‹ Manuel et code d'entretien et de construction, d'administration et de police des routes et des chemins vicinaux résuméChapitre 22 sur 68 · DU LEVÉ DES PLANS, DU CHAINAGE, DE LA MESURE DES ANGLES · texte numérisé non relu

DU LEVÉ DES PLANS, DU CHAINAGE, DE LA MESURE DES ANGLES

On ne peut lever exactement le plan d’une ligne que lorsqu’elle ne renferme que des portions de ligne droite , faisant entre elles des angles quelconques. Mais si elle se compose de parties courbes , ce qui est le cas le plus ordinaire , on est obligé de se contenter d’un plan approché. C’est ici l’occasion de faire remarquer que les opérations mécaniques ne donnent jamais des résjultats parfaitement exacts. Mais l^homme qui y a recours doit savoir de quel degré d’exactitude il a besoin, et lorsqu’il a atteint ce degré , il peut se dispenser de' chercher à faire mieux. Appliquons ceci au levé des plans.

Une ligne qui ne renferme que des parties droites s’appelle un polygone rectiligne . Nous examinerons tout à l’heure comment on peut en lever le pian; mais examinons d’abord comment dn ramène à ce cas celui d’une ligne courbe que^*' conque.

Soit ABCDE (Pl. III — 3 ), une ligne dMis l’acception la plus générale du mot. Nous ea marquerons tous les points principaux , c’est-àdire ceux vers lesquels elle éprouve des im* flexions et des côntouruemens remarquables»

Soient A , B, C , etc. Ces points , nous les joio-

drons par des lii^nes droites AB, B G , etc. , et nous aurons un polygone qui se rapprochera* beaucoup de la courbe. C’est de ce polygone que nous lèverons le plan.

Remarquons que si ce procédé n’est pas exact, il est au moins susceptible de donner une très* grande approximation; car en prenant les points A, B, G, D, sulfisamment rapprochés, on est maître d’avoir un polygone qui diifere aussi peu qu’qn le voudra de la ligne primitive. Ainsi, pour les opérations grossières, on se bornera à marquer les points les plus saillans, mais pour les levés qui exigent beaucoup d’exactitude, on tiendra compte des plus petites inflexions, et les erreurs commises seront si faibles , qu’ou touchera à la réalité.

Voyons maintenant comment on peut lever le plan d’un polygone. Ne perdons pas de vue que le plan d’une ligue, c’est sa projection sur un plan horizontal.

*■1 Les portions de ligne droite dont se compose un polygone s’appellent les côtés. Les points d’intersection de deux côtés consécutifs s’appellent les sommets. On leur donne quelquefois le nom d’angles, mais c’est improprement ; \ angle ^ dans l’ac<*eption rigoureuse du mot, c’est l’espace indéfini compris entre les deux droites qui aboutissent au même sommet.

La première chose à faire, lorsqu’on est chargé de lever un plan, c’est, comme nous l’avons dit plus haut, de bien reconnaître les sommets de ses angles. Pour pouvoir les retrouver au besoin , on y laisse une marque particulière. Ainsi, lorsqu'on trace une ligne d’opé-..

CnAINAGE.

* Tâtions pour servir de base à l’étude d’un projet de route, on plante à chacun d’eux un piquet de bois.

Il faut ensuite dessiner sur le terrain les côtés du polygtme. Ces côtés étant droits, cette op^ Tatiun ne présente aucune diiûculté. On la fait à l’aide de tiges de buis, nommées jalons, qui doivent avoir environ l“,20 de hauteur, être minces et droits, garnis éii bas d’une pointe ea tôle pour qu’on puisse les ficher en terre, et en haut d’un morceau de papier blanc qui permette de les distinguer de loin. Nous en avons repré- ' sente un ( Pl. III — 5 ).

Pour jalonner commodément une ligne, il faut le concours de deux hommes. On plante deux jalons à ses extrémités. Âpiès quoi , le premier opérateur se charge d’aller planter les autres, et le second veille à ce qu’il ne soi te pas de l’alignement. Il lui suifit, pour cela, de diriger un rayon visuel par les deux jalons extrêmes, et de faire placer tous les autres dans sa direction, .

Lorsqu’une ligne est jalonnée, il faut la mesurer; On ne mesure pas, dans la pratique ordinaire , la longueur absolue d’une lif;ne, mais la longueur de sa projection horizontale. Ainsi soit AB une ligne ( Pl. IV — 4), l’opération du mesurage a pour but, non pas d’obtenir la longueur AB, mais bien sa réduite à l’horizon Aé.

Il est clair, en effet , d’après ce que nous avons .dit plus haut , que cet élément est le seul qui soit nécessaire pour en avoir le plan.

^ On obtient ce résultat à l’aide de la chaîne, d’où l’opération elle-même a tiré le dom de chaînage , qu’on lui donne presque toujours. .)

ii2 ROUTES ET CHEMINS VICINAUX. MANUEL.

La chaîne a dix mètres de long ; quelquefois vingt, mais rarement. Elle se compose de deux poignées qui permettent de la tenir facilemèat par les deux bouts , et de chaînons unis entre eux par des anneaux.

t La figure 6 (Pl. III ) représente une portion de chaîne. Chaque chaînon , son anneau compris , a deux décimètres de long ; de sorte qu’il y en a cinq au mètre.' Les chaînes sont en fer; mais il y a de mètre en iqètre des anneaux de jcuivre , pour qu’on puisse distinguer de loin ces divisions principales. Enfin , l’anneau qui termine le cinquième mètre , et qui forme par conséquent le milieu de la chaîne , a de plus que les autres une petite clavette dont on comprend le but.

Pour faire la manœuvre de la chaîne , il faut deux hommes ; ils sont dirigés par un troisième, qui note sur un carnet dont nous donnerons bientôt le modèle les longueurs que les deux autres mesurent. Voici comment iis procèdent :

On donne à celui qui marche devant un paquet de dix fiches. Une fiche est un petit morceau de fer de deux décimètres de long , avec une boucle qui sert à la tenir. Nous l’avons représentée (Pl. III — 7 ). Cela posé, l’homme qui marche derrière applique la poignée contre le point de départ , et il fait placer celui qui marche devant , dans l’alignement ; aussitôt que ce dernier est en place , il tend la chaîne en élevant ou abaissant son extrémité, jusqu’à ce qu’elle soit horizontale. Lorsque cela est fait , il plante une fiche en terre pour marquer le bout de la chaîne, et il se porte en avant. L’homme

CHAINAGE.

d’arrière le suit, et ils recommencent les mêmes opérations, en prenant pour second point de départ la fiche que le premier manœuvre a plantée (Pl. III — 8).

11 y a dans le chaînage trois grandes causes d’erreur.

La première vient de ce qu’une chaîne tend constamment à s’aloriger. Aussi faut-il chaque fois qu’on s’en sert la vérifier en la plaçant entre deux repaires fixes, établis une fois pour toutes. * Si on s’aperçoit qu’elle a subi un très-petit alotlgement, on y remédie en tordant légèrement un ou deux chaînons, ce qui les raccourcit; mais si Talon gement est considérable , il ne faut pas se contenter de cette torsion , qui n’est jamais très-persistante; il faut faire rogner un ou deux chaînons. On rend ainsi à la cliaîne. sa longueur primitive de dix mètres. Mais on raccourcit beaucoup trop le chaînon sur lequel on a fait porter la correction , et il faut éviter de se servir de celui-ci pour les petites opérations de détail. A la rigueur, il faud/ait faire rogner, non pas un seul chaînon , mais tous ceux qui se sont alongés. Cette rectification est malheureusement trop difficile à faire pour être confiée à des ouvriers inexpérimentés.

La deuxième cause d’erreur vient de ce que les manœuvres ne tendent pas, tous également la chaîne. C’est pourquoi il faut toujours la faire vérifier par ceux mêmes qui dcâvent s’en servir, et leur recommander de toujours opérer de la même manière.

Enfin, il y a une troisième cause d’erreur qui consiste en ce qu’on ne tient jamais la chaîne

bien horizontale. II faut une très grande habi« tude pour éviter 'de tomber dans cette faute. Il n’y a aucune règle à donner pour cela.

Il existe des méthodes de mesurage plus exac* tes que celles que nous venons de décrire ; mais, comme on ne les emploie jamais pour le tracé des routes, et qu’elles sont d’ailleurs d’une application pénible, nous croyons qu’il est inutile d’en parler.

11 en est aussi de plus imparfaites. Tel est le mesurage au pas. Tout le monde sait en quoi il consiste. Les arpenteurs qlii opèrent assi z souvent par celte méthode pour dts levés approximatifs , prennent l.’hibitude de faire des pas d’un mètre; mais lorsqu’ils ne peuvent pas s’y plier , ils observent quelle est la longueur de leur pas ordinaire , et la réduisent chaque fois ,en mètre.

Nous avons dit, au commencement de ce chapitre, qu’il faut toujours marquer les sommets des angles des polygones dont on veut lever les plans, de manière à les retrouver au besoin.

Mais les côtés eux-mêmes contiennent quelque- V fois des points remarquables à di vei s titres, dont il est nécessaire de connaître la distance. Il faut alors les marquer aussi, et les noter sur le car* net de chaînage. Ces carnets ont une forme trèssimple; ils contiennent trois colonnes ; dans la première, on met les numéros des points; dans ^la seconde, leurs distances, et dans la troisième, toutes les observations qui peuvent intéresser. Nous en joignons ici un modèle. Nous avertissons seulement que nous avons placé à la colonne Observations des notes sur les angles des'

CHAINAGE.

polygones , dont nous n’expliquerons la valeur, que dans la suite de ce chapitre.

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