‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 1046 sur 1459 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

NOUVELLE MÉTHODE POUR TENIR LES LIVRES EN PARTIE DOUBLE PAR LE MOYEN D'UN SEUL REGISTRE APPELE JOURNAL-GRAND-LIVRE.

374. Cette méthode est fort simple et présente de grands avantages en certains cas (a) :

D'abord, avec elle, les écritures sont réduites de moitié ; car le travail du Grand- Livre, si considérable dans la méthode ordinaire, est presque nul dans celle-ci.

Ensuite, les commis ordinaires peuvent tenir les livres auxiliaires sans être admis à connaître le secret des affaires générales, renfermé dans le Journal- Grand-Livre en partie double, que doit seul tenir le chef de la maison ou la personne qui a sa confiance.

Enfin, comme les livres auxiliaires suffisent pour tous les détails journaliers, les écritures en partie double, indépendantes des autres, peuvent être différées ou suspendues sans que le système de comptabilité soit en rien dérangé; car les comptes courants des particuliers sont tenus sur les livres auxiliaires en partie simple et le Journal-Grand -Livre, qui présente les comptes généraux si utiles de la partie double, sert à résumer des écritures étendues pour en présenter succinctement les résultats précis et rigoureux.

375. Cette méthode repose sur une idée fort, simple, et ne diffère de la méthode ordinaire que par l'arrangement.

Au lieu d'avoir un Journal et un Grand-Livre séparés, on n'a pour les deux qu'un seul registre, dont le feuillet gauche est le Journal, et dont le côté droit sert de Grand-Livre, comme dans le modèle ci-après (380).

Le Journal, placé sur le feuillet gauche, est absolument tenu d'après les mêmes principes et de la même manière que les Journaux ordinaires, excepté que les dates y sont placées en marge, au lieu de l'être en tête de chaque article.

Le Grand-Livre se trouve établi sur le feuillet droit, au moyen de colonnes, divisées chacune en débit et crédit, qui portent l'intitulé des comptes généraux et en tiennent lieu.

Pour transporter les articles du Journal au Grand-Livre, on place la somme du compte débiteur dans le débit de la colonne qui tient lieu de ce compte; et celle du compte créancier, dans le crédit de la colonne qui en tient lieu.

Le feuillet droit, destiné à représenter le Grand-Livre, est divisé en six colonnes, dont les cinq premières sont les cinq comptes généraux, si connus, et dont la sixième, intitulée Divers Comptes ou Comptes courants, renferme tous les autres comptes; on peut, au besoin, pratiquer sept, huit, neuf colonnes et davantage, et intituler chacune du nom d'un compte important; l'avant-dernière colonne peut être appelée Comptes généraux divers.

Dernière colonne intitulée Comptes courants.

376. La colonne intitulée Comptes courants comprend tous les comptes nts des particuliers, ce qui fait naître tout d'abord cette objection que les

a. Lorsqu'on fait peu d'affaires, ou qu'on en fait beaucoup de petites ; car la méthode ordinaire, avec le Grand-Livre séparé, est toujours préférable et la plus régulière pour les grandes maisons.

coura

Wo2 TENUE DES LIVRES.

comptes des particuliers, étant confondus dans la colonne Comptes courants, ne peuvent, être vus séparément et par conséquent n'en présentent pas les soldes.

L'objection serait fondée, si les Comptes courants n'étaient pas tenus sur les livres auxiliaires en partie simple; d'où ii résulte que nous pouvons avoir le compte de chaque correspondant sur un livre séparé nommé Livre des Comptes courants.

11 y a deux manières de tenir ce livre de comptes courants :

La première, c'est d'y rapporter les articles inscrits dans la colonne Comptes courants du Journal-Grand-Livre; dans ce cas, on place les folios de ces comptes dans la petite colonne ménagée après les dates. Cette manière n'est praticable que quand il y a peu de correspondants ; dans le cas contraire, elle serait trop longue, et l'on a recours à la seconde manière que voici :

On tient les comptes courants des correspondants sur les livres auxiliaires, en rapportant au livre des comptes courants tous les articles inscrits dans les deux colonnes Comptes courants du Journal-Mémorial (319).

Il en résulte une grande abréviation; en effet, lorsqu'on passe écriture en partie double sur le Journal-Grand-Livre , il n'y faut pas débiter ou créditer les correspondants chacun sous son nom particulier; car c'est déjà fait à l'aide du Journal-Mémorial ; il ne reste plus qu'à le faire en bloc pour tous ensemble, sous le nom du Compte général de Comptes courants.

Ainsi, par exemple, si Ton a touché de trente correspondants 20000 fr., il suffit de dire : Caisse a comptes courais, 20000 fr., pour autant reçu de divers dont détails au Journal-Mémorial.

C'est ainsi que le Journal-Grand-Livre, dégagé de tout ce qui est relatif aux comptes courants des particuliers, et dé détails minutieux relégués sur des livres auxiliaires, n'offre que les comptes généraux et les résultats en grand de l'ensemble des affaires.

Ayant donc sur un livre les comptes de chaque correspondant en particulier, il n'y a pas d'inconvénients à les confondre au Journal-Grand-Livre dans la colonne Comptes courants.

Cette colonne opère d'ailleurs le contrôle du livre des Comptes courants: car la somme totale du débit de tous les comptes qui sont ouverts sur ce livre devra être égale à celle du débit de la colonne; et la somme totale des crédits du livre devra être égale au montant du crédit de cette colonne.

Ainsi la colonne intitulée Comptes courants représente le livre des Comptes courants dans son ensemble; et elle fait connaître au négociant, par le solde, de quelle somme il est à découvert avec tous ses correspondants, si, toutefois, il n'y mêle pas d'autres comptes que les leurs.

Récapitulation des colonnes ou de la balance de vérification.

377. On additionne au bas de chaque page le débit et le crédit de chacune des colonnes, et l'on place au-dessous le total sur une même ligne pratiquée à cet effet (380); on transporte ensuite ces totaux dans l'espace ménagé au haut de chaque page du Journal; enfin on additionne ces totaux eux-mêmes : le montant du débit doit être égal à celui du crédit, et chacun en particulier à l'addition de la colonne du Journal.

Ces balances se font au bas de chaque feuillet. On commence la page suivante par le report du montant des articles du Journal et du montant du débit et du crédit de chacune des colonnes du feuillet précédent.

Page 1