongosité ou par l'examen direct de l'écoulement glaireux qui s'observe d'ordinaire en concomitance de cette lésion. Le traitement est chiruieical.

Le bas-ventre présente une région velue, ] région pubienne, où s'observe une pédicu- , Phtiriase . lose particulière )

Autour de cette région, la gale, montre, 1 au bas-ventre, une série de lésions aussi ' caractéristiques que celles des mains et i des doigts ]

On peut observer, à la région pubienne, ]

des pustulations en série, ainuës ou chro- f „ , .

. , . , . , Pustulation

niques spontanées ou plus souvent trauma- [

tiques (hydrargyrie)

Au-dessus des régions inguinales le basventre peut montrer quelques lésions isolées de pityriasis simplex souvent mécon- ' itynasis simp ex nues

...ou encore une forme localisée de pityriasis rosé de Gibert, à lésions élémen- , ^. . . , ,. , i, • , • ( Pityriasis rose litaires normales, orbiculaires, roses, anor- ) •'.., ' ' ( mite maies seulement par leur stricte localisation

On voit aussi un psoriasis anormal, en I

taches rares, avoir cette unique localisation, f „ . . ■,. .^r

,. .' , ^ . > Psoriasis limite . .

ou se limiter au bas-ventre et au cuir i

chevelu ]

Le bas-ventre est l'un des lieux d'élec- )

tion du vitiligo et de la morphée en plaques. > Vitiligo. Morphée .

J'en dirai quelques mots i

... ainsi que de la pelade, rarement ) „ , ,

, ,- . ^ . - .. , . • i Pelade

localisée du reste a cette seule région ... S

Enfin je terminerai en rappelant ce j qu'est Vintertrigo du pli horizontal du bas- { Intertrigo du pli du ventre qui évolue le plus ordinairement i bas-ventre. . . . avec de l'intertrigo inguinal ,

PEDICULOSE

La région pubienne est le siège fréquent d'une phtiriase qui a pour cause un pou spécial — le morpion — Pediculus pubis (fig. 189).

DERMATOLOGIE TOPOGRAPHIOUE.

Ce parasite, très distinct du pou de tète et du pou des vêtements, a pour caractéristiques, comme tous les pédiculidés parasites de l'homme, des antennes à cinq articles et des pattes à une seule griffe, mais tandis que les poux du corps et de tète ont le thorax plus étroit que rahdomen, le pediculus ou phtirius pubis l'a, au contraire, plus large.

Comme les autres poux, celui-ci se reproduit par des lentes, un peu

plus petites que les len-

I tes du pou ordinaire,

mais de même forme et collées au poil de la môme manière ( tig.

70). Le morpion est presque constamment aplati et collé contre la peau, s'accrochant avec ses quatre pinces, en sorte que l'extirpation en est incommode et un peu sensible. Il est extrêmement difficile à un œil inhabitué de l'apercevoir, car il bouge peu et ne fait sur la

peau entre les poils qu'une minuscule tache grise, crénelée.

Il est trahi par ses œufs, gris, brillants, attachés à la base du poil, très adhérents à lui. A distance, autour du pubis et sur les cuisses, on voit aussi, quand la pullulation des parasites a été considérable, des « taches bleues », macules bleuâtres, ardoisées, pâles, larges de 5 à 5 millimètres, à bords estompés et qui correspondent à une intoxication de la peau par un poison que la piqûre du parasite y fait pénétrer.

II est possible que la pullulation excessive du morpion puisse provoquer l'éclosion d'une folliculite staphylococcique, mais le fait est rare.

Le traitement traditioimel des morpions par ronguent gris (ou napolitain, onguent mercuriel double) ne va pas sans inconvénient; certaines peaux font alors une dermite rouge, hydrargyrique, fort douloureuse, et qui dure 4 à 10 jours, lorsque l'onguent a été laissé sur la peau 12 ou 24 heures sans savonnage; une application de 2 heures suffit. Les lotions alcooliques au sublimé doivent être concentrées à 1 pour 100 pour réussir et risquent le même inconvénient: elles ont

■"iG. 189. — Morpion. — Pediculus pubis. (Préparation el photographie de Noire. Grossissement : 40 diamètres.)

BâS-VEXTRK. 521

en outre celui de ne pas réussir sûrement, et de ne pas détruire les œufs. Un moyen que j'ai utilisé plusieurs fois, est de faire épiler, par un épileur professionnel, les poils portant des œufs et enlever à la pince les parasites eux-mêmes. Ce moyen peut être employé chez les gens à peau très sensible et qui se sont aperçus de leur phtiriase dès son début, ce qui est fréquent, car le pediculus pubis est de toutes les classes sociales, même des plus aristocratiques et des plus propres. Un moyen que j'ai déjà mentionné c'est le lavage local avec un tampon d'ouate hydrophile largement imbibé de xylol ou (Vétlier de pélrole. Ce lavage est très cuisant, mais rarement suivi d'épidermite traumatique, vite calmée. Il tne sans fante tous les parasites, mais ne détruit pas tous les œufs d'une façon absolument sûre, et l'on doit pendant quelques jours surveiller leur éclosion possible.

GALE

La gale a pour le bas-ventre, les parties génitales (p. 470) et la racine des cuisses, une prédilection.

Ces lésions, ordinairement les premières en date, et que beaucoup de cliniciens considèrent comme plus caracléristiques que les lésions classiques des mains, constituent ce qu'on appelle communément le «caleçon » de llebra. Ce sont des lésions de prurigo et surtout des lésions de simple grattage. Il faut un œil très halntué ou un hasard pour retrouver parmi elles des sillons vrais, évidents, mais la topographie des lésions est déjà une présomption sérieuse; le diagnostic se complète par l'examen plus attentif du fourreau de la s^^rge (p. 481). du gland (fig. 180), du poignet, de la paume des mains (p. 570) et des espaces interdigitaux (p. 587).

Traitement de la gale (p. 605).

FOLLICULITE — SYCOSIS

On voit quelquefois, et, à ce qu'il semble plus souveni chez la femme, une dermite de la région pubienne, pilaire. C'est, connue certains sycosis de la barbe, chez l'homme, une épidermitc rouge, desquamative ou suintante suivant le cas, sa date, son intensité; et cette dermite de surface est parsemée de folliculites disséminées. Les follicules atteints suppurent peu, mais restent rouges et chroniquement enllam-

522 DERMATOLOGIE TOPOGRAPHIQIE.

niés. C'est une affection longue, pénible, et de traitement difficile. Les lotions soufrées :

Soufre précipité 10 grammes.

Alcool à 60° 10 —

Eau distillée 100 —

sont mal tolérées, les pommades soufrées très douces le sont quelquefois un peu mieux.

Gérât de Galien ) ,.

,. ,. > au io orammes.

vaseune ) '^

Soufre précipité 50 centigrammes.

Souvent les meilleurs topiques sont les pommades composées, goudronnées du type :

Goudron liquide . 5 grammes.

Lanoline . 40 —

Ichtyol '

Résorcine ! àTi 1 gramme.

Huile de bouleau )

On les combine avec Tépilation des poils qui centrent les principaux points de foUiculites. Mais la formule correspondante en est souvent à rechercher, pour chaque cas particulier par tâtonnement. Dans les cas où les foUiculites sont accessoires et la dei^mite de surface très eczématisée, suintante, les applications de nitrate d'argent 1/15 à 1/5 sont recommandables.

Les pustulations folliculaires aiguës ou chroniques peuvent s'observer quelquefois dans la région pubienne, chez des individus qui présentent chroniquement des sycosis de la barbe, de la nuque et des sourcils. Il s'agit de cas chroniques dans lesquels la dépilation par les rayons X semble être le recours unique (une teinte B du radiomètre X sur chaque surface à dépiler).

En dehors de ces cas très rares, on peut voir naître en cette région une hydrargyrie pustuleuse aiguë, consécutive à l'application d'onguent napolitain, contre des morpions, (p. 510). Traiter par les antiphlogistiques d'abord, ensuite par les pâtes couvrantes (oxyde de zinc 1/5), enfin par l'épilation, si certaines foUiculites tendent à devenir chroniques.

PITYRIASIS Sin/IPLEX

Le bas-ventre, au lourde la région pubienne, est assez souvent le lieu (l'élection de quelques lésions élémentaires, isolées, de types cliniques qui n'ont aucune tendance à se généraliser en ces régions : ainsi on voit quelquefois, au-dessus du tiers externedu pli de l'aine, des lésions furfureuses appartenant an pilyriasis slmplex (p. 251).

Ce sont de petites taches orbiculaires, allongées, roses, squameuses en leur pourtour, et dont les squames libérées par leur bord central sont adhérentes par la périphérie. Il en existe, une, deux ou trois, de chaque cùté du bas-ventre ou d'un seul. Une lésion s'atténue, une autre apparaît. Les squames au toucher paraissent un peu grasses. A l'examen microscopique elles montrent le parasite de Malassez, (p. 251) caractéristique du pityriasis simplex capitis, dont ces éléments représentent des lésions aberrantes.

Par elles-mêmes, elles n'ont aucune importance, elles tirent leur seule valeur des erreurs qu'elles peuvent faire commettre. Elles sont en général confondues avec toutes les lésions analogues sous le nom commun de séborrhéides.

Traitement : IViction d'abord avec

Teinture d'iode '20 grammes.

Alcool à 60° ; <S0 ^ —

ensuite pommade :

Calomel à la vapeur. ) „..

^ . . ,,,,, : aa oO centigrammes.

Tannin a 1 ether )

Vaseline .'O —

PITYRIASIS ROSE

En général, le pityriasis rosé de Gibert ne présente aucune particularité propre, en cette région (p. 588). Mais il existe des pityriasis rosés [ régionaux, limités à 2 ou 5 lésions, méconnues de presque tous les \ dermatologistes, et dénommées séborrhéides, comme les précédentes. Elles ont tout à fait les caractères objectifs des taches du pityriasis I rosé : taches orbiculaires, d'un violet pâle, moirées sur leur surface et bordées d'un liséré de squames en dentelles. L'histologie montre l'identité de ces lésions avec celles des pityriasis rosés généralisés.

La durée de ratï'ection reste celle des pityriasis rosés ordinaires. Ces taches deiiieui'eiit sur place environ 2 mois et s'etïacent lentement. La thérapeutique est inefticace et inutile. Mais ces lésions sont irritables et peuvent être eczématisées ; il ne faut donc pas employer contre elles des topiques actifs. Les pâtes à l'oxyde de zinc sont seules utilisables. Ces lésions n'ont pas grande valeur dermatologique, mais je les ai vu prendre pour des lésions syphilitiques, et traiter comme telles, c'est là une erreur préjudiciable aux patients.

PSORIAStS

J'ai décrit au fourreau de la verge (p. 485) un psoriasis localisé, très superficiel, à fond rose, à squames demi-grasses, à larges éléments ovales, discrets et rares, qui peuvent siéger au cuir chevelu, au pli de l'aine, et au fouri'eau. Très souvent on en trouve des éléments au bas-ventre, en dehors des poils pubiens, ou sur la surface qu'ils couvrent. C'est un psoriasis ordinairement bénin, du type sléatoïde, fréquemment surséborrhéique, dont les récidives sont espacées et le traitement facile, mais on en peut trouver de rebelles.

Traitement, tel qu'il est décrit p. 485.

VITILIGO — MORPHÉE

Les régions du bas-ventre et du scrotum sont certainement atteintes plus fréquemment que beaucoup d'autres par les dyschromies et sclérodermies des types connus sous le nom de vitiligo (p. 28 et 688) et de morphée (p. 691).

Tantôt il s'agit de troubles exclusivement pigmentaires, ayant pris leur origine au raphéscrotal, et ayant fait de larges surfaces blanches qui se dessinent ii'régulièrement sur la région inguino-pubicnne, ce type est à relier au vitiligo scrotal.

Tantôt il s'agit de plaques sclérodermiques vraies, épaissies, indurées dans la peau, ne faisant aucune saillie à sa surface, d'une couleur blanche, cernées ou non par l'anneau lilas « lilac ring » commun dans la morphée. Il en existe une ou deux taches, ordinairement obliques suivant la direction de l'aine, et ovales, situées à i ou 2 doigts au-dessus du pli inguinal.

On sait (p. 28) combien le traitement du vitiligo est nul. Celui de

la morphée comprend l'électrolyse uni et l)ipolaire (p. 5) et donne des résultats appréciables. Dans un cas où les plaques sclérodermiques étaient minces, nombreuses irrégiilières, jai vu reffkivatioii donner des résultats évidents et dont j'ai contrôlé plusieurs années la persistance.

PELADE

La pelade limitée à la région pubienne est une rareté, une curiosité dermatologique. On observe ordinairement la pelade pubienne, plutôt diffuse que par plaques arrondies, au cours des pelades qui deviennent décalvantes. Dans les vitiligosdela région, sur les plaques touchées, le poil peut devenir blanc, tomber partiellement ou disparaître.

Traitement, j). 245.

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