CHAPITRE QUATRIÈME
Demandes de marchandises. — Commandes en fabrique.
Lorsqu'on adresse une demande de marchandises à une maison de commerce, une commande à un fabricant, ou un ordre d'achat à un commissionnaire, on doit spécifier avec soin la quantité, l'espèce et le prix des choses que l'on désire, et donner toutes les indications nécessaires pour diriger l'expéditeur ; car il faut se souvenir que la lettre qu'on lui aura écrite alors sera consultée en cas d'erreur, et fera décider quelle est la partie contractante qui doit en subir les conséquences.
C'est surtout avec les maisons dont on ignore la manière d'opérer qu'il est utile d'entrer dans de nombreux détails, si l'on veut prévenir les méprises ou les contestations, toujours si fâcheuses.
On sait qu'il est de principe que la marchandise, une fois remise à l'intermédiaire chargé du transport, voyage aux risques et périls de l'acheteur. Il faut donc indiquer la voie par laquelle on veut que les marchandises soient expédiées, et prescrire les conditions particulières à insérer dans la lettre de voiture *, dans le connaissement 2, ou dans la charte-partie 3, s'il s'agit du chargement complet d'un navire.
1. La lettre de voiture est l'acte qui règle les conditions de transport; elle doit être datée, exprimer la nature, le poids, les marques et les numéros des objets transportés, le prix de la voiture, le délai du transport, l'indemnité due pour cause de retard, le nom et le domicile du voiturier, enfin l'adresse du destinataire : elle doit être timbrée et signée par l'expéditeur ou le plus souvent par un agent de transport; elle peut être à ordre, à personne dénommée ou au porteur.
2. Le connaissement, dans les transports par mer, tient lieu de la lettre de voiture en usage pour les transports par terre; il peut être à ordre, au porteur ou à personne dénommée. Chaque connaissement doit' être fait en quatre originaux an moins : un pour le chargeur, un pour le destinataire, un pour le capitaine et un pour l'armateur du navire.
Il y a des clauses spéciales méritant attention : la clause qui dit être et celle des jours de planche.
3. On donne le nom de charte-partie au contrat de louage d'un navire ou du chargement de marchandises. Autrefois les conventions relatives au louage d'un navire étaient écrites sur un parchemin qu'on divisait en deux parties : l'une pour le fréteur l'autre pour l'affréteur; on les réunissait à l'arrivée pour connaître la teneur de l'acte; de là vient le mot de charte-partie.
Les déclarations en douane, les droits, les assurances donnent souvent lieu à des instructions de la part du demandeur qui, pour les rivières et les canaux , doit prévoir aussi les époques probables des glaces, des crues ou des chômages d'eau.
On sent bien que toutes ces précautions ne sont pas constamment nécessaires, et qu'en certains cas seulement elles sont utiles et d'une sage prévoyance. L'expéditeur est embarrassé quelquefois dans l'exécution d'un ordre par une circonstance qui semblait ne pas devoir l'arrêter; c'est là ce qu'il faut prévenir par des explications complètes. Il est même des personnes qui vont jusqu'à prescrire certains soins île confectionneront au sujet de l'emballage, surtout pour les expéditions lointaines ou d'outre-mer.
La demande de marchandises correspond à la vente, qui est l'acte de commerce le plus essentiel, puisque toutes les opérations se réduisent à vendre ou à acheter. Or celui qui reçoit un ordre, devant se conformer exactement aux instructions qu'il renferme, sous peine de devenir responsable de tout ce dont il s'en est écarté, il faut mettre du soin à s'exprimer clairement sur ce qu'on désire, et le dire sans incertitude. On se ménage par là le moyen de n'être pas victime des erreurs graves, ou des fautes de l'expéditeur ; car, muni de la lettre de demande, on peut valablement laisser la marchandise pour son compte.
Demandes de marchandises. — Commandes en fabrique.
,, , . „ Colmar, le. .. 18...
Madame veuve A. S... et fils.
J'ai reçu vos lettres des 22 et 25, et vous ai crédités, d'après le contenu de la première, de:
Fr. 514, 65, mandat sur Opperman au 21 juin.
Veuillez mettre tous vos soins, si vous m'expédiez des mélasses, à ce qu'elles soient bien épaisses, de parfaite qualité surtout, et que les futailles soient en bon état, afin d'éviter le déchet.
Ci-inclus :
Fr. 2 446, sur J. Laffitte et Cie au 31 mai. Veuillez, je vous prie, en créditer mon compte.
J'ai l'honneur de vous saluer.
DIDION Fil*.
Paris, le... is...
Monsieur H..., à Stockholm.
Nous avons ['honneur de vous confirmer notre lettre du '2 de ce mois, et vous prions d'ajouter I nos diverses demandeti
100 000 kilo^r. do for, dont ci-Joint les dimensions, pour être dirigés sur Calais avec
connaissement à ordre. Veuillez, monsieur, prendre note de ces échantillons, et profiter du premier navire que vous trouverez pour ce port à un fret raisonnable.
Faites monsieur, pour ce chargement comme pour les autres, c'est-à-dire pour le de nos intérêts, et apportez la plus grande attention au beau choix de ces fers.
mieux
Agréez nos salutations empressées.
THOMAS NODTLER et PIVENT aîné.
Metz, le... 18...
Monsieur A. S..., à Paris.
M. G... me remet à l'instant les deux échantillons de sucre raffiné dont vous avez bien voulu le charger pour moi, ainsi que la petite note que vous m'adressez sous la date du 30 mai dernier, dans laquelle vous me donnez quelques renseignements sur les sucres pour l'étranger. m r
La qualité de vos échantillons me paraît convenable, et je viens, par la présente, vous prier de m'expédier les quatre ou cinq milliers qui vous restent daus ces deux qualités. Je pense que vous m'en avez coté le plus bas prix. M. G... me dit que vos conditions ordinaires sont de vous faire couvrir en papier sur Paris à un mois de date de la réception de la facture, sous escompte de 2 1/2 °/«. Je me conformerai, à cet égard, à vos usages.
J'espère, monsieur, que cette première affaire sera l'occasion d'autres demandes plus importantes, et je me féliciterai de voir des relations actives s'établir entre ma maison et la vôtre, qui est connue ici sous les rapports les plus honorables.
Veuillez me faire cet envoi par la petite vitesse du chemin de fer; je vous en adresserai le montant dès la réception de la facture. — Je compte sur 4 T de
papier.
M. G... me charge de vous présenter ses hommages respectueux.
Recevez, monsieur, l'assurance de ma parfaite considération.
GAUTIER fils.
Strasbourg, le... 18...
Monsieur V..., à Paris.
Je vous prie de m'envoyer, par l'entremise de MM. Ghapuis et Herbillon , six barriques de mélasse aux prix et aux conditions usités dans votre maison.
Vous m'obligeriez, monsieur, si vous pouviez me les faire parvenir vers la fin de février prochain.
Après réception, j'aurai soin de vous faire remise tout de suite en papier courant sur
votre place.
Comme je n'ai pas l'honneur d'être connu de vous, monsieur, vous pourrez prendre des informations sur mon compte soit chez M. Chapuis de votre ville, mon compatriote et ancien ami, qui vous fixera sur le degré de confiance que je mérite, soit chez MM. Turckheim et Cie, ou dans toute autre maison de votre ville.
En attendant votre réponse et votre facture, je vous prie de recevoir l'assurance de ma parfaite considération.
Th. FUNCK.
Cologne, le. .. 18...
Messieurs Ch. B... et G..., à Paris.
D'après votre lettre du 12 de ce mois, par laquelle vous avez bien voulu me donner les prix de vos diverses marchandises, je suis disposé à faire un essai, espérant qu'il m'engagera à vous transmettre des ordres plus importants.
Je vous prie donc de m'expédier par chemin de fer, petite vitesse': 15 quintaux anis vert, beau, dernière récolte. 10 — colophane jaune à 90 fr. les 100 kilogr.
4 kilogr. cochenille belle argentée.
rn,hIn-noaUreZ> if" .d\?hoisir la Preraière <ïualité de colophane jaune, d'anis et de cochenille; quelle soit bien argentée et sans poussière. Vous voudrez bien arrêter le prix du port au plus bas.
En attendant de vos nouvelles, avec facture, j'ai l'honneur d'être votre serviteur.
GERMAIN J... ESSINGLE.
Tut t , ~ . Paris, le... 18...
Monsieur L..., à Pans.
Nous avons reçu la lettre que vous nous avez fait l'honneur de nous écrire le 25 de ce mois, et qui nous commande, pour échantillon, 7 250 kilog. de martinets doux, première qualité, de notre usine de Souppes. Ces fers, qui vous parviendront dans le courant de décembre prochain, seront payables au terme de six mois fixe, du jour de la remise, au prix de soixante-six francs les cinquante kilog., mais pris à Paris, et non rendus dans votre magasin, comme cela a été dit verbalement.
Certains de la qualité supérieure de nos fers, nous ne doutons point que ce premier essai ne vous engage à donner suite à vos demandes : aussi les remplirons-nous toujours de manière à vous prouver combien nous sommes flattés de votre confiance et combien nous éprouvons de plaisir d'être entrés en liaison d'affaires avec vous.
C'est dans cette disposition que nous avons l'honneur de vous saluer.
Par procuration de PIERARD et LAFORÊT.
G. LblROY.
Marseille, le... 18...
Messieurs Ch. R... et A..., à Paris.
Sous les auspices de mon ami particulier, M.Martin, je prends la liberté d'entrer en correspondance avec vous, pour vous prier de me transmettre le cours des denrées coloniales sur votre place; s'il y a dans votre cote quelques articles à ma convenance je pourrai vous transmettre mes demandes. '
En attendant, s'il vous est possible de me procurer une caisse d'environ 80 kilo" de thé de belle qualité, au prix de 12 fr. le kilog., je vous serai obligé de la remettre" le plus tôt possible au chemin de fer, pour qu'elle me parvienne tout de suite car j'en ai grand besoin.
Vous voudrez bien prendre votre remboursement sur moi de la manière qui vous conviendra le mieux, ou bien je vous ferai des remises pour le montant en papier sur Paris. ^
Dans l'attente d'un prompt envoi et de votre réponse, j'ai l'honneur de vous saluer affectueusement.
M. DROMEL neveu.
. , „ Paris, le.. . 18...
Messieurs T... etC..., à Rordcaux.
Nous sommes en possession de vos lettres du 22 courant, nous annonçant l'expédition de nos 50 surons, achetés pour notre compte lo mois dernier.
Voua nous Informel ensuite, messieurs, que, suivant notre entretien arec m. L,..,
votre représentant, vous avez acheté de nouveau pour notre compte 200 Mirons de
uinquina kalysaya plat, sans épiderme, au prix de 4 fr. le demi-kilog. E i, sous o/0 d'escompte et cinquante jours de règlement; vous nous prévenez aussi que ous prendrez livraison de cet achat dans les premiers jours de mars prochain.
Vous ajoutez qu'il est bien entendu et compris que vous vous rembourserez sur ous en nous remettant facture, et que ce remboursement sera par quarts : le premier n mai, le deuxième fin juin, le troisième fin juillet, et enfin le quatrième fin août, au
deux de nos intérêts. , ■ ■ > . '.
Nous vous confirmons pleinement, messieurs, les conditions d achat qui vous ont té transmises pour nous par M. L..., et nous prenons note de cet achat fait pour iotre compte, en vous remerciant de la confiance que vous voulez bien nous accorder, à vous priant d'être assurés que nos engagements seront exactement remplis.
Vous voudrez bien laisser ces 200 surons à l'entrepôt, pour nous être expédiés au \ir et à mesure de nos besoins.
Une circonstance fort importante pour nous, c'est que le quinquina soit de bonne jualité, c'est-à-dire lourd et cassant net. Comme il est destiné à la fabrication du sulfate de quinine, nous ne saurions trop vous recommander d'apporter le plus grand soin dans le choix de cette écorce. m
Nous partageons entièrement votre opinion sur le rôle que le quinquina est appelé à louer- nous pensons aussi que cette opération aura des résultats avantageux, et sera, nous l'e'spérons bien, le prélude de relations fréquentes entre nos deux maisons. Veuillez agréer nos salutations cordiales. ^ GARNIER et #*.
Paris, le... 18...
Monsieur K...,à Remiremont.
Nous vous prions de vouloir bien nous expédier immédiatement par la petite vitesse du chemin de fer les quantités suivantes de papier d'impression, que nous avons choisi parmi les divers échantillons que vous nous avez adressés :
100 r/ colombier collé, 22 kilog.
50 r/ jésus collé 57/77, 14 kilog.
100 r/ double carré sans colle, 18 kilog.
Aux conditions de prix mentionnées dans votre lettre du 4 mai dernier. Vous pourrez disposer sur nous du montant de votre facture, à 6 mois de terme, ou au comptant, si vous le préférez, mais alors avec déduction d'un escompte de 5 °/°. Nous vous recommandons une prompte expédition, ainsi qu'un emballage soigné.
Veuillez, monsieur, agréer nos salutations distinguées.
DELALANDE.
Ordre d'achat.
Paris, le... 18...
Monsieur D..., à Douai.
Nous remarquons par votre imprimé du... que les huiles de cameline n ont point de cours sur votre marché, faute d'acheteurs; l'espoir que vous devez les obtenir à bas prix nous engage à vous prier de nous en acheter 50 tonnes à 99 fr., sauf mieux. Nous vous donnons seulement cette limite pour base, car nous sommes bien persuadés
1. E veut dire : en entrepôt ; au contraire, A signifierait que les droits à acquitter sont à la charge du vendeur.
qu'avec le grand vent que nous avons depuis deux ou trois jours, vous les obtiendrez à un prix bien inférieur.
Nous vous recommandons d'apporter tous vos soins au conditionnement, à la jauge et à la fèce ; dans le cas où vous ne pourriez remplir entièrement notre ordre le jour où vous parviendra cette lettre, vous le compléteriez le lendemain : expédition au mieux de nos intérêts.
Veuillez disposer sur nous à 12 jours; cependant nous ne voudrions pas vous tenir compte d'intérêts ni de change de place; si ce mode ne vous convient pas, vous disposerez comme il vous plaira avec avis.
Nous avons l'honneur de vous saluer.
BERTRAND et Cie.
Paris, 1g. .. 18...
Monsieur D..., à Douai.
Nous avons reçu votre lettre du 3 du mois dernier, où vous nous annoncez que vous n'avez pu remplir, dans nos limites, l'achat de 50 tonnes d'huile de cameline.
Au reçu de la présente, veuillez acheter pour notre compte, au mieux de nos intérêts, 50 tonnes de la même marchandise, et nous les expédier tout de suite par la petite vitesse du chemin de fer.
Si, pour qu'elles partissent immédiatement, il fallait compléter un wagon, nous vous autorisons à acheter le surplus ; cette marchandise doit servir à solder une livraison d'octobre, le fabricant de Caen n'ayant pas pu tout fournir à temps. Notre acheteur exige prompte arrivée; il n'y a donc pas un instant à perdre.
Le cours de Lille reçu ce jour cote cette sorte de 108 50 à 109; nous avons lieu de croire que vous l'obtiendrez au-dessous de 110.
Bemboursez-vous sur nous à votre convenance, après avis.
Recevez, monsieur, nos cordiales salutations.
BERTRAND et C,e.
Cambrai, le. . . 18. ..
Madame veuve A. S..., à Saint-Quentin.
J'ai bien reçu en son temps votre lettre du 7 décembre dernier, par laquelle vous m'annoncez que vous avez pris note de mon ordre de 20 barriques de mélasse premier choix, à effectuer au plus bas cours.
Comme le transport par eau est en ce moment en baisse, je vous prie de m'expédier immédiatement par le canal ces 20 barriques.
J'ai l'honneur de vous remettre sous ce pli fr. 690, 45 au 20 courant, sur A. Blanc Colin et Cie, de votre ville. Veuillez en opérer l'encaissement à mon crédit.
Dans l'attente de votre facture, je vous présente, madame, mes salutations respectueuses.
J.-A. REICHARD.
Il n'y a encore aucune perspective d'amélioration pour le placement de nos sucres au dehors. Quels sont les prix auxquels vous pourriez les établir aujourd'hui?
Taris, lo. .. 18. ..
Monsieur P. D..., capitaine du naviro VAsie, a Calcutta.
Ami latine de MM. S,.., de Bordeaux, c'est sous leurs auspices, d'après leurs conseils, <•» en suivant même ceui de monsieur votre frère, courtier de commerce en cette même ville, ni'- Je vous transmets un ordre, pour une opération d'essai que je veux tentera
Mon intention est de répéter chaque année cette petite spéculation, et de vous charger de mes intérêts tout le temps que vous continuerez vos voyages au Bengale.
Ci-inclus 4500 roupies, du 26 août, à 60 jours, sur la Compagnie des Indes, dont vous voudrez bien opérer l'encaissement à mon crédit, et que vous emploierez comme à-compte de payement sur un achat d'indigo de 50000 fr. environ, au sujet duquel je vais vous donner mes prescriptions; pour le surplus de la somme, dont cet à-compte n'est environ que le cinquième, je vous autorise à tirer sur moi à 10 mois, suivant l'usage adopté pour ces achats.
Vous voudrez bien choisir dans les indigos d'un prix moyen, c'est-à-dire que, si les qualités fines sont tenues de 150 à 160 roupies, je désire en avoir dans les prix de 115 à 120 roupies; si même vous pouvez vous en procurer une partie en indigos de qualité ordinaire, au prix de 80 à 100 roupies, cela me conviendra parfaitement. Toutefois, et dans tous les cas, les indigos que vous achèterez pour mon compte devront être bien secs, de couleur vive, donnant sur le rouge ; connaisseur, comme vous l'êtes, de cet article, je borne là mes renseignements.
Il est bien entendu qu'il faut faire assurer cet envoi à Calcutta, au mieux de mes intérêts, et que vous l'embarquerez sur votre navire pour mon compte.
En attendant facture et avis de chargement, j'ai bien l'honneur de vous saluer.
Alexandre GARNIER.
Paris, le... 18...
Monsieur D..., à Londres.
Veuillez, monsieur, faire acheter pour mon compte, à Londres, quatre-vingt-cinq mille roubles métalliques en 5 »/° ™sse, mais sans dépasser le prix de 104 1/2, et marquer à votre correspondant de s'en rembourser sur vous à trois jours de vue. Je vous ferai les fonds avant l'échéance de ces traites. Vous voudrez bien en outre faire inscrire mes noms sur les inscriptions qu'il devra vous envoyer. Après leur arrivée, j'aviserai aux moyens de les l'aire parvenir à Saint-Pétersbourg, pour en faire inscrire le montant sur le grand-livre de la dette publique.
J'ai l'honneur de vous saluer.
E. Jules ARTA1S.
Contre-ordres.
Rennes, le... 18...
Messieurs T. N... et P... aîné, à Paris.
La présente lettre a pour but de vous contremander l'ordre que j'ai donné le 27 du mois dernier à monsieur P... jeune, votre voyageur, à la condition que les fers qui en étaient l'objet me seraient expédiés franco à Redon, et y arriveraient dans le courant de ce mois, ce qui est aujourd'hui impossible, notre rivière n'étant plus navigable, et ne pouvant l'être avant le mois d'octobre prochain ; car les réparations qu'elle exige sont à peine commencées. Comme il ne me serait plus possible de recevoir vos fers par eau, je serais réduit à les faire venir par terre, ce qui en augmenterait tellement le prix que je ne pourrais les vendre. D'un autre côté, si je les laissais à Redon,
il me faudrait payer le magasinage, et vous savez que cette marchandise ne peut pas supporter tous ces frais.
Veuillez donc, je vous prie, regarder ma demande comme non avenue et ne pas m'expédier les fers en question; car je vous préviens que je serais obligé de les laisser pour votre compte.
J'ai l'honneur de vous saluer.
J.-M. LEFEUVRE fils.
Saint-Pétersbourg, le... 18...
Monsieur C..., à Paris.
Nous apprenons, monsieur, par le courrier qui vient d'arriver, que MM. J. Laffitte et Cie, de votre ville, ont accepté une traite de nous, portant le n° 7 409, de fr. 4058, à 70jours de vue, àl'ordrede MM.L...et fils, quoiqu'ilsn'en aient point eu avis de notre part. Cet effet est précisément celui que nous vous avons annoncé par notre lettre du 17 octobre dernier. Il est inscrit chez nous comme tiré sur vous, et la seconde a été étonnée avec votre adresse. Veuillez donc prendre note de ne point acquitter cette seconde, dans le cas où elle vous serait présentée, et d'accueillir, au contraire, notre nouvelle traite, en remplacement, de fr. 4 250, 61 à vue à notre ordre, n° 7 795.
Nous vous prions, monsieur, de nous tranquilliser au sujet de la seconde en question; nous espérons que cette lettre vous parviendra assez à temps pour éviter qu'il en soit fait un usage illicite.
Recevez, à cette occasion, l'assurance de notre parfaite estime.
Frères LIVIO.
Taris, le... 18...
Messieurs A. S... jeune, à Bordeaux,
Nous sommes en possession de votre lettre du 8 du courant, et nous vous remercions des choses obligeantes qu'elle contient.
En vous écrivant le 4 du courant, nous n'avions d'autre but que de vous mettre à môme de faire aux détenteurs du quinquina des propositions qui, bien qu'inusitées sur votre place, nous paraissaient acceptables et rentrer parfaitement dans les usages ordinaires du commerce. Notre intention n'était pas de nous adresser directement à vous, car dans ce cas nous vous l'eussions dit avec franchise. Cette affaire ne pouvant donc pas s'arranger à votre convenance, nous vous prions de regarder notre ordre du 4 du courant comme nul et non avenu.
Si plus tard il se présente une occasion d'alimenter nos relations, nous la saisirons avec plaisir; nous vous prions, en attendant, de nous tenir au courant de tout ce que vous jugerez devoir nous intéresser sur votre place.
Recevez, messieurs, nos cordiales salutations.
HAVET et (>.