URTICAIRE DE L'ENFANT
Les urticaires de lenfant paraissent en rapport ordinaire avec des troubles digestifs, sans que leur cause immédiate et leur mécanisme soient aisés à définir toujours, et sans qu'il y ait le plus souvent un rapport certain entre les poussées éruptives et les alim.ents ingérés. Quelquefois on croit remarquer que les poussées urticariennes suivent chez l'enfant l'ingestion des œufs (en hiver), ou de tel aliment comme les haricots verts, d'autres fois, il s'agit chez l'enfant de poussées urticariennes récidivantes, et dans la genèse desquelles on incrimine l'alimentation parce quou ne sait pas quoi incriminer.
L'urticaire chez l'enfant peut prendre bien des formes :
Tantôt il s'agit d'une urticaire simple, plus ou moins intense ou d'éléments plus ou moins développés {urticaire géante).
Quelquefois au centre de chaque élevure ortiée se montre une vésiculette claire vite rompue. C'est la varicelle-prurigo d'IIutchinson [urticaire vésiculeuse). Liulicaire peut même devenir Ijulleuse rws. pieds et aux mains.
Vurticaire récidivante qui a d'abord paru de type normal chez l'enfant [strophulus pruriginosus de Hardy), devient souvent du prurigo de Ilébra. Si le prurigo de llé]»ra avait Tautonomie de la rougeole
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ou de telle autre maladie spécifique, et il n'est pas impossible qu'il l'acquière dans l'avenir, on pourrait dire que le prurigo de Hébra présente souvent une première phase urticarienne. Mais les urticaires récidivantes comme les diverses formes de pruiigo ne paraissent pas être des maladies spécifiques : ce sont, à ce qu'il semble, de simples syndromes, des modalités réactionnelles de la peau, et qui peuvent sans doute se suppléer et se transformer l'une en l'autie.
Ainsi l'urticaire (symptôme) se trouve souvent mêlée au lichen simplex aigu ou prurigo aigu de l'enfance, l'urticaire chronique au prurigo chronique, mais plus souvent chez l'enfant que chez l'adulte.
Dans le traitement de l'urticaire aiguë on traitera la cause première : digestive, toutes les fois qu'on la trouvera certaine ou môme probable, mais il faudra se gaider de cet excès, qui consiste à défendre à un urticarien toute espèce de nourriture sans avoir examiné si les aliments qu'on lui supprime lui sont effectivement préjudiciables; on amène ainsi de la dénutrition sans raison valable.
Le traitement par le régime lacté ne doit pas non plus être considéré comme la panacée des urticaires. 11 y a des intestins qui ne le supportent pas, et qui font avec les graisses et les albuminoïdes du lait des produits de désintégration très toxiques.
11 semble fort douteux, en clinique, que les urticaires récidivantes paroxystiques, qui se conduisent comme une variété du prurigo de Hébra, et qui ne sont souvent qu'une première phase du prurigo de Hébra, soient en rapport quelconque avec le mode alimentaire, qui peut être modifié de fond en comble, et de dix façons différentes sans influencer l'évolution des urticaires et des prurits. L'urticaire ab ingestis hante malgré lui le cerveau du médecin, et lui fait croire que toutes les urticaires sont causées ab ingeslis. C'est une induction très hypothétique, et probablement môme très fausse.
Les traitements locaux restent ceux des urticaires aiguës de l'adulte pendant les poussées ; lorsque l'urticaire est chronique, paroxystique, ses traitements externes se confondent avec ceux du prurigo de Hébra (p. 618).