PATE
Oxyde de zinc 18 grammes.
Carbonate de bismuth. . 2 —
Vaseline 20 —
F. se. à chaud.
Et aussi les poudres : la poudre de lycopode est nettement supérieure aux autres, à mon avis. Elle est plus chère et ne doit pas être conseillée aux pauvres.
Quand les lésions sont suintantes, il ne s'agit pas en général d'un processus localisé, mais de l'eczéma presque généralisé des nourrissons auxquels le régime lacté ne convient pas (p. 5). Alors avant d'appliquer les crèmes et les poudres, et à chaque fois qu'on change les langes de l'enfant, il faut conseiller le tamponnement des lésions épidermiques avec des boulettes d'ouate hydrophile mouillées d'eau oxygénée neutre.
Pronostic toujours bénin. La durée seule de ces misères peut faire un doute, car on les voit quelquefois durer 4, 6 mois.
INTERTRIGO DE L'ADULTE
Chez l'adulLe aussi, la région des plis de Taine est par excellence celle de l'intertrigo. Il s'observe avec trois degrés : 1° dans le premier, c'est une fissure rose, limitée à une petite longueur du pli ; cette tissure persiste ou renait longtemps; elle demeure le siège de quelques démangeaisons et cuisson aux lavages.
2" Dans le deuxième cas, la même lésion existe plus accentuée, et, de part et d'autre de la tissure, sont dessinées deux surfaces roses marquant les surfaces de l'épiderme qui se correspondent et s'accolent. Avec le doigt, on se rend compte que, sur cette surface, l'épiderme corné est délité, déhiscent et macéré. Cet état existe dans tout le pli de l'aine des deux cotés, presque également, et aussi dans le pli interfessier.
5" Dans un troisième cas, les lésions sont plus larges, plus développées, plus suintantes, plus extensives aussi, car, autour d'elles, on peut voir, même en des points où le contact de la peau avec ellemême ne se produit pas, de petites lésions disséminées, dites par les uns : eczéma ou eczémalisations, par d'autres : séborrhéides. Quelquefois même, chez l'adulte jeune, les mêmes lésions coexistent daus le pli hypogastrique.
Ces lésions sont tenaces et chroniques à proportion de la surface qu'elles ont envahie. On a voulu en faire une manifestation de la diathèse rhumatismale, ce qui ne signifiera quelque chose que quand cette diathèse sera définie. En dehors de l'obésitéqui produit l'affrontement des plis de flexion, ou ignore les conditions locales qui favorisent cet état.
La lésion de fintertrigo est microbienne toujours. Elle confient invariablement le streplocoque, et on peut s'en assurer par les méthodes de culture du streptocoque que nous avons formulées, (p. 10).
Contre le degré le plus léger de l'intertrigo, il faut se servir quotidiennement des lotions alcooliques faiblement iodées :
Eau de Cologne 190 grammes.
Teinture d'iode fraîche 10 —
on faiblement goudronnées ■
Goudron liquide l)ien saponifié 20 grammes.
Eau de Cologne 180 —
Quand les lésions sont pins accentuées, il faut se servir de médicaments plus actifs : nitrate d'argent au 1/15,
INitratc d'argenl 15 grammes.
Eau distillée 200 —
qu'on applique en badigeons vigoureux suivis d'onctions avec une pâte couvrante du type habituel.
Avant de nouvelles applications, on savonne la région très parfaitement.
Je me suis servi très utilement dans les cas rebelles du permanganate de potasse titrant de 1/1000 à 1/5000.
ÉRYTHRASMA
L'érythrasma peut se rencontrer dans Taisselle, mais sou siège d'élection est le pli inguinal. 11 est caractérisé par une plaque de 5-8 centimètres de diamètre, d'un rouge brunâtre, très finement squameuse, toujours localisée au pli de l'aine, mais le dépassant à peine vers le bas-ventre, et s'étendant au contraire beauc<nqt plus bas
sur la racine de la cuisse. Les placards de l'érythrasma sont toujours orbiculaires. On en trouve souvent plusieurs , côte à côte: ce sont ordinairement deux ou trois cercles qui se coupent. La pla- (|ue érythrasmique a la même physionomie sur toute sa surface, en son cen-
liG. 117. — Préparation evtemporance dune squame d'éryllirasma. |j-ç q[ gyj> ggg boi'ds. Obi 1/1"^ ocal. 2 de Leitz. (Préparation de Sabouraud. Dessin ^le
i[. Giiiet.) La dermatose a la-
quelle l'érythrasma ressemble le plus est la trichophytie, mais celle-ci montre toujours en ces régions un bord plus rouge que le centre de la lésion, et ce
— - - - ■ .H 6tiut=:
bord est légèrement surélevé et toujours visiblement vésiculeux. Rien de cela dans Férythrasma.
L'érythrasma existe presque toujours dans les deux plis de Taine, plus ou moins inégalement; il atteint aussi les bourses sur une surface correspondant à la surface contaminée de la cuisse.
Dans les cas où cette affection est le plus développée, elle occu|)e les deux aines, les deux aisselles, et Ton voit même quelquefois, àdistance, sur la peau de la cuisse, des plaques grandes comme 2 et 5 francs dissémmées en petit nombre. Cette affection est beaucoup plus fréquente chez rhomme que chez la femme, elle est monomorphe, toujours semblable à elle-même, chronique, d'une durée indéfinie, aisément récidivante après guérison, si le traitement a été médiocre.
Le parasite causal de cette affection est le Microsporum minutissimum de von Baresprung, parasite cryptogamique d'une finesse extrême, dont les dimensions sont tiès voisines de celles des bactéries. Pour le bien voir, il faut recueillir les poussières squameuses par grattage avec une lame de verre et les y coller par un lavage à Téther, les colorer avec la thionine phéniquée au l/'200, ou toute couleur basique d'aniline. On verra, parmi les squames, le parasite sons la forme ci-contre (fig. 117).
Le traitement de l'érythrasma doit être poursuivi longtemps poui' donner des résultats définitifs. La teinture d'iode diluée au 1/10 ou le permanganate de potasse au 1/1000, sont les médicaments de choix à employer. Leur application régulière, quotidienne, fait disparaître en i à 5 jours les taches d'érythrasma et les guérit en 15 ou 20 jours. Surveiller les récidives possildes.
TRICHOPHYTIE
La trichophytie delaineest très fréquente, également chez l'homme et chez la femme. Beaucoup de dermatologistes la confondent avec l'érythrasma. Elle a le même siège, la même forme en plaques rondes d'assez grand diamètre (5-10 centimètres), et la même disposition polycircinée, mais lesplacards trichophytiqnes sont plus grands, (voir fig, 115) plus polycycliques, plus irréguliers que les placards érythrasmiques, et ils s'en distinguent en outre, en ce que la plaque d'érythrasma est d'un brun-rouge uniforme, tandis que la plaque trichophvtique est d'un rouge plus vif, et son pourtour semé de fines
vésicules qui rontieunent uu liquide séreux un peu louche. L^xainen microscopique de ce liquide, ou des squames du centre de la plaque, montre les éléments mycéliens septés, caractéristiques de l'herpès
circiné de tous sièges. Ici le mycélium est relativement mince et les septa ou cloisons assez espacés (lîg. 118).
FiG. 119. — TrUiiophi/fon inlerlj-iç/iius \ des trichophyties des plis (Sabou-
raud). Culture sur gélose peptoiie (1) - ~-^ •«, . »ï- glycérinée i 0/0, âgée de trois se-
FiG. 118. — Squame de tnchophUie inguinale (100 dia- marnes,
mètres). (Préparation de Sabouraud. Photographie de .^oiré.)
La culture de ce parasite montre qu'il s'agit toujours de la même espèce trichophy tique dont \oici l'aspect (fig. 119).
Cette espèce ne se rencontre que dans des trichophyties intertrigineuses inguino-scrotales ou vulvaires, axillaires (p. 289), ou sousmammaires (p. 558).
Le traitement est le même que celui de l'érythrasma, mais demande des applications plus vigoureuses de solutions iodées plus fortes.
Teinture d'iode '20 grammes.
Alcoolat de lavande 10 —
On peut se servir aussi de pommades iodées.
Lainine antivdre I ~ ^r.
Eau distillée .... T'' "^ grammes.
Iode métallicinc ; ~ ,,^
i„ I „ 1 , • ; aa iO centisframmes.
lodure de potassium \ ^
La trichophytie intertrigineuse est moins diiricile à faire disparaître (jue l'érythrasma, et moins récidivante.
RÉGION mCUmALE. 501
SYPHILIS
La syphilis peut être représentée par le chancre induré de la base de la verge. Il est rare de la voir situé dans le pli inguinal. Il est habituellement ovale, très large atteignant quelquefois deux centimètres de grand diamètre. Son induration peut être très marquée, cartilagineuse. Il est toujours plat, sa surface est exulcérée non suintante. Il est souvent entouré d'un ])ourreletplatépidermisé de 5 à 5 millimètres de large; sa marche et sa disparition sont normales.
La région inguino-scrotale ou vulvaire montre souvent des sy[)hilides secondaires, florides, du type des papules secondaires exulcérées, dites plaques muqueuses cutanées. Elles sont quelquefois quasi confluentes, baignant presque dans un liquide sanieux très fétide. Le diagnostic est fait, par exclusion surtout; aucune autre espèce morbide ne réalisant ce taljleau. En outre le commémoratif du chancre, les pléiades ganglionnaires, Téruption secondaire généralisée, etc.. ont en général vite fait de certifier ce diagnostic.
MALADIE DE DARIER
La psorospermose folliculaii'e végétante présente, aux plis de Laine et au bas-ventre, une de ses localisations principales. J'en rappelle d'abord la lésion élémentaire et ensuite la topographie.
La lésion élémentaire est une croûte brune, de surface plane et de forme conoïde occupant et dilatant les orifices pilo-sébacés. Ceux-ci occupent le centre d'une papule, ces papules se fusionneiU quelquefois par groupe, ou bien chacune reste distincte. Elles sont assez molles de consistance, de couleur grisâtre.
La maladie a ses centres de développement dans les régions séborrhéiques de la face, de la poitrine et du dos (médiothorax), aux aisselles et aux plis de l'aine, aux mains, etc.
Aux plis de l'aine, les lésions élémentaires sont conlluentes. Elles s'espacent davantage, et diminuent à la fois de dimension et de nombre à mesure qu'on s'écarte de ce centre de la région pour envisager un point plus distant de lui. La maladie débute ordinairement dans l'adolescence, elle se développe peu à peu, demeure chronique et ne rétrocède jamais sans traitement.
Le traitement symptomatique, et non étiologique, pnisquelacausede la maladie est inconnue, est palliatif, noncuratenr. Il est externe exclusivement et comprend Temploi associé des médicaments réducteurs, kératolytiques.
Voici deux types de formules :
1° Soufre précipité \
Cinabre f ~ .
,.,,.,. y ;ui 1 gramme.
Acide salicylique. (
Résorciiie )
Lanoline ),.
,r ■• > ail lo trrarames.
Vasehne ) "
2" Huile de cade 10 granuiies.
Lanoline • • \ '^'^ —
Ichtyol ' ,
Résorcine .■ ;ïïi I gramme.
Huile de bouleau ]
... la première étant plus mordante que la deuxième. Le dosage de ces lopiques est à varier suivant les réactions cutanées du sujet. Les bains |)rolongés additionnés de 200 grammes de sous-carbonate de soude et de 100 grammes de gélatine, pour 500 litres d'eau, donnent aussi de l)ons résultats comme adjuvants des topiques externes.
DERMITE INTERTRIGINEUSE SENILE
Les vieillards, surtout obèses, présentent souvent une dermite des plis qui se distingue fort de l'intertrigo de même siège chez des gens plus jeunes. Il occu[)e le pli transverse sus-pubien, les deux plis inguinaux, et le pli interfessier. Il est très inflammatoire et de symptômes fonctionnels très accentués.
Le pli peut être lissuraire, très douloureux. De part et d'autre de la lissure sont deux sui'faces plus ou moins exulcérées ou sèches, mais toujours (Y un rouge violâLre, lie devin, quelquefois plus larges que la main.
J'ai vu cette dermite chez un goutteux à tophus, à rétractions tendineuses et à grandes attaques de goutte, une deuxième fois chez un homme atteint d'arthrite sèche du genou avec subluxation, une autre fois chez une femme atteinte de morbus coxae senilis, d'autres fois sans manifestations articulaires, mais presque toujours chez des sujets à urines hyperacides excessivement, et dans un ;îge avancé.
Cette dermite intertrigineuse qui peut ou non être iid'ectée de sti'cp-
tocoques me semble difl^rer cliniquemeiit de rinterliiyo, pai' son intensité et sa chronicité; elle est d'un traitement très délicat et de guérisons souvent incomplètes. Il faut traiter riiyperacidité urinaire par une saison de Vichy, par le phosphate et le bicarbonate de sonde, Thydrate de magnésie, etc. Le traitement local doit être prudent sous peine d'être irritant ou mal toléré.
L'alcool à (iO" avec des traces d'iode est d'application très cuisanle mais soulage ensuite beaucoup le malade. L'acide picrique au 1/500, le permanganate de potasse au J /5000 ou au 1/10000 donnent des résultats analogues.
Dans l'intervalle des applications, on panseavecdes crèmes ou pommades très douces et couvrantes et on interpose entre les plis de la peau des bandes de lîne toile imprégnées de cérat frais, de cold-cream frais ou d'axonge absolument fiaiche sans aucun topique actif.
SÉMÉIOLOGIE DERMATOLOGIQUE DES GANGLIONS INGUINAUX
Le pli de l'aine contient les centres lymphatiques ganglionnaires de trois régions : fe membre inférieur, les organes génitaux, l'anus.
1. Le paquet ganglionnaire correspondant au réseau lymphatique du membre inférieur est au niveau de l'abouchement de la veine saphène interne à la veine fémorale. C'est là que se produit l'engorgement ganglionnaire douloureux qui accompagne les traumatismes septiques du pied, les ])lessures sales, les piqûres, coupures, suppurations périimguéales, abcès, phlyctènes traumatiques passées à la suppuration, lymphangites provenant de la section malpropre et trop profonde des cors ou durillons, de la suppuration de bourses séreuses autour de déformations chroniques articulaires (oignons), etc. Je iTinsisterai pas sur ces accidents qui ne sont pas proprement du domaine de la dermatologie.
Les ulcérations ecthymateuses, l'ulcère de jambe, les plaies de jambe s'accompagnent, les premières toujours, les autres fréquemment, de lymphangites. L'ulcère chronique de jambe s'accompagne de lymphangites à répétition qui sont de vrais érysipèles (p. 544), et dont les ganglions ne sont pas poplités mais saphènes.
Ces adénites inflammatoires simples n'ont dans les syndromes qu'elles accompagnent qu'une importance secondaire. i)n ne les voit guère suppurer. Elles se terminent on peut dire toujours par résolution.
504 DERMATOLOGIE TOPOGRÂl'HIQUE.
II. Les adénites correspondant aux lésions génitales occupent les 2/5 internes du pli de l'aine. Le groupe ganglionnaire inguinal est échelonné sur une longueur de 10 centimètres environ et comprend 5 à 7 ganglions distincts.
A. Les halaniles inflammatoires, \\\&9,, suppurées, simples ou blennorragiques, ne s'accompagnent que d'une réaction ganglionnaire simple et passagère.
B. Vadénile du ehancre induré comprend deux, éléments. Il y a la « pléiade « de Ricord, et le ganglion indicateur du chancre. Tous les ganglions sont augmentés de volume et indurés, ils ont la consistance spéciale bien connue, comparée à celle de balles de caoutchouc de même volume. Ces ganglions sont mobiles, roulent sous le doigt; ils sont visibles à l'œil chez les gens très maigres. Ils ne sont pas sensibles spoidanément. La pression même n'en est pas douloureuse. Ils existent presque également dans les deux aines. C'est la polyadénite svphilitique secondaire qui, en se généralisant à tous les ganglions du corps, constituei'a la poly-micro-adénite secondaire des auteurs.
En outre, du côté droit si le chancre est à droite, et inversement, on observe un ganglion qui présente un volume double de tous les autres. Il est aussi un peu plus mou, et un peu plus sensible. C'est le ganglion indicateur ou « satellite » du chancre induré, celui que Ricord appelait plaisannnent le Préfet de l'Aine. Aucun traitement n'est à diriger contre les ganglions syphilitiques. En 5 à 6 mois le ganglion indicateur reprend peu à peu le volume des autres, en 10 à 18 mois la polyadénite s'efface et les ganglions i-eviennent à leur volume normal. Mais bien des mois après la roséole, lorsqu'un médecin cherchera la preuve d'une syphilis pour lui douteuse, c'est à la palpation des ganglions qu'il s'adressera, et d'abord à celle des ganglions inguinaux.
BUBON GENITAL SUPPURÉ. — CHANCRELLE GANGLIONNAIRE
Quelquefois au cours de l'évolution du chancre mou du prépuce ou du gland (p. 475), on voit un ganglion de l'aine se tuméfier et présenter tous les symptômes inflammatoires y compris la douleur spontanée, exagérée à la pression. Le bubon se forme et grandit, puis la peau rougit, se fixe à la tumeur. Elle devient violacée, elle s'ulcère, découvrant un chancre ganglionnaire, qui sup[)ure abondamment. Cet ulcère est de bords tailladés, il est profond, anfraclueux, irrégulier.
Le pus est normal, bien lié, strié quelquefois de sang. L'évolution du chancre ganglionnaire, une fois ouvert, est lentement réparatrice, et se termine, après deux mois, par la formation d'une cicatrice large, étoilée, vilaine et qui snflira par la suite à faire faire le diagnostic rétrospectif de l'aflection qui l'a causée.
Je résumerai brièvement ce qu'il importe au praticien de connaître sur ce sujet, de plus que ce qui précède. La tumeur une fois dessinée, aboutira toujours à l'ulcération; ce n'est pas une adénite simple, c^est un chancre mou ganglionnaire. Elle est donc à traiter comme un chancre par les détersifs, les caustiques ou les antiseptiques les plus actifs. La méthode qui consiste à vider l'abcès à la seringue avant son ouverture spontanée et à injecter dans la cavité ainsi vidée de l'éther camphré, de l'éther iodoformé, etc.. a donné quelques l'ésultats soit en détruisant le bacille de Ducrey, soit plutôt en retardant l'ouverture
Fiu. 120. — Bubon cliancrelleux pliagédéniqiie. (Malade de Du Caste! . Musée de l'hôpital Saint-Louis, n" 2050.)
de l'abcès ganglionnaire, ce qui permet d'obtenir la résorption spontanée de l'abcès parce que la vie du bacille dans le ganglion est précaire et qu'il y meurt vite.... Le chancre ganglionnaire, une fois ouvert, peut être traité par la pommade iodoformée au 1/20, la pommade au sous-carbonate de fer au 1/40, le tannin camphré, etc.
Le phagédénisme du chancre ganglionnaire a été observé, comme celui du chancre mou de tous sièges (hg. l'-20). Il serait traité de môme ici (p. 476).
Sabouuaud. — Dermatologie topog-r. 20
III. Les ganglions correspondant aux lésions anales occupent le 1/3 externe du pli inguinal. Pour les bien sentir quand leur développement n'est pas considérable, on doit palper la région sur le sujet placé debout. Quand, dans un cas suspect, la palpation des 2/5 internes du pli inguinal est négative, le palper du i/5 externe doit être toujours très attentif.
Les inllamuiations chroniques de Tanus : hémorroïdes, fistules et tissures, tuberculoses anales, etc.. peu veut donner des ganglions inguinaux cela est certain. Mais où le ganglion indicateur et satellite, unique et énorme (gros comme une petite noix) est précieux, c'est pour certifier la nature d'une lésion indurée de l'anus, lorsque le diagnostic est hésitant entre un chancre induré et une hémorroïde par exemple. Le chancre induré de l'anus s'en accompagne invariablement.
IV. Les trois groupes de ganglions de l'aine sont augmentés de volume, « engorgés «, dans un certain nombre d'aflections. Dans le prurigo de llehra, chez l'adolescent, par exemple, les paquets ganglionnaires de l'aine peuvent être visi])les à l'œil sans palper.
De même dans le prurit sénile, ils sont alors plus petits et plus durs ce qu'explique l'âge du patient. Ils sont également tous pris, gros, sensibles, dans le prurit prémycosique, le niycosis fongoïde, la leucémie. Mais, dans tous ces cas, les adéuites ne sont qu'un épiphénomène, insuffisant à lui seul pour fixer le diagnostic, aussi n'y insisterai-je pas davantage.
La cuisse, à propreinent parler, ne présente aucune dermatose qui lui soit propre: néanmoins elle est une des régions que beaucoup de dermatoses préfèrent.
A ce sujet on peut dire que la cuisse se partage en deux segments inégaux. Le segment supérieur, comprenant 1/3 de sa face antérointerne, présente les maladies du pli de l'aine, tandis que l'autre segment qui comprend ses 2/3 inférieurs et toute sa face externe n'a pas la même individualité.
Ainsi le segment supéro-interne montre } t ^ . ■ ono
le développement de l'intertrigo inguinal. )
. . . les placards aberrants de l'éry- ) thrasma, placards ronds, rouges, finement [ Erythrasma .... p. 309. squameux )
... les dessins 'ornementaux lisérés de ) Trichophytie inguirouge de la trichophytie inguinale. . . . ) nale. ...... p. 310.
En outre la face interne de la cuisse est
, . , . ,., . , ... Prurit p. 310.
une région de prédilection pour les prurits. )
...et pour les lésions qui les suivent ) ,• u- • x- ojr>
^ ^ Lichenisation ... p. 310.
ou les accompagnent ]
Du reste la face interne de la cuisse pré- ]
sente une peau douce qui montre facile- ( „ . • x, x ot/i
, ,, . ^ , „ , > Eczéma suintant. . p. 311.
ment de 1 eczéma suintant et de 1 eczéma
en placards
. .. Beaucoup de traumatismes, surtout ) „ .^ ,.
,. , / Dermites diverses médicamenteux, peuvent y donner lieu a traumatiques . . p. 312 une dermite d'aspect assez particulier ■ ■ )
La kératose pilaire, avec ses élevures ) cornées ostio-folliculaires, occupe plutôt la [> Kératose pilaire. . p. 312. face externe de la cuisse )
La face interne de la cuisse présente \
aussi des varices, plus ou moins considé- / „ .
, , •,, . , 7 7 ■ f Varices et dermato-
rables; saillantes, douloureuses, chroni- > . „ ^ o^o
' ' ' ( ses variqueuses . p. 313.
quement enflammées et la peau au-dessus V d'elle peut montrer diverses altérations . . j L'ichtyose couvre de son hyperkératose ) généralisée en cuirasse toute la surface de ; Ichtyose. ..... p. 314-.
la cuisse, surtout la face externe )
508 DERMATOLOGIE TOPOGRAPUIQUE.
C'est aussi sur cette surface que s'ob- \
serve la desquamation des alités connue f Desquamation des
autrefois sous le nom de pityriasis tabès- i alités p. 315.
centium j
D'autï^es éruptions s'observent indiffé- j
remment sur toutes les faces du membre. ' . , , „.„
...,,,, , T ^ ■ î Lichen plan , , . . p. 315.
Ainsi les tramées papuleuses lie de vm \ *^ ^
du lichen plan d'E. Wilson j
. . . les pustules plus ou moins super- \ ficielles ou profondes de la furonculose \ Furonculose .... p. 316. généralisée )
Je ne mentionne que pour mémoire, que la cuisse est un des points où s'observent le plus souvent les poussées éruptives polymorphes de la maladie de Duhring (p. 679), et les efflorescences de la lèpre anesthésique (p. 734).
INTERTRIGO
L'intertrigo da pli irigiiinal, dans ses formes exsudatives et demicroûteuses, peut affecter des allures envahissantes, et s'étendre largement, sur les régions avoisinantes.
Il déborde alors sur la face antéro-interne de la cuisse, et y crée en dehors du placard proprement dit iutertrigineux qui a le pli de l'aine pour grand axe, des placards identiques à ceux de l'eczéma dit impétigineux. Ce sont des taches de 2 à 5 centimètres de diamètre, irrégulièrement rondes, dépouillées de couche épidermique cornée, suintantes ou demi-suintantes, et recouvertes de cioiitelles qui semblent faites d'une poudre cristalline jaune comme de résine ou de la colophane.
Ce sont des taches secondaires (YinipiH.igo en nappe, streptococciques, semées autour de Tintertrigo streptococcique, lésion primaii'e.
Le même traitement leur est applicable, à elles et à l'intertrigo dont elles procèdent (p. 297). Applications de nitrate d'argent au 1/15, et pommades couvrantes.
Oxyde de zinc 10 grammes.
Vaseline iO —
Intertrigo chronique hyperplasique. — A côté des intertrigos je placerai ici comme je l'ai fait au chapitre de Faisselle (p. 291) un type morbide que je ne trouve bien décrit dans aucun auteur. Objectivement, la derrnite hyperplasique intertrigineusedont je parle, ressemble
aux placards de lichénisation, lichénification, névrodermite des auteurs. Car la peau à partir du pli inguiual ou génito-crural est épaissie, hyperplasiée, dure, partagée en losanges par de petits plis quadrillés: mais, tandis que dans les placards lichénisés, la surface des losanges est plate, lisse et presque vernissée, ici chaque losange fait une bosselure comme un capiton, sa surface n'est pas sèche, elle est moite, elle n'est ni lisse ni vernissée, et la friction du doigt en détache des débris épidermiques. Cet état résulte d'une macération et d'une infection intertrigineuse chronique, qui s'observe dans beaucoup de cas où le volume des organes génitaux mâles étant augmenté, augmente leur surface de contact avec la cuisse : varicocèle, hydrocèie, etc., ou bien quand, chez la femme, un écoulement vaginal muco-purulent, ou irritant, souille constamment la paroi crurale : vaginite, blennorragie, diabète. Le prurit est toujours très marqué.
Le traitement consiste toujours dans la suppression de la cause quand c'est possible. En outre les frictions quotidiennes avec une teinture d'iode faible :
Teinture d'iode , 20 grammes.
Alcool à 60° 180 —
alternant avec les applications de pâte de zinc sont toujours ce qui m'a paru donner les meilleurs résultats.
ERYTHRASMA
Il n'existe pas d'érythrasma de la cuisse, sans érythrasma inguinal (p. 298); mais j'ai dit que les grandes taches orbiculaires roussâtres, sèches et finement furfureuses de l'érythrasma, quoique nées dans le pli de l'aine, ont plus de tendance à se développer sur la cuisse que sur le bas-ventre. Aussi voit-on de grandes taches érythrasmiques de 6 et 8 centimètres de diamètre, tout entières sur la face interne de la cuisse, ne toucher au pli de l'aine que par une mince partie de leur surface. Dans ce cas, souvent aussi, voit-on de petits disques d'érythrasma grands comme une pièce de 2 francs ou de 5 francs, au nombre de 1 à 4 au plus, disséminés sur la cuisse, quelquefois jusqu'au tiers inférieur, isolés de toute connexion avec l'éruption-mère dont ils procèdent.
Leur nature est certifiée par l'examen microscopique (p. 298) et leur traitement est celui de l'érythrasma de tous sièges (p. 299).
Frictions quotidiennes répétées plusieurs semaines avec
Teinture d'iode fraîche 10 grammes.
Alcool à 60° HO -
TRICHOPHYTIE INGUINALE
La tricliophytie inguinale peut, comme l'érythrasma, se développer aux dépens de la peau de la surface interne de la cuisse.
Elle n'y existe que comme un prolongement et un développement de la lésion inguinale (p. 299) et ne comporte en cette région ni symptomatique ni thérapeutique particulière. Je n'y insisterai pas.
PRURIT ET LICHÉNISATION
Le pi'urit n'atteint pas ordinairement le pli de Faine mais la racine de la cuisse, à sa face interne, innnédiatement au-dessous du pli. C'est là que s'observe l'état d'infiltrat chronique dur de la peau avec hypertrophie papillaire qui est l'ancien lichen circumscfiptus , aujourd'hui suivant les auteurs, le placard de névrodermite, de prurigo lichénisé, de lichénisation ou de lichénification.
La peau est saillante, épaissie, pachydermique; son pli est d'une épaisseur double ou triple de celui de la peau voisine normale. La surface de la peau est lisse, brillante, formée de papules plates, losangiques, séparées par des intervalles linéaires, le tout figui'ant un parquet ou un dallage. Autour du ou des placards qui sont ainsi constitués, le prurit existe aussi et les lésions du prurigo, les papules acuminées que le grattage a tronquées et qui se voient recouvertes chacune d'une croiilelle minuscule, conique, rougeâtre.
Dans certains cas l'eczématisation et le suintement prennent le pas sur la lichénisation et l'état pachydermique, dans d'autres c'est le contraire. Quoi qu'il en soit, ces lésions sont d'une durée indétînie et leurs symptômes fonctionnels : cuisson et prurit sont excessivement pénibles.
Jusqu'ici il y avait deux méthodes thérapeutiques pour traiter ces lésions : la méthode des topiques externes anti-prurigineux :
Glycéré d'amidon 40 grammes.
Résorcine )
Acide tartrique > àli 1 gramme.
Menthol S
... ou des emplâtres : emplâtre à rtiiiile de foie de morue (Vidal) et le traitement du système nerveux du sujet par des douches tièdes longues peu percussives et d'action sédative.
Aujourd'hui on diminue le prurit par la haute fréquence unipolaire ou reftluvation, l'œdème local parles demi-séances des rayons X
FiG. 1-21. — Dermite clironique. — Eczématisalion prurigineuse de la vulve cl de la face interne de la cuisse. (Malade de Brocq. Photographie de Sottas.)
et l'on traite les dernières lésions par les applications réductrices, kératolytiques. Les résultats sont incomparablement meilleurs.
Huile de cade 10 grammes.
Lanoline -0 —
Résorcine )
Ichtyol àâ 1 gramme.
Huile de bouleau 1
ECZÉWAS SUINTANTS
Les eczémas des régions à peau fine et des plis de flexion, ainsi que ce type d'eczéma des adolescents que nous avons décrit déjà, en diverses
localisations, peuvent s'observer à la face interne de la cuisse. Il en existe des formes difïuses, avec de grands placards de 50 centimètres de haut et davantage, et des formes localisées en placards nummulaires, ronds un peu surélevés, suintants, croùteux à croûte jaune, papyracée, souvent quadrillée et fissurée.
Ces lésions, récidivantes ou durables sur place, n'ont pas un pronostic régional particulier. Leur pronostic et leur traitement se confondent avec le pronostic et le traitement de raiïection en général et de ses autres localisations.
DERiWITES DIVERSES TRAUlVIATiaUES
Sur la cuisse, les dermites traumatiques prennent souvent un aspeci figuré très spécial qui en imposerait à certains esprits pour une dermatose parasitaire. Ce sont des dermites rouges, sèches, composées d'efflorescences arrondies et segmentées comme des roues, comme des fleurs ouvertes. Tantôt il existe un placard composé de 4 à 5 efllorescences semblables et toutes voisines, tantôt la cuisse entière est couverte de lésions analogues, séparées par des placards de dermite rouge, sèche, plus diffuse.
Ces lésions sont ordinairement traumatiques, succédant à la frotte de la gale, à des applications médicamenteuses : pommades au styrax, au naphtol, au baume du Pérou, au soufre, à des bains sulfureux, à des bains alcalins trop forts, à des frictions de savon noir, d'eau sédative ou d'essence de térébenthine, contre des douleurs musculaires ou articulaires, etc., etc.
On peut voir cette dermite succéder à d'autres lésions (pityriasis rosé de Gibert, etc.) maltraitées par des irritants. Le traitement est dans la suppression de la cause, les bains tièdes calmants (son, amidon, gélatine), les applications couvrantes :
Oxyde de zinc 20 i;ramnies.
Vaseline 80 —
KÉRATOSE PSLAIR E
La kératose ou ichtyose pilaire est un état morbide des surfaces d'extension des memltres particulièrement du dos, du bras et de la face
externe de la cuisse. Il s'accuse vers quatorze ans et dure toute la vie, plus ou moins marqué suivant les cas. Sur toute la région, la peau est violacée, la circulation sanguine s'y fait mal, la température locale est basse, la peau parait grenue, âpre, chagrinée. Ses aspérités sont des points d'hyperkératose occupant l'orifice pilaire et l'obstruant. Très souvent, dans ce bouchon corné, on trouve un poil enroulé qui n'a pu traverser l'obstacle corné qu'il rencontrait.
La cause de cet état est inconnue, la thérapeutique palliative. On se sert des kératolytiques qui sont souvent supportés à dose massive. Yoici par exemple un type de pommade active :
Acide salicylique 5 grammes.
Résorciue 5 —
Vaseline 50 —
Quand un médicament est actif, il détruit Tépiderme "corné de la région, qui se ride, et prend l'aspect d'une toile d'araignée collée sur la peau.
Quand on veut augmenter la puissance du médicament actif employé, on applique, avant lui, sur la peau, une couche de savon noir laissée en place 1/4 d'heure ou une heure avant qu'on la savonne. Inversement, quand un médicament actif est trop mordant, on alterne avec lui des applications de pommade calmante : oxyde de zinc 1/5.
Ainsi, avec un médicament donné, même dosé très approximativement, un malade peut conduire seul l'amélioration de son cas ou ne revoir le médecin que par intervalles plus espacés.