ENGELURE DU NEZ
On observe l'engelure du nez chez des enfants au même titre que toutes engelures d'autre siège, mais aussi chez des adultes qui n'en présentent pas d'autres. C'est donc une engelure de mœurs spéciales.
Le nez est froid, son lobule est un peu grossi, un peu trop rond, de couleur violacée; la compression efface sa teinte qui reparaît aussitôt. Le soir on peut quelquefois noter de la congestion avec prurit, plus souvent rien. L'engelure du nez s'observe d'abord en hiver, mais elle peut durer jusqu'en plein été et reparaître dès l'automne. Habituellement l'engelure des ourlets des oreilles coexiste avec l'engelure du nez. Ni la vie du sujet, ni son mode d'alimentation, ni la thérapeutique
n'ont grande action sur cet état, d'autant plus regrettable qu'on l'observe souvent chez la jeune fille.
On peut, dans quelques cas, invoquer des trouldes narinaires : adénoïdite, rhinite, déviation de la cloison, polypes, etc., agissant par réflexes. Dans ces cas l'inteiTentiou thérapeutique serait plus claire. On peut aussi éviter les cols montants et serrés qui gênent la circulation veineuse de la tête, surveiller le régime et éviter les digestions pénibles et le réflexe de congestion du visage qu'elles provoquent. Enfin les glycérés d'amidon résorcinés au 1/100" ou les pommades à l'oxyde de zinc peuvent être essayés localement. Dans les meilleurs cas, ces interventions restent médiocres.
J'aurais beaucoup plus de foi dans les traitements comme ceux du lupus érythémateux : rayons X à dose pleine et en séances répétées, ou du lupus tuberculeux : photothérapie de Finsen. Ce seront des points de thérapeutique qui seront fixés avant dix ans.
ÉRYTHÉÎVJE OU LUPUS PERNIO
Ce mot de lupus est mauvais; car il ne s'agit pas d'un lupus; l'origine tuberculeuse de cette lésion n'étant pas prouvée du tout, et l'action du froid dans sa genèseétant seulement celle d'une cause déterminante qui ne produit ce résultat que sur très peu de sujets. C'est comme une engelure du lobule du nez, du dos et des faces latérales du nez avec empiétement sur les deux joues. La lésion, grossièrement, est symétrique. C'est une rougeur diiïuse avec marbrures de la peau, œdématiée, de toute la région. Cette lésion passagère, mais récidivante et qui peut demeurer permanente avec des exaceivbations passagères, ne tient du lupus que sa situation et sa forme qui sont celles du lupus érythémateux. Sur la genèse de cette affection et son traitement, tout ce que je viens de dire à propos de l'engelure du nez, qui est d'ailleurs plus fréquente, serait à répéter intégralement. Je n'y reviens pas.
LUPUS ÉRYTHÉMATEUX MOBILE
Il existe entre l'engelure du nez et le lupus pernio d'une part, le lupus érythémateux fixe d'autre part et enfin les érythèmes toxiinfectieux aigus en plaques du type de certains érythèmes polymorphes, une série de cas cliniques que l'on ne sait encore où classer.
NEZ ET JOUES
Ils sont récidivants en divers points, par crises, ce qui fait supposer une source infectieuse permanente, dont les décharges toxiques causeraient les plaques éruptives. Ces faits non classés, qui appartiennent peut-être à des catégories différentes ont été provisoirement réunis sous le nom de lupus érythémateux mobile. Le cadre du lupus érytliémateux en général est encore assez large et assez peu lixé pour qu'on y place ce type à côté des autres, malgré d'énormes différences cliniques.
LUPUS ÉRYTHÉIVIATEUX FIXE
Le nez est l'un des lieux d'élection du lupus érythémateux fixe ou vrai, dans ses foi'mes normales.
H est rare qu'on l'y observe
exclusivement. Le nez est pris, " ~~
mais il y a des plaques sur le visage. Toutes se ressemblent de caractères (fig. 8).
Ce sont des plaques de contour irrégulier, ayant ou non une forme symétrique par rapport à la ligne axiale du nez, des plaques déprimées et cicatricielles en leur centre, entourées d'un rebord rouge légèrement surélevé et semé de squames crayeuses adhérentes. Toutes ces lésions sont perpétuellement sensibles à la percussion ou au pincement; ce sont des placards chroniques d'une durée indéfinie , évoluant lentement par extension périphérique, reculant quelquefois sur
un point pour avancer sur un autre. La guérison spontanée ou thérapeutique remplace la lésion par une tache déprimée, blanche, dépigmentée, quelquefois marbrée de brun, cicatricielle, indélébile (fig. 57 j.
J'ai déjà parlé du lupus érythémateux du visage (p. U)), je reparlerai de celui de l'oreille (p. 125). En toutes localisations il garde les
FiG. 57. — Lupus éi-ytht'inateux fixe. (Malade de E. Besnier. Musée de l'IiopiLal Saint-Louis, n" 101-i.)
mêmes mœurs. La thérapeutique utile se limite chaque jour plus à la radiothérapie, exclusivemeut : séances sériées, maxima (5 à 6 unités II) répétées toutes les trois semaines. La radiodermite paraît à craindre médiocrement dans le traitement de ces lésions, car elle paraît les guérir plus vite, et par une cicatrice plus belle que celle que Ton obtient par tous les autres moyens. Faits à l'étude.
LUPUS TUBERCULEUX
Le lupus tuberculeux du nez est des plus fréquents. Il est ordinni-
rement consécutif à un lupus de l'orilice narinaire (p. 96).
Le lupus tuberculeux a la plus grande tendance à se développer au lobule (fig. 58), aux ailes du nez. Et de même il envahit peu à peu la lèvre supérieure. Il y affecte plus souvent d'abord la forme hypertrophique fongueuse, et évolue ensuite vers l'ulcération destructive. Ce processus, après des années, amène la disparition des parties molles : lobule, ailes du nez, et môme quand on le guérit alors, des cicatrices horribles lui succèdent, des cicatrices dont la rétraction ferme ou à peu'prèsles narines (lîg. 54). J'ai dit déjà (p. '22) la thérapeutique du lupus, et comment tous les anciens moyens thérapeutiques, entre les mains du médecin d'aujourd'hui, doivent venir en aide à l'action seule vraiment curative de la photothérapie (p. 25).
Fin. 58. — Lupus vés'étant du nez. (Malade de R. Besnier. Musée de l'iiôpital Saint-Louis, n° 52-2.)
SYPHILIDES TERTIAIRES ACNÉIFORiViES ET GOIWIVIES EN NAPPE DE LA PEAU
Ce sont deux lésions syphilitiques fréquentes du nez qui ont aussi une élection pour le pli naso-génien,* les ailes du nez et les joues.
NEZ ET JOUES
La première forme un placard rouge, irrégulier, sur lequel de petites croûtes plates, très adhéreutes, recouvrent des ulcérations taillées à pic, peu suintantes, et qu'on ne soupçonne pas quand les croûtelles restent en place. La croûte semble emporter un petit lambeau de peau avec elle, lorsqu'elle découvre T ulcération sous-jaccnte. Cette lésion vient toujours d'une syphilis lointaine qui date de dix ans, de quinze ans et davantage.
La deuxième forme est faile des mêmes éléments, mais disséminés un par un (fig. 59) . L'erreur, qui consiste à prendre cette lésion pour une acné nécrotique, est fréquente, facile
Fie. 39. — Sypliilide papulo-iili-i'i-oiise ncnt'-iforme. (Malade de Jeanselme. l'Iiotographie de Xoiré.)
Fig. 40. — Acné roirr. imipr do E. Besnier. Mahtdo d(
l'-i il ,i( II.' |)(ilyuiorphe. (Malade l'hôpital Saint-Louis, n° 585.)
à faire et préjudiciable au malade. Tout traitement local reste inefficace ; le traitement mixte en a raison en trois ou quatre semaines.