CHAPITRE 1. - LA ROYAUTÉ
SECTION 1. — La royauté primitive. La cité patricienne. S !• — InstittttJons de l'époque royale '.
Lliistoire romaine commence à la période royale. Assurément les populations qui fondèrent Rome avaient alors déjà derrière elles un long passé - et leur régime politique n'est, comme leurs autres institutions civiles ou religieuses, que le résultat d'une lente évolution '. Mais la phase de la royauté est la plus reculée à laquelle remonte l'histoire politique de Rome. Encore cette histoire n'est-elle, en grande partie, qu'un amas de formations légendaires ou même encore plus de falsifications conscientes, dans lequel il n'y a peut-être de vrai que de rares noms propres et la vague réminiscence de quelques faits matériels ^. Il y a certainement eu à Rome une période royale : la meilleure preuve en est dans des institutions de la République explicables uniquement comme survivances, telles que sont par exemple le rex sacrorum et Yinten^ex^, Seulement c'est à peine si l'on peut discerner ses caractères les plus gé-
{.Bruna-Permce^ Gesch.und Quef^., §§ 5-9.Mommsen, 1/is^ rom., livre 1, chapitres 4 et 3. Niese, Abriss, pp. 384-590 et les auteurs cités. Cf. Ed. Mcyer, Gesch. des Alterthums, 2, 1893, pp. 510-526.
2. Cf. delhering, Les Indo- Européens avant V histoire^ 1895. Ilelbig, Die Italie ker in der Poebene^ 1819 et l'analyse de G. Perret, Journ. des savants, 1880, pp. 434-442, 416-484, 530-539. Ed. Meyer, Gesch. des AU,, p. 484 et ss.
3. V. sortes groupements politiques des populations indo-européennes avant leur séparation, Schrader, Sprachvergleichung und Vvgeschichie, 2« éd., 1890, pp. 568-585, et en particulier sur les rapports de la migration et du développement du pouvoir royal, Schrader, p. 583 et de Ihering, p. 368 et ss.
4. V. Mommsen, llist. rom., livre 2,chap. 9. Schwegler, Homische Geschichte, 1, IS53, adonné une analyse critique détaillée et encore très utile des divers matériaux dont se compose la prétendue histoire de l'époque royale. La dissertation de M. Mommsen, sur la légende de Remus, Hennés, 16, 1-23, montre, par un exemple lingulièrement frappant, les procédés de travail des auteurs de cette histoire.