POMMADE DOUCE
Résorc.ine )
Ichtyol { -^ ,j „,y,^^^,
Uuile de bouleau ( '^
Bioxyde jaune Ilg 1
Huile de cade 10 grammes.
Lanoline 20 —
Les savons sont utiles connue tous les kératolytiques, et la balnéation est indispensable.
Les résultats de la thérapeutique sont variables, ordinairement ])ons quand le malade apporte quelque soin à son traitement. Mais les lésions sont plutôt eiï'acées que détruites et reparaissent quand le traitement est abandoinié.
CHLOASn/IA
Le chloasma ou masque est une hyperpigmentation brune du front et des tempes qui apparaît chez la femme au cours de la grossesse, quelquefois dès son déi)ut, et régresse plus ou moins lentement et complètement après la délivrance.
Ce masque occupe symétriquement le front et les tempes, quelquefois les joues, l'aréole des seins, les grandes lèvres, la ligne axiale du ventre.
Sur le front, ces plaques s'arrêtent au bord des cheveux par un bord net et sinueux. Sur les tempes, elles dessinent des placards irréguliers mais symétriques, ordinairement jaunes et fort laids.
Le chloasma, bien qu'habituellement lié à la grossesse, peut se produire dans tontes les maladies péri-utérines ou péri-rénales, qui |)euvent toucher le plexus sympathique autour des capsules surrénales.
Le traitement du chloasma est celui des éphélides (p. 6), mais il est soumis aux mêmes aléas, et, si la cause persiste ou se reproduit, les taches chloasrniques persisteront ou se reproduiront sûrement.
VITILIGO
On nomme vUiligo une dermatose non congénitale caractérisée par la formation de taches blanches, à bords nets, entourées d'une zone d'hyperchromie pigmentaire. La cause du vitiligo est inconnue; on le voit survenir après des chocs nerveux graves, ou chez des nerveux
héréditaires, des dégénérés, des syphilitiques ou des hérédo-syphilitiques. Le vitiligo naît peu à peu, insidieusement, sans aucun symptôme suhjectif. Les phiques vitiligineuses ne présentent à Lexamen que l'anomalie de leur couleur. Au toucher, elles donnent la sensation de la peau normale, le pli de la peau à leur surface est identique à celui de la peau voisine, etc. Seulement leur surface est d'un blanc laiteux, absolu. Ces taches, grandes ou petites, symétriques au moins d'une façon grossière, ont toujours des bords nets, irréguliers, sinueux. Autour de chacune, l'hyperpigmentation est manifeste et cette surcoloration diminue insensiblement jusqu'à rejoindre la teinte normale de la peau voisine.
Sur les taches vitiligineuses, quand elles occupent une région pilaire ou empiètent sur elle, les poils sont d'un blanc d'argent, quelquefois môme atrophiques, lanugineux. Leur nombre sur la plaque est quelquefois moitié moindre de ce qu'il est autour d'elle.
Les plaques vitiligineuses, au contraire des taches achromiques de la lèpre (p. 754), ne montrent
exactement aucun trouble des diverses sensibilités : thermique, algésique, tactile.
Le vitiligo a pour siège d'élection le visage et le cou, particulièrement sur leurs faces latérales, et aussi le dos des mains et des poignets, les organes génitaux (p.. 5*24), mais on peut l'observer en tous points du corps. Ordinairement, les taches de vitiligo ne restent pas immobiles; très lentement, elles croissent ou décroissent et se déplacent, mais ces mouvements occupent des années.
Le vitiligo a des rapports certains, mais non déhnis, avec la pelade, avec la sclérodermie en plaques ou morphée, avec la syphilis, avec le tabès. Le traitement local du vitiligo est, on peut dire, nul.
Le traitement général est à instituer après examen complet du
FiG. n. — Vitiligo de la face. (Malade de LaiUer. .Musée de l'hôpital Saint-Louis, ii° 550.)
malade, de son état nerveux préalable, de son hérédité, de ses maladies antérieures. Toutes les fois qu'il existera une syphilis antérieure, on pratiquera le traitement mercuriel (p. 726).
« il est vraisemblable que l'opothérapie ovarienne, thyroïdienne, orchitique ou surrénale, selon les conditions du malade, pourrait être appelée à jouer un rôle » (Darier) dans le traitement du vitiligo.
DERIMITES ARTIFICIELLES
Le visage, les mains et les poignets, les pieds et les chevilles présentent en coininuii nu certain nombre de dernialoses. Les derma-
Kic. 12. — Denuite (irLliicielle consécutive à l'iiii|ilic:iliuii d'une teinture. (Malade de firocq. Photoj,a-apliie de Sotlas.)
toses traumatiques, dues à l'action irritante d'agents extérieurs, sont particulièrement fréquentes aux mains et au visage. Au visage elles ont le plus souvent deux causes : ou J>ien l'application inconsidérée de pommades mordantes (soufre, salol. etc.), ou bien l'application, sur
la chevelure, de teintures contenant des principes toxi(|ues pour certaines peaux : le plus souvent chlorhydrate de paraphènylène-diamine. L'aspect de ces lésions est spécial, c'est celui d'un eczéma suraigu, total ou en placards, siégeant le plus souvent aux régions saillantes : front, oreilles, nez, lèvres. L'épiderme corné est soulevé par de petites vésicules miliaires, toutes juxtaposées, cote à côte, par myriades. Et alors la surface de la peau paraît finement mamelonnaire. Chaque vésicule contient une gouttelette de sérosité ou d'humeur louche. Ces lésions s'accompagnent toujours d'un degré considérahle d'oedème dilt'us sous-jacent qui gonfle les régions à peau molle : les paupières, le cou....
A un degré plus accentué, les vésicules sont rompues et l'exsudation s'établit à la place de chacune, par les perforations ponctuées de Devergie. Cette exsudation est minime ou considérable. Dyns ce cas, elle constitue un placard mince de croûte mielleuse adhéi'cnte. Celte phase aiguë ne dure ordinairement que si la cause d'irritation se renouvelle. Dans le cas contraire, l'exsudation s'arrête, la lésion devient sèche et desquamante et la peau reprend peu à peu son aspect normal.
Le traitement comprend la suppression de la cause, ce qui veut dire non seulement qu'il faut ne pas recommencer les applications de l'agent traumatisant, mais en enlever les traces s'ilen reste : pansements humides, cataplasmes de fécule de pomme de terre faits à chaud et posés à froid, et même, au besoin, savonnages au blaireau à barbe avec un savon très doux (rincer très parfaitement ensuite par pulvérisation de vapeur d'eau). Toutes les fois que l'épiderme est très traumatisé, une pulvérisation avec eau de camomille ou eau bouillie simple (non boriquée) sera préférable au savonnage.
Dès que les lésions cessent de fournir un suintement, les pâtes couvrantes :
Oxyde de zinc \
Lanoline v ;ùi 20 grauinies.
Vaseline )
donnent un résultat excellent. L'épiderme se reforme au-dessous d'elles. Les dermites traumatiques bénignes durent de 5 à 15 jours. Plus graves, elles peuvent durer 2 mois et plus. Sitôt que la guérison tarde, faire analyser les urines et instituer le traitement interne, que l'analyse montre utile : traitement de la glycosurie, de l'hyperacidité, de l'hypophosphaturie, de l'oxalurie, etc.