LIVRE DEUXIEME
lioiniiu' (jui se •connaissait en fait de valeur, le général Géraicl. Le jeune oflicier n'avait alors que vingt-ciiKj ans.
-Mis à la demi-solde en i8i4, non comme colonel, mais comme chef de bataillon , le comte de Riimigny redevint colonel en i8i4 , suivit de nouveau Na[)oléon, et lit encore des prodiges de valeui' à ses côtés dans les campagnes de belgique, à la bataille de Ligny et à Waterloo. Lorsque les Prussiens furent refoulés dans Meudon avant la bataillede Paris, il soutint le combat jusqu’au dernier moment. C’est en voyant le colonel de Rumigny s’élancera travers les balles ennemies avec l’intrépidité d’un héros, que le maréchal Ney s’écria : Ce jeune colonel se croit donc immortel ! simple exclamation qui vaut à elle seule les plus longs panégyriques.
La seconde restauration fit redescendre le colonel de Rumigny au rang de chef de bataillon ; mais, en i8i8, le duc d’Orléans répara les injustices dont celui-ci avait été l’objet , en prenant pour aide de camp cet officier si vieux par le courage, si jeune par les années , et en lui faisant accorder le grade de lieutenant-colonel.
M. de Rumigny était trop sincèrement attaché à son pays et à la famille d’Orléans pour ne pas accueillir avec joie la révolution de Juillet. Ce n’était pas toutefois qu’il comptât dès lors se vouera un repos que la nature de ses fonctions auprès delà personne du roi semblait en quelque sorte autoriser. De i83oà 1882, il entreprit au contraire de travailler à la pacification de la Vendée, et, bien que cette mission fût de natureà lui rendre hostile bien des gens peu disposés à accueillir les idées nouvelles, il sut, jusqu’au milieu d’eux , trouver des amis et faire apprécier la noblesse et la
lovauté de son caractère.
En i832 , il alla commander une brigade au siège d’Anvers, et prit part à l’action qui s’était engagée à l’occasion du débarquement opéré au village de Doel , le ^3 décembre de la* même année. A son retour, il fut créé grand-officier de la Légion d’honneur. Le général de Rumigny doit aussi compter au nombre des braves qui ont marqué leur passage en Afrique par des actes de valeur*. C’est la campagne de Médéah qui lui a fourni l’occasion de s’illustrer sur ce terrain , devenu le théâtre de tant d’exploits glorieux. Il commandait alors la deuxieme division du corps expéditionnaire, et avait été spécialement chargé de pi’otéger les nrouvements de la première division , (|ue commandait l’infortune prince royal. La encore.
■MJ.
il fil son devoir comme à Wagram , comme à Waterloo; et reçut deux balles, dont Tune lui traversa la cuisse droite. Mis par cette circonstance hors de combat, il se fit transporter jusqu’au sommet du col qu’on venait de remporter, et jouit d’une victoire à laquelle il avait si vaillamment concouru.
C’est par de pareils traits qu’on acquiert 1 estime des troupes que Ion commande ; aussi, le général était-il cberi dans 1 ai mée d Afrique; piesque tous les soldats le considéiaient comme un père. Mais le général est un homme trop éclairé pour ne point savoir qu’il y a autre chose a faire, poui ces derniers, que de les conduire à la victoiie et d’aller avec eux au-devant du péril sur le champ de bataille, et qu’en toute circonstance il faut en outre songer à leur procurer un bien-être physique et moral qui les fortifie tout à la fois de corps et d’âme. On l’a donc vu s’appliquer aussi à lésoudre des cpiestions d’administration militaire. Parmi les écrits qu’il a consacrés à cette matière, et qui tous se distinguent par la sagesse des vues, la modération du langage, la lucidité du raisonnement et la mâle simplicité du style, il en est un surtout qui nous a parti offrir un degré jiarticulier d’intérêt. C’est un projet dérèglement sur la table des officiers de l’armée française , dont la teneur est beaucoup plus importante que le titre ne pourrait le faire supposer ; en effet, l’auteur y aborde des questions morales qui ne se rapportent pas seulement à l’armée, mais qui intéressent encore la société tout entière. Ce que veut le général de Rumigny, ce qu’il souhaite ardemment, c’est que tous les officiers de nos armées soient dignes de représenter la nation française, non-seulement pour ce qui est de la valeur, mais encore pour ce qui regarde l’excellence des manières et les qualités du cœur et de l’espiit. 11 croit fermement que l’idée de repas pris en commun, et réunissant soir et matin à la même table les officiers d’un régiment, serait le meilleur moyen d’arriver à ce but, parce que ces réunions, auxquelles présiderait un esprit d’ordre et de sagesse que les règlements sauraient faire respecter, auraient pour résultat de soumettre à l’influence des gens d’éducation tous ceux qui, moins heureusement doués sous ce rappoi t , ont besoin d’accjuérir le ton de la bo une société dans laquelle leur grade et leur avancement futur les appellent à prendre place. Certes, ce n’est point là un avantage (pii s’acquiert dans les cafés et les estaminets, où tout encourage, au contraire, les al-