Gaius, 2, 179 = Inst., h. t., pr
2. Ce procès est la causa Curiana plaidée devant les centumvirs par Q. Mucius Scaevola et le célèbre orateur L. Licinius Crassus avant Tan 663 (où mourut Crassus et où Cicéron lui fait parler du procès dans le De oratore ; la date plus précise de 661, donnée par beaucoup d'auteurs, Dernburg, Windscheid, etc., ne repose que sur une combinaison défectueuse déjà réfutée par Teuffel, dans Pauly ,. Eealencyclopàdie, 4, 1846, p. 1061). Un certain Coponius avait institué son enfant postume pour le cas où il lui en naîtrait un et lui avait donné pour substitué pupillaire M'. Curius. Le fils attendu n'étant pas né, il s'éleva un procès entre leshéritiers ab intestat de Coponius défendus par Q. Mucius Scaevola et M'. Curius ayant pour avocat L. Licinius Crassus, précisément sur le point de savoir si la substitution pupillaire faite au profit de Curius entraînait substitution vulgaire (Cicéron, De orat.A, 39, 18Q. 2, 32, 140-141. Brut., 52, 194-198. De inv., 2, 42, 122. Pro Caecina, 18, 53. 24, 67). La doctrine de Crassus paraît avoir triomphé dès alors d'après Quintilien, Inst. or., 7, 6, 9, 10. C'est, en tout cas, celle qui a prévalu à l'époque classique (Modestin, D., h. t., 4, pr.).
3. On a objecté que cette solution serait contraire à la règle semé/ hères semper hères. Mais la contradiction n'existe que si on considère le substitué pupillaire comme héritier du père seulement à partir de la mort du fils et le fils comme héritier jusque-là. Elle disparaît, si on admet avec M. Karlowa qu'à l'époque ancienne on a considéré le fils comme n'acquérant vraiment l'hérédité qu'au moment de sa puberté et par conséquent le substitué comme étant, au cas contraire, le premier héritier du père. C'est l'intérêt qu'il y a à remarquer que la formule de substitutio duplex indiquée par nous en premier lieu n'est pas sans doute la plus ancienne.