‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 247 sur 251 · TUMEURS CALCAIRES · texte numérisé non relu

TUMEURS CALCAIRES

Les tumeurs calcaires de la peau, (rares), peuvent être des lobules adipeux calcifiés, des ostéomes vrais, des calcifications de fibromes, de loupes, de kystes dermoïdes, d'épithéliomas. Il y a un sarcome ossifiant dont une localisation donne Vexostose sous-unguéale des orteils. Ordinairement les tumeurs calcaires de la peau sont des plilébolithes, transformation pierreuse des parois d'une veine variqueuse, après phlébite locale.

FIBROMES CUTANÉS DURS

Les fibromes cutanés durs, prototypes des tumeurs conjonctives bénignes, sont ordinairement multiples, de volume différent, d'un pois à une noix, mobiles sous la peau ou avec elle. Ordinairement, une fois formés ils persistent sans modifications.

LIPOMES

Les lipomes sont des tumeurs constituées par du tissu adipeux.

1" Ils peuvent exister solitaires et varient de volume entre une noisette et une tète de fœtus.

'2° Ou bien en quelques années, par poussées surviennent des lipomes sous-cutanés énormes de dimension variable, et qui peuvent être innombrables. Tumeurs bénignes, mais gênantes. Leur ablation chirurgicale peut dans certains cas s'imposer.

5° L'adéno-lipomatose symétrique de Launois et Bensaude est une aftection rare, caractérisée par la production de masses énormes occu-

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panl le cou, la nuque, les aisselles, les plis inguinaux, en somme toutes les régions qui présentent des ganglions lymphatiques.

XANTHOME

Le xanthome est une maladie néoplasique bénigne de cause inconnue, de lésions constantes spécifiques, qui peuvent atteindre les viscères, mais dont l'histoire dermatologique est principale.

La caractéristique anatomique de cette maladie est la formation par agglomérats, au sein des organes ou du derme, de cellules xanthélasmiques (?), qui sont des cellules conjonctives adipeuses, énormes, remplies de granulations protoplasmiques. L'évolution de ces agglomérats est ordinairement lente, une fois constitués ils persistent sans régression.

Objectivement les lésions du xanthome sont planes, tubéreuses ou en tumeurs.

a. Les lésions planes aflleurent la peau, ne font aucune saillie à sa surface. Ce sont des taches miliaires, ou des taches de la dimension d'une lentille (p. 627), plus rarement des placards de 1 à 5 centimètres carrés.

p. Les lésions tubéreuses font à la surface de la peau une saillie d'un 1/2 à 1 millimètre. Elles affectent les mêmes dimensions diverses (p. 521)), mais ordinairement très minimes, que les précédentes.

y. Les lésions en tumeurs peuvent atteindre au volume d'une noix, elles coexistent en général avec les formes tubéreuses, dont elles ne sont que le développement. Et elles sont ordinairement peu nombreuses parmi des lésions plus abondantes de moindre relief. Tous les inhltrats xanthélasmiques, quelque forme qu'ils aflectent, sont invariablement de consistance molle.

Le xanthome, plan, tubéreux ou en tumeurs est localisé ou généralisé. Localisé, ce qui est le plus fréquent, il infiltre les paupières (p. 144). Il peut sans généralisation atïecter plusieurs localisations différentes : coudes et genoux (p. 526) ; généralisé il occupe le corps entier avec prédominance aux points de frottement et aux fesses. C'est une pluie de lésions miliaires de toutes formes, ordinairement petites. Celles du dos des doigts, des plis des doigts sont extrêmement caractéristiques.

Le xanthome généralisé s'accompagne d'infiltrats xanthélasmiques

viscéraux, particulièrement au foie, d'où l'ictère vrai chronique (2-7 ans), et une forme d'ictère sans urine ictérique et sans coloration des sclérotiques que l'on appelle xanthochromie.

Il peut y avoir xanthome généralisé, avec ictère, sans ictère, avec xantochromie, avec ictère suivi de xantochromie. Dans ce dernier cas les pigments biliaires paraissent exister dans le sérum et ne pas filtrer au niveau du rein.

Le xanthome, même généralisé, ne s'accompagne pas de phénomènes généraux. Les lésions surviennent par poussées qui, une fois produites, ne régressent plus. Car c'est encore une caractéristique du xanthome vrai que sa permanence.

Aucun traitement général ne parait modifier heureusement le xanthome. Le traitement externe, excellent pour faire disparaître des lésions objectives disgracieuses consiste à ponctuer de pointes de galvano-cautères en quinconce à 2 à 5 millimètres les unes des autres les lésions xanthélasmiques. Ces piqûres bien faites, ne laissent pas de traces, et les lésions xanthélasmiques après une ou deux interventions de se genre, fondent sans en laisser davantage. Voici 7 ou 8 ans que je pratique ce traitement du xanthome, sans qu'il soit devenu de règle dans l'opinion dermatologique. Ses résultats pourtant m'ont toujours paru excellents.

Xanthome diabétique. — Le xanthome diabétique est-il un xanthome vrai dont la glycosurie serait une cause adjuvante, est-il une diabétide xanthélasmiforme? La question est encore douteuse, ce qu'il y a de certain c'est que c'est une maladie passagère (Besnier), ce qui oppose singulièrement ses mœurs à celles du xanthome vrai. Ses symptômes en diffèrent beaucoup aussi.

Ses localisations aux extrémités, aux coudes, aux genoux, non aux paupières, son apparition rapide, les symptômes inflammatoires qui accompagnent ses formes florides, l'hyperhémie de ses placards et de ses tumeurs, qui même peuvent s'exulcérer quelquefois, sa régression qui est de règle après quelques mois, tout cela en fait une entité bien particulière, cliniquement du moins. Car anatomiquement le xanthome ordinaire et le xanthome diabétique se ressemblent.

On a invoqué dans la genèse du xanthome diabétique le rôle d'un xanthome du pancréas (Hallopeau), mais la glycosurie préexiste presque toujours à l'éruption, et l'éruption peut disparaître alors que la glycosurie continue.

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SARCOMES EN GÉNÉRAL

Les sarcomes sont tous des néoplasmes malins, dont les éléments sont d'origine conjonctive. Il y en a trois types dermatologiques bien distincts cliniquement :

[° Sarcome pigmentaire multiple de Kaposi.

T Sarcome généralisé hypodermique de Perrin.

3° Sarcome mélanique sur-nsevique.

Il y a ensuite les tumeurs sarcomateuses simples, d'évolutions toujours malignes, mais variables, de localisation primitive quelconque et de localisation cutanée secondaire.

Il peut exister un sarcome cutané primitif à cellules fusiformes ou un hjnipho sarcome à tissu adénoïdien, qui peut être également primitil ou secondaire.

SARCOMATOSE PIGMENTAIRE MULTIPLE DE KAPOSI

Début aux pieds et aux mains par des plaques congestives œdémateuses, dures (stade maculeux) ou immédiatement par des tumeurs grosses comme un grain de mil ou un pois, toujours violettes, vineuses ou noires (stade néoplasique). Elles se multiplient assez vite, et augmentent de volume lentement. Elles couvrent les extrémités et deviennent plus rares à la racine des membres et au tronc. Lorsqu'elles sont très nombreuses la peau entre elles est dure, épaissie, infiltrée. Ces tumeurs augmentent toujours de nombre et ordinairement de dimension; toutefois certaines se résorbent laissant une cicatrice à leur place pendant que d'autres apparaissent. La maladie en 5, 10, 20 ans, rarement plus, se généralise. L'état général reste longtemps très bon. Il n'y a aucun symptôme subjectif: douleur, prurit; ni symptôme fonctionnel autre que l'impotence des doigts. Mais les tumeurs apparaissent aux muqueuses, elles se généralisent aux viscères, la cachexie alors commence et se prononce rapidement avec des phénomènes généraux : fièvre, diarrhée, et le malade meurt dans le marasme. Pas de traitement autre que le traitement des symptômes.

SARCOMATOSE GÉNÉRALISÉE HYPODERIVIiaUE DE PERRIN

Apparition, au hasard, sans localisation systématique, au tronc, à la face, à la racine des membres, de tumeurs multiples, faisant une saillie visible à l'œil, ou perçues seulement à la palpation, grosses comme un noyau de cerise, une noisette, d'abord libres sous la peau et alors incolores, ensuite adhérentes à la peau, qui rougit ou devient violacée. Vers la lin de la maladie, quelques-unes de ces tumeurs" peuvent s'ulcérer.

La maladie progresse rapidement. On observe de nouvelles tumeurs à chaque examen. L'asthénie et la cachexie se prononcent rapidement avec des symptômes 'dépendant de la généralisation viscérale. Et la mort survient 10-15 mois après les débuts de la maladie. Aucun traitement valable.

SARCOME MELANIQUE SUR-N/EVIQUE (N^EVO CARCINOME DE UNNA]

Il naît sur un nœvus congénital ordinairement pigmentaire sous la forme d'une tumeur noire, indolente, très lentement extcnsive et qui peut même rester stationnaire des années. Après cette période de durée indéterminée et qui est abrégée par toute intervention locale quelle qu'elle soit, survient une période de généralisation ultrarapide, à la peau, aux viscères. La cachexie se prononce de jour en jour et la mort arrive. Les tumeurs secondaires peuvent prendre des dimensions considérables, ou rester petites, ou quelques-unes du moins régresser et disparaître ou enfin s'ulcérer.

La cause de ce processus est inconnue. Son traitement nul.

SARCOMATOSE CUTANÉE SECONDAIRE

Un sarcome peut naître en un point quelconque du corps autre que la peau, dans les parties molles d'une région quelconque, venir se fixer à la peau et l'ulcérer ou se développer au-dessous d'elle; et alors une sarcomatose cutanée généralisée s'ensuivre avec tous les caractères de la sarcomatose hypodermique primitive de Perrin. Je n'y insisterai pas.

DEHMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQIJE.

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