EXCUSES ET JUSTIFICATIONS
Londres, le... 18...
Monsieur J. L..., à Paris. .
Nous répondons à la lettre que vous nous avez fait l'honneur de nous écrire le 13 du courant.
C'est avec bien de la peine que nous vous voyons, malgré nos explications, persister dans une partie de vos réclamations primitives; nous avions espéré que notre franchise réussirait à vous convaincre. Puisqu'il en est autrement, il faut bien que nous avisions au moyen d'arriver à conclusion, et nous n'en voyons pas d'autre que de nous en rapporter à un arbitrage, après lequel vous reconnaîtrez, sans doute, que les faits appelés par vous des plaisanteries sont bien des réalités. Nous avons donné à cet effet plein pouvoir à M. Guien. Le sacrifice qu'il vous offrira de notre part terminera bien certainement le petit différend qui nous divise; mais, comme il se passera encore quelque temps d'ici là, nous vous serions très-obligés d'accepter notre traite de fr. 5700 sur les fr. 6208,60 restés en souffrance : cette déduction de fr. 508,60 laissera largement de quoi couvrir les bonifications que vous réclamez, en supposant qu'elles vous soient accordées. Nous écrivons à cet effet à MM. André et Cottier.
Constamment à vos ordres, nous avons l'honneur de vous saluer, Monsieur, trèssincèrement.
DE VAUX ET Cie.
Le marché au café Ceylan continue à être ferme à 49 sh. 50.
Paris, le... 18...
Messieurs M... et T..., à Bordeaux.
J'ai sous les yeux votre lettre du 12 février dernier.
Vous êtes surpris, dites-vous, que je n'aie pas satisfait tout de suite M. Cholet ; mais pouvais-je payer sans votre autorisation? Réfléchissez que M. Cholet réclamait fr. 3500, et que vous prétendiez n'en devoir que 2000. Des explications étaient donc indispensables, et je ne pouvais régulièrement disposer de vos fonds sans votre ordre formel.
Si ma facture fourmille d'erreurs, comme vous le prétendez, je suis tout prêt à les rectifier, lorsque vous me les aurez signalées. Je ne veux jamais que ce qui est loyal et juste; mais vos reproches sont piquants, et il aurait été plus convenable de les suspendre jusqu'à notre première entrevue. J'attends avec impatience votre sieur M... pour terminer tous nos différends, et je ne prévois pas à cela de grandes difficultés, s'il est vrai que vous soyez, comme moi, animés de cet esprit de justice et de modération qui doit dominer les contestations commerciales.
Recevez, Messieurs, mes affectueuses salutations.
HENRY DREVON.
Monsieur J..., à Paris.
Par la lettre que vous nous avez fait l'honneur de nous écrire hier, vous nous demandez de vous bonifier l'intérêt de douze jours que l'on vous réclame sur les effets, ensemble de fr. 6000, sur Livourne, que nous vous avons remis le 19 octobre dernier, attendu que ces effets étaient tirés de Russie, et payables, par conséquent, douze jours après l'échéance pour laquelle nous les avons cédés.
Nous nous empressons, Monsieur, de faire droit à votre demande en vous envoyant par le porteur fr. 8 pour cette différence, à raison de 4 °/0 l'an, et en vous faisant nos excuses de cette erreur, qui provient uniquement d'une circonstance à laquelle nous n'avons pas pris garde.
Nous vous présentons, Monsieur, nos salutations empressées.
ANDRÉ et COTTIER.
Bordeaux, le.. . 18...
Monsieur J.-G. C..., à Paris.
Votre lettre du 17 du courant vient dem'être remise par MM. Portai et C>e, qui, conformément à vos intentions, ont désiré connaître si vous êtes en règle vis-à-vis de moi. Il m'a été facile de leur prouver, comme je vous l'ai mandé, que vos droits sont conservés et reposent sur des bases solides. Le traité signé par mes créanciers et par moi fait mention de ce qui regarde votre privilège, sans qu'à cet égard il puisse y avoir la moindre objection, et c'est après un mûr examen de toutes les pièces qui ont trait à cette affaire, que vos amis m'ont dit qu'ils ne feront aucuns frais ; seulement ils garderont par devers eux le titre échu sans le renouveler.
J'ai remarqué dans votre compte courant fr. 41,35, pour timbres, légalisation et ports de lettres; c'est, je crois, une erreur; veuillez la rectifier s'il y a lieu, ou me dire ce qui motive cette somme à mon débit, et la date de la lettre où vous m'en donniez avis. Le reste est d'accord.
Venant maintenant, Monsieur, à ce que vous me dites relativement à votre complaisance à mon égard et aux reproches que vous m'adressez, je vous avouerai que je croyais en être à l'abri. Certes, j'apprécie la confiance dont vous m'avez honoré ; mais, m'en croyant toujours digne, j'ai droit à mon tour de m'étonner du repentir que vous semblez en avoir. En ai-je abusé, quand, étant votre débiteur de près du double de votre créance actuelle, je vous ai remis ce que j'avais touché d'une vente de partie de vos vins? En ai-je abusé, quand j'ai poursuivi un ami pour obtenir une traite de 100 livres sterling pour vous couvrir ? je ne le crois pas, et la manière dont j'ai consenti à vous donner une garantie bien plus que suffisante ne vous faisait- elle pas présager que vous aviez affaire à un homme d'honneur qui voulait se libérer? Les malheurs changent les positions et non les sentiments; les miens sont restés les mêmes. Vous, pas plus qu'aucun autre de mes créanciers, ne perdrez avec moi, et ce n'est pas après avoir dû plus d'un million que je voudrais me flétrir pour une trentaine de mille francs que je reste devoir à la masse.
Mon but, ma seule idée, sont de me libérer; j'y emploierai tous mes moyens; et si je perds beaucoup, je ne me serai pas du moins aliéné l'estime et la considération des honnêtes gens.
J'espère donc, Monsieur, qu'appréciant ce que j'ai fait pour diminuer ma dette envers vous, et ma conduite pour la garantir, vous reviendrez d'un moment d'humeur, et ne donnerez pas suite à des reproches qui me sont aussi pénibles que peu mérités.
Recevez, Monsieur, l'assurance de ma parfaite considération.
MONRIBOT.