‹ Manuel élémentaire de droit criminel à l'usage des étudiants en droit de deuxième année et des candidats au premier examen de capacité en droit, suivi d'un résumé méthodique des principales questions d'examen et d'un résumé en tableaux synoptiquesChapitre 4 sur 52 · LA PHILOSOPHIE ET L HISTOIRE DU DROIT PENAL · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE ET L HISTOIRE DU DROIT PENAL

qu'ils auront adopté comme base sociale du droit pénal, le législateur et le juge se montreront plus ou moins sévères dans la confection ou dans l'application de la loi.

Evolution des idées. — La pénalité rigoureuse d'autrefois pouvait paraître adaptée à la rudesse des mœurs, à une certaine barbarie des sentiments. Il était nécessaire qu'elle se modifiât en même temps que la conscience humaine, en même temps aussi que les principes du droit public. 1/histoire du droit criminel nous montrera le législateur constamment préoccupé d'adoucir la loi pénale à mesure que se répandent les sentiments d'humanité, de pitié (1), et de mesurer les peines à la gravité sociale et morale des infractions à la loi qu'elles devraient réprimer.

Et c'est pour cela qu'il est intéressant de se demander, en abordant l'étude du droit criminel, quelle a été autrefois et quelle est aujourd'hui la base de la pénalité, en quel sens évolue la conception sociale du droit de punir.

Division du chapitre premier. — Le chapitre premier sera divisé en trois paragraphes :

§ 1. -^ Les principes anciens de la pénalité.

|:2. — L'exposé des théories classiques.

§ 3. — Les doctrines contemporaines.

§ !•". — Principes anciens de la pénalité.

a) Vengeance privée. — Son explication. — Dans les sociétés primitives, le droit do punir repose uniquement sur le droit de vengeance privée. Il y a, en effet, une sorte d'instinct qui porte l'homme offensé ou lésé à se venger immédiatement, à se faire justice lui-même. Et ce droit de vengeance paraît justifié par la nécessité pour chacun de faire respecter son droit. L'individu J'exerce lui-même, ou sa famille l'exerce on son nom.

(1) C'est ce que Ihering exprime ainsi : (( L'histoire de la peine est une abolition constante. »

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