VARICES ET DERMATOSES VARIQUEUSES
Les varices de la cuisse, sur le trajet de la saphène, surtout au tiers supérieur et au tiers inférieur, sont fréquentes et peuvent faire la tête de méduse. Ces vai^ices ont les causes voisines ou générales de toutes les varices, celles-ci mal défmies comme chacun sait.
Les paquets variqueux sous-cutanés donnent lieu à une série d'altérations cutanées de la peau qui les recouvre. Cette peau devient noirâtre et villeuse : par hyperpigmentation et par hyperplasie du corps papillaire du derme. Cette lésion peut aller jusqu'à faire une hyperplasie locale et une hyperkératose analogue à celle du lichen plan corné.
Ces lésions sont à peu près irréductibles parce que leur cause est
persistante. Ce qu'il faut rechercher, c'est une honne hygiène de la peau des variqueux : une compression douce des régions variqueuses par un tissu élastique et perméable à l'air; le pansement des lésions avec une crème de zinc, bien appliquée par massage, recouverte d'un morceau de lint aseptique, sous le tissu élastique qui fait la compression, tout cela améliore ces lésions dans la mesure du possible.
ICHTYOSE
L'ichtyose est une malformation congénitale qui se traduit par la non-déhiscence de la lame cornée une fois mûre, c'est-à-dire lorsque les cellules cornées ont perdu leur noyau visible.
Ainsi la peau apparaît recouverte comme d'un crépi de muraille par un épidémie corné épaissi, âpre, chagriné, permanent, qui en raison de sa permanence absorbe toutes les poussières et prend Une teinte grise ou noire. Dans les cas bénins, la peau semble revêtue d'une toile d'araignée, elle est rude et désagréable au toucher. Dans les cas plus graves, le contact de la peau rappelle le contact avec une lime; à la longue, surtout aux régions où l'épiderme corné est normalement plus épais, comme aux mains, l'hyperkératose se double d'un état quasi papillomateux de la peau que nous étudierons en son lieu (p. 598 et 449). Sur la face externe de chaque membre, l'ichtyose est plus prononcée qu'à la face interne, et les plis de flexion même sont indemnes, souvent dans les cas les plus marqués. Le diagnostic de cette dillbrmité est facile, ne fut-ce que par sa permanence. Elle se prononce dans la première enfance et dure tonte la vie. Les préparations que l'on peut conseiller sont de simples palliatifs : onctions chaque soir avec
Glycéré d'amidon neutre 40 grammes.
Résorcine iO centigrammes.
ou inen :
Oxyde de zinc '20 grammes.
Vaseline ^
Lanoline > ;iTi 20 -
Huile d'amandes S
et des ])ains fréquents, alcalins et gélatines.
DESQUAMATION DES ALITES
C'est un symptôme non une maladie. La peau même saine s'exfolie perpétuellement par un furfur insensible. L'homme alité, malade, sans soins d'hygiène de la peau, garde sur son épidémie renouvelé des lambeaux d'épiderme \ieux, déhiscent. Cette desquamation devient particulièrement nette sous un pansement occlusif permanent. Ce pityriasis tabescentium {seborrhœa tahescentiiim de iïébra) ne présente aucun intérêt pathologique; le graissage avec une graisse inerte et les savonnages, en enlevant ces déchets, refont au-dessous d'eux la peau normale.
LICHEN PLAN
La région de la cuisse est l'une de celles où le lichen plan développe ses éléments les plus florides et fait son éruption la plus confluente.
Comme partout, Téruption lente, progressive, plus ou moins prurigineuse, débute par un stade où les éléments sont peu nombreux et où le diagnostic est difficile poui' le médecin non spécialiste. De-ci, de-là sont des éléments roses, populeux, plats, lisses et brillants en surface; ces éléments étant groupés, un plus gros au centre, entouré de nombreux petits. Peu à peu, la deuxième période survient, dans laquelle les éléments sont cohérents comme ceux d'une rougeole bien « sortie ». Alors sur le fond de la peau saine, restreint à de très petits espaces, d'innombrables taches et traînées rouges simulent une fièvre exanthématique. A les examiner de près, les papules sont presque confluentes; lorsqu'elles forment des placards, ces placards sont striés de lignes blanches sertissant les papilles, très caractéristiques.
Quand l'éruption vieillit, survient une troisième phase pigmentaire, dans laquelle chaque papule effacée est remplacée par une tache pigmentaire de même forme et qui s'efface à son tour.
Le lichen plan n'a pas de traitement spécifique. Son traitement est symptomatique. On lutte contre le prurit par la balnéation, les douches tièdes, la haute fréquence, les pommades, crèmes et glycérés anti-prurigineux, résorcinés, tartriques, mentholés au 1/100 (p. 020).
;iG DERMATOLOGIE TOPOGRAPHIQUE.
FURONCULOSE
La furonculose, mèrac quand elle tend à se généraliser, garde encore des surfaces d'élection qui sont plutôt les fesses, les épaules; mais la cuisse garde une propension à laisser croître, chez les blonds, en état de misère physiologique, les pustules folliculaires orificielles, staphylococciques, qui sont, au cuir chevelu, Timpétigo de Bockhart et qui peuvent avorter ou devenir un furoncle vrai (p. 206). C'est un fait que j'ai vu assez fréquent pour être remarquable.
Dans ces cas, donner au malade une alimentation très phosphorée, et même de l'acide phosphorique officinal en gouttes (10-20 par repas, 20-40 par jour dans un peu d'eau ou de bière).
En même temps on traitera chaque élément pustuleux par l'épilation du poil qui le centre, et l'application locale, au pinceau, sur la pustule ouverte, d'une goutte de teinture d'iode, d'alcool camphré ou d'alcool borique à saturation: une piqûre de galvano-cantère est très efficace aussi pour faire avorter ces éléments à leur début.
BRAS
La région du bras présenle très peu de dermatoses qui lui soient tant soit peu particulières.
C'est la région où l'on pratique traditionnellement la vaccine jennérienne, nous ^ Vaccine. . étudierons la vaccine avec elle )
Ensuite nous étudierons ses complica- \
tiens bénignes : vaccine généralisée, vac- j Complications béni-
cine secondaire par auto-inoculation, la ^ gnes de la vac-
tausse vaccine, la roséole vaccinale et \ cine
l'érythème polymorphe vaccinal y
Les complications sérieuses de la vaccine i
demanderont chacune un paragraphe spé- f ^ . ,, . ,
. , „ ■ T 11,' ; Erysipele vaccinal .
cial. En premier heu nous placerons ïery- i
sipèle vaccinal )
La vaccine ulcéreuse ensuite, qu'on a pu ) voir contagieuse et épidémique dans de / Vaccine ulcéreuse . rares cas )
Enfin le chancre, vaccinal, syphilitique, )„,.,. . ,
. . ' . '.^..'[ Syphilis vaccinale . .
qu on a pu voir inocule aussi en série. . . ]
Le bras est la région par excellence de \
la kératose pilaire, pour laquelle assez sou- f „, ., .
, , . .., \ , , ■ Kératose pilaire . .
vent les jeunes filles peuvent demander un i ^
conseil !
Sa face externe est l'une des régions où } , , l'ichtyose peut paraître le plus marquée . \ ^
Le bras, comme la cuisse, est une région "j
où s'observent fréquemment les taches fur- f „ ,,
A, ,„ - ^ ^- * -*,-•' Seborrheides
turacees de diverses sortes, a tort reunies
sous le nom commun de seborrheides . . .
Le bras est la région où l'on plaçait i „- • • ^- , , . , . ^ 7 ' Vesicatoire perma-
ladis les vesicatoires permanents que le ; . ^
, , . . . „ . , ^ l nent
médecin peut avoir a faire fermer .... 1
Sur leur cicatrice, peuvent se développer ] ^ ^„„ ^ u 7 7 - xj .7- ■( Leur cicatrice et ses
des tuberculoses ou des epitheliomas, qui > ■ t *■
demandent à être traités sans retard . . . ]