‹ Manuel général de la peinture à l'huileChapitre 12 sur 85 · HYGIENE DES ATELIERS DE PEINTURE · texte numérisé non relu

HYGIENE DES ATELIERS DE PEINTURE

Pour se rendre compte de la salubrité des logements, les savants calculent l’air d’une chambre par mètres cubes et par individu. Mais à quoi sert ce calcul? Absolument à rien si l’air n’est pas renouvelé. Le fonctionnement régulier de l’organisme humain est aussi précis que celui de la locomotive, laquelle, malgré l’apparente complication de ses rouages, obéit à la vapeur comme notre corps à la force vitale.

Il y a en nous comme hors de nous divers états de pression à étudier, et c’est de leur équilibre que dépend la santé, c’està-dire le fonctionnement de nos organes.

L’air stagnant se putrifie à cause des matières animales qu’il tient en suspension, il faut donc, pour être salubre, qu’il soit sans cesse renouvelé. Tout le monde est généralement désireux de vivre longtemps et sans maladies; mais peu de gens se rendent compte de l’indispensable nécessité qu’il y a d’aérer sans cesse l’habitation où l’on vit, d’exercer également le corps par une gymnastique sagement raisonnée, tout aussi bien que de cultiver l’esprit. L’eau que nous buvons ne mérite pas moins que Tair respiré sans cesse une mention particulière. Pour être potable elle doit être limpide, légère, aérée, douce, froide en été, fraîche en hiver, sans odeur, d’une saveur piquante, vive, agréable, ni fade, ni salée, ni douceâtre, ni acerbe, ni sulfureuse; elle doit bouillir sans se troubler, ni former de dépôt, cuire les légumes et les viandes sans les durcir, dissoudre le savon sans former de grumeaux; elle ne doit occasionner aucune pesanteur à l’estomac ni troubler la digestion; dans toutes ces conditions, l’eau, loin d’introduire dans l’économie des principes nuisibles, est au contraire à elle seule capable d’entraîner les principes nuisibles au travail de la nutrition.

La conservation des tableaux de collections exige également

une bonne ventilation. Les galeries de peintures précieuses ne sauraient être dans de bonnes conditions placées dans dès locaux humides et mal aérés. Les murailles salpêtrées des rezde-chaussées sont la ruine des objets d’art, aussi bien que de la santé des personnes.

EMPOISONMEMEIVT PAR LES VAPEURS DE TERÉÎiENTIÎlIVE

Nul n’ignore combien il est dangereux d’habiter un appartement dont les peintures ne sont pas complètement sèches, et qui exhalent une forte odeur de térébenthine. Un véritable empoisonnement, suivi des accidents les plus graves et même de la mort, peut être le résultat d’une semblable imprudence. Jusqu’à présent on attribuait la cause du mal à la céruse ou à tout autre composé saturnin qui entrent dans la préparation des peintures, et les malheureux empoisonnés étaient tout simplement assimilés à ces infortunés ouvriers que décime la colique de plomb.

M. Marchai (de Calvi) ne partage pas cette manière de voir, et, songeant que la céruse est fixe dans la peinture dont elle forme la base, il accuse la térébenthine seule de produire tous les accidents toxiques.

Cette conviction lui est venue à la suite d'observations qu’il a faites dans sa pratique médicale et qu’il a présentées à l’Académie des sciences, dans un mémoire dont les conclusions sont les suivantes ;

1“ La céruse n’est pour rien dans les accidents qui peuvent résulter du séjour dans un appartement fraîchement peint ;

2“ Ces accidents sont dûs aux vapeurs de térébenthine;

3° Le danger est le même dans un appartement fraîchement peint, quel que soit le composé, blanc de plomb ou blanc de zinc, qui forme la base de la peinture. Le blanc de zinc passe pour inolfensif ;

4“ Il y a danger d’empoisonnement par la térébenthine tant

que la peinture n’est point parfaitement sèche, et le plus sûr est de n’habiter un appartement que lorsque toute odeur d’essence a disparu;

5" L’empoisonnement par la térébenthine rentre dans la même catégorie que l’empoisonnement par les émanations des fleurs.

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