TUMEURS DU SEIN
Les tumeurs du sein n'appartiennent pas à la dermatologie, quand elles naissent dans la profondeur, ce qui est la rèple. Une évolution, que tous les jours avancent, rangera sans doute beaucoup des anciennes tumeurs chirurgicales du sein parmi les maladies dermatologiques, à cause des résultats sur elles de la radiothérapie.
Pour le moment, le dermatologiste sera prudent de soumettre au chirurgien toute tumeur du sein dont la bénignité ou la malignité lui sera douteuse.
Si le chirurgien peut attendre deux mois pour intervenir, attaquer la tumeur directement par la radiothérapie, suivant les règles données par H. Noire, c'est-à-dire, faire sur le sein, tous les 15 jours, trois ou quatre applications immédiates, consécutives de rayons X. L'une au-dessus, l'autre au-dessous, la troisième en dedans, la quatrième en dehors du sein, de façon que chacune frappe une surface de peau différente et soit dirigée (limitée par le cylindre métallique) vers la tumeur. Chaque application cutanée d'une teinte B de noire radiomètre. Il est indispensable de faire une séance sur les ganglions de l'aisselle chaque fois que l'on fera une application sur le sein. Si après quatre séances, ainsi faites, la tumeur n'est pas réduite sensiblement,, faire opérer. Si le chirurgien ne peut attendre deux mois d'épreuve, faire enlever de suite, et faire ultérieurement la radiothérapie de la cicatrice: cinq à six séances, chacune d'une teinte B du radiomètre, chaque séance espacée de 18 à '20 jours. Bien savoir que certains sar-
(*) Pour cet examen, trailer la squame, comme le clieveu trichophytique, par une solution de potasse à 40 pour 100 et examiner sans coloration.
Sabouraud. — Dermatologie topogr. 36
5G2 DERMATOLOGIE TOI'OGRAPIIIOLE.
comcs donnent des résultats moins sûrs que les cpithéliomas, surtout quand ils ont été opérés tardivement: l'avenir fixera la thérapeutique radiothérapique de ces cas plus précisément. Mais les résultats tels qu'on les o])tient déjà couramment, quand on sait se servir des rayons X, ne sont pas niables.
CHORIO-ÉPITHÉLIOIViATOSE — CANCER EN CUIRASSE LYfViPHANGiTE CANCÉREUSE
Dans certains cas rares, !a peauest uniformémentprisc d'une cutite épitliéliomateuse diffuse, épaississant le pli de la peau ou le rendant impossible; la peau infiltrée, dure, est d'un rose jaunâtre marbré; la surface prise étant limitée par un rebord très finement découpé, irrégulicr. Cet état survient autour d'une ulcération cancéreuse du sein, ou encore, au-dessus d'une tumeur centrale, avec rétraction du mamelon. Le diagnostic peut être difficile. C'est surtout un diagnostic par élimination.
Le traitement chirurgical est condamné à rinsuccès immédiat. Il y a repullulalion dans la cicatrice, souvent même avant qu'elle ne soit complète. La radiothérapie serait à tenter suivant les règles formulées [lar le paragraphe précédent.
Lymphangite cancéreuse. — On peut voir, dans les mêmes conditions que la chorio-épilhélioinatose, se former une ou plusieurs lymphangites cancéreuses, dures au palper, saillantes sous la peau, nodulaircs et moniliformes, se dii'igeant vers les ganglions axillaires qui sont souvent pris.
Béclère a eu de la radiothérapie, dans ces cas, des résultats excellents.
Squirrhe en cuirasse. — J'en dirais autant du squirrlie en cuilasse, et de cette transfoi'mation épitliéliomateuse de la peau, dans laquelle de petites tumeurs nodulaires, saillantes, sur la cuirasse s([uirrheuse, sont recouvertes d'une peau adhérente mais normale, sans tendance à l'ulcération. Même traitement que la forme précédente.