‹ Manuel élémentaire de droit romain (volume 2)Chapitre 32 sur 659 · Stinlzing,pp · texte numérisé non relu

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5. Biographie la plus récente dans Maassen, Geschichte der Quellen and der

Denys Godefroi (D. Gothofredus, 1549-1622), que nous citons en dernier lieu parce que son édition du Corpus juris civilis a été jusqu'à un certain point pour l'œuvre des Romanistes du XVI® siècle ce que la grande glose avait été pour Tœuvre des glossateurs, le véhicule qui en a conduit les résultats dans la pratique ^

Au XVIP siècle et au XVFII*, on rencontre encore des interprètes remarquables du droit romain : en Savoie, le président Fabre (Antonius Faber, 1557-1624), grand découvreur de tribonianismes, auquel la vogue nouvelle des recherches sur les interpolations a valu un regain de notoriété ; à Genève, Jacques Godefroi, fils de Denys (1587-165ii), auteur d'un commentaire magistral duCodeThéodosien,qui peut, à raison de ses origines nationales et scientifiques, être compté parmi les grands romanistes français, qui mérite en tout cas beaucoup mieux le nom de romaniste que les civilistes Domat (1625-1696) et Pothier (1699-1772); en Allemagne, J. T. Heineccius (1681-1741), auteur de bons travaux sur rhistoire du droit romain ; enfin, en Hollande les membres de l'école qui a été la plus digne héritière de l'école française du XVI* siècle, Ant. Vinnius (1588-1657), Jean Voet(1647-1713), Gérard Noodt (1647-1725), Ant. Schulting (16591734), Corneille van Bynkershoek (1673-1743), etc. Mais il y a là plutôt les derniers reflets d'une lumière passée que les commencements d'une lumière nouvelle.

La renaissance s'est faite, au XIX« siècle, dans le pays qui était resté en somme le plus étranger au grand réveil du XVP siècle, en Allemagne, et cette fois aussi elle a été la conséquence d'un rajeunissement général des études de philologie et d'histoire. On a pu encore lui chercher des précurseurs, par exemple le vieil historien du droit romain Hugo (1764-1844). Mais le promoteur direct et le représentant le plus brillant en a été l'illustre Frédéric Charles de Savigny, né à Francfort sur le Mein en 1779, professeur à Berlin de 1810 à 1842, ensuite ministre du gouvernement prussien jusqu'en 1848, et mort en 1861, auteur du Système de droit rowain (inachevé) du Traité de la possession et de ï Histoire du droit romain au moyen âge *, et fondateur de l'école historique.

Cette école, qui a renouvelé la science du droit romain dans le cours de notre siècle, a eu sa force dans un principe que Savigny eut le

Litteratur des canonischen Rechts, 4, 1870, pp. XIX-XXXIV. Sur sa valeur parfois un peu surfaite de philologue, cf. Ch. Graux, Essai sur les origines du fonds grec de VEscurial, 1880, pp. 13-17. — Opéra omniaj Lucques, 1765-1774.

1. Stintzing, pp. 386-388, et sur son éd. du Corpus^ le même, pp. 208-209.

2. Il existe des traductions françaises des premiers ouvrages {Traité de droit romain, tr. Guenoux, 8 vol. 18.')l-18.)o. Traité de la possession^ tr. sur la 7» éd. allemande par H. Staedler, 1866) et des premiers vol. du troisième (tr. Guenoux, 3 vol., 1839). Un autre ouvrage de Savigny, Le droit des obligations, a été traduit par MM. Gérardin et Jozon, 2 vol., 2« édition, 1873.

mérite d'affirmer et de pratiquer dès le premier jour : le principe que le droit d'un peuple est un produit historique et non pas quelque chose d'accidentel et d'arbitraire et que par suite Tintelligence des lois romaines peut seulement être acquise par cette union des vues d*ensemble et des recherches d'érudition technique qui est la condition essentielle de toute étude historique sérieuse. Par la Toeuvre de Savigny reste le point de départ de tout le merveilleux développement qui s'est accompli depuis lui, jusqu'à présent surtout en Allemagne, et qui n'est certainement pas encore terminé. Sans doute, les recherches dont il avait donné l'exemple avec une rare maîtrise, avec une singulière intelligence des textes et nne étonnante connaissance des sources imprimées et manuscrites les pJQs diverses, se sont continuées après lui et parfois contre lui, souvent an point de rendre ceux qui croiraient toute la science enfermée dans ses ouvrages aussi infidèles à la vérité que l'étaient les post-glossateurs concentrés dans la contemplation de la glose. Sans doute aussi, l'activité de lui et de ses contemporains a été puissamment secondée par des découvertes de textes nouveaux qui sont une nouvelle ressemblance entre la renaissance du XVI<^ siècle et celle du XIX». Mais, cette fois comme au XVI« siècle, il serait puéril de prendre l'effet pour la cause : on a trouvé des documents jusqu'alors inconnus, au temps de Savigny comme à celui de Cujas, parce que la résurrection de la curiosité scientifique en a provoqué la recherche ; la découverte du manuscrit de Vérune des Institutes de Gaius date de 1816 et Savigny est déjà tout entier dans la première édition de son traité de la possession publiée en 1803. Si, d'autre part, Savigny a fait de sa méthode des applications que nous iToyons fausses, s'il s'est parfois laissé entraîner aux séductions d'une dialectique trop rigoureuse, si plus souvent, comme c'est le sort mélancolique des travaux d'érudition, la suite même des recherches ouver- . tes par lui a renversé les solutions provisoires qu'il avait tirées de ses premières découvertes, cela n'empêche pas que tous ceux qui de nos jours ont étudié scientifiquement le droit romain se sont ressenti et ont bénéficié de son action, môme ceux qui ont le plus vigoureusement onmbattu certaines de ses conceptions et ses méthodes, même celui que ses qualités opposées, son sens robuste de la vie positive et des réalités juridiques ont fait le plus dangereux pour les déductions logiques et froideii de Savigny, même l'illustre de Ihering enlevé, lui aussi, après une longue carrière et une action puissante * et que nous citons volontaire-

1. Outre VEspritdu droit romain qui reste son œuvre capitale, un certain nombre d'autres travaux de de Ihering que nous citons en leur lieu ont été traduiLs par M. de Meulenaere.

ment seul ici, à côté de l'auteur du Système de éroit romain, parmi tous les romanistes du siècle dont on rencontrera les noms dans ce livre *.

1. On trouvera une énuuiération étendue des romanistes du siècle morts avant 1881 dans Rivier, Introduction, pp. f»23-637. M. Salkowski, Institutionen, p. 63 et ss., donne en quelques lignes des caractériques intéressantes des romanistes allemands Haubold (1166- 1824), Hasse (1779-1830), Puchta (1798-1846), Muehlenbruch (1785-1843), Dirksen (1790-1868), de Relier (1799-1800), de Vangerow (1808-1870). Boecking (1802-1870), Rudorff (1803-1873), de Waechter (1797-1880), Bruns (1816- 1880), Huschke (1801-1886), de Brinz (1820-1887), aux noms desquels il eut sans doute ajouté un an plus tard ceux de Windschei^J (1817-1892), et de de Ihering (1818-1892).

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