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PHASE PROGRESSIVE DE L'ECOLE ROMANO-BYZANTINE

ÎES mêmes lignes d'ensemble subsistent^ le plan ^ne diffère que par la formation ou l'élargissement devenus plus fréquents des transsepts : encore cette disposition n'est-elle pas une règle ! générale. Plusieurs somptueuses et vastes basiliques se formulent encore sous la figure sévère de la basilique latine. Mais le sanctuaire continuait à ne pas s'éloigner des transsepts. Le pronaos on pénitentiaire continue à abriter l'entrée des temples. — A ce propos remarquons que par une tradition des premiers temps chrétiens, les pauvres continuent à se placer, dans nos églises, ou spus le porche , ou à l'entrée du temple s'il n'y a pas de porche. C'est que les premiers pénitents étaient de pauvres prolétaires et que les habitudes du peuple ne se perdent pas. La figure de croix latine fut accidentellement représentée dans le plan des basiliiques, même au V* siècle : c'est ce que nous prouve la petite basilique des SS. Nazaire et Celse, élevée à Ra venue, par Galla Placidia, fille de Théodose-le- Grand.

Dans les deux premières phases du type romano-byzantin, les façades de basiliques avaient été ou carrées, percées d'une ou trois portes et d'une ou trois croisées

quelquefois géminées, ou bien à pignon très obtus offrant à son centre cet ocuhis (œil) qui fut souvent reproduit et continué môme dans les âges bien postérieurs au règne romano-byzantin. La décoration de ces façades était toujours d'une rare sobriété. La même forme de façade ne subit pas de changements notables quant à la figure, dans la phase progressive de l'art; mais les portes s'enrichissent, des colonnes finement sculptées, viennent remplacer les grossiers et massifs pieds-droits : les tympans monolithes occupent les cintres et reçoivent une ornementation vivement sculptée : les moulures paraissent sur tous les profils, et quelquefois dans tous ces ouvrages, l'on retrouve la pureté et la correction du ciseau grec. Les fenêtres résument les portes : elles offrent la plus gracieuse colonnette, la plus harmonieuse archivolte; à la façade, unearcature les lie et les unit entr'ellcs et forme ainsi un bandeau de fenêtres dont trois seulement sont ouvertes, tandis que les autres sont bouchées. Les transsepts qui s'élargissent encore sensiblement, se percent de portes collatérales aussi somptueuses que celles de la façade. Toute l'ornementation concentrée dans la première phase, dans le sanctuaire et à l'apside, nulle partout dans la seconde, vient choisir sa zone à l'extérieur des basiliques, et comme je viens de le dire , principalement aux portes qui y introduisent les fidèles, et aux tympans qui remplissent les cintres de ces portes. L'apside est toujours trilobée , si la basilique a trois nefs, et à une seule terminaison en hémicycle, si son parallélogramme ne circonscrit qu'une seule nef. L'échelle des monuments religieux très restreinte dans la première phase, ayant pris quelque développement dans la seconde, devient immense. En France, la basilique <ibbatiale de Vézelay , celle de Saint-Philibert de ïournus, édifice mixte de la seconde et de la troisième période de

l'art : puis dans la phase dernière, les basiliques de Gluny et de Saint-Martin de Laon, étonnent l'Europe chrétienne par leurs gigantesques dimensions. La basilique est devenue la commune civile, sociale, la commune politique et la conmiune spirituelle : elle ne saurait être trop vaste pour contenir tous ses enfants. L'importance et l'étendue des édifices ecclésiastiques sont l'échelle de proportion qui indique le plus ou moins de foi qui régnait dans tel ou tel siècle. — C'est dans les temples de la phase progressive et dans ceux de la phase suivante , que se trouvent les premiers essais de verrières de couleur.

On trouve dans cet âge et le suivant, des exemples fréquents d'apsides carrées, de prolongement des nefs collatérales autour du sanctuaire et de trois ou cinq chapelles rayonnant sous ce prolongement semi-circulaire. — Les apsides terminées carrément se produisirent en Italie, sous les deux règnes romano-byzantin et ogival : il y en a beaucoup d'exemples; l'apside de St-Laurent-hors-Ies-murs, de Rome, que j'ai déjà cité, de style romano-byzantin, est carrée, celle de la Minerve, de style ogival, l'est pareillement — Nous avons des exemples d'apside carrée à l'église rurale de Sainte-Colombc-lès-Vicnne (diocèse de Lyon), de style romano-byzantin, et à Saint-Jean d'Aix, de style ogival (1).

Le galbe continue à être arrondi de préférence dans les amortissements. VOpus recticulatum se rencontre fréquemment dans l'appareil : l'usage de la brique devient plus rare. Les contreforts sont plus saillants, lourds, dépourvus d'ornementation et d'arcs-boutants. L'usage des vdûtes divisées en zones par des arcs-doubleaux à

(1) Dans rextrême midi français , l'on ne pratique guère l'apside carrée que sous la période ogivale.

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plate-bande, devient général ; mais elles sont plutôt cintrées dans le sens de la largeur du vaisseau^ que transversalement^ comme nous avons dit que cela existe à Saint- Philibert de Tournus. Les coupoles de la phase primaire viennent encore concourir à l'embellissement des basiliques de la phase progressive, une ou plusieurs coupoles s'élèvent sur ces édifices ; mais plus généralement, il n'en existe qu'une circulaire ou octogone, comme celle de Saint-Paul de Lyon, s'élevant au point d'intersection des croisillons du chœur et de la nef, quelquefois carrée à sa naissance, comme àAinai de Lyon. Souvent ces coupoles ne sont apparentes qu'à l'intérieur et n'offrent qu'une simple calotte, comme à St-Lazare d'Autun, d'autres fois très saillantes au delà des combles, elles se couronnent encore d'une seconde petite coupole (cupolina) ou lanterne. Les pendentifs de la coupole basilicale sont ornés de statues en demi-relief ou peintes de cinabre, or, etc. , avec tout le luxe des byzantins d'Orient et d'Occident Les clochers devenus adhérents au temple, excepté dans certaines régions de l'Italie où l'on voulut continuer leur ancienne séparation du temple, par un pieux respect pour l'histoire et le souvenir, les clochers se placèrent ou à la façade à laquelle ils formèrent un majestueux couronnement, ou au point d'intersection du sanctuaire, de la nef et des croisillons, au dessus de la coupole. Us furent carrés ou polygonaux , à pignon ou à toiture polygonale et pyramidale, divisés en étages par des arcatures ouvertes ou bouchées. L'amortissement de ces édicules eut souvent, et particulièrement en Bourgogne, dans le Lyonnais et le Midi, la forme du tombeau antique dont le cône obtus est flanqué de quatre cornes tumulaires, comme à Ainai de Lyon.

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Les clochers par destination ou d'ornement aux façades avaient aussi pour couronnement un cône circulaire plus ou moins ajgu y couvert de tuiles en écailles ou de cailloux imbriqués^ comme il existe à Santa Maria del Popolo, à Rome. — Nous avons à Saint-André-le-bas , à Vienne (diocèse de Grenoble)^ ce merveilleux type de clocher de cette ère 9 qui semble la copie du campanile delà basilique de Saint-Michel, de Lucques, Le clocher de l'église rurale de Savigny-sous-Beaune (nouveau diocèse de Dijon) est un type de clocher byzantin pyramidal , absolument pareil à celui de l'ancienne église attenant à la caserne des carabiniers royaux, à Gènes. Le clocher polygonal de Saint- Honorat, d'Arles, se rapporte aussi à cette phase du type romano-byzantin. Le clocher de la Celle ( que l'on écrit fautivement aujourd'hui, la Selle), diocèse d'Autun, est une reproduction fidèle du clocher romano-byzantin italique : il ne lui manque que la girouette surmontée d'une croix , pour couronnement à son toit surbaissé , à quatre égoûts, couvert de tuiles creuses. Dans la phase progressive, les arcatures trilobées, les croisées géminées, sont ornées d'archivoltes et viennent s'appuyer sur des colonnes ou colonnettes accouplées. La sculpture vient étaler toutes ses ressources dans les imageries sur le tympan et aux voussures des portes oti elle prodigue les colonnettes. Les personnages de cesimageriessontraides, maigres, longs, mais expressifs;les légendes en caractère roman (latin corrompu) , chargées d'abréviations, les monogrammes abondent autour d'eux. Le monogramme est un signe générique de toutes les périodes romano-byzantines. L'autel n'est plus précisément l'auge des cryptes, recouverte d'une dalle; mais c'est invariablement ou l'appareil des quatre ou cinq colonnettes de porphyre , de marbre, de granit, de pierre, des premières basiliques latines et néo-grecques,

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ou plus communément un Uoc de marbre^ carrée oflErant sculpté au centre le monogramme grec du Christ , avec les lettres : A et £1. Les moulures de . ces coffres d'autel sont en S. Les représentations de zodiaques sont nombreuses dans cette période de l'art ^ et nous apprennent quel était alors l'état des sciences astronomiques; car la basilique était le centre de l'histoire nationale , de l'art ^ de la science^ de la littérature^ de la poésie , en même temps qu'elle était le centre de la foi. Les médaillons sculptés si nombreux dans les imageries généralement disposées par cordons , représentent dans un cadre elliptique qui domine tout l'appareil ^ le Sauveur du monde* Les animaux apocalyptiques , les évangélistes , sont toujours figurés dans ces représentations. Le Jugement dernier est une des grandes pages sculptées qui se trouvent le* plus fréquemment Les scènes tirées du Nouveau Testament deviennent presque aussi nombreuses que celles puisées dans l'Ancien. La façade de Saint-Trophime ^ d'Arles, et celle de la basilique cathédrale d'Autun^ nous offrent les formules les plus complètes de cette période de l'art. — J'ai dit ailleurs , et je répète que la phase progressive de l'école romano-byzantine ne fit autre chose que continuer par le relief de la sculpture, Tomementation exprimée dans la phase primaire, par la mosaïque : seulement la phase progressive travailla sur une plus grande échelle , et fit refluer le luxe et les pompes de la décoration, de l'intérieur à l'extérieur. Ceci toutefois n'est vrai que par rapport à la France , car , comme je l'ai indiqué plus haut, l'Italie en adopta la sculpture pour les façades , et en les mêlant aux mosaïques à l'extérieur de ses basiliques du XP et du XIP siècle, n'en continua pas moins à faire couler dans l'intérieur des temples, les flots d'or et d'azur des mosaïques à compartiments et à

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personnages. L'impériale et royale basilique de St-Marc de Venise en est la preuve. Les chapiteaux des colonnes et des piliers se chargent de sculptures vivement fouillées , représentant des personnages^ des animaux symboliques^ des ramures et des fleurs. Les types de ces chapiteaux à corbeilles de fleurs, dans la province ecclésiastique de Lyon actuelle sont, à mon sens, ces deux colonnes qui se remarquent à la porte collatérale septentrionale de la basilique de Vienne, et dont l'un représente des roses. Les portes carrées avec linteau appuyé en porte-à-faux sur la partie supérieure saillante des pieds-droits , régnent toujours accidentellement, soit à l'intérieur soit à l'extérieur de la basilique; mais ces portes ne sont plus, dans la phase progressive , que très secondaires. Les ornements en relief ou plats formés par des compartiments de marbre ou de briques , incrustés et placés sur les archivoltes des portes , des fenêtres, des arcatures et arcades, sur les frises, les corniches, sur les parois, consistenten arabesques, étoiles, chevrons brisés, méandres, chevrons enchaînés, tores coupés, moulures prismatiques, pointes de diamants, câbles, torsades, damiers, têtes plates, têtes saillantes, tresses , nattes , etc.

Les arcs géminés s'appuyant sur des pilastres tous différents les uns des autres dans le fût et les chapiteaux , tores , en zigzags , cannelés , quelquefois rudentés , sont un des caractères génériques de la phase progressive , avec les arcs bouchés et ouverts alternativement , avec ou sans archivolte. Les incrustations de mastic rouge avec figures ou arborescences blanches , les frises en mosaïque de ce genre, qui peuvent être étudiées à Saint-Jean, de Lyon, et à Saint-Maurice , de Vienne ; les corbillons ou modillons en forme de console , carrés ou avec figures grotesques , surmontés immédiatement d'une corniche , rentrent dans

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les conditions essentielles de la phase architecturale qui nous occupe. Les piliers de soutènement de la nef n'avaient eu dans la phase rétrograde que la forme d'énormes piedsdroits^ quelquefois revêtus de pilastres grossièrement sculptés : dans la phase progressive ^ le pilastre carré engagé dans les pilastres cannelés et souvent rudentés^ à chapiteaux artistement sculptés, règne concurremment avec la grosse colonne cylindrique , qui est loin toutefois d'offrir les heureuses proportions de la colonne antique. Cette colonne trapue sera souveraine dans la quatrième période.

Dès la deuxième phase du type romano-byzantin , l'on négligea l'espace laissé devant les basiliques et connu sous le nom d'atrium : l'on se borna à continuer le narihex^ qui souvent ne devint plus qu'un crypto-portique intérieur ou un porche ouvert. Il faut bien se garder de confondre le véritable pronaos des basiliques , large, solennel, véritable anti-temple, comme celui de Perrecy-lès-Forges (diocèse d'Autun ) , avec les porches accidentels produits par l'étranglement de deux clochers posés àia façade, ou pris dans la base d'un seul clocher, et avec les porchesauvents que l'on retrouve dans la quatrième phase de l'ère romano-byzantine , et que l'école ogivale elle-même se plut , dans certaines dispositions architectoniques , à continuer.

C'est sous le règne de l'architecture romano-byzantine de la phase progressive que la peinture murale religieuse sembla prendre une allure solennelle et grave. Les restes de fresques de l'ancienne basilique cathédrale de Saint- Vincent de Mac on , reproduits avec tant d'habileté et de goût par M. de Surigny , ceux de Notre-Dame dû Puyen-Velay , ceux de la confession de la basilique de Saint- Philibert de Tournus, accusent l'état florissant de la

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peinture monumentale dans les deux dernières périodes de l'architecture romano-byzantine. Il y a dans les figures formulées par la mosaïque , la peinture murale ou la sculpture de ce temps , une candeur austère, une béatitude grave dont on ne peut se faire une idée juste , qu'en présence des types.

Dans cette période comme dans la suivante , l'on rencontre à l'extérieur des basiliques, sous les combles, des sortes d'arcs trilobés, ou pour mieux dire des espèces d'écaillures , le plus souvent réunis par trois , dont chaque série est accusée et séparée par une plate-bande. A l'intérieur, sous l'autel majeur (car déjà le diaconium et le sacrarium ont reçu leur autel particulier, dans les basiliques à trois nefs) , sous l'autel majeur, dis-je, existe toujours la confession dont nous avons parlé aux notions sur la basilique latine primitive. Les deux ambons continuent à flanquer les limites du chœur placé au devant de Vaugusteum. Quelquefois, pourtant, il n'y a qu'un seul ambon , comme cela se voit à la basilique de San Miniato al Monte , près Florence. C'est dans l'âge correspondant à la phase progressive du type romano-byzantin , que la croix ayant été adoptée comme symbole hiératique , avec le Christ posé sur elle, les architectes commencèrent à symboliser le Sauveur mourant, dans la déviation souvent prodigieuse de l'apside, par rapporta l'axe de la nef ; mais cette disposition ne fut caractérisée que dans la période suivante et dans la première phase du type ogival surtout.

J'ai parlé des façades des basiliques , et j'ai dit qu'elles avaient été dans toutes les phases de l'art romanobyzantin ou carrées ou terminées en pignon peu aigu. La basilique était née dans le Midi : quand les hommes du Nord l'imitèrent, ils oublièrent que leur climat devait

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modifier leur architecture^ et ils maintinrent la couverture romaine antique des basiliques latines et des basiliques romano- byzantines^ c^est-à-dire la tuile plate à rebords saillants recouverts par une tuile courbe. Cette disposition ne se conciliait pas avec des pignons aigas ^ et l'on imita le pignon méridional dont la hauteur correspond au cinquième de sa base. Ce pignon par Fomementation devenait quelquefois un véritable fronton. Toutefois , les pignons et frontons aigus de plusieurs basiliques du Nord , comme celle de la Basse-C£uvre, à Beauvais , nous annoncent que dès l'origine , le climat força les hommes du Nord à élancer le comble ogival et à le vêtir de tuiles plates. L'on se servit aussi pour couvrir les basiliques^ de dalles de pierre ou marbre , du genre de celles employées pour recouvrement à la cathédrale de Milan. L'exemple des toitures surbaissées antiques exerça son influence même dans des localités qui semblaient, par leur climat, les moins propres à les recevoir; ainsi la plupart des vieilles maisons deMarchaux (1), à Autun, sont couvertes en tuiles creuses ; ainsi la ville de Grenoble placée au pied des Alpes , et au milieu de la neige pendant trois mois de l'année, a continué et continue encore ce genre de comble essentiellement méridional , tout cela par respect pour la tradition antique , et parce que c'était dans ces pays , que l'on me permette le mot, un pli pris. Les rideaux {Cortine des Italiens) adaptés aux portes, aux portiques de Valrium et au pronaos des basiliques latines étaient motivés par le climat du Midi : les hommes du Nord adoptèrent par imitation ces sortes de tentures flottantes, que les méridionaux

(1) L'église rurale de la Celle ( diocèse d'Autun ) situé sur les premiers plans des froides montagnes du Morvan , doit à ce sentiment antique sa couverture surbaissée et à tuiles creuses.

(S8M 107 mm avaient établies par besoin. Ainsi , même aujourd'hui , dans les églises et les palais les plus modernes d'Italie , Ton a toujours la toile ou le rideau appendu à la porte ^ destiné à ventiler et à entretenir dans l'intérieur, une agréable fratcheur. Le triforium fut maintenu dans cette phase du type romano-byzantin , et y fleurit. Il s'étendit à toute la nef 5 comme à la basilique métropolitaine de Pise ^ il se borna à l'hémicycle de l'apside ou au revers de la façade , selon le goût des architectes constructeurs.

Le sanctuaire^ dans la basilique constantinienne > et dans celle de la phase primaire du type romano-byzantin, était la région dans laquelle se concentraient tous les moyens d'art à la disposition des architectes du temps. Lorsque^ dans la phase progressive^ l'ornementation se fut fixée aux portes, lorsqu'elle se fut étendue à la nef ou aux nefs, le disparate entre la somptuosité du sanctuaire et la pauvreté relative du reste de la basilique, fut moins marqué. Toutefois, Vaugusteurriy le lieu très saint fut toujours la portion du temple où la décoration offrit le plus de pompe austère et de luxe religieux. Le respect pour ce lieu était si profond chez les hommes du moyenâge et de la renaissance, que dans les nombreuses reconstructions de temples qui eurent lieu sous la période ogivale ou au XVP siècle, on laissa presque toujours sub« sister la vieille apside latine ou romano-byzantine. Le plus grand nombre des monuments ecclésiastiques de Rome nous donne la preuve de cette assertion.

Le caractère inscriptionnaire de toute la période romano-byzantine est, en général, la lettre de l'alphabet romain , le caractère oncial altéré , mêlé de lettres grecques. L'M , par exemple , devient l' W renversé : l'E devient l'epsilon grec. Les inscriptions romano-byzantines de la première phase sont extrêmement nettes et parfaitement

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lisibles , elles se rapprochent de rinscription latiue antique , seulement elles renchérissent sur ses abréviations ; mais dès la deuxième période , elles deviennent plus barbares : dans les deux dernières phases , elles sont mêlées de tant de figures grecques et d'abréviations ^ elles font dire tant de choses à une ou à deux lettres qu'elles deviennent vraiment très difficiles à lire^ moins toutefois que les inscriptions du règne ogival ou de la première période de la renaissance ^ qui sont tout-à-fait barbares et inintelligibles à celui qui ne s'est pas occupé particulièrement de paléographie du moyen-âge. L'inscription de la porte principale de la basilique de Yézelay fait encore le désespoir des déchiffreurs lapidaires. Nous avons dans nos contrées burgundo-lyonnaises , un grand nombre d'inscriptions romano-byzantines des deux dernières phases ^ entr'autres la légende du tympan à la grande porte de Saint-Lazare , d'Autun 9 celles des tombeaux de Saint-Maurice et de la basilique de Saint-André-le-bas, de Vienne , celles de la basilique rurale de Dagneux (diocèse de Belley) ^ de Saint- Barthélémy ^ de Montluel^ les restes de celles de Notre- Dame-de-Lisle , près de Vienne , etc.

En général , disons-le , plus l'on se rapproche de l'extrême midi 9 plus aussi le style inscriptionnaire est antique et châtié 5 la lettre de l'inscription pure et ferme ^ jrfus aussi est abondante la présence du marbre dans les basiliques romano-byzantines , plus l'ornementation est correcte, féconde en arabesques et stérile en chevrons brisés, zigzags, dents de scie, etc. Dans le sud-est etl'extrêmemidi, les monuments de toutes les périodes du type sont presque toujours chargés de profils purement antiques , débris des édifices gallo-romains : le marbre blanc, le granit, le cipolin, abondent dans les colonnettes, chapiteaux , etc. , comme à Saint-Pierre , de Vienne. Le

presbytère est souvent accusé par quatre gros piliers cylindriques de granit ou de marbre , antiques , ou de facture romano-byzantine, servant de base à la coupole, comme à notre basilique de Saint-Martin-d'Ainai, de Lyon. Des festons en demi-cercles, esquissent le trèfle, dans cette période, et surmontent quelquefois Tarcade des baies, en manière d'archivolte , comme à l'ancienne basilique abandonnée de Saint-Pierre, devienne, encore, sur les parties extérieures de son clocher.

J'ai dit que les toitures étaient généralement peu aiguës et se formaient de larges tuiles plates à rebords saillants recouverts par une tuile courbe, comme chez les Romains, et que ce mode fut imité dans les Gaules : toutefois , la fréquence des neiges et des pluies dans l'extrême-nord , dut influer sur l'architecture , et il est probable que la toiture aiguë, à tuiles plates , y fut de bonne heure connue et pratiquée : dansla province ecclésiastique de Lyon, je le répète, l'on se conforma religieusement, pour la toiture, à l'exemple méridional. Les roses n'existent pas encore avec leur mille articulations de pierre, leur mille entrelacs de meneaux; ce sont de simples œils-de-bœuf, d'autrefois, ce sont des quatre feuilles comme à la chapelle apsidaire, dite de la Croix , à Saint-Jean , de Lyon , née toutefois de la phase transitionnelle du type romano-byzantin. En Bourgogne et dans toute la province lyonnaise , les corbeaux , dont nous avons parlé plus haut, sont généralement amincis en dépouille vers leur extrémité.

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