‹ Manuel général de la peinture à l'huileChapitre 72 sur 85 · DE LA PEINTURE SUR LAVE DE VOLVIC · texte numérisé non relu

DE LA PEINTURE SUR LAVE DE VOLVIC

On a pu remarquer, dans la cour du palais des Beaux-Arts, quatre médaillons représentant les portraits de Périclès, d’Auguste, de Léon X et de François peints il y a quelques années, par MM. Orsel, Perrin et Etex. Ces essais de peinture sur lave de Volvic, dus au procédé d’un habile chimiste que la science et l’industrie regrettent, M. Mortelèque, sont les seuls qui aient été appliqués à la décoration d’un monument public. Cependant aucun genre de peinture n’était plus que celui-ci propre à remplir toutes les conditions de la peinture monumentale. En effet, il n’y a rien à redouter ni de l’action du soleil, ni de l’humidité, ni des infiltrations de salpêtre, si pernicieuses

à toute peinture murale, qu’elle ait été exécutée à l’huile ou à la cire, nous ne parlons pas de la fresque qui, dans notre climat, est presque impraticable à l’intérieur des édifices et absolument impossible à l’extérieur. Et ce serait là un des grands avantages de la lave, de pouvoir résister à toutes les intempéries. Cette peinture, éprouvée à plusieurs feux et émaillée de façon à présenter une surface dure et vernissée comme les belles sculptures en terre cuite à&Lucca délia Robbia, pourrait, comme ces dernières, servira la décoration des monuments, orner à l’extérieur les frises et les celles des églises; et l’étendue qu’on aurait à recouvrir de semblables peintures ne pourrait jamais être un obstacle à l’emploi de la pierre de Volvic, qui se chantourne et s’ajoute pièce à pièce comme les différentes parties d’une verrière, avec cet avantage que rien ne trahit les joints des morceaux juxtaposés On peut en ce moment apprécier les résultats et les avantages de cette peinture, en voyant un nouvel essai de ce genre commandé à M. Perlet par la ville de Paris, et qui a été placé dans la chapelle de la Vierge de l’église Saint-Nicolas des Champs, rue Saint-Martin. Cette peinture représente un christ de proportion colossale vu à mi-corps, dans le style des mosaïques bysantines qui ornent encore plusieurs basiliques d’Italie. La figure, qui, comme celles qui ont servi de type à M. Perlet, sa détache sur un fond d’or, est d’un beau caractère, d’un ton clair et simple, ainsi qu’il convient dans un endroit peu éclairé, et les draperies, traitées largement, font voir que cette peinture a toute la vigueur de l’huile et plus de ressource que toute autre pour l’éclat des tons brillants.

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