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VERRUES PLATES SÉNILES

Sur les téguments sénilisés par les processus que nous venons de décrire, devenus télangiectasiques, bouffis, intiltrés, s'installent une série d'états morbides qu'il faut sans doute considérer comme parasitaires, bien que ce parasitisme ne soit pas défini.

Par places, la peau sénile semble mal lavée, couverte d'une sorte de crasse jaunâtre ou pigmentée, noire, « crasses séniles »; ces taches ne sont pas dues à la superposition à la peau d'une graisse exsudée, mais à la transformation velvétique, quasi papillomateuse de l'épiderme en ces points. C'est une verrue plate, dite à tort séborrhéique parce qu'elle est surséborrhéique souvent; dite aussi contagieuse, car elle pullule, et l'inoculation avec une épingle semble la transmettre.

Ces lésions s'améliorent beaucoup sous l'influence des pommades réductrices, chloratées.

Chlorate de potasse 150 cenligrammes.

Soufre précipité 5 grammes.

Résorcine 1 gramme.

Vaseline 50 grammes.

Il est possible que, dans le plus grand nombre des cas, ce ne soit pas la guérison des lésions, mais leur disparition momentanée quon obtienne.

La transformation épithéliomateuse de ces lésions s'observe souvent sans être constante.

SÉBORRHÉE CONCRÈTE SÉNILE PRÉ É PITH ÉLIOIVI ATE USE

Du même ordre de faits est la formation lente en un ou plusieurs points du visage chez le vieillard, d'une croûte jaune dure, adhérente à la peau sous-jacente à laquelle elle est retenue par des multitudes de prolongements coniques occupant les pores sébacés. Sous cette croûte, la peau n'est pas tout à fait normale, mais sa surface est velvétique et il y a emboîtement réciproque des saillies de la peau

Sabooraud. — Dermatologie fopogr. 5

DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

et de la croûte au point que l'ablation de la croûte peut faire sortir

une rosée de sang. Ce processus est lent, une '^ semblable croûte peut augmenter cinq et dix ans sur place sans tomber. Lorsqu'on l'enlève elle se reproduit un peu plus vite (fig. 14).

ÉPITHELIOMAS

Au visage (la boucbe mise à part) l'épithélioma de mœurs graves est rare, on ne le voit guère évoluer que sur It's cicatrices d'anciens lupus (fig. 15), mais VëpiiluHiomd bénin est l'ré- ( pieu t.

(i'est encore une lésion de sénilité, survenant comme les précédentes sur une peau télangiectasique, séborrhéique et déjà profondément altérée par les « crasses séniles » dont je viens de parler.

Ou bien c'est un petit ulcère atone qui nail et grandit sous une croûte de la lésion dite séborrhée concrète, ou bien c'est une lésion non ulcérée, saillante, faite d'un bourrelet de perles épidermiques un peu brillantes, juxtaposées cùte à côte, en un cercle, qui plus tard s'agrandira pendant que son centre s'ulcère peu à peu. Rarement la lésion prend une forme bourgeonnante, objectivement néoplasiqne', excepté quand l'épithélioma est secondaire (lig. 15).

1. Voir pour plus de détails l'article d'eusemble sur l'épitliélioma cutané, p. 710.

Fia. li. — Lésions de séborrhée concrète pré-épithéliomateuse. (Malade de Sahouraud. Pholographie de iNoiré

L'épitliélioma ulcéré peut augmenter lentement de dimensions pendant des années sans devenir térébrant, sans créer de métastases, sans altérer l'état général du patient. Cette évolution tranquille est même de règle. Quelquefois il en est auti'ement et une ulcération superficielle , chronique, évolue finalement comme un cancer. C'est l'exception.

Contre les épithéliomas bénins on préconisait autrefois : l'expectation pure et simple, le raclage à la curette, la cautérisation i^née, la destruction chi-

FiG. lo. — Epithôlioma évoluant sur un lupus ancien. (Malade de E. Besnier. Musée de l'hôpital Saint-Louis.)

Fifi. 1(3.

E]iitliéIioma ulcéré de la face. Fie, 17. — Le même guéri par les rayons X.

(Malade de Sabouraud. Photograpliie de .Noire.)

DERMATOLOGIE TOPOGRAPllIQUE.

inique, les pâtes et poudres chloratées, etc. Aujourd'hui il n'y a qu'un traitement qui semble valable presque entons cas, les rayons X : en général (3 applications à dix-huit jours d'intervalle chacune, chacune de 5 unités H. de Iloltzknech ou d'une teinte B du radiomètre X de Sabouraud et Noire suffisent. Même si la lésion a disparu avant la dernière application, insister pour la faire si l'on veut avoir toute chance d'éviter la récidive.

MYCOSIS FONGOÏDE

Le mycosis fongoïde est une dermatose généralisée qui aura son histoire générale plus loin (p. 71,5).

A sa période d'état, le mycosis fongoïde atteint presque toujours le

TiG. 18. — Myc(i!-is l'ongoïclf.

(Malade de Halloiieau. Musée del'hôp. St-Louis, n° 1706.)

visage; il y crée l'inhltration dilTnse, les bosselures et les tumeurs (|ue la figui'e 18 reproduit très fidèlement. Cet aspect est caractéristique, ainsi que la lenteur d'évolution de la maladie, longtemps

compatible, même à la péi'iode des tumeurs, avec la conservation relative de la bonne santé ocnérale.

LYIV!PHADÉNIE PERNÎCIEUSE

Dans la lympliadénie pernicieuse, auti'e dermatose généralisée analogue, Térythrodermie est plus diffuse, de même l'intiltration des

FiG. 19. — Lymphiidénie cutanée.

(Malade de Ilallopeau. Musée de l'hôp. Sl-Louis, n" lOiU.)

tissus, épaissis, difformes, tuméfiés en niasse sans présenter de tumeur proprement dite. La comparaison des deux figures en dit plus que toute description. Voir pour l'histoire générale de cette maladie page 715.

Dans une série de chapitres distincts, j'étudierai plus loin les dermatoses, ayant pour siège électif la langue, les gencives, les joues, la gorge, mais je vais d'abord consacrer quelques pages très brèves aux affections que l'on peut voir à la bouche, en général, sans qu'elles présentent d'élection évidente pour l'une quelconque de ses parties.

Parmi elles j'envisaqerai d'abord la sto- ^

... ,- , ,^, r Stomatite ulcero-

matite ulcero-membraneuse dont le nom m- } , „„

, . , ^ membraneuse . . p. 39.

dique assez par lui-même les caractères. . j

Ensuite la stomatite aphteuse des animaux ] que l'on peut voir dans des cas rares évo- Stomatite aphteuse, p. 39.

luer chez l'enfant '

. . . Et les aphtes simples, petites lésions \

inflammatoires banales qu'il faut soiqneu- f . , ^ . , ,„

^ ,. . ^ „ . u vj ' ,' Aphtes simples . . p. 40.

sèment distinguer de r espèce morbide pre- i

cédente )

La stomatite mercurielle a les qencives \

.^,,, ^ ^ T T s- ( Stomatite mercu-

pour point de départ et pour localisation > . ,. -o

essentielle. Elle aura donc sa place ailleurs. ) Mais la stomatomycose des nourrissons ]

et des cachectiques, que l'on appelle le mu- f ^. ^ ,,

, ^ ,. ^. ^ ^ . . 1 ■ ^ , j. i Muguet p. 41.

guet, est ordinairement généralisée a toute i

la bouche et sera étudiée ici '

La leucoplasie simple peut occuper de ]

ses plaques blanches disséminées tous les I , , . . , ,»

. ": ^ , , , „„ ^. ^ , ) Leucoplasie simple, p. 42.

points de la bouche. Elle appartient donc i

aussi à ce chapitre j

De même le lupus de la bouche dont on ]

peut observer les formes ulcéreuses et pa- i , . , , .„

.,, ^ ., , , . / Lupus tuberculeux, p. 43.

piUomateuses au voile du palais, aux gen- \

cives, aux joues, aux lèvres )

Le lupus érythémateux, ne s' observant ) ^ , ., ■ . nn

,, ,., „ ■■ Lupus érythémateux. p. 79.

guère qu aux joues^ sera étudie avec elles. )

De même ie lichen plan Lichen plan. . . . p. 80.

Je dirai un mot, pour terminer, de l'acan- ) . ., • • ■ //

^ [ Acanthosisnigricans. p. 44.

thosis nigricans )

des mélanodermies Mélanodermies . . . p. 45.

et des vitiligos Vitiligos p. 45.

STOMATITE ULCÉ R0-iV9 E IV9 BR AN EUSE

La slomatite iilcéro-membraneuse est contagieuse, épidémiqiie, s'attaque surtout aux enfants de trois à liuit ans, mais elle peut s'observer à tout âge.

Elle se caractérise d'abord par une dysphagie intense accompagnée de salivation et d'une odeur infecte de la bouche. Sur des points divers de la face interne des joues, du vestibule et du plancher de la bouche et des bords de la langue, on voit se former des plaques couenneuses d'un blanc jaunâtre on d'un jaune clair , épaisses, ayant tendance à se décoller par les bords et à découvrir une exulcération sanieuse, facilement saignante. La maladie s'accompagne de fièvre et d'un peu d'état général. Elle dure de cinq à quinze jours et se termine par la guérison, toujours très hâtée par le traitement.

Traitement. — Attouchements fréquents de toutes les plaques avec des pinceaux chargés de

Chlorure de cliaux 10 grammes.

Eau distillée 200 —

Agiter.

On a préconisé aussi l'éther camphré, le chlorate de potasse au 1/40"; le chlorure de chaux fait mieux.

L'origine microbienne de la stomatite ulcéro-membraneuse ne fait pas de doute, mais on n'en a pas isolé de microbe spécifique. Elle semble quelquefois, mais non toujours, montrer la présence du bacille de Yincent. Dans ce cas elle s'accompagne d'angine ulcéreuse et couenneuse de même type.

STOIWATITE APHTEUSE

La stomatite aphteuse ou cocotte est une maladie des bovidés qui peut s"inoculer à l'homme. Cela est rare, et la maladie qui en résulte est ordinairement bénigne. Exceptionnellement, elle peut chez le nourrisson revêtir une forme grave et se terminer par la mort.

Il y a toujours état général, fièvre, embarras gastrique, phénomènes d'entérite sérieuse, prostration.

En outre, la bouche est remplie d'exulcérations très petites et

-iO DERMATOLOGIE TOPOGRAPHIQUE.

multiples siégeant sur Tarrière-gorge principalement et dont chacune ressemble exactement à l'aphte simple : dysphagie, salivation.

Traitement local à peu près nul : badigeonnages au jus de citron, etc. Traitement général sans grande valeur. Chez le nourrisson : calomel à doses fractionnées.

Culoiiiel à la vapeur 25 milligraiinnes.

Lactose ■ 1 grainnie.

Pour uu paquet f. s. a. 2 semblables.

Le lait provenant de vaches atteinles de fièvre aphteuse peut être consommé par l'enfant à condition d'avoir été simplement bouilli (Nocard).

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