‹ Manuel général d'archéologie sacrée burgundo-lyonnaiseChapitre 6 sur 44 · ET DU CULTE DANS LA VILLE ET LA PROVINCE ECCLÉSUS · texte numérisé non relu

ET DU CULTE DANS LA VILLE ET LA PROVINCE ECCLÉSUS

TiQUE DE Lyon, que je publiai en 18A2, donné brièvement l'esquisse des instructions sur l'Archéologie sacrée, que je développe aujourd'hui dans cet ouvrage. Les écrits didactiques de MM. de Caumont, l'abbé Bourassé et l'abbé Oudin, ont pour nous l'immense inconvénient de signifier peu pour la province ecclésiastique de Lyon, qui a obéi aux influences méridionales, consacrés qu'ils sont exclusivement à l'Archéologie sacrée dans le nord de la France, dont les monuments leur servent constamment d'exemples, monuments qui, par

•f vin t* leur synchronisme, ne coïncident point du tout avec les nôtres. Le Manuel de Vhistoire générale de Varchitecture chez tous les peuples y par M. Daniel Ramée, est lin excellent ouvrage qui ne s'applique point particulièrement à nos contrées, et que son extrême excentricité rend peu profitable à ceux qui veulent étudier l'Archéologie sacrée d'une circonscription donnée. J'ai donc senti le besoin de former, pour notre sud-est, un corps d'enseignements archéologiques pareils à ceux que M. Mallay a eu le bon esprit de rédiger pour le diocèse de Clermont-Ferrand. Dans le manuel que j'ose offrir maintenant à l'indulgence du public, toutes mes instructions ne se rapportent qu'aux monuments issus du type lyonnais plus ou moins près ou plus ou moins loin de la métropole ; toutes les réalisations architectoniques que je cite comme exemples pour justifier la théorie et les préceptes établis, sont choisies chez nous, au milieu de nous, et rentrent exclusivement dans la grande unité d'architecture Burgundo-Lyonnaise. Tous mes efforts ont concouru à rendre ce Manuel aussi complet que possible, et j'ose espérer qu'aucune lacune importante n'y sera signalée, car il est le fruit de sept ou huit années de pérégrinations et de persévérantes études. — Et que l'on daigné ne pas s'étonner que nous ayons beaucoup comparé, non avec les édifices du nord , mais avec ceux du midi , qui inspirèrent les nôtres : la comparaison est l'âme de cette science que nous avons concouru à créer.

Quelle préoccupation donne à l'âme plus de sérénité.

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de poésie et de paix, que celle qui a l'Archéologie sacrée pour objet? — L'Eglise n'est-^lle pas partout Texpre^ sion la plus complète et le symbole le plus parfait de la nationalité, n'est-ce pas en elle, pour elle, par elle, que tous les arts réunis se tendent la main? Le monumentalisté, à la recherche des vieux types d'oratoires et de basiliques, éprouve une joie qui ne peut être comprise que par le chasseur et le botaniste. Soit qu'il batte la campagne à pied, à cheval ou en voiture, il ne se fatigue pas : l'espérance de découvrir un édifice inédit, inconnu, d'un beau et ancien caractère, le soutient, double son courage et ses forces.

Nous pouvons le dire en toute conscience, il n'est pas un des édifices ecclésiastiques par nous cité comme exemple dans ce manuel, que nous n'ayons visité avec une religieuse attention et dans un but sérieux. — Et nous avons pu juger par comparaison avec presque tous les grands types, car nous avons étudié sur place, toutes les basiliques de Rome et de Ravenne ; nous avons appris le style ogival, dans les cathédrales d'Anvers, d'Amiens et de Chartres ; nous avons compté les trois mille statues de la métropole de Reims, prié à Notre- Dame de Rouen, à St-Marc de Venise», à la Chartreuse de Pavie, à St-Etienne de Bourges, h St-Martin de Laon, à Saint-Médard de Soissons, à Notre-Dame de Strasbourg, et passé des journées entières de contemplation sur les combles de marbre du Dôme de Milan , au milieu du plus immense concours de statues et statuettes, du travail le plus fini, que la statuaire du

moyen-âge 5 ait jamais envoyées peupler les loils, les clochetons 5 les contreforts et les flancs d'une cathédrale.

Le lecteur trouvera à la tin de cet ouvrage un vocabulaire et des dessins qui expliqueront aux yeux ce que le texte aura expliqué à Tesprit Tous ces dessins sont géométriquement justes ^ car ils ont été relevés par des architectes 5 seuls artistes qui sachent dessiner le monument. La plupart de nos dessins donnent des types inédits. Que MM. Benoit^ Dardel, architecte de la ville de Lyon, Marnotte, ancien architecte de la ville de Besançon, Mallay, architecte à Clermont-Ferrand, Petit, architecte au département de Ja Côte-d'Or , et Charles de Saint- Gérand, membre de la Commission d'Antiquités d'Autun, dessinateur-amateur, plein de finesse, de justesse et de goût dans ses œuvres, qui ont daigné s'associer, par leur crayon, à notre œuvre, reçoivent ici le sincère tribut de notre gratitude.

Pour bien comprendre l'architecture chrétienne, je le dis en finissant , il faut en expliquer tous les développements, toutes les phases, toutes les transitions, par la voix de Dieu et par la voix des hommes, par l'histoire, les relations, le climat, les mœurs, les temps, la religion, la foi du cœur et la philosophie de l'esprit. Il faut la rattacher au culte, aux exigences hiératiques qui vivifiaient et modifiaient ses monuments, la mettre en rapport avec les costumes, le monde d'auti-efois ; il faut se rappeler que tout ce qui était forme matérielle dérivait d'elle , faisait corps avec elle , qu'il y avait

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concordance, simultanéité, harmonie complètes entr'elle et la société, les habillements des personnes, les meubles des maisons, les lettres de récriture, les peintures ^des manuscrits, parce que l'Eglise était le monde. Il ne faut jamais séparer la basilique du culte, principe de vie pour les églises, du culte pour le service duquel tant de magnifiques et sublimes imaginations inspirées, se mirent à l'œuvre et réalisèrent par le concours unanime de toutes les puissances artistiques, par l'appareil le plus complet, le plus éclatant des formes sensibles, l'image idéale de la Jérusalem céleste. — C'est encore plus avec l'âme du catholique, je n'hésite pas à le dire, qu'avec la science du monumentaliste , qu'il faut juger l'architecture figurée, symbolique et sociale du moyen~âge : Le cœur de l'homme le plus ignorant et le plus borné d'intelligence, en sait, en fait d'initiations, de révélations, de joies intimes, beaucoup plus long que l'esprit du plus docte : les instincts, les idées qui émanent de ce sanctuaire de notre être, ne sont jamais vulgaires.

Lyon, Janvier 1844.

DMCIËOlOeiE SACRÉE

(MONVMEIVTS ECCliÉSIASTIQVliS)

Pour la Ville el la Province de Lyon, Rome des Gaules.

une partie de la province de Besançon,

el quelques anciens diocèses du Comtat, de la Provence

et 'du Languedoc.

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