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PÉRIODE ORIENTALE OU PHENICIENNE

Caractères du Commerce pendant cette période. — Pendant la période orientale, le commerce présente un triple caractère qu'il conservera presque Bans altération pendant toute l'antiquité :

1° Il est concentré dans le bassin de la Méditerranée et dans la partie occidentale du bassin de l'Océan Indien. Les eûtes européennes de l'Atlantique sont

-'•nies fréquentées; encore la mer du Nord et la Baltique ne sont-elles visitées qu'à

.le longs intervalles par de rares voyageurs.

•i" il porte Burtoul sur les objets de luxe, lui effet, la plupart des contrées

baignées par la Méditerranée produisaient en abondance les denrées de première

lie: le blé, le vin, l'huile, la viande; l'industrie était pou développée, les

matière- premières se recueillaient et >o transformaient Bur place par le travail

servile; il ne restait donc au commerce en gros que les marchandises de luxe, avec quelques métaux usuels, des céréales et des esclaves, ces instruments de travail qui jouaient dans les sociétés antiques le même rôle que les machines dans nos sociétés modernes. C'est là peut-être une des raisons qui expliquent l'espèce de réprobation que l'antiquité fit peser sur le commerce, surtout à l'époque romaine. Les philosophes et les poètes lui reprochaient, de se faire l'auxiliaire do la corruption et les déshérités de la fortune, c'est-à-dire l'immense majorité des hommes, confondaient dans une même aversion ces quelques riches qui les écrasaient du poids de leur luxe insolent, et ces quelques marchands qui se faisaient leurs complices en leur fournissant de quoi insulter à la misère générale.

3° Le commerce de terre se fait presque exelusivt ment par caravanes, c'està-dire par troupes de marchands et de conducteurs de bêt< s de sommes, assez nombreuses pour affronter les attaques des brigands et les traversées du désert.

Principales races de l'Orient. — Au moment où commencent à se dissiper les incertitudes des premiers âges, c'est-à-dire vers le xivB ou xve siècle avant Jésus-Christ, quatre grandes races se partagent l'Asie et l'Afrique civilisée :

1° A l'est, sur les bords de l'océan Pacifique, dans les vallées du fleuve Jaune et du fleuve Bleu, la race mongolique représentée par les Chinois, déjà civilisés, déjà commerçants, mais séparés de l'Occident par des déserts et par des montagnes et qui n'ont pas de communications directes avec le reste de l'Asie;

2° Au centre, de l'océan Indien à la Caspienne, dans la vallée du Gange et de l'Indus, sur les plateaux de l'Iran, dans le bassin du Sir-Daria et de l'Amou- Daria (Bactriane antique, Turkestan moden e) \esAryâs, nos aïeux, dont devaient sortir les castes dominantes de Y Inde, les Perses, futurs conquérants de l'Asie, et les émigrations destinées à peupler l'Europe;

3° A l'ouest, dans la vallée du Tigre et de l'Euphrate, sur les bords de la Méditerranée, sur les plateaux de l'Arabie, dans le fertile bassin du Nil, sur le littoral de l'Afrique septentrionale, les peuples de race sémitique et chamitique:, Babyloniens, Assyriens, Phéniciens, Arabes, Egyptiens, Berbère:,, depuis le Caucase jusqu'à l'At'as, depuis les colonnes d'Hercule jusqu'au golfe Persique.

Centres de production. — Les principaux centres de production étaient la riche vallée du Nil avec ses blés, ses lins, ses huiles de sésame, ses papyrus, ses toiles et ses cotonnades; celle du Tigre et de l'Euphrate avec les vins et les bois de l'Arménie, les palmiers, les blés, les bitumes de la Babylonie, les laines et les fruits de l'Assyrie, les manufactures de coton de Borsippa, les tapis, les pierres gravées, les bijoux de Babylone ; enfin le fertile bassin de Y Indus et du Gange, l'Inde, cet eldorado antique, rêve de tous les conquérants depuis Sémiramis jusqu'à Alexandre, de tous les marchands depuis les Phéniciens jusqu'aux Grecs : le pays des perles, des pierres précieuses, des bois odoriférants, des épices, du coton, des laines fines et soyeuses, des tissus légers et étincelants, des soieries que lui envoyait la Chine, et qu'elle revendait *eur pesant d'or aux marchands de l'Occident.

Les peuples producteurs n'étaient pas pour la plupart des peuples commerçants; ils laissaient à d'autres le commerce actif, les périls de la mer et les interminables voyages des caravanes.

Ce furent les races moins favorisées de la nature, les habitants de la steppe ou de la côte qui se firent les intermédiaires des échanges, et qui ouvrirent les routes de l'Océan et du désert.

Commerce maritime. Les Arabes. — Pendant la période orientale deux peuples surtout représentent le commerce maritime : les Arabes et les Pbé niciens.

Touchant par la mer ftou i I ^ypte, par le golfe Persique à la Babylonie par la mer d'Oman aux Indes, les Arabes, pauvres et avides Bur leur sol âpre ou sablonneux, songèrent de bonne heure à tirer parti de leur posil on el des seules richesses que la oature leur eûl accordées : les parfums, les pierres préci i les perles le café était encore inconnu).

Les moussons leur apprirent la route des Indes; en quelques leurs

barques lé rec i iurs voiles de «..ton ou de paille de riz, abordaient sur les

cotes occidentales delà presqu'île indienne ou même à Taprobone (Ceylan) cl rapportaienl soil aux embouchures de l'Euphrate, soit dans les porta égyptiens du la mer Rouge, les précieuses marchandises de l'Inde c'était la mute moderne, • qu'a rouverte au commerce, le canal de mi /., déjà projeté el ébauché par les rois égypl i

Les Phéniciens. Tyr. — Les Arabes n'approchèrent jamais de l'activité commerciale des Phéniciens, ce petit peuple qui ;i créé dans un coin de l'Asie le grand commerce, la grande industrie, les poids st mesures et l'alphabet, c'est-à-dire les plus puissants instruments de la civilisation.

Enfermés entre la montagne et. la mer, voyant au-dessus de leur- tefa forêts du Liban, a leurs p eds la Méditerranée avec ses radi - el ses Iles innombrable-, les Phéniciens se firent pécheurs, puis navigateurs et marchands par instinct et par nécessité. L urs deux métropole.-. Sidon et Tyr, devinrent les deux premiers marchés et les deux premiers porta de la Méditerranée.

Le commerce maritime i\c> Phéniciens suivait trois routes principales, les seules qu'aient fréquentées les navigateurs anciens: la mer Rouge et le golfe Persique à l'orient, la Méditerranée à l'occident.

Routes des Indes. La mer Rouge. — Sur la mer Ronge, les vaisseaux phéniciens partaient û'Elaih et ^Aziongaber, ports de la presqu'île du

Sinaï qui appartenaient aux Juifs leurs alliés ; ils longeaient les côtes de l'Arabie, franchissaient le détroit et poussaient jusqu'à cette mystérieuse terre d'Ophir, qui désignait l'Inde ou l'Ethiopie et peut-être toutes les deux, et où ils échangeaient

les métaux précieux, les perles fines, les pierreries, l'ivoire, les épices, les bois de sandal et d'ebène, les tissus de soie et de coton, les esclaves noirs contre les vins et les huiles de Syrie, les teintures de pourpre, le verre, les bijoux d'or ou d'ivoire, les armes et les tissus sortis de leurs manufactures de Sidon, de Tyr, de Sarepta et de Byblos.

Golfe Persique. — Sur le golfe Persique, leurs principales stations étaient les îles de Tylos et dïAradus (aujourd'hui îles Bahrein), dont les noms mêmes leur rappelaient les souvenirs de la patrie, et qui leur servaient de comptoirs pour le commerce de la Perse, de l'Arabie et de l'Inde occidentale.

Routes de l'Occident. Méditerranée. — Mais leur véritable domaine c'était la Méditerranée, dont nul ne leur disputa l'empire jusqu'au vu* siècle avant Jésus-Christ. Sur tous les rivages, dans toutes les îles, depuis le détroit de Gadès (Gibraltar) jusqu'à la côte de Syrie, les traces de leur commerce, de leur religion, de leurs monuments, de leurs colonies, sont encore vivantes : c'est l'île de Chypre avec ses villes phéniciennes de Paphos et de Citium, la Crète, les Cyclades, l'ile de Thasos avec ses mines d'or découvertes et exploitées par leurs naviga-

teurs; la Grèce où dès le temps d'Homère ils échangeaient contre la pourpre de Sidon l'airain et les esclaves; l'île de Malte, dont ils avaient devine avant l'Angleterre l'importance commerciale; la Sicile, avec ses mines de soufre; r Italie, ou ils devancèrent le- Étrusques el exploitèrent les uisements de fer de l'Ile d'Elbe; la Gémle méridionale, où Nîmes garde encore les traces de leur passage; 1' \frique, <>ù s'élevèrent leurs plus florissantes colonies : Utique, Hadrumeic Carthage héritière de leur richesse et de leur puissance; enfin Y Espagne : où les attirèrent d' inépuisables mines d'argent, de plomb, de cuivre, d'étain, et où ilèrenl Valaga et Ga i à l'entrée de l'Atlantique.

Océan Atlantique. — Ils ne t'arrêtèrent pas là; avec lours barques à peine pontées, sans boue s instruments de navigation, ilsosèrenl affronte!

les orages el l'immensité de l'Océan. Au sud, ils descendirent jusqu'aux lies Fortunée* Iles Madèn - el Canaries), d'où ils rapportèrent des fruit- inconnus et des animaux curieux, tels que les singes et les perroquets ; au nord, ils s'aventurèrenl

dans le- brumes de la Manche, découvrirent les mines d'etain de (UjrnouaiUcs (\\e& CotêUérideê) et allèrent chercher dans les ports de la Gaule l'ambre jaune

de la Baltique qu'y apportaient les caravanes.

S'il but même en croire les récits d' H rodi a, me- de leurs escadres équipée i l'an 600 par ordre do roi d'Egypte, Néchao, aurait doublé le cap de Bonne- Espérance et. trois ans après bob départ de i.i mer Rouge, serait revenue par le détroit de Gadès. Les en. ma ne dépassèrent jamais le terme de leurs cour» même pour les Grecs ei pour le- Romains, le monde unissait la ou s'était arrêté

Melcarth, l'Hercule tviien, le génie de la navigation et du commerce.

Carthage. — Une de leurs colonies, Carthage, et, ut réservée «i des destinée- .111—1 brillantes que Tyr sa métropole; située mm loin de la moderne Tunis, ii quelques heures de Malte et de la Sicile, -m cœur de la Méditerranée, Carthage, fondée vers le iv ou r tait déjà indépendante auviir*. Lorsque

la ruine de Tyr par Nabucbodonosor en 574, la concurrence de- Grecs, le- n

lutions de l't (rient eurent porté au commerce des Phéniciens une atteinte fuie -

Carthage hérita de leur domination dans la Méditerranée occidentale ; elle d

contenta pas, comme ^ métropole, de faire le commerce et de semer partout

ses comptoirs : elle fut a la fois marefa mde et guerrière et voulut conquérir pour exploiter; elle soumit tout le littoral de l'Afrique depuis le colfe de la Sidre jusqu'au détroit de <; ni - i les Numide- j se fiire pour elle cultivateurs et

bergers; elle remplaça les Phéniciens en Espagne : elle suivit dans l'Atlantique les routes qu'ils avaient tracées: elle s'empara des îles Baléares, de la Corse et de la Sardaigne, et interdit aux Sardes la culture du blé pour leur vendre, en échange de leur miel et de leur cire, les blés d'Afrique, qu'ils payaient le triple de leur valeur.

En Sicile, elle possédait Panorme, Drépane, A^rigente et menaçait Svracuse; mais cette republique de marchands ombrageuse et tyrannique comme celle de Venise, défendue par des mercenaires qu'elle payait mal, obérée de dettes malgré sa richesse, succomba sous les coups de Rome: le génie de l'Orient s'effaçait devant celui de l'Occident.

Routes de terre. Caravanes en Asie. — Dans un temps où les routes n'étaient ni plus sures ni mieux entretenues qu'elles ne le sont aujourd'hui en Asie, dans un pays coupé de steppes, de déserts et de hautes montagnes, le seul moyen de transport que le commerce put adopter était celui dont il fait encore usage, la caravane. De longues fdes d'ânes, de mulets, de chameaux,

chargés de marchandises ; des troupes de voyageurs, de pèlerins et de marchands associés au nombre de quelques centaines, souvent même de plusieurs milliers, cheminaient lentement, s'arrêtant chaque soir près d'un puits ou d'une source, et suivant avec une invariable fidélité ces routes traditionnelles qui sont encore aujourd'hui celles du commerce oriental.

Bactres. — Les deux grands entrepôts du commerce de terre en Asie étaient Bactres et Babylone, points de départ et rendez-vous des caravanes.

Bactres était située dans la vallée de YOxus (Amou-Daria), non loin de l'emplacement de la ville moderne de Balk, et fut longtemps la capitale d'un empire florissant, soumis tour à tour par les Assyriens et par les Perses.

Quatre routes principales en partaient :

1° Vers le sud-ouest (Médie et Babylonie);

2° Vers le nord, par Maracanda (la moderne Samarkande) et la vallée de Ylaxartes (Sir-Daria): c'était sur les bords de ce fleuve, près du lac d'Aral, dans le pays des Argippéens, les Kirghiz d'aujourd'hui, que les caravanes asiatiques échangeaient les tissus, les marchandises de l'Inde, les verroteries de Babylone et de la Phénicie, contre l'or de l'Oural et les fourrures de loutres et de castors que les Scythes apportaient des profondeurs inconnues de la Sibérie.

3° La route du sud-est franchissait les monts Hindou-Koush connus alors sous le nom de Paropamises, et aboutissait à Ortospana près de la moderne Canda/iar, où elle rejoignait la grande route de Babylone aux Indes.

4° La route du nord-est se séparait à Marcanda de celle du nord, franchissait les défilés des monts Alaï (ancien lma'às), pénétrait dans la Boukharie chinoise, et aboutissait à la Tour de pierre (vers 43° latitude N., et 74° longitude E.), station fameuse où les Issédons, les modernes Klialkas, \enaient échanger contre les marchandises de l'Asie occidentale, les soies de la Chine, l'or de l'Altaï et les fourrures de la Mongolie.

Babylone. — Babylone, sur l'Euphrate, la reine de l'Asie, la ville de Sémiramis et de Nabuchodonosor, était en même temps le centre d'où rayonnaient toutes les grandes routes commerciales :

1° Au nord vers Y Arménie, qui lui envoyait par le Tigre, sur des radeaux grossièrement construits, ses vins, ses chevaux, les produits de ses mines, et qui rapportait à dos d'ânes et de mulets les marchandises babyloniennes ;

2° Au nord-ouest vers Sardes, la capitale de la L\die, par la vallée de l'Euphrate, la ville d'Or fa (Édesse), les défilés de l'Anti-Taurus, la Cappadoce et la Phrygie;

3° A Y ouest vers Damas et Emalh, les deux entrepôts du commerce de Tyr et de la Phénicie, par la vallée de l'Euphrate et le désert de Syrie, où les ruines de Pabnyre et de Baalbeck attestent encore la puissance de ce commerce qui a pu créer au milieu des sables ces gigantesques caravansérails ;

4° Au sud vers Y Arabie, soit par Damas et Pétra, le grand entrepôt du commerce de l'Arabie septentrionale, soit par Gerra dans l'Arabie orientale, non loin des îles Bahrein, où les Arabes de l'Yemcn apportaient l'encens de \ ariaba, l'or de Saba, les perles, les pierres précieuses, le coton, que les caravanes des Gcrreens transmettaient jusqu'à Babylone ;

(i° A Yest, la grande route de lu Bactriane ri de VInde sans cesse foulée par des milliers de bêtes de somme qui apportaient ^> bords de l'Indus e! du Gange les cotons, les laines de Cachemire, les pierres précieuses d(> la Bactriane, les bols d'ébène, l'ivoire, l'acier indien, et qui remportaient en échange l'or ou

l'argent monnayé, les tapis, les pierres gravées, les armes de Babylone, la pourpre et la verrerie phéniciennes. Les principales etnpes, des bords de l'Euphrate à ceux de l' Indus, étaient Ecbatane en Médie, Hécatompyles au pied des monts du Khorassan, Aria, la moderne Hérat, Prophtasia, aujourd'hui Zarany, et Ortospana, où aboutissait également la route de Bactres. De là, par la vallée du fleuve Caboul, les caravanes atteignaient Peucela, la première ville indienne, et, franchissaient l' Indus, à peu près à la hauteur de la monerne Attock. On comptait de Babylone à Peucela 1,940 milles romains, 15,240 stades grecs, et environ 640 lieues kilométriques, que les caravanes parcouraient en moyenne en 160 jours.

Routes de caravanes en Afrique. Carthage. — En Afrique, les deux centres les plus actifs du commerce par caravanes, étaient Carthage et Thèbes en Egypte.

Malgré le soin qu'elle prenait pour dissimuler la route de ses caravanes comme celle de ses vaisseaux, Carthage n'avait pu empêcher la curiosité des voyageurs grecs de soulever un coin de ce voile mvsterieux. On savait que les nomades Nasamons et Garamantes, les ancêtres des Touaregs et des Tibbous, venaient chercher à Leptis, non loin de la moderne Tripoli, en échange des esclaves noirs, de la poudre d'or, de l'ivoire, des dattes, des pierres précieuses du Fezzan, les produits manufacturés de l'industrie carthaginoise et le sel qui manque aux fertiles contrées où coule le Niger; delà ils s'enfonçaient vers le sud dans les vallées du Fezzan et les steppes du r^ahara oriental, stationnaient à Zuilâh, à Augilâh, où venaient les attendre les caravanes parties des bords du Niger et du lac Tchad, gagnaient l'oasis de Siouâli (Ammonium) et arrivaient à Thèbes après 90 jours de marche.

Thèbes. — De Thèbes, les marchandises pouvaient descendre le Nil jusqu'à son embouchure où venaient les chercher les navires phéniciens, le remonter jusqu'en Ethiopie, ou se rendre à la mer Rouge par les routes de caravanes qui aboutissaient au port de Myos-IIormos.

Pour se rendre compte de l'histoire du commerce oriental, il ne suffît pas d'étudier les routes et les principaux objets d'échange ; il faut aussi jeter un coup d'œil sur les usages commerciaux, sur la condition sociale des marchands, etc.

Usages commerciaux. — Les usages changent peu en Orient, et l'on retrouverait encore aujourd'hui à Damas ou à Bagdad les procédés et les coutumes du commerce de Tyr et de Babylone, comme on suit sur les routes modernes les ornières tracées par les chars romains et phéniciens.

Des foires qui réunissaient la caractère religieux au crractère commercial, telles que celles de Haraa (Carrhes) sur l'Euphrate, de Jêr xsalem, de Pétra en Arabie, de Babas te et de Sais en Egypte, d'Opis en Babylonie, servaient de rendez-vous aux marchands.

Les marchés se concluaient soit directement, soit par l'entremise des interprètes qui exerçaient en même temps les fonctions de courtiers et qui formaient, comme en Egypte, une caste privilégiée.

Les douanes, les péages, les droits sur la vente, existaient dès'la plus haute antiquité : c'était le prix dont le commerce payait la liberté de circulation et la sécurité relative dont il jouissait.

Monnaies. Poids et mesures. — Le troc fut partout la première forme du commerce ; mais lorsque les relations devinrent plus fréquentes et plus compliquées, il fallut ramener à une valeur unique, connue de tous et facilement divisible, celle des innombrables marchandises qui pouvaient servir de matière aux échanges. Telle est l'origine de la monnaie. Chez les races agricoles et pastorales, comme les Mèdes et les Perses, le bétail fut la première monnaie de compte. En Egypte, l'or et l'argent interviennent, dès l'antiquité la plus reculée, comme mesure de la valeur des marchandises ; mais ils n'étaient pas monnayés : on les façonnait seulement en anneaux d'un poids et d'un titre variables, et qu'il fallait peser à chaque transaction nouvelle.

Quant à la monnaie sous forme de disques d'un poids constant et marqués d'une empreinte officielle, c'est à Babylone ou à la Phénicie qu'il faut en attribuer l'invention; mais la monnaie d'argent fut seule employée jusqu'au temps du roi de Perse Darius, qui fit le premier frapper des pièces d'or à son effigie.

La création d'un système de poids et mesures précéda nécessairement celle de la monnaie ; les Orientaux en avaient emprunté les unités aux objets les plus familiers, sinon les plus faciles à déterminer d'une manière scientifique. A Babylone, à Tyr, à Memphis, l'unité de longueur était la coudée (525 millimètres environ); la mesure itinéraire, la journée moyenne de piéton ou de caravane; les principaux poids étaient le talent ou kiccar (56 kilogr. 758) divisé en 60 mines et 3,600 sékels. Les noms des poids s'appliquaient également aux monnaies, dont la plus répandue était le sékel phénicien (3 fr. 10).

Dans ces temps reculés, il n'existait pas d'institutions de crédit proprement dites. Nous ne trouvons ni à Tyr ni à Babylone aucune trace de banques organisées comme celles du moyen âge et des temps modernes; mais le commerce de l'argent n'en était pas moins répandu : les riches marchands se faisaient en même temps banquiers, prêtaient à de gros intérêts et avaient pour garantie non-seulement les biens, mais la famille et la personne même du débiteur, qui pouvait devenir esclave s'il n'acquittait pas sa dette.

Condition des marchands. — Il ne paraît pas qu'en Orient le marchand ait été l'objet d'une sorte de mépris et de dédain comme dans la société romaine : à Tyr et à Carthage, les marchands formaient l'aristocratie de la cité, et c'était parmi eux que se recrutait le sénat; à Babylone et à Ninive, ils jouissaient d'une haute considération, et les rois mêmes de l'Orient ne dédaignaient pas de faire le commerce pour leur compte, comme le prouve l'exemple de Salomon.

Les Orientaux, étrangers à la liberté politique, ignoraient ces dédains aristocratiques qui firent plus tard considérer aux citoyens de Sparte et de Rome la politique et la guerre comme les seules occupations dignes d'un homme libre.

GIIAP1TRE IL

La Grèce. Sa situation maritime. — Pendant la période orientale, I Europe n'avait joué dans l'histoire «lu commerce el de la civilisation qu'un rôle a peu près passif. Les Étrusques dans la mer Tyrrhénienne, Corcyre, Argos, 1 Ile d'Égine en Grèce, avaient, il est vrai, une marine, mais incapable de rivaliser

avec celle des Carthaginois et des Phéniciens, et dont les courses se bornaient à un cabotage assez actif. Cependant, la Grèce devait à la nature une situation trop favorable pour ne pas essayer de saisir à son tour la royauté des mers quand elle aurait secoué la timidité de l'enfance et atteint l'âge des grandes entreprises. Baignée à l'ouest par la mer Ionienne, au sud par la Méditerranée, à l'est par la mer Egée (Archipel); touchant à l'Italie, à l'Afrique et à l'Asie, dentelée de mille promontoires, creusée de mille golfes capricieux, prolongée de toutes parts par ses îles jetées comme un pont sur l'Archipel et sur la mer Ionienne, la Grèce semble faite pour le commerce et pour la navigation : la mer l'enlace et la pénètre de toutes parts, non point sombre et orageuse comme celle qui bat les falaises d'Angleterre, mais étincelante de lumière, teinte, comme le disaient ses poètes, de reflets de pourpre et d'azur, aussi vite apaisée que soulevée, si gracieuse et si séduisante dans sa puissance, que les Grecs avaient fait naître de l'écume de ses flots la déesse même de la beauté, Vénus Aphrodite.

Le commerce grec avant les guerres médiques. — Pendant longtemps les Grecs se contentèrent do recevoir les leçons des Phéniciens : ils leur empruntèrent l'alphabet, les poids et mesures, peut-être la monnaie ; ils leur dérobèrent, malgré eux sans doute, le secret de la pourpre et de la fabrication du verre; mais vers le vme siècle avant Jésus-Christ, quand les orages soulevés par les émigrations doriennes furent apaisés, cette fièvre de mouvement, qui jusqu'alors avait mêlé les populations dans l'enceinte trop étroite de la Grèce, déborda d'abord sur les îles de l'Archipel, puis sur les rivages de l'Asie, de l'Afrique, de la Sicile, de l'Italie. Les Phéniciens reculèrent peu à peu et abandonnèrent la mer Egée ; les Grecs les poursuivirent dans la Méditerranée, se lancèrent sur leurs traces dans les mers d'Espagne et d'Afrique, et osèrent même leur disputer l'Océan : on raconte qu'une galère phénicienne, suivie au delà de Gadès par un navire grec, poussa l'héroïsme mercantile jusqu'à s'échouer plutôt que de livrer à des concurrents le secret de la route des îles Fortunées, ou du pays de l'ambre et de l'étain.

Le commerce grec après les guerres médiques. Corinthe et Athènes. — Depuis le temps des guerres médiques jusqu'au siècle d'Alexandre, huit grandes cités helléniques se partagèrent le commerce de la Méditerranée.

C'était en Grèce Corinthe, assise sur l'isthme qui porte son nom et touchant par ses deux ports à la mer Ionienne et à l'Archipel; Athènes, la reine du commerce et de l'industrie comme de la littérature et des arts, avec ses ports du Pirée, de Phaîère, de Mimychie, entrepôts des blés de la mer Noire, des bois de construction de la Thessalie et de la Macédoine, des métaux précieux de la Thrace, des laines de l'ionie et de l'Afrique, des vins de la Sicile et des îles de l'Archipel, des cuivres de l'île de Chypre et de l'Asie Mineurf , des fers de l'Italie, des esclaves scythes, syriens ou africains, qu'elle échangeai contre les huiles et le miel de l'Attique, les poissons salés, les produits de sa florissante industrie, statues de marbre et de bronze, orfèvrerie, étoffes de laine et de lin, riches teintures, parfumerie, ouvrages en cuir et en bois, etc.

Milet. — De l'autre côté de la mer Egée, sur les côtes de l'Asie Mineure, s'élevait la ville de Milet, la métropole de l'ionie et le débouché de» marchandises asiatiques qui venaient s'entasser dans les vastes entrepôts de Sardes.

Bysance. — A l'entrée du Bosphore, dans cette merveilleuse situation qui avait frappé dès le vne siècle avant Jésus-Christ les navigateurs grecs, les

Doriens de Mégare avaient fondé Byzance, l'entrepôt du commerce de la mer Noire, la future Constantinople.

Cyrène. Syracuse et Tarente. — En Afrique, entre l'Egypte et Cartilage, Cyrène disputait à la fois aux navires de Carthage le commerce maritime, et à ses caravanes les routes de l'Afrique intérieure.

Syracuse, colonie de Corinthe, servait de débouché aux blés, aux vins, aux huiles, aux soufres de la Sicile.

En Italie, Tarente avait hérité de la suprématie commerciale de Cumes et de Sybaris, et dominait à la fois la mer Ionienne et l'Adriatique.

Marseille. — Enfin en Gaule , Marseille, fondée par les Phocéens qui avaient fui leur patrie menacée par les Perses, couvrait de ses comptoirs les côtes de la Corse, de la Gaule méridionale et de l'Espagne, s'ouvrait par le cours du Rhône le chemin de la Gaule Celtique, et envoyait s?s navires pousser jusque sur les côtes de la Scandinavie d'audacieuses reconnaissances.

Colonies grecques de la mer Noire. — Cependant, les Grecs ne dépassèrent guère les limites qu'avaient atteintes depuis longtemps les Carthaginois et les Phéniciens, et la seule route nouvelle qu'ils ouvrirent au commerce fut celle de la mer Noire. Dès le vme siècle avant Jésus-Christ, la puissante Milet avait semé de nombreux comptoirs , depuis 1 Hellespont jusqu'au Caucase, Cyzique, Sinope, Cerasus, Trebizonde, sur les rivages de l'Asie Mineure; Olbia à l'embouchure du Dnieper (Borysthène), Tandis aux bouches du Don, Panticapée à la pointe de la Crimée; Dioscurias et Phasis, dans l'Abasie et la Mingrélie modernes. Ces villes étaient devenues d'immenses marchés pour les blés de la Russie méridionale, l'or des Carpathes et de l'Oural, les esclaves scythes, les fourrures que leur apportaient à travers les steppes du Don et de la Caspienne les caravanes des Argippéens, les Kirghiz de nos jours.

Le commerce grec depuis Alexandre. Alexandrie. — Les conquêtes d'Alexandre, la soumission de l'Asie jusqu'à l'Indus et jusqu'à l'Iaxarfes, l'exploration de l'Océan Indien par les flottes macédoniennes produisirent, au commencement du ine siècle avant Jésus-Christ, une immense révolution commerciale. La Grèce déborda sur l'Asie. Babylone, Bactres et Séleucie devinrent des capitales d'empires grecs; les Phéniciens perdirent la domination de l'Océan Indien, comme ils avaient déjà perdu celle de la Méditerranée, et ce grand courant des caravanes et de la navigation qui apportait à ïyr les marchandises de i'Inde, de l'Arabie et de l'Afrique se détourna vers une ville nouvelle destinée à devenir la métropole commerciale du monde romain : Alexandrie fondée par Alexandre à l'embouchure du Nil et capitale de l'empire des Ptolemées.

Tandis que Rhodes héritait dans l'Archipel de la suprématie d'Athènes et de Corinthe ruinées par les discordes de la Grèce ou par la conquête romaine; tandisque Tarente, Syracuse et Carthage tombaient sous les coups des Romains, Alexandrie attirait à elle toutes les richesses de l'Orient : les Ptolémecs rouvraient le canal de Néchao entre la mer Rouge et le Nil, et fondaient, à l'entrée de C8 canal, A rsi/ior, la moderne Suez; les comptoirs grecs se multipliaient depuis Arsinoé jusqu'à Adulée (Massouâ) h môme au delà du cap Guardafui; chaque année des flot les parties de Bérénice ou de Myos Hormos allaient chercher à Taprobane' aux bouches de rindus et du Gange, sur les côtes du Dekan, peutêtre jusqu'à Malacca, les marchandises de l'Inde.

Le commerce sous les Romains. — Les conséquences de la domi- Qatiffl romt'De si; firent Bentir moins profondément el surtout moins brusquement

que celles des victoires d'Alexandre. On a souvent accusé les Romains de s'être feits les ennemis du commerce et d'avoir étouffé sous la conquête avide et brutale l'aciivité des peuples vaincus. Cette accusation est exagérée. Si les Romains dédaignèrent le commerce pour eux-mêmes, ils le laissèrent faire aux autres; s'ils renversèrent Carthage, que du reste ils relevèrent plus tard, et Corinthe déjà à demi ruinée, ils n'apportèrent aucun obstacle au développement des autres grandes cités commerçantes, Marseille, Rhodes, Alexandrie, Carthagène, Gadès. Ces admirables voies romaines qui sillonnèrent l'empire de l'Euphrate à l'Atlantique, des cataractes du Nil et du plateau de l'Atlas au Hhin, au Danube et aux Carpathes, devinrent autant d'artères qui portèrent jusqu'aux extrémités du monde romain le mouvement et la vie ; les grands fleuves de la Gaule et de la Germanie, le Rhône avec ses ports florissants $ Arles, d,Avigno?i et de Lyon, la Loire avec Orléans et Nantes, la Garonne avec Toulouse et Bordeaux, la Seine avec Lutêce et Rouen, le Rhin avec les villes à la fois militaires et commerçantes de Cologne, de Mayence, de Strasbourg, le Danube avec Vienne et Sirmium, se couvrirent de barques et de radeaux, et rivalisèrent avec les routes de terre; les armes romaines ouvrirent au commerce les contrées inconnues de la Grande-Bretagne et de la Germanie; les vices mêmes de la civilisation romaine contribuèrent dans une certaine mesure à l'activité commerciale.

En Italie l'abandon de l'agriculture et l'extension démesurée de la grande propriété donnèrent au commerce des céréales de Sicile, d'Afrique et d'Egypte une immense importance, et en firent l'une des grandes préoccupations de l'administration romaine : il fallait nourrir ces sept ou huit cent mille prolétaires avides et turbulents qui se pressaient dans l'enceinte de Rome; il fallait jeter en pâture à leur dangereuse oisiveté les spectacles du cirque, et faire combattre sous leurs yeux les tigres de l'Hyrcanie, les lions de l'Atlas, les éléphants de l'inde, les hippopotames du Nil, les girafes du Soudan. Ce luxe romain, qui dépassa tout ce qu'avaient pu rêver les cours de l'Orient, mettait en mouvement des milliers de navires qui allaient chercher les esclaves noirs de l'Ethiopie, les épices et les mousselines de l'Inde, les parfums de l'Arabie, les perles et les pierres précieuses du golfe Persique, l'ivoire du Soudan, les fourrures de la Scythie et de la Germanie, le corail de Malte et de Cyrène, les laines fines de la Syrie et de l'Espagne, les soieries de la Chine et de l'Inde qui valaient leur pesant d'or, la pourpre de Tyr qui se payait 400 francs le 4/2 kilogramme, les tables de cèdre, d'ébène et de thuya qui coûtaient jusqu'à 260,000 francs; les papyrus de l'Egypte, les vins et les huiles de l'Asie Mineure, de la Grèce et des îles de l'Archipel, les oranges de l'Espagne, les chevaux de luxe de la Cyrénaïque, les mules de la Gaule, etc.

Enfin, on ne doit pas oublier que ce fut le génie d'un Romain qui devina l'avenir de Ryzance et qui en fit, sous le nom de Constantinople, la seconde capitale du monde, et la première ville de commerce de la Méditerranée.

Condition des marchands en Grèce et à Rome. — Nous connaissons mieux les institutions commerciales des Grecs et des Romains que celles de l'Orient, bien qu'il n'ait jamais existé à Athènes ni à Home un ensemble de lois spéciales analogue, par exemple, à notre code de commerce.

Dans les républiques grecques dont le commerce était la vie, la loi et l'opinion s'accordaient à l'honorer, et les citoyens les olus illustres ne rougissaient pas

de s'y livrer. A Rome, au contraire, ce peuple de soldats, de politiques et d'agriculteurs, professa toujours pour toute occupation mercantile un superbe mépris : non-seulement le citoyen romain se serait cru déshonoré en exerçant une de ces professions manuelles réservées aux esclaves, mais il dédaignait le commerce de détail qu'il laissait aux affranchis ou aux étrangers; le commerce en gros que Cicéron, malgré son double orgueil de Romain et de philosophe, n'osait condamner tout à fait, était interdit par la loi aux sénateurs. Toutefois, les riches Romains entendaient trop bien leurs intérêts pour ne pas éluder une semblable défense et se fermer une source aussi abondante de revenus; tantôt ils se dissimulaient sous le nom d'un affranchi à qui ils fournissaient des fonds ; tantôt ils trouvaient moyen de mêler aux affaires d'État les opérations commerciales en se faisant adjudicataires de la ferme des impôts, des douanes, des fournitures publiques, etc. Ce fut ainsi que se formèrent les immenses fortunes des publicains, les fermiers généraux de l'antiquité, et que se développa un principe nouveau inconnu à l'Orient et peu appliqué en Grèce : celui de l'association. Surtout dans les derniers temps de la république, une véritable fièvre de spéculation s'était emparée du peuple romain ; de puissantes compagnies exploitaient toutes les branches du commerce, de l'industrie et du revenu public. Les petits métiers eux-mêmes et le commerce de détail s'organisaient en corporations souvent riches et patronées par d'illustres personnages qui leur prêtaient ou leur vendaient leur appui. Sous l'empire, corporations et compagnies continuèrent d'exister; quelques-unes même, telles que les associations pour les transports par eau et pour le commerce des céréales, prirent de nouveaux développements; mais soumises envers l'État à des obligations onéreuses, enchaînées par des règlements qui comprimaient toute initiative et toute liberté, elles finirent par s'abîmer au milieu de la dissolution générale du monde romain.

Commerce de l'argent. — Athènes et Rome, non plus que Tyr ou Cartilage, n'eurent jamais de véritables institutions de crédit; mais la circulation monétaire et le commerce de l'argent y prirent une extension inconnue en Orient. Dès le vne siècle avant Jésus-Christ, les grandes cités grecques avaient déjà leurs monnaies de cuivre (obole = 15 centimes) et d'argent (drachme — 90 centimes) ; elles frappèrent plus tard des monnaies d'or appelées statèrcs, du poids de deux drachmes d'argent, et qui, d'après le rapport existant à cette époque entre la valeur des deux métaux (1 : 40), devaient représenter environ 20 francs de notre monnaie.

Rome n'eut jusqu'à la première guerre punique d'autre monnaie que l'as, lourde pièce de cuivre qui fut remplacée dans le courant du mc siècle avant Jésus-Christ par les monnaies d'argent : sesterce (21 centimes), denier (84 centimes), et d'or : aureus — 2i francs, demi-aureus, etc.

La variété des monnaies donna naissance, dans \r- républiques grecques, ;i la profession de changeur. Peu à peu les offices de change devinrent en même temps des banques de dépôt h de liquidation , qui Introduisirent ïi Athènes el plus tard ;i Rome l'usage <!<•- chèques et i\c^ virements ; mais les banquiers athéniens, an lieu <l(> faire les affaires pour leur compte, servaient surtout d'intermédiaires «Mitre les particuliers, ci jouaient plutôt le rôle de nos agents de change et «le nos notaires que de nos banquiers modernes.

A Rome, les argentarii, qui se réunissaient sur le forum, près de la statue de Janu-. exerçaient les mêmes fonctions, enregistraient les contrats «l»* venir et d'achat, gardaient les titres en dépôt, prêtaient parfois leur nom à des person-

nages connus qui ne voulaient pas compromettre leur signature dans des opérations usuraires, et se chargeaient même de poursuivre les recouvrements.

Taux de l'intérêt. — Le taux de l'intérêt resta toujours fort élevé pendant toute l'antiquité, malgré les lois et le déchaînement de l'opinion publique contre l'usure : à Athènes, il ne tomba jamais au dessous de 4 2 %; à Rome, il oscilla entre 42 et 18, et, dans certaines opérations, quand il s'agissait par exemple de spéculations sur le commerce maritime, il atteignait parfois le taux exorbitant de 50 ou 60. Caton l'ancien et Brutus ne dédaignaient pas de rabaisser à ce trafic lucratif leur orgueil de citoyens romains et leur vertu stoïcienne; la loi, tout en essayant de modérer l'usure, protégeait le créancier par des dispositions d'une sévérité draconienne.

Les droits de douane entrèrent dans l'économie des finances grecques et romaines comme une des principales branches du revenu public. En Grèce, ils étaient généralement de 2 % de la valeur à l'importation et à l'exportation ; dans l'empire romain, ils s'élevaient en moyenne à 2 4/2 %; niais, sur certains articles de luxe, ils montèrent jusqu'à 12 et 16 %.

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