Gaius, 2, 84 (p. 214, n
4. C'est l'assistance à une déclaration de ce genre que paraissent rappeler, parmi les actes cités à la note suivante, ceux du premier type.
0. La dualité se révèle avec une clarté singulière dans la collection de quittances du commissaire-priseur L. Caecilius Jucundus^ trouvée àPompéi en 1875 et éditée en dernier lieu par M. Zangemeister, C. 1. L., IV, SuppL, 1898 (exemples et notice, Textes, pp. 860-867). La caisse où on les a découvertes avait été laissée à Pompéi à l'époque de la première éruption par Jucundus, peut-être comme la moins précieuse, pendant qu'il emportait ou est revenu prendre d'autres fractions plus importantes de ses archives qu'on n'a pas retrouvées, par exemple ses titres de créances, ses livres de compte. Elle contenait plus de cent cinquante actes inscrits sur des tablettes enduites de cire, suivant le système indiqué, p. 68, n. 1, parmi lesquels une centaine, déchiffrés en tout ou en partie, constatent le rem-
704 LIVRE m. — IV- — TITRE III
Ce second type d'actes subsiste seul à l'époque de Justinien et y est en principe sur le pied d'égalité avec la preuve testimoniale. Mais cependant nous avons déjà vu un cas où il est pendant un certain délai dénué d'efficacité {querela non numeratae solulionis, p. 51 5, n. 7) et il y en a à rinverse un, celui de dette constaté^ par un écrit, où le paiement ne pourra être prouvé que par un écrit ou par cinq témoins convoqués afin <i*y assister*.
§ 2. — Novation.
La novation (novatio) ^ est, dit-on, la translation du contenu d'une obligation dans une obligation nouvelle qui la remplace^; c'est l'extinc-
boursement de clients de l'office pour lesquels des ventes avaient été faites entre Tan 27 et l'an 57 par L. Caecilius, l'une même en l'an 15 par un nommé L. Caecilius Félix, probablement son père et son prédécesseur, et présentent à la fois la formule selon laquelle le créancier a déclaré en présence des témoins dénommés avoir reçu son paiement {habere dixit) et celle où c'est le créancier lui-même ou quelqu'un écrivant sur son ordre qui donne le reçu (scripsi accepisse ; scripsi rogatu... eum accepisse). Contrairement à ce qu'on avait d'abord cru, aucune des quittances de Jucundus ne contient, semble-t-il, la première formule seule (l'unique exception paraît être l'acte de Caecilius Félix de l'an 15 ; sur d'autres exceptions apparentes, v. Zangemeister, p. 420 ; Erman,Z. 5. St., 20, 1899, p. 176). Elles contiennent tantôt la seconde seule en deux exemplaires, tantôt la première en un exemplaire (l'intérieur) et la seconde en un autre, tantôt même la première en deux exemplaires et la seconde en un troisième. Mais elles n'en montrent pas moins clairement la substitution progressive de la seconde à la première. Elles font aussi mieux ressortir qu'aucun autre groupe de titres comment la différence de fonctions des deux catégories d'actes a été à son tour la source de diversités non seulement dans les formules employées, mais dans la personnalité des rédacteurs des actes : tous de la même écriture, celle de Secundus pour la première formule ; d'écritures différentes, pour la seconde ; — dans le nombre des témoins et des cachets : pour la première formule, sept témoins ou moins, plus souvent huit fournis par moitié par les deux parties (Sénèque, De henef., 3, 15) aux cachets desquels s'ajoute souvent celui du créancier ; pour la seconde, seulement cinq cachets au plus et au plus trois témoins, parfois aucun ; — enfin, révèlent seuls les titres de Pompéi, jusque dans le rôle des cachets qui, dans les actes du second type, ne sont pas simplement apposés sur les fils formant la partie intérieure du titre pour empêcher de l'ouvrir en l'absence des auteurs des scellés, mais placés à la suite des actes pour en manifester la reconnaissance, comme notre signature moderne ou les sceaux du Moyen âge. Cette particularité, relevée pour la première fois par M, Zangemeister, explique comment la fonction probatoire était remplie même par les chirographa écrits par un tiers : ils portaient deux cachets : celui du scribe et celui de la personne pour laquelle le scribe écrivait.