‹ Manuel general de musique militaireChapitre 103 sur 229 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Irait (le \aillance le frappe d’étoiinemeDt , et qu’il a beaucoup de peine a y croiie. Cependant il dit lui-méme à un autre endroit ; « On cherclie « à rendre une année impuissante en lui coupant les \ivres; moi je ren commande, si jamais nous avons une nouvelle guei re avec les Fran- « çais, de crever autant que possible leur tambour. » La conséquence à tirer d'un pareil laisonnement , si toutefois il est sincère, nous semble

devoir être diamétralement opposée à ce que l’auteur inférait tout à l’beure; car elle inq^lique la nécessité de reconnaître la puissance des effets du tambour sur le cbamp de bataille, pour décider la victoire et piovoquer les actes d’héroïsme. Afin de convaincie les esprits pessimistes que dans les rangs de l’armée il n’est point d’emploi médiocre, quand ceux ([ui l’exercent ont du cœur, nous rapporterons plusieurs traits de courage qui bonoient la classe des musiciens et des tambours de régiment. Dans le même but, et pour montrer combien il est maladroit de traiter cette classe avec dédain, nous citerons quelques exemples d’hommes éminents de différentes nations qui se sont fait gloire d’en sortir, ou qui même l’ont affectionnée particulièrement; nous rappellerons, par exem- |de, (|ue le général Sporck, qui commandait les tioupes impéiiales en 1674, et qui, après avoir fait tous ses grades , obtint le titre dégénérai, fut d’abord valet de tambour; que Ziska , dont nous avons déjà pailé, ne voulait pas (ju’on honorât autrement ses dépouilles, qu’en faisant de sa peau un tambour; et qu’enfin le czar Pierie le Grand, pour commencer sa cai rière de soldat et de héros, voulut être simple tambour dans la compagnie de ses gardes. 5

Quant aux traits de valeur-, ainsi que l’attestent nos annales militaires, ils se multiplient à l’infini dans nos armées, et cela non-seulement parmi les hommes faits, mais encore parmi les plus jeunes soldats. Dans les guei-res de la Révolution, un tambour-, âgé de treize ans, a la main coupée d’un coup de sabre par l’ennemi, qui voulait fondre sur les Français par sur- [rrise; riiais de l’autre, l’iiér-oicpie enfant continue de battre le rappel. A cette époque, la conduite du jeune et infortuné Raira lui fait obtenir les honneurs de l’apothéose. Lorsque le général Picliegru poursuivait l’armée anglaise, nrise en déroute, trente liussards du régiment firent nreltre bas les armes à deux bataillons anglais; et un tanrbour. Agé de

dix-buil ans, seul, amena dix |)r-isonniers. On peut croire ces miracles

2i8 manuel Général de musique militaire.

(le la bravoure française, dit un historien , quand ils sont attestés quinze ans après l événement (î). Lors du passage de la'Prégel (jSoy), vis-à-vis de Wehlau , un tambour fut chargé par un Cosaque et se jeta ventre à ferre. Le Cosaque prend sa lance pour en percer le tambour ; mais celui-ci conserve toute sa présence d’esprit, tire à lui la lance, désarme le Cosaque et le poursuit. Après la bataille d’Aboukir, des tambours, qui s’étaient fait remarquer pendant l’action, reçurent, à titre de récompense, des baguettes garnies en argent. Au reste, il n’y a pas que les tambours (|ui se soient distingués de cette manière; beaucoup de musiciens de régiment ont également fourni des preuves de bravoure. Les trompettes, non moiqs exposés que les tambours, se sont particulièrement signalés; les fifres ont eu aussi leur période de gloire. On connaît cette anecdote de Frédéric, roi de Prusse , demandant à ses officiers qui , à leur gré, s’était montré le plus brave dans la journée : « C’est Votre Majesté, répondirenl- « ils unanimement. — Vous vous trompez, répliqua Frédéric; c’est un .( fifre auprès duquel j’ai bien passé vingt fois pendant le combat, et qui, « depuis la première charge jusqu’à la dernière, n’a cessé de souffler’ dans « son turiututLi. » Aussi, comme le dit avec raison Zabro, dans ses Études sur la guerre, foccasion manquerait-elle à ces soldats-musiciens d’acquérir de la gloire par quelque action éclatante, et n’auraient-ils que la fermeté nécessaire à un homme sans défense pour rester avec sa troupe dans une mêlée, que cette dernière qualité seule les rendrait encore dignes d’estime. Ceci nous conduirait naturellement à parler de la position qui doit être faite dans l’armée aux musiciens et aux instr umentistes char gés de transmettre les signaux , eu égard aux encouragements honor ifiques et aux chances d’avancement qu’on pourrait leur accorder; mais, comme nous aurons à toucher cette question en rendant compte des travaux de la commission dont le rapport a motivé l’ordonnance ministerielle du 3i juillet ibZjà, nous renvoyons le lecteur au livre suivant pour les observations relatives à cet objet.

Maintenant que la tache par nous entreprise, de faire fliistorique de la musique militaire depuis 1 antiquité jusqu’aux temps modernes, et depuis

(i) Le Cornélius Népos français, ou Histoire des généraux qui se sont illustrés dans la guerre de la dévolution .

LINKE PREMIER.

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les tem[)s inoderiies jus(|irà l’époque léceiile de l’appariliou du nouveau sNstèuie, est enlièiement accomplie, nous allons j)assei‘ immédialemenl à cette phase intéressante (pi’ont signalée les découvertes et les améliorations, les plus utiles, et (|ui ouvre, sous de si heureux auspices, um* ère hrillante aux destinées de l’art en général, et eîi particulier' à celles de la rnusirjue guerrière.

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