DOUANIERS DES PAYS COMMERÇANTS
La géographie et le commerce sont liés d'une manière aussi étroite que l'histoire et la politique : l'une est la théorie, l'autre la pratique; l'une est la science, l'autre l'application.
Quand on connaît la situation d'un pays, son climat, sa structure géologique, la distribution de ses eaux et de ses montagnes, on est instruit d'avance de ce qu'il peut produire ; on sait si la nature l'a fait pour l'industrie ou pour l'agriculture, si elle lui a donné les ports, les fleuves, les grandes voies de communication qui l'inviteront au commerce.
La géographie politique vient compléter ces renseignements de la géographie phvsique, en nous apprenant ce que l'homme a fait pour aider ou pour vaincre la nature, en nous révélant l'état social, le degré de civilisation des différents peuples et par conséquent leurs besoins, leurs habitudes, leur caractère, qui peuvent exercer une si profonde influence sur les objets d'échange et sur la facilité des transactions.
La géographie commerciale, dans le sens théorique du mot, n'est donc autre chose que la géographie générale restreinte aux notions qui peuvent intéresser le commerçant, c'est-à-dire :
1° A l'étude de la production naturelle et industrielle, intimement liée à celle du climat et du sol ;
2° A Tétude des voies de communication soit naturelles, soit artificielles, et des principales places de commerce à qui elles servent de débouchés ;
3° A des notions sommaires sur les mœurs et les institutions considérées dans leurs rapports avec le commerce.
Mais ces connaissances théoriques, qui sont, il est vrai, indispensables au commerçant, ne lui suffisent pas ; il lui faut en outre des renseignements pratiques et positifs sur les conditions et le prix des transports par terre et par mer, sur les services postaux et télégraphiques, sur les usages des grandes places de commerce, sur le régime douanier, etc.. Au lieu de consacrer à chacun de ces articles des chapitres spéciaux, qui, par leur division même, multiplieraient les recherches et les rendraient plus longues et plus difficiles, nous n'avons pas hésité à les rattacher à la géographie commerciale et à épargner le temps et la peine de nos lecteurs en mettant à la fois sous leurs yeux tous les renseignements qui doivent les intéresser sur chacun des pays avec lesquels ils peuvent entrer en relations.
Nous n'avons fait d'exception que pour la métrologie (poids et mesures, monnaies, etc.), qui sera l'objet d'un travail spécial, et qui, par son importance, mérite une place à part.
Dans les données de statistique générale, ce serait une prétention exagérée que d'aspirer à une exactitude absolue; mais nous les avons puisées dans les documents les plus authentiques, et nous croyons avoir atteint l'exactitude relative qui suffit pour l'usage que le commerce est appelé à en faire. Pour les questions de tarifs, nous avons consulté les documents français et étrangers les plus récents, et nous n'épargnerons rien pour nous tenir au courant des modifications importantes qui pourraient survenir.