Les notaires des seigneurs ne faisaient guère
honneur à la profession, s’il faut en croire l'auteur |
anonyme que nous avons déjà cité, “Je demanderais volontiers, dit-il, à tels ou tels seigneurs, quelles sont les personnes qui, sur leurs
commissions, remplissent ordinairement la profes- | sion de notaire dans leurs seigneuries ? Ici, c’est !
un magister de village qui, pour toute chose, sait lire et écrire tant bien que mal; ou bien c'est un commis aux aides retiré qui, si l’on veut, sait encore jauger des poinçons, mais qui ignore ce que c’est qu'un acte.”
Cela ne fait-il pas songer au temps, peu éloigné encore, où nos notaires de campagne parlaient dans leurs actes de ‘cochons raisonnables, ” de vaches ‘* qui ne meurent pas, ” et de ‘la dite moutonne
de la susdite dame comparante qui a les oreilles |
coupées ? ”
Des notaires apostoliques
Les premiers notaires apostoliques furent les sept notaires surnommés regionarii où scriniarii, que saint Clément établit à Rome pour différents : objets. Le nombre de ces notaires ayant | été augmenté, les sept premiers nommés | ou du moins ceux qui leur avaient succédé, prirent le titre de protonotaires apostoliques, c’est-à-dire premiers notaires ?,
es notaires, dont les attributions se bornaient à certains objets spirituels ou quasi-spirituels, étendirent par la suite leurs fonctions et passèrent les actes qui se rapportaient aux matières spirituelles, canoniques, et même, plus tard, aux | matières bénéficiales.
Il y eut de ces notaires en dehors des terres du pape ; plusieurs de ceux établis en France étaient en même temps notaires royaux.
Les évêques établirent, dans leurs diocèses, des notaires ecclésiastiques, appelés aussi notaires apostoliques, | notaires de l’évêque ou épiscopaux, ou notaires jurés de l’officialité, parce qu’ils prêtaient serment devant l'ofticial. La plupart des évêques avaient plusieurs notaires, et le premier d’entre eux prenait le titre de chancelier et même darchi-chancelier. Lés abbés avaient même leurs notaires, ainsi qu'il leur avait été ordonné par un capitulaire de l'an 805. Les notaires ecclésiastiques s'ingéraient de recevoir toutes sortes d'actes, même ceux concernant les affaires temporelles, car il fut un temps où l'ignorance était si grande, que les ecclésiastiques étaient presque les seuls | qui sussent écrire,
| | 2, Guyot, Rép. de jurispr., vo Notaire,