INTERTRIGO DU PLI HORIZONTAL DU BAS-VENTRE
Lorsque l'iiitertrigo atteint un des plis du bas-ventre, il est rare que les deux autres ne soient pas pris. On ne voit guère un intertrigo localisé à un seul des plis inguinaux. .Fai vu pourtant de l'intertrigo du pli horizontal du bas-ventre exister seul, sans intertrigo inguinal. 11 n'a pas, dans ces cas, de symptôme ou flore particulière. Là comme ailleurs, Tintertrigo est streptococcique. Il peut aifecter la forme bénigne (voir Intertrigo inguinal, p. 297) ou la forme grave (p. 502).
Le traitement reste le même. 11 comprend une partie hygiène : relever le ventre par des ceintures séparant les plis qui s'aflVontent, ce qui les aère. Quand c'est impossible, les tenir distants par un pansement qui les sépare.
L'hygiène locale veut aussi les savonnages locaux toutes les fois que l'inflammation n'est pas excessive. Ces savonnages se font avec un savon de goudron et un blaireau à barbe. Quand ils sont impossibles on nettoiera les régions malades à l'huile d'amandes douces.
Comme traitement actif, copier ce que j'en ai écrit à propos des intertrigos de l'aine (p. 297 et 502).
RÉGION SCAPULO-THORACIQUE
La région scapulo-thoracique présente à considérer la séborrhée vraie (caractérisée exclusivement par le flux sébacé et dont cette région est un lieu d'élection) .... L'acné polymorphe juvénile, qui est toujours sur-séborrhéique, s'y observe souvent au maximum de son développement et nécessite souvent des traitements sérieux.
La trichophytie de la région scapulohumérale et scapulo-thoracique est l'une des plus fréquentes des régions cutanées couvertes
Le favus du corps, secondaire au favus du cuir chevelu s'observe aussi en cette région plus souvent qu'en la plupart des autres.
La syphilis secondaire crée fréquemment,, dans le dos, une éruption très acnéiforme, mais composée d'éléments beaucoup plus fins et beaucoup plus généralisés, dispersés d'ordinaire sur tout le dos
En outre, la syphilis fait souvent à la nuque, et à la région scapulo-thoracique postérieure, des éruptions localisées, demiulcéreuses, desyphilides secondo-tertiaires.
La région thoracique supérieure est aussi, par excellence, la région des érythèmes pudiques passagers
...et l'une des régions où s'observent le plus souvent et le mieux toute la série des roséoles
La région scapulo-thoracique postérieure est, par excellence, le siège des lésions de grattage dans les maladies vermineuses (vagabond's disease des Anglais)
C'est encore la région par excellence où l'on rencontre les petites tumeurs miliaires désignées sous le nom d'hidradénomes éruptifs
Séborrhée
> Acné polymorphe. . p. 528.
Trichophytie. . . . p. 529.
Favus .
f Syphilides acnéi-
( formes p. 531.
Syphilis tertiaire . . p. 531.
Êrythème pudique . p. 532.
Roséoles. ..... p. 533.
Prurigo phtiriasique. p. 533. I
Hidradénomes ... p. 534. l
.RÉGION SCAPULO-TIIORACIOUK. 527
On est souvent consulté pour faire dis- ,
paraître sur cette région des nœvi de ; Nœvi p. 534.
formes diverses chez la femme *
... et de petits moUuscum pendulum qui ) „ „ ,, , ^ . , 7 / Molluscum pendu -
se développent au moment ou la peau se ! , ko/
sénilise '
Je terminerai en parlant de la verrue \ plate, grise, dite séborrhéique ou sénile, et j
qui se développe dans toute la région pos- ^ Verrue plate sénile. p. 535. térieure et antérieure du thorax et même \ du torse
SEBORRHEE GRASSE
La séborrhée (définie exclusivement par le flux sébacé et non par la squame) présente, pour la région scapulo-thoracique et médio-thoracique, une élection qui est pour le médecin de constatation journalière.
A l'état pur, la sébori-liée, qui n'atteint jamais en cette région l'intensité qu'elle peut atteindre à la face {Séborrhée fluenie, p. 15), est représentée par deux symptômes : D'abord la peau y est trop lisse,, presque luisante; en second lieu, tous les pores sébacés y sont marqués par un point brun pâle.
A ce degré, les savonnages aux savons sulfureux, et à l'éponge de caoutchouc, les frictions quotidiennes avec des liqueurs dégraissantes telles que
Liqueur (rHofriiianii 200 grammes.
Résorciue 2 —
... ou bien
Acétone antivdre } ~ ,aa
., , . opo 1 !>:^ tOO i(rammes.
Alcool a 96° ) -
Ammoniaque ^. 2 —
... suftisent d'ordinaire. Si elles ne suffisent pas on emploiera le soir les tièmes à l'oxyde de zinc salicylées au 1/100, au 1/50 et même au 1/15, qu'on savonne chaque matin. Ces topiques agissent par exfoliation, on pourrait aussi se servir, dans ce but, de crèmes soufrées, c'est-à-dire traiter la séborrhée simple comme l'acné (p. 5'28).
ACNÉ
La séborrhée demeure rarement pure en cette région. L'acné vient presque toujours s'y superposer. Elle a les mêmes territoires. Dans les cas sérieux, l'acné occupe tout le torse, mais sa prédilection pour la région scapulo-thoracique est connue de tous.
Elle s'y caractérise comme au visage pai- des comédons, gros ou petits, acné pnnctala, qui s'enllamment peu ou beaucoup, acné suppurata, acné indurata; Tacné indurée peut demeurer sur place ou bien Tindiiration devenir kystique. Dans certains cas, l'acné donne lieu à d'inuondn'ables kvstes sébacés. Suivant les cas, l'une ou l'autre
Fie. 190. — AcnL-cûiiiédon. (iliilade do A. Fournier. Jliisée de riio])ilal SainL-Louis, n° 155).)
forme prédominent, mais toutes coexistent d'où le nom générique (ï acné polymorphe. J'ai déjà plusieurs fois insisté sur les conditions étiologiqucs de l'acné : jeunesse, formation sexuelle, troubles gastriques, mais la cause qui fait les acnés graves ou généralisées, nous échappe totalement; cependant les sujets qui en sont atteints ont souvent une hyperstéatidrose d'une odeur fauve et rance particulière. La condilion des acnés graves est sans doute chimique.
REGION SCAPULO-THORACIQUE. 529
Les traitements de l'acné ont été déjà étudiés plusieurs fois. Ils peuvent être ici plus violents sans inconvénient. La méthode exfoliante est souvent la plus rapide et la meilleure. J'en donne un exemple dans lequel les doses médicamenteuses sont moditiables à l'infini.
Soufre précipité 5 grammes.
Résorcine 2 —
Acide salicyliquc I gramme.
Vaseline 50-60 grammes.
On applique cette pommade le soir, on savonne le lendemain. Ses doses peuvent être doublées ou bien l'application sera précédée d'un savonnage au savon noir. Si la peau du patient est sensible on traitera par la lotion soufrée de Vidal, les bains sulfureux et les savonnages sulfureux simples (p. 16).
Le topique de l'acné, jusqu'à présent, reste le soufre. La radiothérapie essayée à doses faibles (1/2 teinte B) a donné des résultats très encourageants, mais qui restent encore à l'étude, au moins en France.
TRICHOPHYTIE CUTANÉE
Les trichophyties, surtout quand elles relèvent d'une origine animale, s'inoculent souvent en dehors des régions pilaires, en un point quelconque du revêtement cutané glabre. Nous avons vu ainsi les trichophyties de la nuque, du poignet, des mains et des pieds. Ces trichophyties sont plus fréquentes aux régions découvertes; pourtant on les voit souvent occuper la région scapulo-humérale, la semence étant sans doute tombée dans le col d'habit entr'ouvert (fig. 67). La forme des cercles trichophytiques dépend de l'espèce parasitaire et de l'animal d'origine. Les caractères communs de toutes ces lésions sont leur orbicularité, leur grande dimension relative, leur petit nombre total, leur localisation unie ou bi-régionale, l'identité objective de tous les placards que porte le même individu. Le traitement le plus simple consiste toujours en des badigeons répétés d'alcool à 60 degrés, iodé faiblement. C'est ici le lieu de répéter que la teinture d'iode pure a peu d'emploi en dermatologie et que la teinture d'iode diluée rend mille fois plus de services. Exemple :
Teinture d'iode fraîche 10 grammes.
Alcool à 60 degrés 40 —
Sabol'Racd. — Dermatologie topogr. 54
oôO
DERMATOLOCIE TOPOGP.APllIOUE.
FAVUS
Le favus, dont la localisation la plus ordinaire est au cuir chevelu (p. 222), peut occuper toute région du corps, y compris les ongles (p. 458). Fourtanl, il a une prédilection relative pour la région sca-
pulo-humérale et les bras, sans doute parce que les parcelles de « godets » tombées du cuir chevelu dans le col des habits vont faire des inoculations plus facilement en ces régions qu'en toutes autres.
Le favus du corps est toujours caractérisé par le godet petit ou grand, rond, de couleur jaune soufre, de consistance plâtreuse , enchâssé dans la peau.
Cependant, il y a deux formes de favus cutané.
L'une, favus herpéliformeesl constitué par des cercles lisérés de rouge et semés sur leur surface ou leur pourtour de petits godets plus ou moins nombreux. L'autre, favus squarrheux ou rocheux, est fait de godets nombreux et grands, ariivant par leur juxtaposition à créer d'immenses placards d'apparence croùteuse (fig. 191). Ces placards une fois faits peuvent s'augmenter, mais ne régressent jamais sans traitement. Ils peuvent durer autant que l'individu; cela ne s'observe plus que sur des faibles d'esprit, rel)elles à toute idée de traitement.
l'Jl. — l'avus du corps et (lu bras. (Mïilade de Saljouraud. f'hotographie de Noire.)
RÉGION SCAPLILO-THORACIQUE. 551
Le traitement consiste en pansements humides pour ramollir les godets qu'un simple raclage à la spatule fait tomber de la peau. Ensuite on fait des badigeons de teinture d'iode diluée d'alcool, au l/5^ Ces applications doivent être renouvelées souvent si l'on veut éviter les récidives in situ. Celles-ci sont si fréquentes chez les sujets très pileux qu'on a pu être judicieusement conduit à l'épilation totale et répétée des poils de la région.
SYPHILIS ACNEIFORÎVÎE
La syphilis acnéiformc est, dans les manifestations secondaires de la syphilis, une des formes un peu tardives qui surviennent à la fin de la première année de la maladie.
C'est comme une acné rouge, mais les éléments en sont bien plus nombreux, plus également répartis, moins polymorphes, que dans l'acné vraie. Ces éléments couvrent le dos entier de macules brunâtres, toutes fines, mais beaucoup miliaires et toutes ont un follicule pour centre. La couleur brune de ces éléments difière aussi de la couleur rouge des éléments d'acné récents. Enfin // «'?/ a pas cVéléuienls polyniorplies indurés, boursouflés, kystiques, suppures; tous sont monomorphes.
En examinant le torse, sur sa face antérieure, on y trouvera des lésions analogues, à une place que l'acné ne prend jamais, (ombilic, flancs) et puis les signes capitaux : ganglions, plaques muqueuses, etc., et commémoratifs de l'infection syphilitique récente, ne permettront pas une erreur de diagnostic très dommageable aux malades.