‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 41 sur 251 · VERRUES SÉNILES · texte numérisé non relu

VERRUES SÉNILES

Sur le nez atteint de séborrhée et de congestion passive à l'âge de retour, les verrues séniles, les séborrhées-concrètes (p. 52 et 55) sont des plus fréquentes. Elles se superposent à la séborrhée du vieillard, comme les pityriasis se superposent à la séborrhée du jeune homme et dans le même point (sillon naso-génien), avec une particulière prédilection. Tantôt ce sont les verrues plates séborrhéiques papilloraateuses, jaunâtres, qui semblent d'abord de simples excréta à la surface d'une peau mal lavée; tantôt c'est la séborrhée concrète, dont j'ai décrit plus haut (p. 55) les caractères : de petites croûtes dures, parcheminées, épaisses, très adhérentes à la peau, et s'emboltant avec elle par une série de prolongements réciproques villeux, conoïdes, ceux des croûtes pénétrant dans l'orifice des glandes sébacées.

Sabouraud, — Dermatologie topogr. 8

Le traitement de ces divers processus séniles, surséborrhéiques, reste le même pour tous et pourrait être ainsi schématisé : Nettoyage premier de la peau par des applications de pommade d'un type ana-

logue au suivant :

Chlorate de potasse.

Soufre précipité. . .

Cinabre

Résorcine

Oxyde de zinc. . . .

Vaseline

gramme.

Après quelque temps, les lésions seront décapées, très améliorées, et l'on observera bien attentivement ce qui en reste.

S'il reste des perles épithéliomateuses, ou ])ion, sous les croûtes de la soi-disant lÊÊF^^^^'^

sé])orrliée concrète, des ulcères très pe- ~ V

FiG. 42. — É|)ithélioma térébnint du nez. (Muhtde de E. Besnier. Musée de riiôpital Saint-Louis, n" illii.)

n;. -iô. — Ejiithélioina du nez, forise ulcéreuse. (Malade de Sabouraud.

l'iiolograpliie de iNoiré.)

NEZ ET JOUES

tits, à bord dur, qui sont déjà de répithéliomatose au début, faire la radiothérapie de la région, suivant les règles indiquées plus haut, page 56.

Les papillomes saillants sont détruits au gal\ ano-cautère ; les verrues plates, si elles résistent aux pommades soufrées, chloi'atées, seront détruites par des badigeonnages à l'acide chromique au l/lÛ^

ÉPITHÊLIOIViA

L'épi thélioma de l'aile du nez est des plus fréquents, soit dans la torme saillante, néoplasique, soit dans la forme ulcéreuse. Dans la forme néoplasique, c'est une tumeur ordinairement molle, rouge.

FiG. 41. — Épitliélioma en tumeur saillante. — Cuérison par lu radiothérapie. (Malade de Sabouraud. Photographie de INoiré.)

spongieuse, semée de points nécrotiques, humide et croùteuse, à laquelle se superposent souvent des croûtes auxquelles le patient n'ose point toucher (fi g. 44).

Dans le cas inverse, c'est un ulcère polygonal, à pic, plus ou moins creux, rouge, suintant ou demi-sec, bordé de perles épithéliales rendant le bord de l'ulcère dur et luisant. Dans d'autres cas, l'ulcère est bordé de petites circinations pseudo-pityriasiques qui lui font une

]16 DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

circonvallation presque géométrique. Entre cette circination et l'ulcère existe une surface rose lisse qui semble privée d'épiderme corné.

Ces épithéliomas, à quelque forme qu'ils appartiennent, sont justiciables de la radiothérapie; les exemples ci-contre sont assez nets pour qu'ils dispensent d'insister. La formule thérapeutique est la suivante : Faire sur la surface malade, à dix-huit jours d'intervalle, 5 ou 6 applications de rayons X, chacune correspondant à cinq unités H de llolzknccht ou à une teinte B du radiomètre X (p. 219).

HYPERTRICHOSE

Quelquefois, vers la cinquantaine, le dos ou le bout du nez se couvrent de poils très disgracieux. Comme ces poils sont généralement gros et peu nombreux, la destruction électrolytiquc en est plus facile, et c'est d'ordinaire le moyen de choix (p. 158).

NiJEVI

Très souvent le nez, sur ses faces latérales, présente un ou deux nsevi en étoiles, qui augmentent avec l'âge. Ils sont ordinairement faciles à faire disparaître avec une pointe fine de galvano-cautère en leur milieu; quelquefois il est nécessaire de recommencer deux fois cette application. Lorsque cette cautérisation galvanique amène la cicatrisation du vaisseau central, tous les rayons vasculaires qui en émanent disparaissent avec lui.

XANTHÉLASMA

Le xanthélasma des paupières envoie ([uelquefois un prolongement à la glabelle, vers la racine du nez ou ses faces latérales. Ce n'est qu'un épiphénomène au cours du xanthélasma des paupières (p. 144).

IVÎOLLUSCUIVI C0^3TAGI0SUIV]

Le nez présente souvent dans le pli naso-génien, ou sur ses ailes, ou môme sur le lobule, les petites tumeurs molles hémisphériques et

KEZ ET JOUES. 117

ombiliqiiées du molluscum contagieux. Le traitement consiste à les faire sauter une par une à la curette tranclianle de Vidal, opération peu douloureuse, sans aucune gravité, mais qui doit êti e renouvelée, parce que les éléments de molluscum les plus fins échappent à la première intervention (fig. 52 et p. 142).

ADEMOmES SÉBACÉS

L'adénome sébacé est vme maladie rare, ordinairement limitée au sillon naso-génien et diffusant autour de lui comme d"un centre. Elle est constituée par de petites tumeurs irrégulières, sessiles ou demipédiculisées, souvent réunies en amas cohérents, non ombiliquées, non creuses, non croùteuses. Leur coloration est d'un rose jaunâtre, saumoné ou rouge plus ou moins intense.

Ces lésions sont d'autant plus grosses (comme un pois) et plus tassées qu'elles sont plus centrales; d'autant plus fines (comme un grain de mil) et plus espacées qu'elles sont plus excentriques.

Elles sont bilatérales, avec prédominance d'un côté, et toujours concomitantes à une séborrhée marquée.

Ce sont des nsevi-adénomes, dans la structure desquels .l'anomalie vasculaireest plus fréquente que l'anomalie glandulaire. Ils deviennent visibles de 10 à 15 ans et restent stationnaires après une période d'accroissement. Ils sont plus fréquents chez la jeune fille; ils coexistent souvent avec d'autres nsevi de formes diverses et avec un retard intellectuel marqué.

On les détruit à l'électrolyse, à la curette, ou plus simplement au galvanocautère. Même incomplètement détruits, ils ne récidivent jamais.

Vidal a parlé de leur transformation épithéliomateuse tardive.

MALADIE DE DARIER

Je l'ai décrite ailleurs (p. 27). Je n'en parle ici que parce que sa localisation au pli naso-génien peut être la première et demeurer seule quelque temps; le plus souvent, toutes les localisations de la maladie aux régions séborrhéiques se font ensemble.

IWORVE OU FARCI

J'ai \'u un cas de morve du nez, chez ini homme de cinquante ans. Le nez était plus gros que normalement et couvert d'ulcérations linéaires creuses, resseml)lant au chemin des vers dans du vieux hois; le nez était vermoulu (Besnier). Il y avait un coryza spécifique des deux narines qui fournissait du pus abondamment.

Je fis la preuve delà morve par l'inoculation du pus des ulcérations dans le péritoine au cobaye mâle, qui montra l'orchite spécifique en cinq jours. Le pus de l'orchite ensemencé sur pomme de terre fournit, après purification, les cultures en gouttes d'un brun chocolat caractéristique.

On sait que \e pronostic de cette alfection est mortel, que la marche en soit aiguë ou chronique. Le seul traitement à essayer serait le traitement spécifique qui a semblé dans quelques cas donner à l'affection un retard marqué (p. 720 et 705).

REILLE

Ce chapitre comprendra une brève ) „ , ,

, ■ ^- T , j! , . ^ -t ' Furoncle du conduit

description de la furonculose du conduit ,...„ .„^

^ t auditif p. 120.

auditif externe j

... Un résumé succinct de V otite externe ) ,,.., , ,„„

; Otite externe . . . . p. 120.

suppurée >

. . . Une étude plus attentive de l'irritation \

du pli rétro-auriculaire qui est un inter- f Intertrigo du pli ré-

trigo vrai plus ou moins compliqué d'ec- 1 tro-auriculaire. . p. 121.

zéma )

. . . Un résumé de l'évolution en ce siège } Engelures, érythème des engelures et de l'éry thème d'hiver . . ) pernio P- 122.

. . . Du lupus érythémateux de l'ourlet ) qui est étroitemens lié aux processus mor- [ Lupus érythémateux. p. 123. bides précédents j

rare .

Et enfin du lupus tuberculeux plus } L^pug tuberculeux, p. 124.

Les chéloïdes de l'oreille sont fréquents \ à la suite du percement des oreilles. Nous j

en parlerons après les lupus, car l'origine > Chéloïdes P- 124.

tuberculeuse de ces lésions a été fréquem- \ ment démontrée /

Nous étudierons ensuite les deux formes \

principales d'eczéma de V oreille : L'eczéma / , . ,.. . V .,:. , , . , . ■ f Eczéma impetigi-

impetigmeux des tempes et des joues qui > «eux v 125.

peut accessoirement envahir le pavillon de \

Voreille I

L'eczéma squameux du conduit auditif) que la plupart des auteurs placent parmii Eczéma squameux . p. 126. les eczémas séborrhéiques )

L'oreille peut enfin être le siège de lésions rares ou moins importantes dont nous ne dirons que quelques mots ....

Molluscum

Papillomes. . . .

Séborrhée. . . .

Tannes, comédons

Tophus goutteux.

Cancroïdes, etc. .

Tubercules lépreux

FUROhiCULOSE DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE

La furonculose du conduit auditif externe s'observe généralement après une otite externe, un eczéma du conduit ou des régions voisines avant donné prétexte à l'infection.

Le furoncle de l'oreille évolue avec les caractères du furoncle ordinaire. La douleur qu'il provoque est excessive, nettement limitée par le patient à la portion antérieure ou postérieure du conduit; elle est toujours hors de proportion avec la quantité de pus qui sera éliminé et qui peut être fort petite. L'évolution du furoncle demande comme partout G à 8 jours, mais après le premier furoncle d'autres surviennent souvent.

Le diagnostic se hil.din speculti m auri\ on voit le conduit soulevé en un point par tumeur arrondie saillante dans sa cavité, très douloureuse au contact.

Le traitement médical est illusoii'o. Le débridement quand il est possible et bien fait, au point central de la tumeur, soulage le patient; même mal fait, il décongestionne la région et diminue la douleur. Les lotions antiseptiques fortes dans le canal sont à déconseiller formellement. Pour empêcher les récidives, l'application de pommades au calomel au 1/100'' dans le conduit auriculaire externe peut être prescrite.

OTITE EXTERNE SUPPURÉE

L'otite externe suppurée est fi'équente chez les enfants de trois à dix ans, dans la classe pauvre. Son début est aigu, douloureux, son évolution chronique, indoloi'e, sa durée se compte par mois et années.

Tous les jours l'oreille laisse écouler deux à quatre centimètres cubes de pus, bien lié ou un peu séreux, d'une odeui' infecte. L'enfant n'en soulfre pas, les parents s'y halntuent, la maladie traîne.

On pourrait se demandei' si cette épidermite chronique ne peut entraîner plus tard des épaississenients et des indurations du tynqia)i analogues aux leucomes cornéens que la conjonctivite phlycténulaire laisse après elle.... Rarement l'otite externe donne lieu à une otite moyenne, presque jamais à une ulcération du tympan.

OREILLE. 1-21

De larges lavages à la seringue avec l'eau boriquée chaude, fréquemment renouvelés, des lavages semblables à l'eau oxygénée (à 12 vol.) diluée au 1/5% donnent des résultats excellents quand le traitement est continué comme il le doit être. Toutes les fois qu'une telle affection ne s'améliore pas de suite, confier à un confi-ère auriste la direction du traitement.

iNTERTRIGO RÉTRO AU RICULAIRE

Cette affection, très fréquente, môme chez l'adulte, mais surtout chez l'enfant, présente une importance clinique et doctrinale des plus grandes.

Cliniquement, c'est un interlrigo, une épidermite rose, humide, limitée aux plis rétro-auriculaires et aux bords de ces plis. Comme tous les intertrigos, il peut demeurer avec les caractères qu'il ofi're au début, mais il a plus de tendance à passeï' à un état suintant, croùleux et fissuraire. C'est sous cette forme qu'on l'observe le plus fréquemment.

Alors le pli est masqué par une croûte impétigineuse allongée verticalement. Sous cette croûte on retrouve l'épiderme macéré, suintant, couvert, comme au pinceau, d'une couenne tibrineuse lilas pâle. Enfin, si l'on écarte l'oreille, on trouve dans le pli une fissure saignant facilement. Ces lésions plus ou moins marquées demeurent le plus souvent sur place durant de longs mois.

Elles peuvent coexister avec un impétigo chronique du nez, avec un impétigo aigu d'3 la face, plus rarement avec des tournioles. Elles peuvent se superposer à un eczéma de la région, ou de la face, ou du cuir chevelu, ou inversement devenir le centre d'une eczéraatisation du voisinage.

La culture (p. 10) démontre que cet intertrigo, comme tous les intertrigos, est streptococcique. L'opinion clinique qui rattache cette lésion aux états squameux gras, dits à tort séborrhéiques, est sans fondement. Il s'agit en vérité d'un impétigo du pli rétro-auriculaire, impétigo primitif, ou secondaire à une lésion préalable comme l'eczéma.

Le traitement est celui de l'impétigo : lotions au sulfate de zinc (1/100"), au nitrate d'argent (1/15'), pâtes couvrantes, etc. (p. 11). C'est une lésion fréquemment récidivante sur place, ou allernant

122 ■ DERMATOLOGIE TOPOGRAPHIQIIE.

avec d'autres lésions de même nature (voir impétigo, p. M). Quand il y a eczématisation périphérique, les pommades à l'oxyde de zinc et à l'huile de cade font merveille.

Oxvde de zinc ) ^ ^

„ •;, , , [ au 5 prammes.

lluile de cade ) ^

Huile de bouleau )

Ichthyol > ;ïïi 1 —

Résorcine )

Vaseline ) ^ 1^^

Lanoline ) "

ENGELURES — ERYTHEIVIE PERNIO

Des enfants, des adolescents, et même de grandes personnes (surtout des femmes) présentent chaque hiver des engelures des oreilles. Ces engelures prennent deux formes, la forme dilïuse, la forme localisée :

i" Diffuse, c'est un œdème rouge-violet, très congestif de tout le pavillon de l'oreille, et du lohule, œdème accompagné quelquefois d'une desquamation superficielle épidermique. Cet « érythème pernio » dure autant que les froids, diminue et reparaît avec eux.

'2" La forme localisée montre le long de l'ourlet de l'oreille une succession d'engelures distinctes, en chapelet, chacune petite, constituée par un point d'œdème dur et douloureux.

Tous les cas intermédiaires s'observent entre ces deux formes et entre cette dernière et le lupus érythémateux de l'oreille.

Il n'y a pas de traitement des engelures. Ordinairement la tendance à les présenter diminue chez le patient d'année en année. Les traitements locaux sont peu efficaces. Ou peut conseiller :

Glycéré d'amidon neutre 50 grammes.

Résorcine 50 centigrammes.

Acide tartrique 50 —

Menthol 15 —

Le traitement général par les bains de mer, les stations d'eaux salines, etc., est théorique, il n'est pas impossible qu'il ait quelque efficacité, et il ne peut faire de mal.

ORFJLLE.

\îl

LUPUS ÉRYTHÉIWÂTEUX

L'ourlet de Toreille est ruii des sièges de prédilection du lupus érythémateux.

Cliniquement il succède souvent aux engelures en chapelet du même siège. Il se présente ordinairement comme une série de taches rouges irrégulièrement allongées suivant le contour de la conque, disposées en creux et bordées de squames blanches adhérentes. L'atrophie de la peau à leur niveau fait paraître Loreille décharnée.

Elle garde cet aspect après guérison.

Le lupus érythémateux peut exister exclusivement aux oreilles; mais le plus souvent, en outre de cette localisation, le lupus érythémateux en montre d'autres au visage ou au cuir chevelu (lig. 45).

J'ai dit (p. 20) combien les traitements actuels du lupus érythémateux sont peu satisfaisants ; il n'y a pas lieu d'y revenir. On sait que la radiothérapie apparaît de plus en plus comme le seul valable (p. 21), sinon dans tous les cas au moins dans un grand nombre.

FiG. Ao. — Lupus érythémateux de la joue et de l'oreillo (Malade de Ilillaiict, Musée de l'Hôpital Saint-Louis, n° 1(38).

DERMATOLOGIE TOPOGRAI'IIIQUE.

LUPUS TUBERCULEU:

Au conlmiro du lupus érythémateux, le lupus tuberculeux de l'oreille a le plus souveut sa partie inférieure pour siège depuis le niveau des tragus.

Presque toujours le lobule est le siège initial et principal de cette

localisation régionale du lupus qui est assez rare. Le lobule est triple ou décuple de son volume habituel. Et les nodules lupiques noyés dans l'œdème congestif du voisinage s'y voient assez mal. La chronicité de la lésion, son développement progressif, orientent le diagnostic, certitié par l'examen du lobule comprimé sous une lame de verre ; la compression blanchit la région et laisse apparaître les nodules rouges.

Le traitement (en dehors de la photothérapie (p. 20) sera presque exclusivement confié au galvano-cautère : cautérisations transcurrentes, lardant la masse en tous sens. La guéi'ison en est pins facile à obtenir que celle de beaucoup d'autres lupus. Après guérison, le lobule est réduit à un moignon et la région garde un aspect squelettique qu'il faut laisser prévoir au malade.

Fif.. 46. — Liijiiis l]y|)ci'troj)lii(|ijc de l'oreille et de son lobule (Malade de Hardy, Musée de rilôpilal Saint-Louis, n" 2y9).

CHÉLOiDES

Les chéloïdes, comme le lupus ou la tuberculose papillomateuse (p: 445), qu'on voit aussi évoluer quelquefois au lobule de Loreille, peuvent avoir pour origine la perforation du lobule faite en vue du port des boucles d'oreille. Cette opération est souvent faite par un

OREILLE

bijoutier avec un trocart sale, que Topérateui mouille même quelquefois de sa salive (!). On conçoit l'infection possible dans ces conditions, et particulièrement Tinfection bacillaire quand Topérateur est tuberculeux. On ne peut dire que toute chéloïde soit tuberculeuse, mais un grand nombre de cbéloïdes ont eu leur nature tuberculeuse démontrée par l'inoculation positive au cobaye.

La tumeur chéloïdienne a, le plus souvent en ce siège, la forme d'une prune; elle est rose, dure au toucher, qui évoque sa nature fibreuse et sa structure compacte.

Les chéloïdes, en ce siège comme en tous autres (p. 700), doivent être traitées par les scarifications profondes, linéaires, quadrillées, ou par la radiothérapie. L'extirpation chirurgic.ale, même large, même aseptique, a trop de fois été suivie de récidives (avec aggravation) de la tumeur enlevée, pour qu'on puisse la conseiller, si simple que puisse sembler l'intervention au premier aspect, surtout en une région visible comme celle-ci.

FiG. 47. — ClitMoïile en tuinci.ir des Jolies des deux oreilles (Malade de E. Besnier, Musée de l'Uôjiital Saintl.oiiis, n° 1681).

ECZEMA IMPETIGINEUX

L'eczéma impétigineux de l'oreille n'est qu'une localisation accessoire de l'eczéma impétigineux du visage chez l'adolescent, de cet eczéma qui s'accompagne si souvent d'hypoacidité urinaire et d'albuminurie passagère. Il faut se reporter au paragraphe que je lui ai consacré (p. 15).

Au cours de cet eczéma, l'infection streptococcique impétigineuse vraie peut s'observer à titre d'infection secondaire ; on trouve alors des points d'intertrigo, recouverts de croûtes d'impétigo, dans les plis de la face antéro-externe de l'oreille et lintertrigo rétro-auriculaire dont l'étude précède (p. 121).

VU] DERMATOLOGIE TOPOrTRAPLlIQUE.

ECZÊIVÎA SaUAWIEUX

L'eczéma squameux est limité au couduit auriculaire externe et à la concavité de la conque. A la surface de la peau (grasse en ces deux points) existent des squames demi-décollées, demi-adhérentes à la peau sous-jacente, qui est de couleur rose orangée.

Cet état s'observe en concomitance d'un pityriasis simplex ou stéatoïde du cuir chevelu, du sillon naso-génien, de la barbe chez l'adolescent à peau grasse, qui présente le plus souvent aussi de l'acné polymorphe du visage (p. 17) et une séborrhée commençante du front et du vertex. On l'observe aussi à l'âge d'involntion, vers la cinquantaine chez l'homme gras, avec des eczémas secs de la barbe et du cuir chevelu (p. 241).

Cet état très récidivant s'améliore avec une extrême facilité par les pommades au goudron (le goudron vrai de pin maritime étant en cette localisation très supérieur à l'huile de cade). Exemple :

Goudron liquide purifié /,p^

eurre de cacao

OU Juen

Bioxyde jaune Ilg 50 centigrammes.

Résorcine 50 —

Goudron liquide 4 grammes.

IV10LLUSCUIV2 — PAPILLOÎVIES — COMEDONS — TANNES — TOPHUS

CANCROIDES

En outre des affections précédentes, l'oreille peut être le siège de lésions plus rares. On y voit quelquefois chez l'enfant des exemplaires de la petite tumeur molle charnue, ombiliquée, qu'est le molluscum conlagiosum (p. 142); chez l'adulte quelquefois des verrues papillomateuses. La conque de l'oreille est un siège de prédilection pour la lésion séborrhéique, pour les comédons et les tannes. L'ourlet de l'oreille présente chez le vieux goutteux un chapelet de topims crayeux qui n'est pas sans ressembler au chapelet d'engelures de l'adolescent. Enfui très rarement l'ulcère épithélial chronique, l'épithélioma peut siéger là comme sur les visages sébor-

OREILLE

rhéiques, séniles (p. 54). Il a deux sièges ordinaires, l'un à l'ourlet de l'oreille, l'autre dans la commissure qui sépare le lobule

•il

FiG. iS. — Épithélioma de la comuiissure du Fig. 49. — Le même malade après guérison par

lobule de l'oreille, récidivé après opération. les rayons X. Remarquer l'alopécie produite

(Malade de Sabouraud. Pliotographie de par la radiothérapie de la région. iNoiré.)

de la joue. C'est ce dernier cas que représente notre ligure 18. Il s'agit d\m épithélioma récidivant après opération chirurgicale. La figure 49 le montre guéri après cinq applications de rayons X,

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