L’INSTALLATION
ATELIER — JOUR CHOISI — MOBILIER — ENTRETIEN OUTILLAGE ET MATÉRIEL DU PEINTRE A L’HUILE
Pour une bonne installation, il faut un jour variable et dénué de reflets extérieurs venant de fenêtres ou d’un vitrage recevant la lumière d’en haut au moyen d’un châssis à tabatière, le plus grand possible, ayant une inclinaison à 45 degrés, et muni de toiles mobiles sur cylindres pour atténuera volonté
l’éclat du ciel. Un bon poêle pour l’hiver, si l’atelier est grand, doit être de préférence placé dans un angle pour ne gêner aucun agissement. L’aération tous les matins est hygiénique.
Dans une pièce à cheminée de grandeur moyenne, il vous sera facile, si vous ne possédez pas (Tatelier de peintre, ce qui est rare et dispendieux, de vous installer commodément; les fenêtres placées au nord ou nord-est sont préférables,, néanmoins, au moyen de stores on peut aisément remédier à un jour du midi et du couchant; mais il est essentiel qu’il n’y ait d’ouvertures que d’un seul côté de la pièce. Tenez les murs libres au moins d’un côté, pour clouer vos cartons d’études et vos toiles. La couleur unie d’un papier ou une impression à la colle d’un seul ton neutre, un gris verdâtre, est généralement avantageuse lorsqu’on fait poser un modèle. Quelques artistes préfèrent une impression brun rouge mêlée de gris. On doit avoir une table ou plancher à pieds bas, pour faire poser le modèle, si le genre qu’on adopte est celui de la figure, et un paravent uni à plusieurs feuillets qu’on place derrière le modèle et sur lequel on peut mettre des draperies quand on le juge à propos, comme fond, pour détacher mieux les contours de la personne qui pose. Le reste du mobilier sera composé de quelques tréteaux avec planches mobiles formant tables à dessins pour les besoins journaliers, et pouvant s’enlever quand on veut désencombrer la place; quelques chaises et fauteuils, deux chevalets, dont un à crémaillère et l’autre à bâtons simples et traverses volantes, qu’on fixe plus ou moins haut avec des chevilles. Si l’on a quelque toile un peu grande, un chevalet droit et vertical est nécessaire. L’atelier du peintre de figures exige de plus grandes dimensions, afin de permettre de se reculer suffisamment du modèle où voir de loin les tableaux d’assez grandes proportions. On peut jusqu’à un certain point obvier au manque d’espace à l’aide de miroirs, qui peuvent, en doublant les distances, aider à mieux apprécier certains effets.
Le parquet en planches est préférable non ciré, mais imbibé de quelques couches d’huile. Il absorbe les poussières ennemies de la peinture; on le balaye en jetant dessus de la sciure
de bois qu’on humecte d’eau ; ce mode d’entretien de propreté est recommandable à tous égards. Quant au matériel d’outillage, les cartons, albums d’études et portefeuilles d’estampes et gravures d’art, ils sont comme les bons dictionnaires et les livres pour l’homme de lettres, ils rentrent dans la catégorie des choses nécessaires autant qu’agréables. Les boîtes à couleurs luxueuses ne donnent point le talent; mais il faut qu’elles renferment en peu d’espace et commodément d’excellents matériaux qu’il convient de bien choisir, de parfaitement connaître au point de vue chimique afin de les bien employer. La parfaite science dudessin est fondamentale avant de peindre, mais, sans elle, au moyen du décalque, un amateur peut s’exercer à copier et peindre.
La boîte à couleurs est ordinairement garnie de compartiments renfermant les couleurs en vessies ou en tubes; on peut avoir aussi tout l’assortiment en petits flacons bien bouchés et en poudres impalpables, si l’on préfère les broyer soimême ou les faire broyer sous ses yeux. Elle contient en outre la palette, les flacons d’huile, un flacon d’essence, un d’alcool, un double godet en étain fermant à vis, destiné à l’huile d’oeillette et l’huile grasse, et pouvant être fixé par pincement au bord de la palette, un couteau de fer, un couteau de corne et d’ivoire, une ou deux glaces à broyer dépolies avec deux ou trois molettes en cristal; un appuie-main en trois morceaux s’articulant par insertion dans des viroles en fer-blanc, et terminé par une boule protectrice de la peinture. Quelques crayons de craie blancs, de fusain, de sanguine et de mine de plomb, un canif pour les tailler et quelques porte-crayons argentés. Puis, enfin, les brosses et les pinceaux de tous genres.
Les brosses, emmanchées dans des hampes assez longues, sont faites de poils de sanglier et de soies de porc. La grosseur, la longueur et la forme varient et se proportionnent à la mesure et façon du travail auquel on les destine.
Elles sont rondos ou plates; ces dernières servent à préparer ou ébaucher les teintes des ciels, les fonds et les plahs les plus larges des objets et à les établir à leur place, en empâtant la