‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 48 sur 251 · I-ROAT · texte numérisé non relu

I-ROAT

L'éruption frontale fracné nécrotiquc fait, à la longue, une couronne de cicatrices, jdIus nombreuses des deux côtés vers les tempes que vers le milieu du front. Cette éruption est faite de poussées plus ou moins fréquentes et fortes, plus ou moins longues aussi. Le traitement guérit une poussée, mais n'empêche pas les récidives. J'ai insisté déjà sur le traitement de l'acné nécrotique aux parties glabres (p. 105) ; je reviendrai sui' son traitement en parlant de ses éruptions au cuir chevelu (p. '20!). Je n'en dirai donc rien ici.

ACNE HYPERTROPHiaUE

L'acné de la période d'involution s'accompagne quelquefois de stase veineuse, passive, d'une ^^^^^

sorte d'œdème congcstif ou d'infiltrat quasi néoplasique, dont nous avons observé un bel exemple avec le rhinophyma. Cet état peut s'observer (plus rarement) aux joues, au front, ainsi que l'indique la figure suivante (fi g. 50) .

Le traitement reste celui que nous avons exposé en parlant de la localisation au nez de cette forme morbide (p. 115).

Il faut ajouter, à ce que nous en avons dit, la compression delarégion, possible ici, avec un pansement élastique, ce qui aide beaucoup à la résorption des infiltrais, et rend en quelques jours à

la région malade une bien meilleure apparence. Toutefois cet état très chronique, très lentement progressif, est très récidivant après les améliorations thérapeutiques.

Fi(,. bO. — Ame liji)fitioi)liique. — pf. jjli fissuraire. — '«/(, masse hjperjjlasiqup. — (ilahide de E. Besnier. Musée de l'hôpital Saint-Louis, n° 1287j.

158 DERMATOLOGIE TOPOGRAPHIOUE.

SYPHILIDES FRONTALES TERTIAIRES

Les svphilides lerliaires frontales, assez fréquentes, très caractéristiques et ti'ès souvent méconnues appartiennent au type des lésions gommeuses en nappe. Au début ce sont des nappes rouges ou violettes, irrégulières de bords et de forme, de sui'face un peu mamelonnaire; le toucher y l'ait sentir des nodosités. Dans un deuxième stade ces nodosités s'ulcèrent et se recouvrent d'une croûte brun verdàtre permanente, adhérente, sous laquelle on trouve une ulcération à pic, peu profonde, grisâtre, humide, saignant assez facilement. Souvent ces ulcérations se fusionnent et s'étendent; elles forment des lésions ulcéreuses rayonnantes, ])iz!U'j'ement découpées. Tous les traitements externes restent sans etfet. Le ti'aitement interne mixte, bien conduit, donne en quelques semaines des résultats excellents.

La lésion disparue, sa cicatrice reste, elle est blanche, comme une cicatrice traumatique et sa forme arborescente la désigne clairement à l'œil du médecin; on ne peut toutefois baser absolument sur elle un diagnostic rétrospectif, elle ne peut donner qu'une probabilité, non une certitude.

ÉPITHÉLIOmATOSE

Le front à peau grasse des vieilles gens, surtout dans ses régions temporales, présente une propension à montrer les verrues séniles, et les dégénérescences épithéliales. C'est un des points où les épithéliomas cutanés s'ol)servent le plus souvent, soit sous la forme perlée saillante non ulcérée, soit sous la forme ulcéro-croùteuse.

J'ai assez insisté ailleurs (p. 55 et Mo) sur les caractères, révolution et le traitement actuel de ces lésions, pour n'avoir pas à y revenir ici.

VARIA

Je rappelle pour mémoire que le front est une des régions où s'observent le plus fréquemment ïinipetigo cotitagiosa (p. 8), le chloasma

(p. 28) et les éphélides (p. G), etc.

PAUPIERES

La paupière présente à considérer d'abord )

le catarrhe simple connu sous le nom de ^ Blépharite simple . p. 139.

blépharite rhumatismale 1

. . . Ensuite la blépharite ciliaire pustu- i „, , ,

, . . , , , . f Blépharite pustu-

leuse cAroiiigue gui précède e£ accompagiîe -^ , . .,„

souvent le sycosis de la moustache . . . . i

Nous étudierons ensuite le chancre sy- i „, , ,

, .,.^. , , ., , f Chancre de la pau-

phihtique de la paupière, moins rare qu on ., '^ ...

ne pourrait le supposer >

... Et la blépharite syphilitique qui ac- ) Blépharite syphili-

compagne les éruptions secondaires . . . . S tique secondaire, p. 142.

La tumeur intra-palpébrale, indolore, \

d'évolution lente, que les oculistes nomment f pi, i • Ain

chalazion, mérite quelques mots de des- i ......

cription

. . . Ensuite les petites tumeurs molles ) Molluscum contagio-

ombiliquées du moUuscum contagiosum. . \ sum p. 142.

...Et puis les grains de milium très ) ,,.,. . ,„

...... [ Milium p. 143.

fréquents aussi aux paupières ) -^

Après cela, nous étudierons le xanthome \ en nappe des paupières, petit placard jaune Xanthélasma ... p. 144. mou, indolore, d'évolution chronique . . . )

... Et le zona ophtalmique dont les \ bouquets vésiculeux peuvent couvrir non [ Zona ophtalmique . p. 145. seulement la paupière, mais le front aussi. )

Nous terminerons ce chapitre en disant ) quelques mots de la pelade des cils. . . . S

... De la phtiriase ciliaire qui est rare, j mais qu'il faut connaître S

. . . Enfin des renversements cicatriciels i de la paupière, surtout consécutifs au lupus. S

BLEPHARITE SIIVIPLE

Dans la blépharite simple les bords des paupières sont ronges, un peu démangeants: le soir, quand on travaille, les yeux piquent. Pendant la nnit, les cils se collent; le matin, les rebords palpébraux

Pelade des cils. .

Phtiriase ciliaire.

Ectropion ....

140 DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

sont croûtelleiix: et cuisants, la conjonctive oculaire est injectée.

]1 est probable qu'il s'agit d'une infection microbienne banale. On donne très gratuitement à cette blépharite une origine rbumatismale, ce qui ne signifierait quelque chose que si le rhumatisme était défini.

Cette blépharite est récidivante, une ou deux fois par an, chez certains sujets. Ses crises durent facilement deux ou trois mois.

Traitement, — Lavages fréquents à l'eau de Vichy chaude pour dissoudre les croùtelles, avec de l'eau physiologique tiède pour décongestionnei'; appliquer le soir une pommade mercurielle iaible.

Bioxycle rong-e Hg^ 10 centigTammes.

Vaseline 20 grammes.

BLÉPHARITE PUSTULEUSE — ORGELET

La lésion élémentaire de cette bléi)haj'ite est l'orgelet : pustule folliculaire orilicielle ciliaire. Un orgelet peut être isolé, le plus souvent il récidive. 11 s'observe surtout chez l'enfant, mais aussi chez l'adolescent et même chez l'adulte; cette blépharite pustuleuse peut devenir chronique. Alors les cils sont agglomérés en pinceau, le rebord ciliaire est peuplé d'orgelets récidivants. Dans l'angle interne de l'œil, au matin, on trouve une goutte de pus. X la longue les cils sont expulsés par folliculite profonde et le Ijord palpébral chroniquement rouge, devient atropliique, et presque glabre. Cette blépharite pustuleuse est comptée parmi les stigmates de hjmphaiisine. Si Ion définissait le lymphatisme et la scrofule, comme la tuberculose, par le bacille de Koch, cette opinion serait une erreur. Ces lésions ne sont pas tuberculeuses. En dehors de cette définition erronée le lymphatisme n'en a guère d'autre. Certains individus présentent manifestement une prédisposition à laisser envahir leur muqueuse par les microbes pyogènes. Mais nous ne savons aucunement la nature de cette prédisposition.

On traite la conjonctivite dont cette blépharite s'accompagne par les inslillalions bi-quotidiennes de sulfate de zinc au 1/50. Les pustules doivent être ouvertes et cautérisées au pinceau avec une solution de nitrate d'argent au 1/15. Les lavages à l'eau physiologique, en pansements humides nocturnes, toujours très bien supportés, donnent à la longue de bons résultats. Cette affection est très chronique ou récidivante. Elle précède souvent une rhinite antérieure dont nous avons parlé en son lieu (p. 94)*

PAUPIERES

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