V. Mommsen, Dr. publ., 1, pp
3. Gaius, 4, 27-28. Le seul ordre de cas où la délégation ne soit pas évidente par elle-même est le dernier où l'on procède à la pignoris capio pour obtenir le paiement d'un prix de vente, quand la chose vendue est un animal destiné à un sacrifice, ou d'un loyer, que l'on compte dépenser en un sacrifice. La délégation peut, à notre sens, venir, non pas comme on a dit parfois, d'un droit de saisie des pontifes qui n'existe pas contre les particuliers, mais d'un droit de saisie du roi, à la fois prêtre et magistrat, qui se serait trouvé éteint au moment de la séparation de ses pouvoirs civils et religieux et qui, précisément pour cela, a été transféré aux particuliers intéressés, par une loi positive, par la loi des XII Tables. Un cas de pignoris capio omis par Gaius est signalé en matière de voirie par le sénatus-consulte de page Montano^ Textes, p. 130, dont la pignoris capio mise à côté de la manus injeclio, ne peut être qu'une pignoris capio privée, probablement une pignoris capio popuhiire. La pignoris capio accordée sous l'Empire à diverses personnes par la lex metulli Vipascensis, Textes, p. 119 et ss., est, en un certain sens, un doublet de la pignoris capio des publicains ; c'est une délégation de la pignoris capio des magistrats ; mais ce n'est pas une legis actio per pignoris capionem Sur la doctrine qui admet l'existence d'une pignoris capio au cas de damnum infectum, v. p. 1014, n. 2.
ACTIONS DE LA LOI- — MANVS INJECTIO
Celui à qui était déléguée la pignoris capio pouvait la faire, comme le délégant, même en dehors du jus, en Tabsence de l'adversaire, un jour impropre à la justice ; mais il devait, à la différence du magistrat, la faire certis ver-bis, ce qui s'explique aisément, dans l'esprit du temps, par le désir d'empêcher les suspicions, de distinguer un acte licite d'un fait de brigandage *.
Quant à l'effet, un procès étant possible entre deux particuliers tandis qu'il ne l'était pas entre un particulier et l'État, la pignoris capio du particulier, à la différence de celle du magistrat, peut fonder un procès sur le bien fondé de la saisie et le saisissant peut prendre l'initiative de ce procès pour demander le rachat de la chose ^
§ 2. — Manus injectio.
La manus injectio ^ est, dans sa notion la plus large, une procédure par laquelle le créancier s'empare de son débiteur devant le magistrat et, s'il n'est pas immédiatement désintéressé ou arrêté par l'intervention d'un tiers appelé mwc/ea?, l'emmène dans sa maison pourl'y garder prisonnier durant soixante jours, au bout desquels il pourra le mettre à mort ou le vendre comme esclave à l'étranger [trans Tiberim). Elle a de bonne heure été considérée comme étant par excellence une procédure d'exécution des jugements^ et elle est, en même temps qu'une procédure judiciaire, qui s'accomplit devant le magistrat, une procédure qui aboutit à un procès, quand la légitimité de la manus injectio est régulièrement contestée par le vindex. Mais elle n'a pu servir à exécuter les jugements que depuis qu'il y a eu d'autres legis actiones de nature à lui servir de préliminaire : auparavant elle servait à faire valoir des créances qui la produisaient directement, et c'est peut-être celle des Actions de la loi où l'on voit le mieux comment le procès a pu se greffer sur les anciennes procédures sans procès, comment la procédure judiciaire a pu remplacer la procédure extrajudiciaire elle-même dérivée de la pure vengeance.
Non seulement le procès ne peut être lié que par 'intervention du vindex, faute de laquelle ni les formes ni les concours du magistrat n'empê-