POMMADE
Soufre précipité )
Résorcine ;iTi 1 gramme.
Ichtyol ^
Vaseline 50 grammes.
On peut augmenter l'action du soufre par des mordants : savonnages préalables, acide salicylique, etc., etc.
On peut, dans les cas graves, combiner l'action du soufre et du savon noir en essayant peu à peu la tolérance de la peau du patient. On peut
très utilement dans ces cas se sei'vii' en lotions avec de l'ouate hydrophile, du sulfure de earhone saturé de soufre, em})loyé pur {très inflammable).
ACNÉ COIVJÉDON
L'acné comédon n'est qu'une variété particulière de séborrhée. Dans la séborrhée, chaque glande sébacée éverse son produit sur la peau continuement. Dans l'acné comédon le cylindre gras que nous venons de mentionner dans le canal sébacé se développe au point d'enclouer le pore sébacé. Son sommet devient noir et le cylindre séborrhéique devient une outre ou am|ioule : le comédon. Le comédon apparaît dans l'orifice sébacé comme un point noir; exprimé entre deux ongles, il sort de la peau. C'est une énorme colonie microbacillaire.
Le comédon se traite par l'extraction avec une clef de montre ou au moyen d'instruments basés sur le mémo principe : extracteurs de comédons. On combine l'extraction simple avec l'application des topiques employés dans la sé])orrhée. La sébori'hée coexiste toujours d'ailleurs avec les comédons qui n'en sont qu'un accident clinique.
ACNE P0LYIV30RPHE
A la période juvénile l'acné polymorphe du nez et du centre du visage ne difïère pas de celle du visage en général (p. 14). Elle n'en est qu'un épiphénomène. Tout au plus peiit-on dire que ses diverses nn)dalités ont une prédilection fréquente pour les ailes du nez et le pli naso-génien.
Le traitement est celui de l'acné polymorphe en général. Nous n'y reviendrons pas (p. 16).
ACNE NÉCROTIQUE
L'acné nécrotique est une acné suppurée, à croûte discoïde, enchâssée dans la peau et laissant, quand elle tombe, une empreinte varioliforme. En ce qui concerne sa nature (autant que les recherches
NEZ ET JOUES. 105
récentes Tont élucidée), c'est un hybride de folliculite pustuleuse et de séborrhée, c'est une lésion d'impétigo de Bockhart avant pris pour centre un cylindre séborrhéique microbacillaire.
Cette maladie a trois sièges de prédilection : le front {acné
fronlalis de Hebra), la région , "-b^^m™
médio-faciale et les régions mé- ^^y ' '^B^^*»-
dio-thoraciques. L une de ces ^^
localisations peut exister seule. \ ^W^ .r^^-"^"
Au nez (lig. 56), c'est un ,. BSr X^v^'"^*'^ semis de lésions de divers diamètres se transformant in situ et sans s'ouvrir en une croûte discoïde sertie dans l'épiderme <^
et qui ne s'en détache qu'après \ ■«^■a»
longtemps. Sa trace varioloïde \-^^
est définitive et provient d'une
nécrose conjonctive que la pus- . :::;ï»è^
tule d'impétigo de Bockhart produit ininmirv; mak rriii Pt;! nnr Fig. 56. — Cicatrices d'acné néciolique au visage. (Ullt lOUJOUlS, mais qui est pai- ^^^^^^^^ j^,p Besnier. Musée de riiô|.ital Saint-
ticulièrement marquée dans l'ac- Louis, n» ws.) né nécrotique.
L'acné nécrotique est une maladie qui a deux âges : on la voit chez l'adulte jeune; dans ce cas la thérapeutique agit très bien et la maladie peut ne pas récidiver. Elle est plus fréquente à la cinquantaine, et à cet âge se montre de mœurs beaucoup plus graves, et de marche extensive (voir : Cuir cltevehi , p. 261).
Même dans ces cas la poussée actuelle reste toujours aisément curable par des préparations soufrées mercurielles.
Soufre précipité 1 graïuine.
Cinabre 1 —
A'^aseline 50 ûrrammes.
Mais la thérapeutique locale n'empêche pas les récidives. Ce fait clinique étant plus vrai à propos des autres localisations de la maladie, c'est avec elles (p. 156 et 261) que nous en reparlerons.
106 DERMATOLOGIE TOPOGIUPHLQUE.
PITYRIASIS NASO-GENIEN
On verra, en étudiant les maladies du cuir chevelu (p. 251), que \g pityriasis simplex capitis est une entité morbide autonome d'origine mycosique comme le pityriasis versicolor, et que ses squames sèches peuvent prendre une apparence grasse par Tinfection secondaire d'un coccus (à culture grise) (p. 'Iô'-I). Cette symbiose donne à la maladie une tendance à la difi'nsion. C'est généralement sous cette forme de pityriasis stéatoïde qu'on rencontre le pityriasis en dehors du cuir chevelu.
Le centre du visage est alors un de ses lieux de prédilection, principalement le sillon naso-génien, ainsi que la barbe, les sourcils. 11 s'y présente sous la forme de petites écailles d'un jaune-paille, accumulées dans le sillon naso-génien et dessinant sa courbe. On les enlève, elles se reforment en quelques heures. Cette formation s'accompagne d'un prurit local assez net et d'une sensation de cuisson. A la loupe, la peau du sillon parait moite ; aux doigts elle donne la même sensation. La squame parait grasse comme du cérumen et, écrasée sur un papier soie, y laisse une tache, analogue à celle que laisse la croûte de l'impétigo.
Le traitement de ces pityriasis est tout externe. Il comprend l'emploi des goudions et des soufres, associés quand la peau le supporte.
Soufre précipité 1 gramme.
Huile de cade. . . ; 5 grammes.
I^anoline 10 —
Vaseline ]5 —
...soit l'emploi des goudrons seuls quand la peau est irritable et que l'éruption s'étend sur de grandes surfaces. Dans ce cas on traite avec des pommades du type suivant :
Huile de cade h grammes.
— de bouleau 1 gramme.
Résorcine 1 —
Ichtyol 1 —
Lanoline 10 grammes.
appliquées le soir et savonnées le matin avec un savon de goudron.
NEZ ET JOUKS. 107
Ce pityriasis est le type dune maladie presque nécessairement surséborrhéique dans ses localisations aux régions glabres. 11 est donc récidivant sur la séborrhée parce que la séborrhée est permanente.
TROUBLES VASOI^OTEURS ET VASCULAIRES
Les vieux cliniciens distinguaient au nez deux types de troubles vasomoteurs et vasculaires : un premier type actif, évoluant sur les jeunes gens et lié chez eux à d'autres manitestations classées autrefois comme lymphatiques. Et ils distinguaient un second type de congestions passives, évoluant à l'âge de retour et liées aux manitestations encore aujourd'hui classées comme arthritiques. Jusqu'à ce que ces états morbides généraux (lymphatisme, arthritisme, etc — ) soient mieux définis, il est dangereux d'en accepter la conception comme valable et l'existence comme démontrée. Ne considérer donc cette classification que comme un simple moyen mnémonique.
Au premier type se rattachent les engelures, le lupus pernio, le lupus érythémateux mobile, et même le lupus érythémateux \\\e. Certains iraient même jusqu'à encadrer en ce groupe le lupus tuberculeux.
Au second type se rattachent les varices du nez, l'acné hypertrophique avec sa congestion en masse, ses lésions pustuleuses, kystiques, et les déformations dont l'ensemble crée le rhinophyma, avec les complications qu'on peut voir se superposer aux peaux séniles : verrues, séborrhée concrète, épitbéliomas.