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SUBDIVISIONS DU COMPTE DE MARCHANDISES GÉNÉRALES

116. Le compte des Marchandises générales a beaucoup de subdivisions ; en effet, on pourrait ouvrir un compte particulier à chacune des espèces de marchandises sur lesquelles on commerce ; mais il faut bien se garder de multiplier ces comptes sans nécessité; on doit se contenter d'en ouvrir aux branches les plus importantes, et lorsqu'on tient absolument à connaître le gain particulier recueilli dans chacune.

On peut donc ouvrir les subdivisions suivantes :

1° Un compte de laines, de fers, de vins, etc., etc.;

2° — de marchandises en société ou en participation, ou

de compte à 1/2, à 1/3, etc.; 30 — de marchandises en commission ou en consignation

chez un tel ; 4° — d'usine, de manufacture, de fabrique, etc., de

matières premières, de main-d'œuvre, etc.; 5° — de navire le ***;

6° — de cargaison;

7° — d' 'armement;

8° — d'intérêt sur tel navire ou dans telle société industrielle;

9° de pacotille ;

10° — de foire.

Du compte de laines, de fers, de vins, etc.

117. On a déjà dit qu'on débite chacun de ces comptes toutes les fois qu'on reçoit de l'espèce de marchandises dont il porte le nom, et qu'on le crédite au contraire toutes les fois qu'on en fournit.

Du compte de marchandises en société ou en participation, ou de compte à 1/2, à 1/3, etc.

118. Lorsqu'on est chargé de l'achat et de la vente de marchandises en société :

Il faut d'abord débiter nominativement le compte de chaque associé de sa part du prix coûtant des marchandises en société, et, pour notre part, nous nous débitons sous le nom de Marchandises générales, en créditant dans le même article le compte qui a fourni le prix de l'acquisition, comme la Caisse, si l'on a payé comptant.

Ensuite on ouvre le compte de Marchandises en société, qui est destiné à représenter la société dans son ensemble.

On débite le compte de Marchandises en société, de la totalité des frais, des dépenses ou débours quelconques;

On le crédite de tous les produits des ventes, sans partager chaque fois tous les articles comme on l'a fait pou'* Tachât :

De cette manière, l'excédant du crédit sur le débit présente claire-

ment le produit net de l'opération à partager par égale portion entre tous les intéressés.

On solde le compte en le débitant de la différence quelconque du débit au crédit en faveur des associés, entre lesquels cette différence est divisée : ils sont donc crédités chacun de sa part; et pour la nôtre, pareille à la leur, on crédite Marchandises générales (1).

Si l'opération est faite par une autre personne chargée de l'achat et de la vente des marchandises en société, on débite ce compte seulement de notre part de l'achat en créditant le créancier ordinaire.

On crédite le même compte de notre part du produit net des marchandises, dès qu'il est connu, en débitant le compte de l'intéressé qui en a effectué la vente.

Du compte de marchandises en commission ou en consignation chez un tel.

119. Quand on envoie des marchandises en consignation chez un correspondant, ou pour vendre à la commission, pour notre compte, on ne peut pas débiter ce correspondant; car tout consignataire ne doit rien jusqu'à ce qu'il ait opéré la vente.

11 faut donc ouvrir un compte de Marchandises en consignation chez un tel.

On le débite de la valeur de ces marchandises, de la commission qu'on lui alloue et de tous les frais et débours qu'elles occasionnent; on le crédite du produit des ventes lorsqu'on en reçoit l'avis.

La différence ou solde, qui détermine la perte ou le gain, est passée par le compte de Pertes et Profits.

Du compte d'usine, de manufacture, de fabrique, de matières premières, de main-d'œuvre, etc.

120. Quand on possède une usine, une fabrique de produits quelconques ou un bâtiment pour l'exploitation d'une industrie, il faut lui ouvrir un compte particulier sous son nom.

On le débite d'abord du prix de l'achat de l'immeuble, ou de la valeur du fonds de l'usine ; du coût des ustensiles, des matières premières, de la main-d'œuvre, des appointements des commis, des frais généraux, des réparations, en un mot, de tous les débours faits à son occasion. On le crédite du montant de la vente des produits de l'usine.

Enfin on solde le compte par celui de Pertes et Profits, après avoir porté au crédit la valeur de l'immeuble, du fonds, du matériel des matières premières non encore utilisées, au prix d'achat, ou des produits fabriqués invendus, qu'il faut estimer au prix de revient.

Une usine peut faire l'objet d'un seul compte quand elle appartient à un négociant qui opère sur tous les genres de commerce, et qui ne

1. Pour de plus grands développements, voir le Traité des comptes en partielnation. Livre X.

veut connaître que le produit net de son usine ; mais lorsque c'est un fabricant qui n'exerce qu'une seule industrie, il est rare qu'il ne veuille pas se rendre compte dans les plus grands détails et en particulier du mouvement de ses matières premières, du coût de la main-d'œuvre, des frais généraux, etc., afin d'établir avec connaissance de cause le prix de revient de ses produits. Alors on subdivise le compte d'usine ou de fabrique et l'on crée des comptes particuliers de matières premières, de maind'œuvre, de machines et ustensiles, de frais de fabrication et autres dont on sent le besoin (1).

L'application du principe fondamental des parties doubles n'en est pas plus difficile ; il suffit de débiter chacun de ces comptes lorsqu'on fait un débours à son occasion, et de créditer chacun des recouvrements qu'il nous procure.

Du compte de navire le ***.

121.' Lorsqu'on possède ou qu'on achète un navire, on lui ouvre un compte sous son nom.

On le débite, d'abord de sa valeur ou du prix d'achat; ensuite, de tous les débours auxquels il donne lieu : tels qu'achat de cargaison, frais d'armement, d'assurances et gages d'équipages, etc., etc.

On le crédite de tous les produits qu'il donne par le fret, les passagers ou la vente de la cargaison.

Quand on vend le navire, on le crédite du prix de vente, et l'on solde le compte par Pertes et Profits.

Quand on ne le vend pas, on le crédite, lors de la balance, de sa valeur actuelle, en l'estimant chaque année pour une valeur moindre du dixième ou du vingtième plus ou moins, selon la durée du navire, son âge, les fatigues ou les avaries qu'il a souffertes dans le dernier voyage, et l'on solde par le compte de Pertes et Profits.

On peut ouvrir des comptes séparés de cargaison, d'armement et de désarmement du navire.

Du compte de cargaison de tel navire.

122. On le débite de tous les achats de marchandises composant la cargaison, des frais, des assurances, etc.; on le crédite du produit de la vente et on le solde par le compte de Pertes et Profits, ou bien encore par le compte de navire, qui se trouve ainsi crédité du produit net de la cargaison.

Du compte d'armement de tel navire.

123. Lorsqu'on ouvre un compte d'armement à chaque voyage d'un navire, on le débite des frais d'armement.

On le crédite de ce qu'il produit pour passagers, et en fret ou prix de transport des marchandises qu'on y charge.

1. Pour de plus grands développements sur ces derniers comptes, il faut consulter la Comptabilité des usines à fer, 340 et suivants.

On solde le compte d'armement par le compte du navire, qui se trouve ainsi crédité du produit de l'armement, ou encore on solde directement par le compte de Pertes ou Profits.

Lorsqu'on n'ouvre qu'un seul compte pour le navire, l'armement et la cargaison, on le tient quelquefois à doubles colonnes : l'une renfermant les sommes relatives à la cargaison, et l'autre, celles qui concernent l'armement et le navire.

Du compte d'intérêt sur tel navire ou dans telle société industrielle.

12^. Quand on prend un intérêt dans une opération quelconque, on ouvre uji compte spécial à cette opération.

On le débite du versement de fonds effectué, des appels de fonds qui pourraient être faits dans la suite, et enfin de tous les déboursés qu'occasionne l'opération.

On le crédite des dividendes ou produits quelconques, et l'on 3olde le compte par Pertes et Profits.

* Du compte de pacotille.

125. Quand on confie une pacotille à quelque capitaine ou subrécargue, on ouvre un compte spécial à Pacotille.

On le débite du prix coûtant de la pacotille, de tous les frais quelconques d'emballage, fret, assurances, commission ou autres.

On le crédite du produit de la vente de la pacotille, et on le solde par le compte de Pertes et Profits.

Si celui qui est chargé de la vente de la pacotille doit rapporter des marchandises, il faut attendre, bien qu'on ait reçu de lui son compte de vente, que les marchandises soient arrivées; alors on crédite le compte de pacotille de leur valeur approximative en débitant le compte de Marchandises générales.

Ou encore, on peut attendre que ces marchandises soient, vendues, pour créditer du produit net seulement le compte de Pacotille que l'on solde enfin par le compte de Pertes et Profits.

Cette dernière manière est préférable, parce qu'on perd souvent à la réalisation des retours ce qu'on avait gagné dans la vente de la pacotille, et que le bénéfice réel ou la perte ne peuvent être justement appréciés qu'après cette réalisation.

Du compte de telle foire.

126. Si l'on envoie des marchandises dans une foire, on peut également ouvrir un compte à cette foire.

On le débite de la valeur de ces marchandises et des frais uéboursés.

On le crédite de tous les produits des ventes, de la valeur des marchandises invendues et rapportées, et l'on porte le solde, qui présente le gain ou la perte, au compte des Pertes et Profits.

On peut subdiviser le compte de marchandises générales pour beaucoup d'autres cas ; mais il est facile de concevoir ces subdivisions, de les tenir et de les solder par analogie.

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