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ILES DE L'AFRIQUE ORIENTALE DANS L'OCEAN INDIEN

Le point où se rencontrent les lignes de navigation de l'Afrique australe et celles de l'Afrique orientale est le groupe des îles Mascareignes, dont les deux principales sont Maurice (île de France), colonie anglaise, et la Réunion (Bourbon), colonie française, desservies à la fois par les Messageries maritimes (via Suez et Aden), et par les vapeurs de la Compagnie du Cap et de Natal.

L'île de la Réunion (251 ,550 hectares, 1 83,000 hab. , dont 70,000 immigrants chinois, indous ou africains) a pour débouchés les ports de Saint-Denis, cheflieu de la colonie; Saint-Pierre et Saint-Paul (500 navires entrés et sortis en 1876).

Le commerce de la Réunion dépasse en moyenne 48 millions, dont 32 représentent la valeur des échanges avec la France. Les principaux produits exportés sont le sucre (production moyenne de 60 millions de kilogr.), le café, la vanille, le girofle, le coton, la cire, les peaux brutes. La Réunion reçoit en échange, des colonies anglaises d'Afrique et d'Asie, des céréales, des bestiaux, du riz, etc. , et de la métropole des tissus, des objets d'habillement confectionnés, de la mercerie, des outils, delà quincaillerie, des machines, des livres, du papier, des savons et de la bougie, des articles de Paris, des vins et spiritueux, des grains et farines, des viandes salées, des fromages, du beurre salé et de la houille

Il existe un droit de tonnage de 1 fr. par tonneau (navires chargés). Les droits accessoires de navigation sont ceux de congé ou de pàsse-port (6 francs); de pilotage (7 fr. 50 le tonneau au-dessus de 100 tonneaux) ; de phare (0 fr. 20 par tonneau) et d'aiguade (2 francs par mille litres).

La navigation est libre pour toute destination sous tout pavillon. Les marchandises de provenance étrangère sont soumises à un tarif spécial de douanes voté en 1867 par le conseil général et approuvé par décret impérial du 4 avril 1868: tissus de coton, 4 0/0; de laine, 7 %; de poils purs ou mélangés, y compris les cachemires, 10 %; de soie, autres que foulards et crêpes, 10 francs le kilogramme; de lin, chanvre, etc., 7 %; vêtements confectionnés, même droit que le tissu dont ils sont formés; machines et mécaniques, le 10e du droit applicable en France d'après les tarifs conventionnels; grains et farines de froment, 3 francs les 100 kilogrammes ; huiles d'olive, 1 fr. 50 (des entrepôts de France); savons, 4 francs; vins, 15 francs l'hectolitre en fûts ; 30 francs en bouteilles, etc. Les sucres, cafés, girofle, etc., payent un droit de 3 1/2 °/0 de la valeur à la sortie. La vanille reçoit une prime de sortie de 5 fr. le kilogr.

L'île Maurice (1,847 kil. carrés, 340,000 hab.), possession anglaise, mais où la majorité des planteurs sont d'origine française, a pour principal débouché Port-Louis, capitale de la colonie, l'un des meilleurs ports de l'océan Indien. Maurice produit, dans les bonnes années, 250 millions de kilogr. de sucre, sans compter le café, la vanille, le riz, etc., qui donnent lieu à un commerce moins important.

Le mouvement des importations et exportations atteint le chiffre de 430 à 140 millions, où l'Angleterre figure pour 38 millions et la France pour 15 ou 16. Le sucre constitue presque seul l'exportation; les principales marchandises importées sont les vins, les modes, la mercerie, les vêtements et les chaussures provenant de France, le riz, les céréales, les tabacs de l'Inde, les tissus de coton, la quincaillerie et autres objets manufacturés provenant d'Angleterre.

Droits de navigation (Port-Louis). — Pilotage, 3 fr. 15 à 6 fr. 25 par pied de calaison; entrée et amarrage, 2 fr. 90; sortie, 6 fr. 25 par pied de calaison; ancrage,

0,80 par tonneau anglais; expédition et police du port, 18 fr. 75 par navire; droit de phare, 0,20 par tonneau; remorquage par vapeur, 100 fr. au-dessus de 100 tonneaux par navire ; 125 fr. de 150 à 200; 150 fr. de 200 à 400 tonneaux, plus 25 fr. par 100 tonneaux au-dessus de 400. 11 existe en outre un droit de quai qui varie suivant la nature des marchandises. (Voir les Annales du commerce extérieur, février et mars 1869.)

USAGES COMMEKCIAUX.

Le courtage pour marchandises est en général de 1/2%; la commission d'achat, de 2 1/2 °/0.

En adressant des ordres à une maison de Maurice, on lui envoie d'ordinaire des crédits confirmés sur une des banques du pays pour une somme équivalant à 25 ou 30 % de la valeur présumée. Le vendeur se rembourse de la différence en émettant sur Paris des traites à 90 jours de vue appuyées des connaissements de la marchandise embarquée. Le change de ces traites varie de 2 1/2 % de prime à 5 % d'escompte.

Les sucres se vendent au sac avec 3 1/2 % de tare sur chaque sac et 6 % d'escompte.

RÉGIME DOUANIER

Vins en barriques, 17 fr. 60 l'hectolitre; en bouteilles, 6 fr. 87 par 12 bouteilles; cidre et poiré, 10 fr. 20 l'hectolitre; bière et porter 16 fr. 32 l'hectolitre; farine de froment, 1 fr. 23 par 100 kilogrammes; poisson salé sec, 2 fr. 46; mariné, 2 fr. 75; bœuf et porc salé, 4 fr. 92 les 100 kilogrammes; tabac en feuilles, 2 fr. 76 le kilogramme; cigares et tabacs à priser, 3 fr. 68 le kilogramme ; liqueurs et spiritueux, 206 fr. 30 l'hectolitre.

Articles non dénommés, 6 % de la valeur.

Il existe, en outre, depuis 1868 une surtaxe de 8 °/0 sur les droits acquittés par les liquides et les tabacs, et de 12 % sur tous les autres droits d'importation.

Exempts. Métaux précieux en lingots ou monnayés, animaux vivants, matériaux de construction, engrais, bois à brûler, houille, coke, machines pour la fabrication du sucre, matériel des écoles, graines à ensemencer, fruits et légumes frais, sangsues, noir animal, salpêtre, phosphore, sel ammoniac, livres.

Les sucres payent 0 fr. 34 par 100 kilogrammes de droits d'exportation.

Le groupe des îles Seychelles et AiHirantes, possession anglaise située à 915 milles au nord de Maurice, n'a d'importance que comme station des vapeurs anglais et français, à destination de Maurice et de la Réunion, qui relâchent à Port-Mahé. Le régime douanier y est le môme qu'à Maurice, mais les droits de port sont abolis.

MADAGASCAR

La grande île de Madagascar, séparée du continent par le canal de Mozambique et située entre 25° 45' et 12° 12' de latitude sud (600,000 kilom. carrés, 3 ou 4 millions d'habitants), tiendrait par ses richesses naturelles (bétail, riz, fruits des tropiques, coton, gommes, sucre, tabac, bois de toute sorte, métaux, etc.), une des premières places dans le commerce de l'Afrique, si l'insalubrité de la côte, le manque de communications sur les plateaux de l'intérieur et le despotisme brutal des Hovas, les conquérants de l'île, n'entravaient le commerce et ne rendaient inutiles les ressources du pays.

Le port de Tamatave, sur la côte orientale de l'île, est le principal débouché du commerce, qui consiste à l'importation en tissus de coton et de soie, quincaillerie, verrerie, porcelaine, ganterie, armes, sel, liqueurs, vins, etc. ; à l'exportation, en bestiaux, riz, écailles de tortue, cire, ambre gris, gomme copal, etc. (Valeur totale, 7 à 10 millions.)

Tananarive, dans l'intérieur, est la résidence du gouvernement et des consuls européens.

La France, bien qu'elle ne possède plus de comptoirs à Madagascar, a conservé ses droits et son influence sur les tribus de la côte (Sakalaves et Betsileos.

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