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DES CINQ COMPTES GÉNÉRAUX

Effets a recevoir1, Effets a payer2, Pertes et Profits, pour le débiter ou le créditer, selon la nature de l'opération dont il faut passer l'écriture : c'est à-dire sons le nom de Marchandises générales, lorsqu'il s'agit de marchandises; sous le nom de Caisse, s'il s'agit d'espèces; sous le nom d'EFfets a recevoir ou a payer, quand il s'agit de billets; enfin, sous celui de Pertes et Profits, lorsqu'il y a gain ou perte.

Avant de poursuivre, il convient de faire remarquer combien cette ingénieuse convention introduit d'ordre dans la comptabilité et répand de clarté sur les écritures.

D'abord, en employant des noms différents selon la nature de l'opération dont on doit passer écriture, toutes les affaires se trouvent nécessairement classées par nature d'opérations : les articles de marchandises t-ont au compte de Marchandises générales; les articles d'espèces, au compte de Caisse; les gains ou les pertes, au compte de Pertes et Profits ; et ainsi de suite.

En second lieu, le négociant x étant débité sous le nom de Marchandises générales ou de Caisse, etc., quand il reçoit des marchandises ou de l'argent, etc., le débit de ces comptes se compose de la recette ou de Ventrée de ces valeurs; et comme il est crédité au contraire sous les noms de Marchandises cénérales ou de Caisse, etc., quand il fournit des marchandises ou donne de l'argent, etc., le crédit de ces comptes se compose de la sortie de ces valeurs. Appliquant le même raisonnement aux autres comptes généraux, on voit que le débit est encore Ventrée, et le crédit la sortie.

Ainsi ces comptes généraux, qui représentent le négociant, et qui ne sont autre chose que des subdivisions de son compte général, ont pour but de classer les affaires, d'abord par nature d'opérations, et ensuite par débit et par crédit, ou, en d'autres termes, par entrée et sortie : ce qui donne les moyens de suivre tous les mouvements des affaires sur lesquelles on opère.

Tels sont l'origine, le but et l'utilité des comptes généraux de la méthode en partie double.

Tous ces développements nous ont paru nécessaires pour donner une idée juste des comptes généraux et faire sentir qu'ils ne sont pas des comptes abstraits et imaginaires, mais bien le négociant lui-même ou son compte général subdivisé en plusieurs comptes diversement dénommés.

Voilà le seul point qui puisse présenter quelque obscurité dans les parties doubles; aussi ne faut-il pas l'abandonner avant de l'avoir parfaitement éclairci.

Rien ne serait moins difflicile que de passer écritures des opérations au Journal, si l'on y laissait subsister le nom du négociant x; mais comme on doit le faire disparaître en le remplaçant par les cinq comptes généraux, cette marche exige plus d'attention.

1. Traites, billets, mandats ou effets divers dont on doit recevoir le montant.

2. Acceptations, billets, mandats ou effets divers dont on doit payer le montant.

Appliquons maintenant le principe fondamental déjà posé (18), en le modifiant selon la précédente convention (22) qui consiste à substituer au nom du négociant celui d'un des cinq comptes généraux qui le représentent, et passons écriture en véritable partie double des opérations déjà proposées.

Applications aux objets déjà donnés.

23. 1° Dans cette première opération, J'ai vendu à Guillaume 5 pièces de vin à 420 fr. l'une.

Qui est-ce qui reçoit? c'est Guillaume; donc il faut le débiter (18).

Qui est-ce qui fournil? c'est moi, x; donc il faut me créditer, mais sous le nom de Marchandises générales, d'après la convention précédente (22), et écrire au Journal :

Guillaume doit à Marchandises générales fr. G00 pour vente que je lui ai faite de 6' pièces de vin à 120 fr. Vune 600

2° Dans la seconde opération,

J'ai acheté à Paul une balle de laine de 1000 fr.

Qui est-ce qui reçoit? c'est moi, x; donc il faut me débiter, mais sous le nom de Marchandises générales (22).

Qui est-ce qui donne? c'est Paul ; donc il faut créditer Paul et écrire au Journal :

Marchandises générales doivent à Paul fr. 1000 pour achat que je lui ai fait d'une balle de laine ,...."... 1000

3° Dans la troisième opération, J'ai compté à Paul 4000 fr. ex espèces;

Qui est-ce qui reçoit? c'est Paul; donc il faut débiter Paul. Qui est-ce qui donne? c'est moi; il faut donc me créditer, mais sous le nom de Caisse (22), et écrire au Journal :

Paul1 à Caisse fr. 1000, à lui comptés en espèces 1000

k° Enfin, dans la dernière opération:

Pierre m'a remis un billet à mon ordre, au 10 mai, de 5000 fr. Qui est-ce qui reçoit? c'est moi; donc il faut me débiter, mais sous le nom d'EFFETS a recevoir (22).

Qui est-ce qui donne? c'est Pierre ; donc il faut créditer Pierre et écrire :

Effets a recevoir à Pierre fr. 3000 pour son billet à mon ordre, au 10 mai prochain, qu'il m'a remis 3000

Telle est exactement la manière de passer écriture au Journal en partie double.

Certes elle est loin de présenter une difficulté réelle, dès que, connaissant le principe fondamental, débiter celui qui reçoit et créditer celui qui donne,on s'est, en outre, familiarisé avec cette convention qui veut que

1. Dans la pratique on supprime le doit, dont le retour serait trop fréquent.

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