‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 894 sur 1459 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

Des ordres de banque.

209. Lorsqu'un banquier donne ordre à un de ses correspondants de tirer ou de remettre sur une place indiquée, cet ordre est dit: ordre simple de banque; mais s'il laisse à son correspondant le choix de tirer ou de remettre sur l'une des différentes places qui lui sont indiquées, pour le cas où les prix du change auraient subi des variations, ces espèces d'ordres sont dits : ordres de banque composés.

Des ordres de banque simples.

210. Lorsqu'un banquier a donné ordre à un de ses correspondants de tirer des lettres sur une place donnée, et de faire avec leur produit des remises dans une autre place au prix du change de cette dernière, et qu'à la réception de l'ordre, les prix du change ont subi des variations, ceux qui reçoivent ces ordres doivent, dans ce cas, chercher s'ils peuvent les exécuter sans perte pour leur commettant, quoique les prix fixés aient éprouvé des variations.

Les prix du change peuvent avoir haussé ou baissé; il ne s'agit alors que de chercher quelle doit être l'augmentation ou la diminution du prix du change de l'une des deux places données, en proportion delà hausse ou de la baisse du prix du change de l'autre, afin d'arriver, s'il est possible, à une espèce de compensation. De sorte que si l'on perd sur la remise ordonnée, il faut gagner en proportion sur la traite, et réciproquement.

On cherchera donc par le moyen d'une proportion l'augmentation ou la diminution du prix du change; mais c'est en cela que consiste la difficulté; il faut savoir reconnaître si le prix du change que l'on cherche doit être plus haut ou plus bas que celui qui est fixé par l'ordre qu'on a reçu. On surmontera aisément cette difficulté en se rappelant les principes établis au numéro 105; au reste, les exemples suivants éclairciront la marche à suivre.

241. Un banquier de Paris a reçu l'ordre d'un négociant d'Amsterdam de tirer sur Londres au change de fr. 25,60 et de lui remettre le montant en papier sur Hambourg à fr. 178; à la réception de cet ordre, le banquier de Paris ne peut tirer sur Londres qu'à fr. 25,50; on demande à quel prix il faut qu'il se procure la remise sur Hambourg pour compenser la perte qu'il fera sur la traite.

Le prix du change était fixé à fr. 25,60 avec Londres; il est tombé à fr. 25,50 pour une livre sterling; on ne peut tirer sur Londres sans perte; donc il faut tâcher de gagner sur la remise, en achetant du papier sur Hambourg à un prix moins élevé, proportionnellement à la perte faite sur la traite. On aura donc :

25,60 : 25,50 :: 178 : x = fr. 477,30.

Le banquier de Paris ne peut exécuter l'ordre qu'autant qu'il pourra se procurer du papier sur Hambourg à fr. 177,30 pour 100 marcs.

En effet, supposons que le banquier de Paris ait reçu l'ordre de tirer pour 100 liv. sterl. sur Londres: quelle sera la valeur de la remise sur Hambourg, d'abord aux prix fixés par l'ordre, ensuite aux prix du change du jour?

Aux prix fixés par l'ordre :

x marcs = 100 liv. sterl.

1 liv. sterl. = 25,60 francs.

178 francs = 100 marcs.

D'où x = 1438,20 marcs banco.

Aux prix du jour :

x marcs = 100 liv. sterl.

1 liv. sterl. = 25,50 francs.

177,30 francs === 100 marcs.

D'où x = 1438,20 marcs banco.

D'après les prix du change fixés par l'ordre : la traite de 100 liv. sterl. ferait encaisser fr. 2560, et pour fr. 2560 au change de fr. 178, on se procurerait une remise de 1438,20 marcs.

D'après les prix du change du jour : la traite de 100 liv. sterl. ferait encaisser fr. 2550, et pour fr. 2550 au change de fr. 177,30 on se procurerait une remise de 1438,20 marcs.

Ainsi le banquier peut exécuter l'ordre de son commettant, puisque celui-ci obtient dans les deux cas la somme de 1438,20 marcs.

212. Un banquier de Paris donne ordre à un négociant de Londres de lui remettre du papier sur Cadix à 38 den. sterl. pour une piastre, et d'opérer son remboursement en tirant sur Hambourg à 14 marcs pour 1 liv. sterling. A la réception de cet ordre, le négociant de Londres ne peut faire des remises sur Cadix qu'à 40 den. sterl; on demande à quel prix il faut qu'il tire sur Hambourg pour compenser la perte qu'il fera sur la remise.

S'il faut payer 40 den. sterl. au lieu de 38 la piastre d'Espagne, il est évident qu'il y a perte pour la remise; pour compenser cette perte, il faut tirer, c'ost-à-dire vendre la moindre quantité possible de marcs pour obtenir une livre sterling; en d'autres termes, il faut tirer à un prix inférieur à 14 marcs banco. Pour connaître ce prix inférieur, on posera la proportion ;

ZiO : 38 :: 14 : x = 13,30 marcs.

Ainsi le négociant de Londres n'exécutera l'ordre qu'autant qu'il pourra tirer sur Hambourg à 13,30 marcs.

En effet, supposons que le banquier de Paris ait donné ordre de remettre à Cadix 1000 piastres, on aura à faire les opérations suivantes :

Aux prix fixés par l'ordre :

x marcs = 1000 piastres.

1 piastre = 38 den. sterl.

240 den. sterl. == 1 liv. sterl.

1 liv. sterl. == 14 marcs.

D'où x = 2216,67 marcs.

Aux prix du jour :

# marcs = *:000 piastres.

1 piastre = 40 den, sterl.

240 den. sterl. = \ liv. sterl.

1 liv. sterl. == 13,30 marcs.

D'où x = 2216,67 marcs.

Ainsi les 1000 piastres vaudront 2216,67 marcs dans l'une et l'autre circonstance ; le négociant exécutera donc l'ordre de son correspondant.

213. Notre correspondant d'Amsterdam nous donne ordre d'acheter pour son compte à Paris 10000 marcs de banque en valeur sur Hambourg, à 36 1/2.

Trouverons-nous notre avantage à exécuter cet ordre?

En d'autres termes, notre correspondant d'Amsterdam nous prie d'acheter sur notre place, et pour son compte, 10000 mars banco, et de nous rembourser en vendant à Paris une traite sur Amsterdam dont le montant sera réglé par la relation 36 1/2 fl. c. == 40 m. banco.

Consultons nos cotes du jour ramenées à vue.

Amsterdam : 100 fl. c. vue = fr. 215,6962 vue. Hambourg: 100 m. vue = fr. 191,8158 vue.

1° Posons-nous cette question : le prix de vente de notre traite sur Amsterdam sera-t-il rémunérateur? Pour cela, il suffira de connaître la somme que nous ferait encaisser la vente de 100 fl. c. si nous exécutons l'ordre.

x francs = 100 fl. c.

36 1/2 fl. c. = 40 m.

100 m. = fr. 191,8158

D'où x = fr. 210,2091 Or 100 fl. c. peuvent être vendus fr. 215,6962

Bénéfice par 400 fl. c. fr. 5,4871 Le bénéfice total sera donné par la conjointe :

x fr. bénéfice =* 10000 marcs.

40 marcs = 36 1/2 fl. c.

100 fl. c. = fr. 5,4871 bénéf. *

x = fr. 500,69

2° Nous aurions pu nous faire cette autre question : Le prix auquel nous achèterons la remise sur Hambourg nous laissera-t-il un bénéfice?

Cherchons le prix auquel il faudrait acheter 100 marcs pour qu'il n'y eût ni gain ni perte.

x francs == 100 marcs.

40 marcs = 36 1/2 fl. c.

400 fl. c. = fr. 215,6962

D'où x= fr. 196,8227 Or 100 marcs coûtent fr. 191,8158

Donc bénéfice par 100 marcs fr. 5,0069 Et bénéfice sur 10000 marcs ir. 500,69

3° Eu égard aux prix de l'Amsterdam et du Hambourg, à vue, sur la cote de Paris, le change fixe 36 4/2 fl. c. = 40 marcs nous donne-t-il un bénéfice? Cherchons la valeur proportionnelle de 40 marcs en florins courants, a? fl. c. = 40 marcs.

4 00 m. = fr. 191,8158 .

fr. 215,6962 = 100 fl. c.

D'oùa = fl. c. 35,5745 Comme on nous offre fl. c. 36,5

Avec 40 marcs le gain est de fl. c. 0,9285

Et notre bénéfice total sera donné par la conjointe :

x fr. de bénéfice — 10000 marcs.

40 marcs — 0,9285 fl. c. bénéfice.

100 fl. c. = fr. 215,6962

D'où x = fr. 500,69.

214. Les trois méthodes sont d'accord sur le chiffre du bénéfice brut. Pour avoir le bénéfice net de l'opération, il faudra diminuer le bénéfice brut de 1/8 % pris sur le montant de l'achat des valeurs sur Hambourg, et de 1/8 % pris sur le montant de la vente des traites sur Amsterdam.

Bénéfice net brut fr. 500,70

1/8 % sur fr. 19181,58, prix d'achat des 10000 m.. 23,95 l

1/8 °/0 sur 19181,58 4- 500,69, prix de vente. . 24,60 ( 8'

Bénéfice net fr. 452,15

Vérification. = Achetons 10000 marcs en valeurs sur Hambourg.

x fr. vue = 10000 m. vue.

100 m. vue = fr. 191,8158 vue.

Au résultat fr. 19181,58

11 faut ajouter 1/8 % 23,97

Les 10000 m. nous reviennent, à fr. 19205,55

Calculons le montant de la traite que nous devons tirer sur Amsterdam en recouvrement de cette somme.

a? fl. c. = 10000 marcs.

40 marcs = 36 1/2 fl. c.

Ainsi le montant de la traite est de fl. c. 9125.

Combien la vente de cette traite à Paris nous fera-t-elle encaisser?

x fr. vue = 9125 fl. c. vue.

100 fl. c. vue = fr. 215,6962 vue.

Du résultat obtenu fr. 19282,30

Il faut retrancher 1/8 %- 24,60

Produit net de la traite. . . . 0 fr. 19657,70

Résumé,

Le prix de vente étant de fr. 19657,70

Et le prix d'achat de 19205,55

Le bénéfice net de l'opération est de.. . . „ fr. 402,15

215. Nous voulons donner ordre à notre correspondant d'Amsterdam d'acheter pour notre compte 15000 marcs de banque à 186.

La cote d'Amsterdam porte :

Hambourg vue 34 7/8 pour 40 m.

Paris vue 55 1/2 — - 120 fr.

Il s'agit pour notre correspondant à Amsterdam de nous expédier 15000 marcs de banque achetés sur sa place et de se couvrir en ses traites sur Paris dont le montant sera déterminé par la relation 100 marcs = 186 francs.

C'est sans doute à notre correspondant de voir s'il trouvera son avantage à exécuter cet ordre ; mais à quoi bon attendre une réponse que nous pouvons prévoir?

Posons-nous donc cette question : A quel prix doit-il acheter son papier sur Hambourg pour qu'il n'y ait ni gain ni perte ?

x fl. c. = 40 marcs.

100 m. = 186 fr.

120 fr. = 551/2 U.c.

Ce résultat indique que notre correspondant devrait acheter le Hambourg à

fl.c. 34,41, prix inférieur à fl. c. 34 7/8, ou fl. c. 34,875 prix marqué sur la cote.

Il est alors inutile de lui écrire, puisqu'il refusera d'exécuter notre ordre.

Voulons-nous cependant déterminer le chiffre de la perte que son acceptation lui

causerait :

Acheter, selon la cote, 40 marcs à fl. c. 34,875

Qui lui sont remboursés 34,41

Cela fait perdre par 40 marcs fl. c. 0,465

Et sur 15000 marcs, °'465 * 1500° = Q. c. 174,37.

Les 15000 m. coûtent 347/8 * 15000 fl. c. dont 1/8 % = fl. c. 16,35.

0„ rembourse 55 </% fj***^ A. c dont 1/8 •/.-«. c. 16,13. 120X100 '

Alors la perte de notre correspondant peut être ainsi évaluée :

Perte sur le capital fl. c. 174,37

Courtage sur le prix d'achat 16,35

Courtage sur le prix de vente 16,13

Total fl. c. 206,85

Vérification. — Notre correspondant à Amsterdam achète pour notre compte 15000 marcs en valeurs à vue sur Hambourg.

x fl. c. vue = 15000 m. vue.

40 m. vue = 3i 7/8. fl. c, vue.

11 paye ces 1 5000 marcs fl.c. 13078,12

Plus 1/8% 4M5

Les 15000 marcs lui reviennent à fl.c. 13094,47

Notre correspondant calcule le montant de la traite qu'il doit tirer sur nous pour se rembourser de l'achat précédent.

x francs = 15000 marcs.

400 marcs = 186 francs.

x = fr. 27900.

Notre correspondant vend cette traite de fr. 27900 au cours de 35 4/2.

x fl. c. vue = 27900 fr. vue.

4 20 fr. vue = 554/2 fl.c. vue.

ûS — Ù.C. 42903.75.

De ce résultat f!. c. 42903.75

Ii doit retrancher 4/8 % . . .. 46.43

Produit net de la vente fl.c. 4 2887.62

Résume.

Après avoir déboursé f!. c. 13094.47

Notre correspondant encaisserait 4 2887.62

La perte serait de fl. c. 206.85

Des ordres de banque composés.

24 6. On appelle ainsi les ordres que les banquiers donnent quelquefois de tirer des lettres de change sur une des différentes places qu'ils indiquent, ou d'y faire des remises à des prix fixés, avec la faculté de choisir celle de ces places qui offre le moindre désavantage ou le plus grand avantage, dans le cas où les prix des changes ne sont plus les mômes à la réception des ordres.

Dans ces sortes d'arbitrages, il ne s'agit que de calculer à tant pour cent l'avantage ou le désavantage des variations du change de toutes les places proposées.

247. Un banquier de Paris reçoit ordre d'un négociant d'Amsterdam de tirer des lettres pour le compte de ce dernier sur une des places suivantes; et, dans le cas où les prix du change ne seraient plus les mêmes que ceux qui sont fixes par l'ordre, de tirer sur celle de ces places qui perdrait le moins.

L'ordre porte de tirer :

Sur Londres à fr. 24; Hambourg à 474; Madrid à 5.

A la réception de cet ordre, les prix du change sont :

Avec Londres à fr. 23,50; Hambourg à 470,00; Madrid à 4,83 4/3.

On demande quelle est la place sur laquelle le banquier de Paris peut tirer avec le moins de désavantage.

Puisqu'il s'agit de tirer sur des places qui donnent toutes le certain, le change le plus bas est le plus désavantageux (405) ; il y aura donc perte à tiier : il s'agit alors de connaître quelle place offre le moins de désavantage.

Perle.

Londres 24 : 23,50 :: 400 : x = 97,92 fr. 2,08 % Hambourg 474 : 470 :: 400 : x =99,44 0,59

Madrid 5 : 4,83 4/3 :: 4 00 : x = 96,67 3^33

Le banquier de Paris doit tirer sur Hambourg, parce que la traite de Paris

sur Hambourg ne perd que 59 centimes %; tandis que sur Londres, elle perdrait 2,08 fr. % et celle sur Madrid 3, 33 fr. %•

21 8 . Le môme banquier de Paris reçoit ordre d'un négociant d'Amsterdam de faire des remises sur une des places suivantes :

Sur Londres au change de fr. 24; Hambourg — 474;

Madrid — 5.

A la réception de cet ordre, les changes sont :

Avec Londres à fr. 23,50; Hambourg à 170,00;

Madrid à 4,83 4/3.

On demande quede place il choisira pour exécuter cet ordre, au mieux des intérêts de son commettant.

H faut observer qu'il s'agit ici de remettre sur des places qui donnent le certain; or le change le plus bas est le plus avantageux (405); et les prix du change ayant baissé, il y aura du bénéfice à tirer sur ces places : il s'agit alors de connaître laquelle de ces places donne le plus d'avantage.

Gain.

Londres 23,50 : 24 :: 100 : x = 4 02,4 2 2,4 2 %

Hambourg 470 : 471 :: 400 : x = 100,59 0,59 Madrid 4,83 4/3 : 5 :: 400 : x = 403,44 3,44

Le banquier de Paris choisira la voie de Madrid pour y faire des remises, puisqu'il fera gagner 3,44 %, bénéfice plus élevé que les deux autres.

Des bénéfices sur les changes.

24 9. Les cours des changes intéressent spécialement deux classes de personnes : tous les commerçants qui font des achats, des ventes ou des affaires de commerce quelconque à l'étranger; les banquiers et les capitalistes qui spéculent sur les variations qu'éprouvent les papiers de toutes les places et qui cherchent à les mettre à profit.

Toutes les fois qu'on a acheté ou vendu à l'étranger, il est clair qu'on doit y payer ou recouvrer des sommes. Nous avons déjà dit qu'il n'y a que deux moyens pour opérer Je remboursement : les traites ou les remises. Il s'agit donc de découvrir dans les opérations du change lequel des deux moyens on doit employer pour en tirer avantage.

Je suppose qu'un négociant de Paris ait envoyé à Londres des marchandises pour une valeur de 4000 livres sterling. Pour opérer ce recouvrement, il pourra d'abord avoir recours au change direct, et, à cet effet, il consultera les bulletins de bourse de ces deux places. Si le papier sur Londres est coté à Paris à fr. 25,20 et qu'à Londres le papier sur Paris soit coté à fr. 25,55, les 4000 livres sterling produiront dans le premier cas fr. 25200, et dans le second fr. 25350. Par conséquent, le négociant, au lieu de tirer sur Londres à fr. 25,20, ce qui ne lui produirait que fr. 25200, donnera ordre à son débiteur de lui faire une remise sur Paris, et il recevra fr. 25350; il fera un bénéfice de 4 50 francs.

Le négociant créancier pourra encore employer les traites ou les remises

en se servant du change indirect. A cet effet, il consultera encore les bulletins de bourse entre Londres et Paris, que nous supposerons être comme ci-dessous :

Bulletin de Londres. Bulletin de Paris.

Amsterdam. ... 12 fl. c. Amsterdam. . . . fr. 209.42 1/2

Hambourg. ... 14 marcs. Hambourg .... 185 fr.

Francfort .... 12 fl. Francfort 212 fr.

Paris fr. 25,35 Londres fr. 25,20

Il recherchera combien les 1000 liv. st. qu'on lui doit vaudront en monnaies de ces différentes places, de la manière suivante :

S'il fait acheter à Londres du papier sur Amsterdam à fl. c. 12, il aura une lettre de change de fl. c. 12000 qui, négociés à Paris à fr. 209,42 1/2 pour 100 fl. c, produiront fr. 25130,89.

S'il fait acheter pour 1000 liv. st. de papier sur Hambourg, il aura 14000 marcs banco qui, négociés à Paris à fr. 185 pour 100 marcs, produiront fr. 25900,00.

S'il fuit acheter pour 1000 liv. st. de papier sur Francfort à fl. 12 pour une livre, il aura 12000 fl. de Francfort qui, négociés à Paris à 212 francs pour 100 fl. de Francfort, donneront fr. 25440,00.

1000 liv. sterling employées à Londres en achat de papier sur Paris produiront fr. 25350,00.

Ainsi le change indirect entre Londres et Paris produirait :

Par Amsterdam fr. 25130,89

Hambourg 25900,00

Francfort *-. . 25444,00

Et directement 25350,00

En comparant ces résultats, on voit que l'opération indirecte faite par Hambourg serait la plus avantageuse, puisque les 1000 liv. st. produiraient fr. 25900, somme plus forte que les autres.

Si, au contraire, le négociant avait à payer à Londres 1000 liv. st., ii achèterait du papier sur Amsterdam et en ferait la remise à Londres.

220. On voit par là que les changes ont une influence directe sur les affaires réelles du commerce. Quiconque importe ou exporte des marchandises doit chercher à profiter du change, car telle vente ou tel achat qui paraît aux uns peu avantageux donne souvent ouverture à une affaire de change très-lucrative pour celui qui sait habilement profiter de l'état des cours.

En général, il faut considérer le papier comme marchandise dont les cours des changes donnent le prix, et il ne s'agit alors que d'acheter à bon marché et de revendre le plus haut possible.

Les banquiers, d'après cette base, opèrent par des traites et des remises faites de place en place et saisissent les combinaisons qui leur offrent le plus de bénéfice.

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