Gaius, i, 110: Usu, fai*reo, coemptione
6. Connus plus complètement par la dernière lecture de Gaius, 1, 112. Sur d'autres formalités, v. Karlowa, p. 154 et ss.
pain d'épeautre [farreus panis) et la prononciation de paroles sacramentelles {verba certa et soUemnia) devant dix témoins, le grand pontife et le flaraine de Jupiter. C'est un véritable mariage religieux, qui existait peut-être seul à l'origine de Rome et qui a toujours gardé de nombreux caractères archaïques : le pain d'épeautre, survivance cultuelle d'une phase disparue de l'histoire de l'alimentation; les dix témoins, si, comme il nous semble probable, ils représentent les dix curies constituées par chaque tribu ethnique avant la fondation de la Rome de trente curies; enfm au moins autant sa sphère d'application aristocratique et sacerdotale : la confarréation a probablement toujours été inaccessible aux plé-* béiens ; le rex sacrorum et les grands flamines devaient être nés de pareils mariages et devaient être mariés de cette façon.
La coemtio^ est, dit-on souvent, le mariage civil à côté du mariaj,'e religieux, le mariage plébéien à côté du mariage patricien. La future épouse y est acquise par le mode d'acquérir par lequel on acquiert les choses précieuses, les esclaves, les personnes in mancipio^ par la raancipation. Il y avait, dit Gains, une différence dans les paroles, mais les formes étaient les mômes ^
Enfin Vtisus est à la coemtio ce que l'usucapion est à la mancipation. C'est l'acquisition par la possession prolongée. Quand il n'y a pas eu de coemtio, ou encore quand il n*y a pas eu de coemtio régulière, la femme tombe néanmoins sous la manus au bout d'un an. Seulement la loi des XII Tables règle déjà un procédé par lequel la femme pourra interrompre cette prescription. Elle n'aura pour cela qu'à découcher trois nuits avant l'expiration de l'année {umrpatlo irinoctn) '.
Des trois procédés, celui qui disparut le plus tôt fut l'usu^. Il existait encore au temps de Cicéron. Gains le représente comme disparu, partie en vertu de lois, partie par désuétude. La confarréation paraît aussi être devenue de bonne heure peu fréquente; car, au temps de Tibère, on eut peine à trouver trois patriciens nés de pareils mariages entre qui prendre un flamine de Jupiter. Afin d'enrayer cette désuétude, une loi rendue en l'an 23 ap. J.-C. décida, certainement pour les femmes d(s flamines de Jupiter, beaucoup moins sûrement pour les autres fenSraes mariées farreo, que cette cérémonie les ferait passer sous la manus seulement au point de vue religieux et non au point de vue civil *. Mais
i. Gaius, 1, 113.
2. Gaius, i, 123. Les mots dits par la femme : Ubi lu es Gaius ibi ego sum Gain (p. 157, n. 6) paraissent rais par Cicéron, P7*o Mur., 12, 27, dans une relation avec la coemtio. Boèce, in Tapie, 3, 4 {Textes, p. 421) parle aussi, en invoquant les In'^titutes d'Ulpicn, d'interrogations que s*y seraient faites les époux, probablement avant la coemtio proprement dite et c'est probablement ce qui, avec le nom oiéme de Tacte, a conduit des auteurs de basse époque à l'idée niaise d'achat réciproque des deux époux l'un par l'autre.