‹ Manuel élémentaire de droit romain (volume 2)Chapitre 18 sur 659 · Pomponius, D., 1, 2, X>« 0. J · texte numérisé non relu

Pomponius, D., 1, 2, X>« 0. J

4. V. sur cette forme d'enseignement Cicéron, OraL, 42, 143. Brut., 89, 306 : (Q. ScaeTola), nemini se ad docendum dabat, lamen consullanlibus respondendo studmos audiendi docebal.

A partir de là, la science du droit se sécularise, ceux qui veulent s'attirer la faveur du peuple et arriver par là aux magistratures peuvent se mettre à délivrer à tout venant des consultations particulièrement indispensables à cause du caractère formaliste du droit et de la procédure et particulièrement demandées à raison de leur gratuité qui contribuait sans doute à faire plus volontiers aller trouver les jurisconsultes que les hommes de loi modernes. On trouve des exemples de leur rôle social dans des anecdotes telles que celles de Scipion Nasica, a qui le Sénat concéda une maison sur la voie sacrée pour qu'il y fut plus commodément à la disposition des demandeurs de consultations, ou de G. Figulus, qui voulut se servir de sa popularité de consultant pour se faire nommer consul *.

La consultation [respondere), à côté de laquelle on met encore la rédaction des actes {cavere) et môme parfois la direction des procès {agerey\ fut probablement la principale ocxîupation de la plupart des jurisconsultes de la même éfioque ou du siècle suivant parmi lesquels nous citerons seulement : Sex. Aelius Paetus Gatus, consul en 55(i, M. Porcins Gato, le censeur (520-()05), son fils, M. Porcins Gato Licinianus, mort en 602, puis trois hommes qui nous sont représentés comme ayant fondé le droit civil*: M'. Manilius, consul en 605, P. Mucius Sca»vola, consul en 621, et M'. Junius Brutus, à peu près leur contemporain ; enfin P. Rutilius Rufus, consul en 649, préteur au plus tard en 630, le premier jurisconsulte dont le nom soit mêlé à l'histoire de Tédit tel qu'il se développa après la loi Aebutia. Ges jurisconsultes ont publié quelques ouvrages : Sex. Aelius, des iripevtila exposant, soit successivement, soit au sujet de chaque institution, les XII Tables,- Vintcrpretatio et les legis acliones et un jus Aelianum^ dont on se demande s'il fitut y voir un ouvrage distinct ou la troisième partie des tHpertita ou môme une invention d'écrivains récents provoquée par la symétrie du jws Fiavianum ; M', Manilius, un recueil de formules ; P. Mucius Scaevola, un ouvrage en dix livres ; enfin Brutus, trois livres de jure ci vili composés un peu gauchement, à l'imitation des philosophes grecs, sous la forme d'entretiens avec son fils. Mais, sauf peut-être celui de Brutus, ces écrits avaient encore sans doute un caractère purement pratique, étaient de simples recueils de receltes et de précédents, compilés sans vue systématique *.

\. Pomponius, !>., 1, 2, !)e 0. J,, 2, 31. Val. Max., 9, 3, 2. Cf. Cicéron, De o/f., 2, 19, 6fi.

2. Cicéron, De orat.^ I,i8,212. Ailleurs, par exemple i)e off., 2,19,65, il ne parle que de consulter et de cavere. Cf. Pro Murena^ 9,19 (à propos de Scr. Sulpicius): Urbana mililia respondendi scribendi cavendi.

:\. Pomponius, />., 1,2, I)e 0. /., 2,39.

4. On doit sans doute aussi à l'aclivité des auteurs de celte période, fréquemment désipmés par les jurisconsultes du temps de l'Empire du nom de veteres, une

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La troisième période commence avec Q. Mucius Scaevola, fils de P. Mucius, gouverneur d'Asie, consul en 659, luô en (h2 par les partisans de Marins. II composa un jus civile en 18 livres, qui a été, selon toute vraisemblance, lu première exposition méthodique du droit civil, dont le plan a ensuite inspiré celui du jus civilt* de Sabinus et qui a été fréquemment cité et commenté par les auteurs du temps de l'Empire *. Il nous suffira de citer parmi les jurisconsultes postérieurs qui ont continué à marcher dans la même voie : Aquilius tiallus, préteur en 688 ; Servius Sulpicius, consul en 703, mort en 711, auteur en particulier du premier commentaire sur l'édit (deux livres ad edictum) et qui a eu pour élèves presque tous les jurisconsultes de la fin de la République, notamment Alfenus Varus consul suffect en 715 et Aulus Ofillus, familier de César, qui écrivit aussi un commentaire sur l'édit ; enfin Gascelcellius qui fut probablement préteur après la mort de César, C. Trebatius Testa, dont la vie se prolongea de lon^^ues années sous le rèf^ne d'Auguste et Q. AeliusTubero, qui abandonna le barreau pour la science après avoir été battu par Cicéron dans Taccusatiou formée par lui contre Q. Ligarius *.

fttrte part des règles générales formulées en maximes que nous rapportent ces derniers et dont quelques-unes ont même gardé le nom de leur inventeur (régula Catoniana^ praesumplio Muciana^ par ex.). V. sur ces ret/ulae^ Bruns-Pernice, ijesch. und QuelL, p. 135.

1. V. sur le plan de cet ouvrage, Lenel, Das Sabinussystemj 1892, p. 10 et s.

2. Les citations directes ou indirectes, que nous possédons des écrits juridiques des divers jurisconsuUes et qui- particulièrement depuis Q. Mucius Scaevola sont assez abondantes pour permettre des recherches sérieuses, sont réunies sous le nom de chacun dans Lenel, Palingenesîa juris civilis. Huschke,p.l-18, p. 84-109 donne en outre un certain nombre de fragments relatifs au droit public et religieux écartés par le plan de Lenel. Nous renvoyons pour une histoire plus détaillée de leur vie et de leurs œuvres aux ouvrages précités deKrueger et de Bruns-Pernice. — Pour une énumération complète des instruments d*étude juridique laissés par le tempsdela République, il nous resterait à signaler, à côté des débris des lois,des sénatusconsultes, des édits de magistrats et des écrits des jurisconsultes, qui ont été conservés, sinon les titres pratiques concrets qui font pour cette période à peu près enlièreaient défaut (v. seulement le marché de construction de Pouzzoles de S96, Textes, p. 766) au moins les malériaux fournis par la littérature générale. Parmi eux, l'histoire de Polybe, mort en 627, qui va de la première guerre punique à la chute de Carthage et de Corinthe, est une source historique excellente, mais plus riche pour le droit public que pour le droit privé. Le traité d'économie rurale (de re ruslica) de Caton contient notamment c. lU-145, des formulaires très instructifs pour l'histoire des origines du louage et de la société (Bruns, Fontes^ 2, pp. 19-53 ; cf. Bekker, Z.R.G., 3, 1864, pp. 416-4i:i). Il y a aussi beaucoup de renseignements précieux dans les ouvrages de Varron mort en 727, par exemple dans les formulaires de ventes d'esclaves et d'animaux de son traité de re ruslica (passages relatifs au droit dans Bruns, Fontes, pp. 33-69. Enfin les deux sources les plus abondantes et d'ailleurs très différentes sont : 1» le théâtre de Plante, mort CD .'Ï70 et dont les pièces conservées, qui se placent entre 549 et 570, sont des adaptations romaines de pièces grecques où la trame reste grecque, mais où

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