‹ Manuel et code d'entretien et de construction, d'administration et de police des routes et des chemins vicinaux résuméChapitre 15 sur 68 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DES PLANTATIONS d’aRBRES, DES HAIES, DES MURS, DES BORNES MILIAIRES^ES BORNES-FONTAINES.

Les considérations qui suivent terminent ce que nous nous proposons de dire sur l’établis' sement et l’entretien de la surface des routes. Elles sont certainement d’un intérêt moindre que celles .dont nous les avons fait précéder; aussi les présenterons-nous d’une manière très* aommaire. Mais nous n’avons pas cru devoir les supprimer, parce que, dans un sujet aussi im* portant que celui qui nous occupe, on ne doit pas négliger les plus petits détails.

En France, les propriétaires sont généralement tenus de planter des arbres le long des rdutes qui bordent leurs propriétés. Il existe des réglemens formels sur cette matière, et ils ont été exécutés dans beaucoup de localités. On n’a, du reste, rien prescrit sur le choix des espèces. Tantôt on plante des arbres à tige haute et nue qui forment rideau ; tantôt, au contraire, on les choisit touffus, de sorte que pendant une partie de la journée ils projettent leur ombre sur la route , et que toujours ils s’opposent plus ou moins à l’action desséchante du vent.

11 est évident que le législateur , en faisant ces prescriptions , a eu pôur objet de décorer les routes de deux rideaux d’arbres d’un effet

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agréable à l’œil. Mais il faut convenir que si cette décoration est bien choisie pour les routes du midi de la France, qui ont plus à craindre les rayons du soleil que l’action délétère des pluies , elle est d’un effet très-prejudiciable sur nos routes du nord. On l’a très-bien senti en Angleterre , où on fait > aujourd’hui couper les arbres sur les bords des routes , et où on ne tolère aucune haie qui s’élève au-dessus du sol de plus de 1“,45.

J . On pourrait croire , au premier abord , que c’est pour une raison semblable qu’aujourd’hui en France on fait éclairer sur 20 mètres de largeur au-delà de chaque fossé toutes les routes qui traversent les bois et les forêts. Mais les réglemens qui prescrivent cette mesure et qui sont déjà fort anciens ont été rendus dans des vues de sûreté publique, et non pas dans un but de conservation. C’est la même cause qui avait fait récemment proposer d’obliger, tlans les départemens formant l’ancienne Vendée, à couper les haies qui bordent les chemins à la hauteur de lin,20.

> ■ Aujourd’hui il est bien reconnu que les plantations régulières d’arbres sont très-préjudiciables à la conservation des routes. Comme dans quelques parties de la France on a jusqu’à présent conservé à celles-ci une largeur excessive, il est possible que le milieu de la chaussée n’^ ait pas ressenti un dommage notable , mais on ne peut certainement pas en dire autant des accotemens.

i II n’est permis de conserver quelques arbres sur les routes que dans un but de commodité .

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pour les voyageurs qui les parcourent en été. Mais alors il faut les placer à des distances un peu considérables les uns des autres. Il est même bon de les planter à quelques mètres du fossé extérieur de la route , dans un petit terrain spécialement acquis pour cet usage. On pourrait même, comme cela se pratique dans quelques parties de l’iialie, adosser des bancs de pierre à quelques-uns de ces arbres.

Dans plusieurs localités, on tend à substituer des murs aux haies qui servaient autrefois à limiter les propriétés. Cet usage peut être avantageux aux propriétaires , en ce qu’un mur n’occupe qu’un espace rigoureusement égal à son épaisseur, tandis qu’une haie pousse des racines <jai s’étendent au loin. Mais il produit un effet très-disgracieux ; en outre les murs font encore plus de mal aux routes que les arbres, parce qu’ils arrêtent davantage les rayons du soleil, et qu’ils s’opposent d’une manière plus efficace à la circulation de l’air. Comme un mur est lin ouvrage de maçonnerie assez dispendieux, il est fort difficile de rectifier les alignemens des routes qui en ‘sont bordées, parce qu’il faut payer aux propriétaires des indemnités plus élevées. Nous connaissons des chemins vicinaux fort important, qui sont devenus- depuis longues années trop étroits pour les besoins de la circulation, qui sont d’ailleurs si mal tracés qu’il en résulte de très-grandes pertes pour tous les habitans de la localité, et qu’on ne rectifie pas , parce qu’ils sont bordés sur toute leur longueur de murs très-bien construits, et qu’il serait trop coûteux de faire abattre. On s’est

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contenté de donner un alignement aux proprié* taires riverains , et de les forcer à ne pas le dé> passer lorsque leurs anciens murs s’écroulent.

On a reconnu depuis long -temps qu’il est utile de faire borner les routes. Le bornage consiste à placer sur l’arête extérieure de la voie , et à des distances convenues , des pierres taillées , sur lesquelles on grave la distance du point où elles sont établies à un repaire fixe. Le repaire est pour le^ routes royales le centre de Paris. Les bornes sont espacées de 2000 mètres ou d’une demi-lieue de poste. Chaque borne porte un n® d’ordre. Lorsqu’on en rencontre upe sur la route qu’on parcourt , on n’a qu’à lire le nombre qu’elle porte, en prendre la moitié , et on a la distance à laquelle on se trouve de Paris exprimée en lieues de poste.

11 est plus utile qu’on ne le pense de faire borner les routes principales d’un pays. Les ’ bornes ont le double avantage de servir à fixer l’étendue des relais de poste, et en outre d’être des points de repaire dont on peut se servir pour décrire la route , circonstance qui se présente très-fréquemment.

Le bornage est une opération qui peut se faire d’une manière très-économique. Sur nos routes royales , on se sert pour cet usage de blocs de pierre taillés avec assez de soin. Mais c’est là un luxe tout-à-fait superflu. Nous croyons qu’il serait fort utile, lorsqu’on fait cadastrer une commune rurale, de faire borner ses chemins. C’est même une mesure qui devrait être prescrite par l’administration. On serait, par ce moyen, certain de connaître la longueur des chemins de

chaque commune avec assez d’exactitude pour les imposer d’une manière équitable, et en outre,le commissaire voyer chargé de les faire réparer pourrait chaque année en faire une statistique complète , but, qu’il est aujourd’hui impossible d’atteindre.

Les fîg. 28 et 29 , 30 et 31 (Pt. II) représen»’ tent en plan et en élévation deux modèles de bornes qu’on pourrait adopter pour des chemins vicinaux. La fig. 32 en représente une autre de plus grande dimension et faite avec plus de soin.

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