‹ Manuel général de l'ornement décoratifChapitre 6 sur 25 · SYNTAXE ORNEMENTALE · texte numérisé non relu

SYNTAXE ORNEMENTALE

La connaissance de la déformation des formes sur les surfaces de diverses natures , s'acquiert facilemeitt, en les découpant en papier de couleur, et en les appliquant sur les Lor\)s ronds ou à pans.

Prenez une boule, et, y plaçant un rond de papier sur lequel vous aurez tracé plusieurs cercles concentriques au cercle découpé, Yous observerez qu'il ne pourra s'y ; ppli(juer sans être plissé angulairement; mais la partie la plus voisine du centre est celle oîi les cercles parallèles auront le moins besoin de plis. On peut toujours tracer des cercles au compas sur une sphère ou boule.

Prenez un cylindre, par exemple un pot h confitures cylindrique, et y appliquez un rond circulaire en papier, il en épouse la forme sans pli, mais il se déforme au point de vue perspective et prend la forme elliptique ou allongée dans le sens de l'axe du cylindre.

Inscrivez un carré dans le cercle, ce carré s'allonge; si les angles intérieurs opposés sont placés sur la ligne droite perpeiidi( ulaire an plan delà base, le carré vous paraîtra losange ou carré allongé.

Le carré inscrit au cercle de papier que vous placeriez sur la boule, ne paraîtrait jamais rectiligne, à cause de la courbure qu'affecteraient les côtés. Le même cercle de papier découpé, placé sur un cylindre , paraîtra ovale sur un cône, et le carré, un trapèze.

Plus les figures géométriques découpées sont petites, par rapport aux surfaces sur lesciuelles on les colle, moins elles éprouvent de déformation apparente; les lignes droites sont surtout altérées sur les surfaces courbes. Les polygones étoilés ou étoiles rectilignes le démontrent.

Si vous faites un semé de petits ronds égaux sur un cylindre, ils ne paraîtront pas ronds, mais ovales.

Pour paraître ronds, il les faudrait de forme ovale, et les placer en largeur et non en hauteur.

La courbure des surfaces est une cause de déformation perspective

linéaire dans la décoration ; elle exige une attention particulière de la part de l'artiste.

Si Ton doit composer sur une surface courbe, concave ou convexe, on évitera, autant que possible, les sujets qui présentent beaucoup de lignes droites. Sur un cylindre, les lignes droites verticales sont les seules qui ne soient pas déformées ; on évitera donc les vues d'architecture en perspective, qui présentent de longues lignes droites fuyantes ; les compositions paysagistes sont plus favorables, ou les marines ; s'il s'agit de décorer un vase ovoïde, on prendra les mêmes précautions.

Par les mêmes motifs , on évitera d'appliquer de la sculpture de figures sur ce genre de surface , on préférera de l'ornement peu saillant, et encore faut-il que l'œil puisse embrasser d'une seule oeillade l'ensemble du décor, sans inconvénient pour les lignes.

L'ornement à petits détails et à petites parties courbes ou droites, a moins d'inconvénient.

Les dômes, les plafonds, les voûtes, les frises circulaires présentent les plus grandes difficultés à surmonter pour le peintre et le décorateur.

Des vases chez les anciens au point de vue historique.

Les vases ont été inventés pour les besoins humains; leurs formes sont nécessairement subordonnées à leur usage.

L'urne funéraire était simplement une maison, dernière demeure de l'homme; les anciens Égyptiens construisaient leurs villes en vue de l'éternité : c'était de la vie éternelle qu'ils se préoccupaient avant tout. Cette idée fut l'origine de leurs nécropoles.

Le monument funèbre est la leçon de la mort donnée aux vivants : sorte de commémoration honorifique , souvent ; et par ce motif enrichie; d'ornements plus ou moins luxueux et tous expressifs.

L'urne, chez les anciens, était un vase plus ou moins grand,

oblong, renflé par le milieu et rétréci par le col. On avait d'abord

commencé par lui donner la grandeur et la capacité de quelques

mesures d'usage; les unes pour les Hquides; les autres pour les

solides. Les vases de mesures étaient de terre cuite ou de bois.

Les médecins portèrent en Italie les petites mesures attiques pour

les liquides; elles étaient d'une élégance qui les fit rechercher l'ornement. 2

immédiatement des amateurs, et ornées de bas-reliefs et de festons. Les vases des Latins, nommés cyattius, crater, cratera, poculum, patera, calix, culullus, ciborium, scyphus, étaient des cotyles, des cyathes, des congés ou quelques-unes des mesures en usage. La mesure appelée culleus était chez eux la plus grande de toutes; elle contenait 1600 livres pesant de liquide. La livre romaine était de 12 onces : l'amphore contenait 80 liyres; l'urne 40, le congé correspondait à notre pinte. Le cyattius était une sorte de gobelet pour mesurer le vin et l'eau qu'ils versaient dans des tasses ou coupes.

Les vases à vin, dolium, seriœ, amphora, diota, cadus, étaient de terre cuite, pointus par le bas, pour les enfoncer dans la terre ou le sable, car ils ne les couchaient jamais. Les gros contenaient environ un muid. Ils avaient deux anses. L'amphore était une cruche à deux anses. Tous ces vases portaient le cachet ou sceau de leur maître.

L'étude de la forme des vases est liée à celle de l'histoire comme celle des médailles , des statues et des tableaux : c'est une des spécialités de l'archéologie.

Page 1