BARRIÈRE
P. S. — Je reçois à l'instant une lettre de M. John Bernard, dont le silence avait
lieu de me surprendre. Sa lettre est la plus extraordinaire qu'on puisse écrire dans sa position; elle fourmille d'erreurs et de faits controuvés; si vous pouvez, sans indiscrétion, me donner quelques détails sur sa correspondance avec vous relativement à sa gestion et à ses tristes résultats, vous me rendrez service.
Rotterdam, le... 18...
Messieurs Ch. B... et G..., à Paris.
Le 2 avril dernier, nous eûmes l'honneur de vous écrire en réponse à votre lettre du 24 du mois précédent, et de vous faire connaître notre désir, ainsi que celui de nos amis de Balguerie, que vous vendissiez enfin la barrique de garance, les bois de Sainte- Marthe et le poivre long.
Privés de vos nouvelles depuis plus de cinq mois, nous venons vous prier de nous dire où vous en êtes, et pour quelle époque nous pouvons espérer la fin de ces trois affaires, qui traînent depuis si longtemps en longueur.
Nous ne pouvons vous dissimuler que nous vous trouvons trop durs dans vos relations, et que, dans notre opinion, vous auriez déjà opéré ces ventes si vous n'aviez prétendu à un prix plus élevé que le cours. Nous voyons la cote du bois de Sainte-Marthe constamment fixée chez vous à fr. 80; en admettant que ce prix soit un peu exagéré, nous n'en sommes pas moins convaincus qu'en lâchant la main jusqu'à fr. 75, on réaliserait promptement.
Tâchez donc d'en finir, et ne nous mettez plus dans le cas de vous faire de semblables reproches.
Nous avons l'honneur de vous saluer très-amicalement.
PERIER et JONCH.
Mons, le... 18...
Monsieur J..., à Paris.
Je viens vous témoigner mon étonnement du non-paiement de mon mandat sur vous de fr. 1000, à l'ordre de Mme F..., lequel vient de m'être présenté au remboursement par une maison de cette ville ; ce retour me surprend d'autant plus que, lors même que vous auriez acquitte ledit mandat, vous seriez encore mon débiteur d'environ fr. 200; or je vois qu'il a été répondu au protêt que vous n'avez reçu aucuns fonds pour payer.
Dans des moments comme ceux où nous sommes, des retours de cette nature affaiblissent, la confiance déjà si violemment compromise par la crise que subit le commerce. Votre refus de paiement m'a donc vivement contrarié; Je comptais sur un peu plus d'obligeance de la part d'un correspondant avec lequel mes relations avaient toujours été si agréables.
Agréez, Monsieur, mes salutations empressées.
J.-E. WKRGI-FOSSE.
Bordeaux, lo. . . 18...
U6I lieuri I>... el I)..., à Paris.
Je m' puii roua cacher, Messieurs, combien ma surprise a été grande lorsque j'ai être lettre du 20 décembre, où vous m'annonces qu'il vous est impossible de livrer, à l'époque convenue, les 5000 rames de papier (loretto, quoique vous en syeipris l'en ncni écrit et que vous mo l'ayez, depuis, confirmé »ic vive voix.
Pour satisfaire à mes engagements envers vous, j'ai dû conserver dans mon navire la place de ces 5000 rames, et refuser d'autres propositions qui m'ont été faites du même article; jugez maintenant combien il me serait préjudiciable, non-seulement de ne pas utiliser une place précieuse, mais encore de manquer à mon bord du principal article de la cargaison. Veuillez, Messieurs, réfléchir au dommage notable que vous feriez subir à l'opération en n'accomplissant pas vos engagements, dont je persiste à réclamer l'exécution.
Agréez, Messieurs, mes salutations empressées.
Léopold CHATEAUVIEUX.
Paris, le... 18...
Monsieur C..., à Saint-Étienne.
Nous sommes, comme vous, bien convaincus qu'un mauvais arrangement vaut mieux qu'un bon procès, et nous n'hésiterions pas à accepter les propositions renfermées dans votre lettre du 14 du courant, si, dans l'énoncé de la plainte que vous avez cru devoir former contre nous, vous n'aviez allégué des faits dont la considération que nous croyons mériter exige que nous démontrions publiquement la fausseté.
Les faits que nous avons énoncés nous-mêmes, dans la plainte reconventionnolle formée en réponse à la vôtre, vous étaient sans doute inconnus, et ils auront modifié votre opinion à notre égard; mais il est trop tard aujourd'hui pour que cette modification nous soit une réparation suffisante. Les tribunaux sont saisis : ils prononceront.
Nous avons l'honneur de vous saluer.
LEPÈRE et ROSET.
Lyon, le... 18...
M. B..., à Paris.
Ma lettre d'hier a dû vous faire voir combien je suis tourmenté et combien chaqu* jour accroît mes angoisses. Ma santé ne me permettant pas de me mettre en voyage, il faut que vous agissiez dans mon intérêt comme vous feriez pour vous-même. Je ne vous ai pas répondu plus tôt parce que j'attendais que vous m'eussiez envoyé les engagements en question, et, par une fatalité bien grande, vous avez différé cet envoi de dix jours, pendant lesquels la rente a monté d'une manière effrayante : je vois qu'elle a fini hier, 'après la Bourse, à 105,20. Je n'ai pas assez de courage pour supporter sans émotion cette nouvelle perte, et je vous avoue que j'aurais attendu de votre amitié un conseil utile avant d'arriver à ce point désespérant. Agissez peu importe comment, pourvu que je sorte de ce gouffre, où je ne veux pas m'engloutir tout entier. J'ai l'honneur de vous saluer bien sincèrement.
E. MALÈRES.