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ENSEMBLE DES FAITS ÉCONOMIQUES

absurdes que l'ignorance, la routine ou la cupidité maintenaient entre les individus, entre les provinces d'un même État, entre les peuples, s'écroulent de jour en jour. La guerre perd son prestige ; les nations engagent entre elles des luttes bien autrement fécondes, qui absorbent de plus en plus leur activité, au grand profit de la civilisation et de l'humanité. Elles tiennent à tour de rôle les grandes assises internationales de l'industrie humaine et se provoquent aux arts de la paix. Les hommes ne croient donc plus avec Montaigne, Bacon, Golbert, avec Voltaire lui-même, que le profit de l'un soit le dommage de l'autre ; ils se sentent, au contraire, solidaires dans la bonne comme dans la mauvaise fortune. Ne marchandons pas notre reconnaissance à l'économie politique : c'est en grande partie son ouvrage.

Ensemble des faits économiques. — Le problème qu'elle est chargée de résoudre semble bien compliqué; car il s'agit d'analyser ce mécanisme social, si vaste, avec ces engrenages infinis d'intérêts, de relations, de services. Ce problème, si difficile, a été cependant résolu avec une admirable simplicité par la science économique : besoin, effort, satisfaction, tels sont les trois rouages essentiels de ce puissant mécanisme.

L'homme a des besoins; voilà le point de départ de tout le mouvement économique, parce que c'est l'origine première de toute l'activité humaine.

Ces besoins cherchent avidement dans la consommation d'objets matériels une indispensable satisfaction : voilà le but, le point d'arrivée et, par conséquent, Je critérium pratique de toute mesure économique.

Mais , entre le besoin et la satisfaction , il faut presque toujours l'effort, le travail, soit direct, c'est-à-dire l'application de nos forces physiques, intellectuelles et morales à l'appropriation des objets matériels, susceptibles de satisfaire nos besoins ; soit indirect, c'est-à-dire l'échange.

Plan de ces études. — L'axiome fondamental de la science économique est celui-ci : satisfaire nos besoins avec la moindre somme possible de travail. Voilà comment la question du travail est le cœur même de l'économie industrielle et commerciale. Elle n'a vraiment qu'une grande question à résoudre, à savoir : quelles sont les conditions matérielles et morales , individuelles et sociales, grâce auxquelles le travail devient moins pénible, moins coûteux et plus productif?

Ces conditions, nous les résumons à huit ■

1 ° La division du travail ;

2° Le capital, c'est-à-dire les provisions, les matières et les machines;

3° L'instruction et la moralité ;

4° La liberté du travail :

5° L'association;

6° La liberté de l'échange ;

7° La rémunération ;

8° La sécurité.

Tel est le plan que nous suivrons dans ce manuel, parce qu'il nous permet de traiter tout ce qu'il y a d'essentiel dans la science, et fournit des solutions pour toutes les questions économiques.

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