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CHAPITRE VIIL

L'échange est une manière indirecte de produire. — Après la production directe, soit isolée, soit en commun, la plus féconde, la plus économique manière de travailler, c'est l'échange, souvent même bien préférable à la production directe. Le Français essayera-t-il de produire lui-même ses oranges dans des serres, au lieu de les demander au Portugal ou à l'Algérie ? L'Angleterre prétendra-t-elle jamais fabriquer du vin national ? La Suède voudra-t-elle produire elle-même le coton, ou la Hollande le blé ? Non, tous ces pays s'adressent aux contrées les mieux placées pour ces produUs, et leur offrent en échange leurs vins, leur houille, leur fer, leur lin. Chaque individu n'agit pas autrement. A chacun son métier; pour tous l'échange. Ce n'est pas seulement un calcul, c'est une nécessité. Nul ne peut se suffire qu'à la condition de se priver à peu près de tout. Comment réunir les divers talents, les exercer tous à la fois, trouver les capitaux nécessaires à ces mille variétés de travail ? Chacun se limite donc à une occupation, y concentre tous ses soins, toutes ses ressources intellectuelles, morales et matérielles, obtient ainsi, par son application et par son habileté, une production bien supérieure à ses besoins, et trouve dans cet excédant de quoi se procurer l'excédant analogue des autres producteurs.

L'échange est toute la société. — L'échange n'est donc pas un

simple détail de mécanisme social; c'est, on pourrait le dire, le mécanisme tout

' entier, c'est la société elle-même. Il en résulte que l'économie industrielle et

commerciale est presque tout entière renfermée dans cette question. « L'échange,

I a dit Bastiat, c'est la société. Par conséquent, la vérité économique, c'est la vue

:, complète, et l'erreur économique, c'est la vue partielle de l'échange. » {Harmonies

économiques.) Là est en quelque sorte la racine commune de tous les sophismes.

C'est la notion imparfaitement comprise de l'échange qui a mis aux prises l'in- 1 térêt en apparence opposé du producteur et du consommateur, et a fait imaginer la théorie de la disette, prendre l'obstacle pour la cause, le travail pour la I richesse; — qui a produit les tristes illusions relatives au rôle de l'argent, étal fait placer la richesse dans les métaux précieux; — qui a fait comparer l'échange a à une guerre, à une inondation, à une invasion, à un tribut, et a produit les haines nationales, les prohibitions et la fameuse balance du commerce.

Ridicule théorie de la balance du commerce. — Vendre sans acheter ! Se figure-t-on tous les peuples adoptant ce système et se renfermant chez eux comme autant de marchands bien décidés à attendre la pratique dans I leur magasin et à ne jamais mettre le pied dans la boutique du voisin ? c'est la I bouffonnerie la plus comique. Le calcul qui lui sert de base n'est pas moins ] extravagant. Le bénéfice de la nation, disait-on, c'est l'excès des exportations sur les importations; comme si, tout au contraire, les importations ne représentaient 1 pas les jouissances qu'un peuple se procure, et les exportations le sacrifice par I lequel il les obtient. Mais enfin consultons les chiffres : un négociant envoie des i marchandises en pays étranger; à la douane, on les inscrit pour 100,000 francs, I par exemple; supposons qu'il en retire 120,000 francs, qui font retour sous n'importe quelle forme, argent, billets ou autres marchandises. Le négociant français inscrit qu'il a gagné 20,000 francs, et la douane constate que la France a perdu 20,000 francs. Voici qui est plus fort: supposez que le navire qui rapportait la I marchandise fasse naufrage; le négociant, qui perd évidemment 120,000 francs, sera bien étonné d'apprendre de la douane que cette perte enrichit la France de 100,000 francs, puisqu'ils ont été exportés et non réimportés !

Le troc et l'échange ne diffèrent pas de nature. — Si l'argent ; n'était pas intervenu dans rechange, assurément on ne se serait jamais mépris i dune façon si étrange et si funeste. Dans sa forme primitive du troc, il ne faut pas grand bon sens pour saisir tout ce qu'il présente d'avantageux aux deux ; parties contractantes. Pourquoi le tenir en suspicion, lorsque son mécanisme plus parfait étend et augmente ses services? Au fond, c'est toujours le même phéno- ; mène : c'est un moyen d'acquérir avec moins de peine, c'est une épargne de ; temps et de travail, c'est une manière de produire plus, de produire mieux, de \ produire à moins de frais. Isolés,N'individu, la famille, la peuplade, la nation, • sont réduits à se passer de l'objet désiré, ou à le demander à un effort en quelque sorte héroïque; grâce à l'échange, ils peuvent l'obtenir, avec un moindre sacrifice, d'un individu, d'une famille, d'une peuplade, d'une nation plus avantageu- « sèment placés. Or toute épargne de travail, la satisfaction restant la même, est ', un progrès incontestable pour quiconque est bien certain que le travail n'est pas un but, mais un moyen.

Raisons de l'utilité de l'échange. — Ce qui constitue la puissance de l'échange pour l'amélioration matérielle et morale de l'humanité entière, c'est d'abord la division du travail qu'il suppose et développe. Lorsque chaque peuple n'est pas aveuglé par la ridicule prétention de se passer de l'étranger, d'être indépendant de l'étranger, de ne pas être tributaire de l'étranger, il ne s'applique qu'à produire ce qu'il peut produire avantageusement. Les merveilles de la division du travail dans les manufactures se manifestent alors dans le monde entier devenu un vaste atelier. — C'est ensuite le plus grand parti que l'homme lire des agents naturels, inégalement répandus dans les diverses contrées, mais

que le commerce distribue également. La nature fait toute la besogne, pour ainsi dire, quand elle met ici des mines de houille ou de fer, là une chaleur humide : ce sont des dons gratuits. — C'est encore le meilleur emploi des diverses aptitudes des hommes et des peuples; c'est enfin la prodigieuse économie de capitaux qui en résulte. Que de bâtiments, de machines et d'outils, de matières premières, ne nous faudrait-il pas si, sans recourir à l'échange, nous voulions travailler exclusivement pour nous? Cette économie ne saurait être calculée môme par l'imagination.

Les produits s'échangent contre des produits, ou mieux les services s'échangent contre des services. — Sur quoi porte l'échange? J.-B. Say avait fait cette réponse qui ruinait la balance du commerce : « Les produits s'échangent contre des produits. » Profonde et belle théorie qui mériterait à elle seule l'admiration et la reconnaissance de l'humanité à son auteur. Elle dissipait la folle préoccupation du numéraire. Oui, e'est avec des produits que l'on achète des produits ; l'argent qui figure dans le contrat est lui- (même le résultat de la vente antérieure d'un produit: d'où il suit que chaque produit trouvera d'autant plus d'acheteurs que tous les autres produits se multiplieront davantage, que toutes les industries sont solidaires, qu'une mauvaise récoite, par exemple, met en souffrance soit la vente des étoffes, soit les travaux du bâtiment; qu'ainsi chacun est intéressé à la prospérité de tous, qu'une nation est assurée de profiter de l'opulence de la nation voisine, qu'un individu ou un peuple ne fait d'affaires qu'avec des individus ou des peuples qui gagnent eu:.mômes, qui peuvent acheter et payer. Ce n'est pas ainsi que parlaient Montaigne, liacon, Colbert, Voltaire lui-même. Pour ces grands esprits, auxquels ont manqué les lumières de l'économie politique, « souhaiter la grandeur de son pays, c'est souhaiter du mal à ses voisins : il est clair qu'un pays ne peut gagner sans qu'un autre perde. »

A la belle formule de J.-B. Say, Bastiat propose d'en substituer une plus rigoureusement scientifique encore : « Le travail s'échange contre du travail, les services s'échangent contre des services. » Et il est très-fier de sa découverte, 'qui est très-réellement féconde en aperçus scientifiques et en conclusions pratiques. Elle tend notamment à dégager le caractère spiritualiste de l'économie politique; car le produit est un fait matériel, le service est un fait moral. Nous échangeons bien réellement des services, et c'est leur rapport qui constitue le caractère fondamental de tout fait économique, la valeur, dont le prix n'est que la traduction en monnaie.

Importante distinction de l'utilité et de la valeur. — L'utilité !et la valeur sont très-différentes l'une de l'autre. Qu'y a-t-il de plus utile que l'eau? sans elle, la vie végétale, la vie animale disparaissent radicalement. Eh bien , l'eau n'a pas de valeur, si elle coule à nos pieds, si nous n'avons qu'à nous baisser pour en prendre. Ce simple rapprochement est une démonstration sans réplique. Veut-on assister à la naissance et au développement de la valeur, qu'on iéloigne l'eau d'un quart de lieue : quand la soif nous prendra, il nous faudra parcourir cette distance, ou payer la personne qui nous épargnera cette peine. L'eau conserve son utilité; mais cette fois elle a de la valeur, parce qu'elle a nécessité un service. Doublez, triplez la distance; l'utilité est identiquement la même, mais la valeur est doublée, triplée. Ce n'est donc pas l'eau que nous payerons, mais le service du porteur d'eau. L'eau est un bienfait gratuit de la nature; nous n'avons à payer que le travail humain.

Cette analyse incontestable met fin aux interminables discussions sur la valeur en usage et la valeur en échange, et débarrasse la science économique de l'erreur fatale qui assimilait l'utilité à la valeur, puis la valeur à la richesse, faisant ainsi du travail, non un moyen, mais un but. « Habituons-nous, dit avec raison Bastiat, à distinguer l'utilité et la valeur; il n'y a de science économique qu'à ce prix. Loin que la valeur et l'utilité soient identiques, ou môme assimilables, j'ose affirmer, sans crainte d'aller jusqu'au paradoxe, que ce sont des idées opposées. Besoin, effort, satisfaction, voilà l'homme au point de vue économique. Le rapport de Y utilité est avec le besoin et la satisfaction. Le rapport de la valeur est avec Y effort. L'utilité est le bien qui fait cesser le besoin par la satisfaction ; la valeur est le mal, car elle naît de l'obstacle qui s'interpose entre le besoin et la satisfaction. » {Harmonies économiques.)

Diverses mesures d'appréciation de la valeur. — La valeur s'apprécie d'abord par le travail fait. Un service vaut, en général, ce qu'il a coûté à produire, conception, administration, surveillance, intérêt du capital engagé, détérioration du matériel, salaire des ouvriers, profit de l'entrepreneur, impôt; ou, s'il ne trouve pas cette rémunération, personne n'est plus disposé à la rendre. La valeur s'apprécie plus encore par le travail épargné à celui qui éprouve le besoin ; elle dépend du jugement que nous en portons. Tel échange nous nuira; mais notre vanité, notre inexpérience, nos préjugés nous y font attacher une grande importance. Il a la valeur que nous lui donnons; enfin, et surtout, la valeur a pour loi le rapport de Voffre et de la demande. Si l'offre des services diminue, ou si la demande des services augmente, la valeur augmente nécessairement; si, au contraire, l'offre augmente ou la demande diminue, la, valeur diminue nécessairement. Il y a là une loi naturelle qui défie toute réglementation.

Du prix et de la monnaie. — La valeur, pour plus de commodité, ^ se traduit en prix, c'est-à-dire en une certaine somme de monnaie. Le prix, c'est l'expression de la valeur en or et en argent, expression variable, bien entendu, . suivant le rapport de la quantité de métaux précieux avec le reste des marchan-' dises, suivant les temps et les lieux.

Analyse des services rendus par la monnaie. — Sans la monnaie, l'échange ou le troc, c'est-à-dire l'échange de deux services ou de deux, produits directement et immédiatement comparés, est bien restreint et bien • incommode. « Je possède une balle de laine, et je voudrais avoir du blé. Je porte ma lourde richesse chez un cultivateur : il a du blé, mais c'est du vin qu'il demande. Je cherche à m'en procurer pour le lui donner ensuite. Le vigneron n'a pas besoin de ma laine , et le fabricant, qui la recevrait volontiers, ne possède ni vin ni blé qu'il puisse me céder. Combien de difficultés et de courses, d'embarras et de fatigues! Je parviens à découvrir quelqu'un qui peut faire échange avec moi. Autre difficulté ! Comment apprécier la valeur des deux marchandises? comment déterminer quelle quantité de blé on doit donner contre telle quantité de laine ? Nous nous accordons enfin, et l'on divise une des deux marchandises ou toutes deux. Mais si l'on ne peut les diviser ? s'il s'agit d'échanger un animal contre un meuble ? quel hasard me fera rencontrer une personne qui non-seulement possède l'objet que je désire, mais qui le possède précisément d'une valeur égale à celle de l'objet que je veux posséder. »

Raisons du choix des métaux précieux pour monnaie. — De

là, la monnaie, une des plus admirables inventions du génie de l'homme. Les

métaux précieux, grâce à leur inaltérabilité, leur homo g énéilé, leur divisibilité, leur petitesse de poids et de volume, ont été de toute antiquité, et sont encore choisis pour ce rôle d'intermédiaire dans l'échange.

La monnaie n'est pas seulement signe de la valeur ; elle est une valeur elle-même. — La monnaie sert de commune mesure aux diverses valeurs, auxquelles elle équivaut d'ailleurs comme marchandise. Il est très-inexact et très-dangereux de la regarder seulement comme un signe représentatif de la valeur : de cette définition sont sortis l'altération des monnaies et le papier-monnaie. La monnaie est elle-même une marchandise, et comme telle, elle est soumise aux variations inévitables du commerce. « Nous sommes tous marchands de monnaie, dit très-finement J.-B. Say. Nous l'achetons au meilleur marché que nous pouvons; car c'est l'acheter à bon marché que d'en obtenir davantage en échange de ce que nous vendons, et nous la revendons aussi cher que nous pouvons; car c'est la revendre cher que d'en donner peu quand nous achetons. » D'où cette conclusion que fixer le prix de l'argent est une erreur économique qui a fait son temps, et que la loi de 1807 sur le taux de l'intérêt ira bientôt rejoindre le bagage des réglementations surannées et impuissantes.

La monnaie décompose l'échange en deux actes. — Grâce à la monnaie, l'échange se trouve décomposé en deux actes, souvent bien séparés l'un de l'autre dans le temps ou dans l'espace, mais dont la réunion, facile à suivre par la pensée, reconstitue le troc : c'est la vente et Y achat.

Grâce à la monnaie, on peut rendre service à la société et ne pas demander immédiatement un service en retour, se réservant de le demander où et quand il nous plaira, ou d'en transmettre la jouissance à d'autres. La pièce de monnaie est le bon payable à vue qui constate et mesure le service rendu. Vous vendez de la laine, vous recevez en retour de l'argent ; voilà la moitié du phénomène. Avec cet argent, vous achetez un livre ; voilà la deuxième partie du phénomène, et rechange est complet. Vous avez troqué de la laine contre un livre. La monnaie est ici secondaire. On ne désire pas l'argent pour lui-même ; ce n'est pas lui que l'on consomme, et ce n'est pas lui qui satisfait nos besoins.

Billets à ordre, lettres de change, billets de banque. — La monnaie a tellement facilité l'échange que, à son tour elle a dû être remplacée par un instrument plus agile, moins -coûteux. Dans le moyen âge, lorsque, faute de billets de banque, il fallait faire ses payements en numéraire, le commerce de gros imagina les virements de comptes, pour lesquels furent établies les premières banques publiques. Grâce à ce procédé ingénieux, des payements considérables ne demandaient aucun numéraire, mais de simples écritures. En 1775, les banquiers anglais ont établi à Londres, sans aucune intervention de l'État, un bureau de liquidation ou de virement, clearing-house, où chacun s'acquitte des billets dont il est débiteur au moyen de ceux dont il est porteur, sans emploi de numéraire autrement que pour les appoints.

La monnaie est surtout avantageusement remplacée par les effets de comi merce, lettres de change, billets à ordre, billets de banque. (Voir pages 109 et 110.)

En vertu de leur valeur future, ces papiers à endossement ont une valeur actuelle, et peuvent être employés en guise de monnaie dans les achats ; ils servent à abréger et à simplifier les règlements de compte; de là, une économie considérable du numéraire. C'est un admirable instrument économique qui n'est pas moins merveilleux comme fait moral. Ils acquièrent une mobilité sans limite,

quand l'escompte les transforme en billets de banque, c'est-à-dire en billets au porteur et à vue, réalisables sans formalité d'endossement, ni délai d'échéance, ni responsabilité, par conséquent remplissant les mêmes fonctions que les espèces métalliques.

Voies de communication. — Viennent ensuite, comme moyens essentiels d'échange, les voies de communication, véritable instrument de travail, chargé de triompher d'un obstacle terrible pour la création et surtout pour la distribution de la richesse, c'est-à-dire de la distance. Aussi quels sacrifices les peuples ne craignent pas de faire pour sillonner en tous sens leur territoire de routes, de canaux, de chemins de fer, pour jeter des ponts sur les cours d'eau, pour y lancer des bateaux à vapeur, pour percer ou aplanir les montagnes ! S'il y a des "dépenses productives, ce sont celles-là qui méritent d'être mises au premier rang. Quelle différence entre les États-Unis transformant à vue d'œil de vastes contrées par la création des voies de communication, et le Mexique, par exemple, où les transports se font encore à dos d'homme !

Population. — Parmi les conditions morales de l'échange, il importe de tenir compte du chiffre de la population. « L'échange rencontre des obstacles, exige des efforts d'autant moindres que les hommes sont plus rapprochés. La plus grande densité de la population est donc nécessairement accompagnée d'une plus grande proportion d'utilité gratuite. Elle donne plus de puissance à l'appareil de l'échange, et met en disponibilité une portion d'efforts humains ; elle est une cause de progrès... Une rue d'égale longueur ne rend-elle pas plus de service à Paris que dans une ville déserte ? Un chemin de fer d'un kilomètre ne rend-il pas plus de service dans le département de la Seine que dans le département des Landes ? Un marchand de Londres ne peut-il pas se contenter d'une moindre rémunération sur chaque transaction qu'il facilite, à cause de la multiplicité? En toutes choses, nous verrons deux appareils d'échange, quoique identiques, rendre des services différents, selon qu'ils fonctionnent au milieu d'une population dense ou d'une population disséminée. La densité de la population ne fait pas seulement tirer un meilleur parti de l'appareil de l'échange ; elle permet d'accroître et de perfectionner cet appareil. Il est telle amélioration avantageuse au sein d'une population condensée, parce que là elle épargnera plus d'efforts qu'elle n'en exige, qui n'est pas réalisable au milieu d'une population disséminée, parce qu'elle exigerait plus d'efforts qu'elle n'en pourrait épargner. » (Bastiat, Harmonies économiques.) Cette considération est de la plus haute importance dans la rectification des idées exagérées de l'honnête Malthus.

La condition essentielle de l'échange, c'est la liberté.

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