ANCIENS TRAITEMENTS DES TEIGNES TONDANTES
Quand on ne dispose pas de l'installation nécessaire à la production des rayons X on traitera les teignes tondantes par les méthodes anciennes qui comprenaient :
1" L'épilation, répétée tous les 15 jours, des plaques malades et de leur pourtour;
'2" L'application quotidienne de teinture d'iode diluée au 1/5% sur le cuir chevelu entier, pour éviter les réinoculations au porteur;
222 DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIOrE.
5" Tous les 10 jours, l'application très ménagée d'huile de crolon. provoquant inie folliculite artificielle, c'est-à-dire réalisant les conditions qui amènent la guérison spontanée des kérions. Mais ce dernier moyen entraîne facilement des cicatrices défmitives, quand on ne sait pas reconnaître et calmer à temps, par des cataplasmes de fécule et (les pansements humides, la dermite suppurée trop profonde que l'huile de croton provoque quand elle est imprudemment maniée.
On obtenait par ces moyens et par l'épilation très lente des derniers cheveux malades (très lente pour tâcher de les épiler entiers) la guérison d'une teigne moyenne en 9 ou 10 mois. Mais les meilleurs épileurs professionnels et les meilleurs traitements gardaient un pourcentage élevé (le mauvais cas dont la durée était positivement sans limites.
TEIGNE FAVEUSE
En opposition aux teignes tondantes qui sont urhaines surtout, le favus est une teigne rurale. Il n'envahit le cuir chevelu de l'enfant qu'à l'âge scolaire, mais, comme il ne guérit jamais seul, on le retrouve à tout âge. Sous sa forme ordinaire (favus à godets), la maladie est constituée par un ou plusieurs placards irréguliers mais nettement délimités, couverts de croûtes jaune soufre, comme argileuses de couleur et aussi de consistance. Isolées, ces croûtes sont rondes, annulaires, de toutes tailles, les plus grandes de 1 à '2 centimètres montrant des « ondes » circulaires. Ce sont les godets, dont les plus petits font un simple anneau autour des cheveux. Ces godets sont traversés par les cheveux et enchâssés dans la peau ; on les en détache sans trop de peine, par morceaux, ils laissent à leur place une plaie saignante qui semble profonde. La durée de la maladie est indéfinie, ses lésions s'agrandissent par extension périphéi'ique et réinoculation à distance. A la longue elles guérissent incomplètement et par places, par cicatrice. En dehors du favus à godets il existe deux formes de favus sans godet : une forme « pityriasique » (Dubreuilh) assez fréquente, dans laquelle les placards de même dimension et évolution que ceux du favus normal ne montrent pas de croûtes, mais une surface chroniquement rouge, couverte de squames adhérentes; une auti'e forme, impétigineuse , toujours de mêmes mœurs, mais dans laquelle les croûtes sont unpctifjoïdes. mielleuses. Dans ces cas le diagnostic est fait d'abord par la longue durc'c sur phice de la maladie: tout
])lacar(l crévoliilion chronique, duraiit depuis plus de 5 mois à la luème place, doit être suspecté d'être favique. Le diagnostic s'appuie
Fio. ',10. — Favus à petits godets après épilalion du cuir clievehi. (Malade de E. Resnier. Musée de l'iiôpital Saint-Louis, n° 5i8.)
ensuite sur les caractères des cheveux des placards laviques. Ils ont une longueur normale, mais ils sont décolorés sur un centimètre et demi à leur hase, et sur cette longueur ils sont gris et déluslrés.
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DERMATOLOGIE TOPOGUAPHIOUE.
Entiu le (lia^iiioslic est cerlilit; par Texamen microscopique (voii- les reclmiques, p. 215). Le cheveu favicpie montre un parasite mycélien, composé de filaments irréguliers, flexueux, peu nombreux, souvent morts, et alors leur trajet est indiqué par une bulle d'air brillante de même forme. Les filaments mycéliens vivants sont composés de segments de dimension et de forme assez diverses et leurs parties sporulées se subdivisent par tri et tétratomie.
Le godet n'est pas une ("route, c'est un agglomérat de mycéliums, serrés en bouquet, beaucoup plus réguliers que ceux du cheveu. L'ensemencement du godet ou du cheveu (voir les Techniques, p. 214) fournit une cultuie très lente, creuse, boursouflée, jaunâtre, ressemblant h une éponge. Le favus humaiu n'appartient qu'à une espèce, les deux autres espèces favi(|ues décrites n'ont été rencontrées que sur l'animal (souris, poule, etc.). (Bodin, Sabrazès.)
Le traitement du favus a été donné par Bazin. C'est l'épilation à la pince, répétée 5 à 0 fois, c'est-à-dire 5 à 0 mois de suite et provo- (luant ainsi la stérilisation discontinue du follicule pilaire.
La dépilation radiothérapique est aussi aisément obtenue pour le favus que pour les teignes tondantes, et sauf exceptions elle guérit le favus comme les teignes tondantes, mais dans un cas sur cinq environ la guérison est incomplète. En quelques points survivent des oeiines et de nouveaux godets se reforment sur la peau, alors môme que les cheveux n'ont pas encore eu le temps de repousser. Notre usage à l'école Laitier est donc de faire, par la radiothéi-apie, r(''pihrtion première et complète des plaques faviques et, lorsque de nouveaux godets appaiaissent, de recommencer uu mois plus tard une
|.-,,, iji, Cheveu t'avique, grossissemeiiL de :2oO iliamètres. (Préparation de E. lîodin. Photographie de lïolhier. do Ueims.)
nouvelle séance radiothérapique des points ]ion guéris toujours rares et minimes par rapport aux surfaces traitées.
N. B. — Le favus n'est pas limité au cuir chevelu, il peut exister en toutes régions du corps et aux ongles; nous en reparlerons en temps et lieu (p. 458 et 550).