‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 94 sur 251 · SYPHILIDE PIGMENTAIRE DU COU · texte numérisé non relu

SYPHILIDE PIGMENTAIRE DU COU

Elle s'observe sur la partie antéro-latéi'ale du cou, des deux côtés également, et ses lésions descendent jusqu'au-dessus des régions claviculaires.

Elles sont infiniment faciles à reconnaître quand on les a vues, très

Fie;. 111. - Syjihilidr |uj;uionlaire du cou. (Malade de Fournier. iluM'c ili' l'IiopiUi Saint-!. OLiis. n" 559.)

diCliciles à décrire. Le plus souvent elles sont ce que serait la roséole

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syphilitique si les taches qui la constituent étaient bistres au lieu d'être roses. On voit ainsi, sur un fond pâle, 10 à 7)0 taches grises disséminées. Ce sont de larges macules, de bords mal distincts et estompés. D'autres fois il y a leuco-mélanodermie, c'est-à-dire qu'il v a dans la région des parties pâles, plus pâles que la peau normale, et des parties bistres plus foncées ; le tout ressemblant assez à ce que serait un lavis mal fait à l'encre de Chine diluée. Cette éruption, dont le début est mal connu et est décrit diversement par les auteurs, semble suivre sans délai la roséole. C'est donc une lésion secondaire. Elle est plus fréquente chez la femme que chez l'homme. Elle dure longtemps et s'atténue pour disparaître vers le Ib" mois de la syphilis.

Le diagnostic est certifié par les ganglions rétro-cervicaux (p. 281) et la polyadénite syphilitique secondaire; quelquefois par la roséole généralisée encore visible, par le ganglion indicateur du chancre encore existant, par l'alopécie pariétale qui lui est souvent contemporaine (p. 254) ; enfin par l'histoire encore récente du chancre initial.

Le traitement local est nul. Le traitement général est celui de la syphilis secondaire (p. 726).

ACANTHOSIS NIGRICANS

C'est une dermatose rare, symptomatique de certaines cachexies, particulièrement de la cachexie cancéreuse, et plus particulièrement du cancer de l'estomac. Sa cause prochaine est inconnue. Sa localisation au cou est loin d'être exclusive, car cet état morbide atteint d'abord les gencives (p. 44) et, d'une façon générale, toutes les régions à peau fine des plis de flexion (p. 687).

En ces points, la peau, qui est devenue d'un gris cendré, présente des transformations singulières. Elle est épaissie, ses phs normaux sont très accusés, et sa surface semble celle d'un condylome que Ion regarderait à la loupe. Elle est hérissée de petites tumeurs rondes plus ou moins grosses et saillantes en nombre infini; c'est comme si la disposition des papilles dermiques était grossie assez pour pouvoir êli'e perceptible à nos yeux. Le toucher correspond à cette disposition et donne une sensation mamelonnaiie. partout où existe cette Iransfoi'mation cutanée. Cet état est chronique, progi'essif ; étant donnée sa cause il se termine naturellement par la mort et ne comporte point de traitement local valable.

cou. 277

MOLLUSCUM PENDULUM

Cette singulière lésion est constituée par un petit sac de peau molle, flasque, ridée, pédiculisé sur une peau saine et normale.

Le moUuscum pendulum est une lésion persistante qui augmente très lentement sur place et ne se transforme jamais en tumeur maligne.

Les molluscums pendulums du cou naissent en général sur la peau des hommes ou femmes qui ont passé la quarantaine, et ils augmentent de nombre et de dimension avec Tâge. Certains individus dont la peau est promptement sénile en montrent dès l'âge adulte. Les faces antéro-latérales du cou en présentent de 2 à 50 de dimensions diverses, dont l'es plus volumineux souvent sont moins gros qu'un grain de blé et pédiculisés, affectant la forme schématiquement attribuée aux larmes.

Le médecin n'est consulté à ce propos que par les hommes qui ont peur d'une dégénérescence cancéreuse et par les femmes qui voient en ces lésions une laideur. Le traitement est unique et des plus simples; prendre chaque molluscum dans les mors d'une pince à griffe et les sectionner au pied avec la pointe du galvanocautère, c'est instantané et presque indolore.

ACTINOIVIYCOSE

L'actinomycose est une maladie à tumeurs sous-cutanées causée par l'Actinomyces Bovis ordinairement, quelquefois par un champignon de même famille et d'espèce autre. Ce champignon semble vivre sur des graminées à l'état saprophytique. L'inoculation de cette maladie a été souvent réalisée par des glurnelles de l'épi d'orge, de blé ou d'avoine. La voie d'entrée est la gorge; le point de développement ordinaire, est la région sous-maxillaire et latéro-cervicale.

Les tumeurs que produit l'actinomyces ont une dureté ligneuse, que bien peu de tumeurs d'autre cause (sarcome ou carcinome squirrheux) peuvent simuler. Elles acquièrent sur place, lentement, un volume énorme. Elles peuvent occasionnel- des métastases à distance, probablement par voie veineuse et non par voie lymphatique. Les tumeurs actinomycosiques |)euvent s'ulcérer. En un point de la grosse masse devenue adhérente à la peau, naît une petite tumeur molle,

DERMATOLOGIE TOPOGRAPHIOUE.

violàtre, qui s'ouvre. Elle donne très peu d'un pus mal lié, dans lequel on trouve des grumeaux jaunes, gros comme des grains d'orge, dur)^, comme pierreux, qui souvent restent engagés dans l'oritice de l'abcès.

Ces grains jaunes examinés par écrasement (entre deux lames de

verre), fixation (au sublimé acide) et coloration (par la méthode de Gram) montrent un parasite formé au centre d'un feutrage de mycéliums violets très fins (1/5 à 1/2 u-) entouré de crosses ou massues colorées eu jaune et disposées en rayons (axT'-voçi.

Cet aspect est caractéristique.

Le traitement par l'iodure de potassium à hautes doses réussit quelquefois (1 à 10 grammes par jour très progressivement :

craindre à ces doses l'œdème glotti({ue) ; l'exérèse est rarement praticable.

L'action des rayons X, à tenter évidemment, est encore inconnue. Sans intervention, l'issue est fatale; le développement de la tumeur arrive à obstruer le pharynx ou à comprimer le récurrent, le pneumogastrique, d'où des crises laryngées, des syncopes. Bien que la cachexie soit plus lente que dans les cancers, elle a sa part dans l'état général au milieu duquel le malade succombe.

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'IW. — Actinomycosc du cou. (D'après Illicli.)

SYPHILIS SERPIGINEUSE

Ln dehors de la roséole et des pa|»ules secondaires que le cou présente comme toute autre j^artie du corps, on peut encore voir évoluer au cou la syphilide serpigineuse secondo-tertiaire ou tertiaire. C'est

cou,

le plus souvent sous la l'orme crun liséré ciiculaire ou polycirciiié qu'elle se présente : quelquefois sous forme de lésions pa})uleuses cuivrées en corynibes. Le liséré lui-inénie est fait de lésions papu-

FiG. llô. — Syphilis secoiido-terliairc ciirini'c. (Malade de Sabonrnud. l'holojirapliie de .Noiri'.)

leuses juxta[)Osées sous forme d'une bande congestive quelquefois recouverte de squames adhérentes psoriasifoi-mes. Ce sont là des lésions d'une extrême lenteur d'évolution; livrées à elles-mêmes, elles durent des mois, et souvent elles guérissent d'un côté et continuent leur évolution en d'autres points. Ces lésions indiquent une syphilis de date déjà ancienne. Elles n'ont point (h? gravité |tersonnelle, mais

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elles prouvent (jiie la maladie est encore vivante, donc dangereuse. Traitement mixte, à poursuivie jusqu'à disparition intégrale des lésions.

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