‹ Manuel élémentaire de droit romainChapitre 102 sur 760 · Gaius, 3, 3 = Coll · texte numérisé non relu

Gaius, 3, 3 = Coll

donc, dans ce mariage, une imitation volontaire et partielle des conséquences régulières et forcées du mariage avec manus. Pour le reste de leurs patrimoines, les deux époux demeurent en principe indépendants l'un de l'autre, aptes à faire entre eux les mêmes actes qu'ils pourraient faire avec des étrangers, à intenter l'un contre l'autre les mêmes actions qu'ils pourraient intenter contre les étrangers. Cependant l'influence du mariage a fait apporter à la règle des atténuations : ainsi on n'admet pas que les époux intentent l'un contre l'autre des actions pénales ou infamantes \ ainsi l'époux poursuivi par son conjoint a le bénéfice de compétence, c'est-à-dire le droit de n'être condamné que jusqu'à concurrence de ses ressources ^ ainsi à l'inverse, on a défendu entre eux les donations, parce qu'elles pourraient ne pas être libres; enfin l'édit prétorien et la législation impériale ont admis entre eux un droit de succession dans des conditions d'ailleurs assez modestes.

D'autre part, au point de vue des rapports moraux, le mari doit protection à la femme et celle-ci lui doit un certain respect ^ on a fini par admettre, au moins pour le rang sénatorial, qu'elle prend le rang du mari *, on a donné au mari pour la réclamer des interdits symétriques à ceux du père (interdits de vxore ducenda, exhibenda) et même le droit de repousser ceux du père ^ ; enfin, si le père garde sur la fille mariée sans manus la juridiction domestique, il y a une infraction de la femme dont la répression a toujours mis enjeu l'autorité du mari : c'est l'adultère, qui donnait anciennement au mari le droit de mettre la femme à mort, plutôt à la vérité à titre de vengeance licite qu'à titre de juridiction % et dans la poursuite duquel la loi Julia de adulteriis ' lui donne un rôle prépondérant ^

1. Gaius, /)., 25, 2, De a. rer. amot., 2. Dioclétien, C, o, 21, Rer. amot., 2. V. aussi sur la substitution de l'action rerum amoiaruni à la condictio furliva ces deux titres, /)., 25, 2, C, 5, 21.

2. Modestin, />., 42, 1, De re jud., 29 (Lenel, 10). Cf. H-. Krueger, Archiv de Woelflin, 11, 1900, p. 457. V. aussi sur l'avantage distinct qu'il aura là d'être soustrait à Ja contrainte par corps, le fragment de Strasbourg du livre 3 des disputatwnes d'Ulpien, Textes, p. 492, n» 7, et les observations de Lenel, Z. S. St., 24, 1903, p. 417.

3. D., 47, 10, De inj., 2: Defendi uxores a viris... aequum est. 24, 3, Sol, matr., 14, 1 : Receplam revereniiam quae maritis exhibenda est.

4. D,, i, 9, De sénat.., 1, 1. C, 12, 1, De dtgn., 13. Il est certain que, dans le mariage sans manus, la plébéienne mariée à un patricien ne devient pas patricienne, ni l'affranchie mariée à un ingénu, ingénue.

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