DES CHAUSSÉES PAVÉES
voitures et aux chevaux ; en revanche celle des piétons y est peut-être plus active que dans aucune rue de Paris. Eu outre, il s’y efïeclue beaucoup de transports à la brouette et sur de petites voitures traînées par des hommes. Cependant ce pavé résiste très-bien. Ou l’entretient à peu de frais très-propre et très-uni.
De T Entretien da pavé.
On ne doit, dans aucun cas, faire exécuter ou entretenir une chaussée pavée par des cantonniers isolés , mais par des ateliers composé de plusieurs ouvriers, entre lesquels on divise le travail d’une manière convenable. Il faut que le maître paveur se borne à arranger les blocs qu’on lui’présente et aies mettre en place, et qu’il ait à sa disposition des manœuvres chargés de piocher la forme, de la regarnir, de lui apporter les pavés dont il a besoin et de les frapper à la hie après la pose.
Une chaussée pavée doit être réparée aussitôt qu’elle est devenue trop inégale. -Tous les pavés enfoncés doivent être arrachés et rehaussés.
Tous ceux qui sont brisés doivent être enlevés et rebutés ; si cependant , malgré les éclats qui en ont été détachés , ils ont encore au moins 16 centimètres dans tous les sens, ils doivent ^tremisà part et retaillés, pour être ensuite vendus ou employés sur des parties de chaussées neuves.
Lorsqu’une chaussée pavée est par trop bou- ■leversée , on doit la refaire complètement. C’est ce qu’on appelle la relever bout à bout. A cet
effet , on arrache tous les paves, on les met en tas sur raccolement , on repioche la forme et on refait la chaussée à neuf. Il est bon de faire toujours les réparations partielles à temps , car on retarde ainsi un bouleversement complet, et par conséquent on éloigne l’époque du relevé à ' iout, opération qui est toujours très-pénible parce qu’elle gêne la circulation.
Ce que nous venons de dire n’est rigoureuse-, ment vrai que pour les chaussées posées sur sa- , l)Ie ; mais on peut l’appliquer avec une légère modification à celles qui sont garnies en maçonnerie. Voici les deux règles qiii doivent s’appliquer à celte dernière classe d’ouvrages :
1°. Tout joint qui a été dégarni de mortier . par une cause quelconque doit être regarni;
2°. Tout pavé brisé doit être changé;
3o. Tout pavé enfoncé doit non- seulement être relevé , mais il faut en outre démolir la forme sur laquelle il repose , et la regarnir de mortier.
Aucun des principes que nous venons d’énoncer n’est contesté ; cependant on avait , sous l’Empire, proposé de faire entretenir les chaussées pavées par des cantonniers. Mais on re- ,Jionça bientôt à cette méthode qui fut reconnue inapplicable, et les réglemens tombèrent en désuétude.
Parallèle entre les chaussées pavées et les chaus».
• sées empierrées.
V Xa comparaison que nous allons faire nous entraînerait beaucoup trop loin si nous voulions comparer toutes les espèces de chaussées pavées
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a toutes les espèces de chaussées empierrées; mais elle devient fort simple lorsqu’on borne l’examen aux plus usitées d’entre elles.
Nous allons donc choisir, entre toutes celles que nous avons décrites, les suivantes :
La chaussée pavée en blocage ;
La chaussée pavée en échantillon ;
La chaussée empierrée ordinaire ;
La chaussée sablée.
Et nous allons faire une énumération complète de leurs qualités.
1«. Toute chaussée pavée est dure , raboteuse et cahotante, même lorsqu’elle est neuve.
Lorsqu’elle subit l’action du roulage, les matériaux qui la composent s’enfoncent , elle devient de plus en plus mauvaise ; mais il est trèsrare que les matériaux se perdent complètement dans le sol et que la route soit coupée.
Si on veut la maintenir en bon état, on ne 'peut le faire que par un entretien très-dispendieux; mais, lorsqu’on veut se contenter de la maintenir viable, il suffit de très-peu de frais.
L’action du roulage brise quelquefois les pavés en éclats , mais elle ne les broie jamais complètement ;’aussi se forme-t-il beaucoup moins de boue sur les chaussées pavées que sur celles qui sont empierrées.
2®. Les chaussées pavées en blocage sont tellement dures, qu’on doit ne jamais en établir sur les routes très-fréquentées par le roulage , parce qu’il en résulte une trop grande perte pour l’industrie du pays. Leurs surfaces inégales préjudicient non-seùlement aux voitures, mais sont encore très-fatigantes pour les piétons. Leur
établissement est en ge'néral peu dispendieux..
3o. Les chaussées pavées en blocs d’échantillon sont dures pour les voitures , mais bonnes pour les piétons. Leur établissement coûte fort cher. On en aura une idée lorsqu’on saura qu’à Paris un seul pavé tout posé ne revient pas à moins de 40 ou 50 cent. Leur entretien coûte aussi des frais considérables.
4o. Les chaussées empierrées eti petits matériaux sont les meilleures qu’il soit possible d’avoir pour la circulation des voitures. En tout état elles sont plus fatigantes pour les piétons que le pavé d’échantillon. La poussière en été, la boue pendant îes pluies et après les dégels , contribuent à les rendre mauvaises.
Conséquences :
lo. Lorsqu’on veut rendre une certaine partie de route viable, faire peu de frais pour son établissement et son entretien, qu’on ne tient pas à ce qu’elle soit bonne, mais seulement praticable en tout temps , nous croyons qu’on n’a rien de mieux à faire , surtout dans les terrains humides, que de la paver en blocage, ou en cailloux roulés, si la localité en fournit.
! ’ 2°. Lorsqu’une route est très-fréquentée par les voitures , et peu fréquentée ^r les piétons , elle doit être empierrée. Sur toutes nos routes , on doit se contenter de pratiquer sur les côtés une ou deux banquettes pour les piétons; quant à la chaussée , on doit l’abandonner complètement aux voitures , et par conséquent l’empierrer.
3°. 11 nous reste à expliquer pourquoi nous proposons de paver toutes les rues de nos villes
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sans exception. Tout homme qui a examiné jus* qu’à quel point le pavé des rues de Paris s’enfonce sous le poids des voitures, et se couvre de houe à la suite d’une pluie de quelques heures , sera convaincu qu’un empierrement n’y serait possible qu’autant qu’on lui ferait subir des réparations de tous les instans. Or, ces réparations gêneraient certainement la circulation , avec quelque régularité qu’elles fussent exécutées.
• Mais , en supposant qu’on parvînt à vaincre cet obstacle , on aurait encore à résoudre une difficulté qui n’est rien sur les grandes roules, et qui serait très*grande dans les rues. Nous voulons parler de l’ébouage. Les chaussées des routes étant spécialement faites pour les voitures, peuvent être boueuses jusqu'à un certain point sans qu’il en résulte un grand mal. Les rues de nos villes sont , au contraire , plut^ faites pour les piétons que pour les voilures ; or, il est impossible de mettre ceux-ci dans la nécessité de traverser fréquemment des chaussées sales, ou de les exposer à être éclaboussés, lors même qu’ils marcheraient sur les trottoirs, par les chevaux qui piétineraient à leurs côtés. On l’a cependant fait à Londres; mais il paraît qu’on ne l’a tenté que dans les rues habitées par l’aristocratie, et où il passe plus de voitures que d’hommes à pied ; encore les plaintes réitérées de ceux-ci ont-elles souvent été si fortes, qu’on a été plusieurs fois sur le point de renoncer à cet usage très-déraisonnable sous tous les rapports.