Krueger, Sources, p. 172 et ss
déjà étudiées à propos des formules d'actions civiles, dans les commentaires sur l'édit, et pour lesquels Tordre systématique arrêté par Q. Mucius Scaevola fut adopté avec quelques remaniements par Masurius Sabinus dans ses trois livres sur le jus civile qui furent eux-mêmes la base des lihri ad Sabinum postérieurs* ; 4° des espèces d'encyclopédies {digesta) juxtaposant ces matières et même certaines autres en une première partie correspondant aux commentaires sur l'édit et une seconde correspondant aux traités de droit civil, suivant un plan composite qui a été observé depuis une certaine date non seulement dans tous les traités de même nature, par exemple, dans les digesta de Gelse et de Julien, mais en outre dans des recueils de décisions d'espèces, comme les Questions et les Réponses dePapinien, et dans des manuels, comme les Sentences de Paul ; 5° des ouvrages élémentaires didactiques, institutiones, régulas, enchiridia % rassemblant dans im exposé systématique les matières du droit sans distinction de partie prétorienne et de partie civile ; 6° enfin une quantité de monographies de caractère très disparate sur des lois, sur des fonctions de magistrats déterminés par exemple.
L'ensemble de ces ouvrages, ou plus largement la collection complète des œuvres des jurisconsultes de Rome, présentait certainement un volume plus modeste que ne feraient croire les habitudes des temps modernes où le bon marché de la matière première et les facilités de confection mécanique rendent les livres beaucoup moins coûteux. Cependant son étendue a été souvent trop rabaissée en partant d'une allégation mal comprise de Justinien, qui dit que les écrits mis à contribution pour le Digeste ont été réduits au 20' ^ On en a conclu que toute la littérature juridique de Rome ne ferait qu'une vingtaine de fois le volume du Digeste, pas même autant que le moindre de nos répertoires de jurisprudence. Mais Justinien ne parle que des livres dont les compilateurs avaient connaissance. Nous avons un renseignement plus sur, le seul scientifique, dans le chiffre des libri des divers ouvrages *.
l.Lenel, Z)as Sabinussystem, 1892. Cf. Krueger, p. 200. V. aussi la restitution du plan des libri ad Sabinum de Poraponius, Paul et Ulpien donnée par Lenel dans sa Palinc/enesia et plus sommairement, mais avec quelques divergences, par P. Krueger, Corpus juris, 1, éd. 12, 1911, pp. 942-949.
2. C'est l'un des deux ouvrages que Pomponius a publiés sous ce titre, son liber singutaris enrichîdii, écrit sous Hadrien, qui contenait comme introduction la petite liistoire des sources, des magistratures et des jurisconsultes conservée dans le long fragment Z) , 1, 2. De 0. J., 2, et restée notre source la plus abondante sur 1 histoire du droit de la République. Sur la doctrine de Sanio, Varroniann in den Schriflen der rômischen Jurislen, 1857, suivie par Krueger, qui lui attribue là Varron pour source principale, v. N. H. H., 1890, p. 334.