EFFETS DES OBLIGATIONS. — ACTIONS NOXALES
torienne (p. 303). Mais il peut exiger un acte positif du défendeur, la noxae deditiot qui lui fera avoir le coupable in pote$tate ou in manci' pio*,
La noxae dedilio se fait : pour les animaux, comme toute aliénation volontaire, par mancipation pour ceux qui étaient tnancipi et par tradition pour les autres, avant Justinien, par tradition pour tous, depuis Justinîen; pour les esclaves, qui étaient des re^ mancip/, également par mancipation avant Justinien et par tradition depuis lui ; enfin pour les personnes libres,par une mancipation qui les mettait in mancipio et qui a disparu sous Justinien avec Tabandon noxal des personnes libres. L'effet de cette dediiio était, à Torigine, aussi définitif que celui de toute autre aliénation : la vengeance même, en vue de laquelle était fait l'abandon, n'impliquait pas une autre conception. Mais plus tard le point de vue a changé : on a considéré le coupable moins comme un offenseur livré à la vengeance de l'offensé que comme un débiteur insolvable livré à son créancier pour le payer par son travail, et,en partant de là, on lui a permis de demander sa libération quand il s'était acquitté. Cette solution était déjà admise pour les délits des fils de famille par Papinien > ; elle a été transportée par Justinien aux délits des esclaves'.
1. D., 9, 4, De N. A., 32. Cf. pourtant Eisele, Zsavst., 13,1892, p. 124, qui considère le texte comme interpolé.
2. Papinien, Coll.^ 2, 3, 1 : Perhominem liberum noxae deditum si lantum adquisiium $tt quantum damni dédit, manumittere cogendus est a praetore qui noxae deditum accepit^ sed fiduciae judicio non tenetur,
3. Inst., 4, 8, De N. A., 3. Cette réforme, inspirée par une pensée de bienveillance, produit un résultat singulier. L'esclave qui a commis un délit et qui ayant fait l'objet d'un abandon noxal pourra après s'être racheté par son travail exiger son affranchissement de son nouveau maître, se trouve dans une situation meilleure que l'esclave qui n'a jamais commis de délit et qui ne pourra jamais réclamer son affranchissement.